Décret du 27 avril 1848 relatif à l'abolition de l'esclavage dans les colonies et possessions françaises

en vigueur au 12/05/2026en vigueur au 12 mai 2026

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Dernière mise à jour des données de ce texte : 28 avril 1848

Intitulé(s) non officiel(s)

  • décret Schoelcher
  • décret Schoelcher [1848]

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Le gouvernement provisoire, considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain, Liberté, Egalité, Fraternité ; considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres,

Décrète :

  • Article 1

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits.

  • Article 2

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.

  • Article 3

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de la Réunion, à la Guiane, au Sénégal et autres établissements français de la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie.

  • Article 4

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative.

  • Article 5

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    L'Assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.

  • Article 6

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    Les colonies purifiées de la servitude et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale.

  • Article 7

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche est appliqué aux colonies et possessions de la République.

  • Article 8

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français. Néanmoins, les Français qui se trouveront atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don ou mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour où leur possession aura commencé.

  • Article 9

    Version en vigueur depuis le 28/04/1848Version en vigueur depuis le 28 avril 1848

    Le ministre de la Marine et des Colonies et le ministre de la guerre (M. Arago) sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.

Fait à Paris, en Conseil de Gouvernement,
Le 27 avril 1848