Article
Préambule
Les conseillers en économie sociale et familiale exercent leur activité au sein des caisses d'allocation familiale (CAF).
La branche famille compte près de 2 000 travailleurs sociaux, dont 400 identifiés comme ayant un diplôme de conseiller en économie sociale et familiale.
1. Les textes de référence
Le conseiller en économie sociale et familiale est un professionnel du travail social. Il exerce, dans le cadre d'un mandat ou de missions institutionnels. Il accompagne, dans une démarche éducative et sociale globale, des personnes, des groupes ou des familles dans les domaines de la vie quotidienne (code de l'action sociale et des familles : articles D. 451-57-1 et D. 451-57-2).
2. Les conditions d'accès
Pour exercer cet emploi, les collaborateurs doivent être titulaires du diplôme d'État de conseiller en économie sociale familiale (DECESF).
3. Le référentiel métier
Finalité
La finalité du métier conseiller en économie sociale familiale est de contribuer à animer des groupes ou coordonner des actions. Il collabore également avec des équipes pluridisciplinaires et pluri institutionnelles du territoire. Son intervention s'inscrit de façon complémentaire et spécifique dans un large réseau de partenaires et dans des dynamiques de développement social local lorsqu'il participe à l'élaboration de diagnostics partagés et de projets sociaux et de territoires, à partir du champ qui les concerne.
Il est force de proposition auprès des décideurs et contribue à faire évoluer les offres de services des institutions dans son champ d'intervention en fonction de l'expression des besoins des populations. Le conseiller en économie sociale et familiale est en veille et développe une expertise sur les évolutions du secteur ou de l'environnement dans lequel il agit et intervient. Il intègre les évolutions dans son activité et dans ses modes d'intervention.
Activités
• Accompagnement social individuel dans une dimension socio-économique et éducative dans les domaines de la vie quotidienne :
– accueillir la personne et établir la relation à l'autre ;
– élaborer un diagnostic social partagé de la situation avec la personne ;
– élaborer et mettre en place un plan d'action partagé ;
– assurer le suivi du plan d'action ;
– évaluer le plan d'action avec la personne ;
– mobiliser les ressources de la personne et de son environnement ;
– mobiliser les partenaires et les dispositifs adaptés à la situation de la personne ;
– communiquer et informer sur le projet d'accompagnement individuel ;
– assurer un encadrement technique d'activités d'autres professionnels.
• Accompagnement social collectif dans une dimension socio-économique et éducative dans les domaines de la vie quotidienne :
– élaborer un projet d'accompagnement collectif ;
– promouvoir le projet d'accompagnement collectif ;
– communiquer et informer sur le projet d'accompagnement collectif ;
– mobiliser les personnes et les groupes ;
– valoriser les ressources des personnes et des groupes ;
– mobiliser les acteurs et les partenaires liés au projet collectif ;
– mobiliser les moyens nécessaires au projet collectif ;
– coordonner les acteurs et les partenaires liés au projet collectif ;
– animer un groupe, un collectif.
• Conseil et expertise dans les domaines de la vie quotidienne :
– analyser et comprendre les situations des personnes ;
– élaborer des préconisations pour la gestion de la vie quotidienne ;
– informer et conseiller sur tous les aspects de la vie quotidienne ;
– transmettre des savoir-faire relatifs aux domaines de la vie quotidienne ;
– élaborer et mener un projet d'informations collectives ;
– organiser une veille technique, scientifique, réglementaire et sociale dans les domaines de la vie quotidienne, des politiques sociales.
• Conduite de projets de développement social territorial :
– organiser une veille sur les politiques publiques et territoriales ;
– réaliser des études de besoins au niveau d'un territoire ;
– réaliser des diagnostics partagés d'un territoire ;
– élaborer des projets ;
– mettre en œuvre les projets ;
– évaluer les projets ;
– coordonner les acteurs de proximité et les partenaires institutionnels ;
– animer l'équipe projet ;
– informer et communiquer à toutes les étapes du projet ;
– assurer un encadrement technique d'acteurs pour le développement d'actions territoriales.
Compétences
En termes de savoir-faire :
a) Conseil et expertise à visée socio-éducative dans les domaines de la vie quotidienne
Être en capacité :
– d'assurer une veille sociale, technique, scientifique, juridique pour l'analyse d'un phénomène social lié à la vie quotidienne ;
– d'adapter sa pratique, son expertise en tenant compte de la profession, des savoirs et des techniques ;
– de concevoir des actions de conseil, d'animation et de formation dans les domaines de la vie quotidienne ;
– de conseiller les personnes ;
– de réaliser une étude technique dans les domaines de la consommation, du budget, de l'habitat-logement, de l'environnement-énergie, de la santé-alimentation-hygiène ;
– de concevoir et mettre en œuvre des projets pour la gestion locale de l'environnement avec les habitants et les institutions ;
– de concevoir et mettre en œuvre des projets pour la gestion locale de l'environnement avec les habitants et les institutions ;
– de gérer le budget d'une action individuelle ou collective ;
– de coordonner une équipe.
b) Intervention sociale
Être en capacité :
– d'établir une relation professionnelle dans un cadre éthique ;
– d'instaurer une relation d'accompagnement social ;
– d'analyser et diagnostiquer une situation dans sa complexité et sa globalité ;
– de mettre en œuvre un accompagnement éducatif budgétaire ;
– d'analyser les besoins d'un public.
