Décret n° 2025-146 du 18 février 2025 relatif au retrait des contenus à caractère pédopornographique et des images de tortures ou d'actes de barbarie

Version INITIALE

NOR : INTD2418610D

ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2025/2/18/INTD2418610D/jo/texte

Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2025/2/18/2025-146/jo/texte

Texte n°9

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Publics concernés : fournisseurs d'accès à des services de communication au public en ligne, fournisseurs de services d'hébergement de contenus en ligne, services de l'Etat chargés de la lutte contre les infractions commises à l'encontre des mineurs et des infractions violentes à l'encontre des personnes.
Objet : le décret précise les modalités spécifiques de recours devant les juridictions administratives en matière de retrait des contenus à caractère pédopornographique. Il fixe également les modalités d'application de l'expérimentation de l'extension des compétences de l'autorité administrative au retrait des images de tortures ou d'actes de barbarie prévue par l'article 5 de la loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique. Il désigne ainsi l'office anti-cybercriminalité (OFAC) comme autorité administrative compétente pour émettre ces demandes. Il prévoit en outre les informations qui peuvent être échangées entre l'office anti-cybercriminalité, la personnalité qualifiée désignée en son sein par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique et cette autorité, ainsi que les modalités d'échange de ces informations.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication.
Application : le présent décret est pris pour l'application de l'article 6-2-2 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique créé par l'article 4 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique et de l'article 5 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique.


Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre d'État, ministre de l'intérieur,
Vu la directive 2011/93/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 relative à la lutte contre les abus sexuels et l'exploitation sexuelle des enfants ainsi que la pédopornographie et remplaçant la décision-cadre 2004/58 JAI du Conseil ;
Vu le code pénal ;
Vu la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, notamment ses articles 6-1 et 6-2-2 dans leur rédaction résultant des articles 4 et 49 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique ;
Vu la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l'espace numérique, notamment ses articles 4, 5 et 49 ;
Vu le décret n° 2015-253 du 4 mars 2015 relatif au déréférencement des sites provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l'apologie et des sites diffusant des images et représentations de mineurs à caractère pornographique ;
Vu l'avis n° 2024-10 de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique en date du 27 novembre 2024 ;
Vu l'avis du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel en date du 3 décembre 2024 ;
Le Conseil d'Etat (section de l'intérieur) entendu,
Décrète :


    • L'autorité administrative mentionnée à l'article 5 de la loi du 21 mai 2024 susvisée est l'office anti-cybercriminalité de la direction générale de la police nationale.
      Seuls les agents individuellement désignés et dûment habilités par le chef de l'office sont autorisés à émettre les demandes de retrait d'images d'acte de torture et de barbarie relevant de l'article 222-1 du code pénal.


    • Dans le cadre de l'expérimentation prévue par l'article 5 de la loi du 21 mai 2024, les échanges d'informations entre l'office mentionné à l'article premier du présent décret et la personnalité qualifiée de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique s'effectuent par des moyens de communication électroniques garantissant l'identification des parties à la communication, l'intégrité, la sécurité et la confidentialité des échanges.


    • Les dispositions des articles 1er à 4, 7 et 8 du présent décret prises en application de l'article 5 de la loi du 21 mai 2024 qui concernent la procédure de retrait et de déréférencement à titre expérimental des images d'actes de torture ou de barbarie peuvent être modifiées par décret.


    • Les dispositions du présent décret sont applicables en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna.


    • Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le lendemain de la publication.


    • Le ministre d'État, ministre des outre-mer, et le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


Fait le 18 février 2025.


François Bayrou
Par le Premier ministre :


Le ministre d'État, ministre de l'intérieur,
Bruno Retailleau


Le ministre d'État, ministre des outre-mer,
Manuel Valls