• Travail social collectif dans les domaines de la vie quotidienne :
– rechercher et organiser les ressources nécessaires au projet collectif ;
– mettre en place une relation d'aide, un accompagnement au plan collectif ;
– impulser, conduire des actions collectives d'animation, de formation, de conseil et d'information auprès des groupes dans les domaines de la vie quotidienne ;
– évaluer en continu le projet collectif ;
• Intervention sociale d'aide à la personne dans les domaines de la vie quotidienne :
– co-construire un plan d'action négocié et accompagner sa mise en œuvre ;
– évaluer les résultats de l'intervention en favorisant l'implication de la personne.
• Intervention sociale d'animation et de formation dans les domaines de la vie quotidienne :
– impulser des actions de formation avec des groupes et des personnes dans les domaines de la vie quotidienne ;
– conduire des actions d'animation et de formation ;
– évaluer les actions mises en place.
• Analyse territoriale :
– concevoir et conduire des projets à dimension territoriale ;
– impulser et accompagner une dynamique d'équipe projet.
c) Communication professionnelle
Être en capacité :
– d'élaborer une stratégie de communication à destination de différents publics ;
– d'élaborer une stratégie de communication à destination de différents publics, des professionnels, des partenaires, de son institution ;
– de transmettre des informations auprès des différents acteurs dans un cadre éthique ;
– d'appréhender et mobiliser l'environnement numérique.
d) Dynamiques interinstitutionnelles, partenariats et réseaux
Être en capacité :
– de développer des actions en partenariat, en réseau et participer à la dynamique institutionnelle ;
– de respecter les logiques institutionnelles et les stratégies organisationnelle ;
– de représenter le service, l'établissement, l'institution ;
– de s'inscrire dans un travail d'équipe en interne, pluriprofessionnel, pluri institutionnel ;
– d'identifier et analyser les dynamiques territoriales ;
– d'inscrire des actions en partenariat et en réseau dans une dynamique territoriale ;
– de participer à l'élaboration de documents contractuels avec les partenaires ;
– d'assurer une fonction de médiation et de négociation ;
– d'assurer une veille sur les politiques publiques.
4. Les tendances d'évolution
Les principales tendances d'évolution de ce métier sont :
– un recentrage sur le cœur de métier de l'intervention sociale, une transversalité à organiser avec les prestations, l'évaluation et le pilotage à structurer ;
– des évolutions récurrentes et impactantes (plan pauvreté – service public de l'insertion).
Quatre activités sont particulièrement à développer et à accompagner auprès des professionnels :
– l'intervention sociale collective ;
– les conventions territoriales globales : la place et le rôle des travailleurs sociaux est à renforcer notamment sur la phase de diagnostic ;
– l'évaluation, le pilotage et le reporting représentent un enjeu fort pour les interventions sociales ;
– l'accompagnement au numérique : la place des travailleurs sociaux dans l'accompagnement au numérique auprès des familles les plus vulnérables est poursuivie.
Cinq compétences sont en émergence :
– suivi et pilotage de l'activité : renforcer le suivi et l'évaluation des résultats de l'action sociale ;
– proactivité / agilité : développer une approche différente et active en allant vers les publics potentiels ou réels, au-delà de la simple réponse à la demande ;
– communication – marketing : faire connaître, promouvoir et valoriser l'action de l'organisme en matière d'action sociale auprès de l'ensemble des familles, opérateurs et partenaires ;
– posture de service :
–– en interne, appui à l'exercice de l'activité pour éclairer les décisions et mettre en perspective sa propre action quand celle-ci impacte d'autres métiers en référence avec la chaîne des coopérations ;
–– en externe, il s'agit de renforcer l'accompagnement des familles et des partenaires à tous les niveaux de la relation de service : compréhension de la réglementation et des dispositifs action sociale, appropriation des outils numériques, etc. ;
– pédagogie : développer et maintenir les compétences de ses interlocuteurs sur son propre domaine d'expertise. Il s'agit aussi de pouvoir fournir des explications sur les actions conduites et les notions techniques afin de partager et rendre lisibles les analyses menées et en conséquence les décisions prises sur les dossiers.
Conclusion
Les familles confrontées à des événements familiaux fragilisants peuvent bénéficier d'un accompagnement social spécifique. Les événements familiaux justifiant une intervention sociale sont larges (séparation, décès d'un parent, décès d'un enfant, situation d'indécence du logement, naissance multiple).
Au regard des enjeux de l'accompagnement social des familles au sein des allocations familiales, l'institution souhaite ouvrir de nouvelles voies d'accès à l'exercice de ce métier en inscrivant ce diplôme dans son accord étendu pour la professionnalisation.
Le diplôme d'État CESF donne accès à ce métier et plus globalement à celui de travailleur social, dont la mission principale est d'accompagner, dans une démarche éducative et sociale globale, des personnes, des groupes ou des familles dans les domaines de la vie quotidienne.
Cette démarche s'inscrit dans l'investissement en faveur du développement des compétences et des parcours professionnels pour les salariés de l'institution. Ainsi, le régime général souhaite ouvrir de nouvelles perspectives à ses salariés en accédant à ce diplôme via la Pro-A.