Accord du 23 mars 2012 relatif au stress au travail et aux risques psychosociaux

Article 3

En vigueur

Facteurs de risques


Les phénomènes de stress sont d'une grande complexité dans la mesure où bon nombre de facteurs interviennent. Ces facteurs seront appréciés au regard de leur caractère durable, répétitif, cumulatif et excessif.
L'analyse peut s'effectuer au travers d'une liste non exhaustive des facteurs de risques tels que :
1. Facteurs liés aux exigences du travail et à la nature des tâches :


– monotonie, surcharge ou sous-charge de travail ;
– pression des délais, travail dans l'urgence, perturbations incessantes, cadences élevées, contraintes liées au travail posté, aux horaires alternants, aux horaires atypiques et aux horaires imprévisibles ;
– ordres contradictoires, contradictions entre les exigences du poste et les moyens alloués ;
– risques inhérents à l'exécution de la tâche (dangereuse et/ou susceptible d'avoir des conséquences environnementales importantes), nuisances physiques (bruit, confinement, chaleur, mauvaise conception des lieux de travail…) ;
– manque d'autonomie, de marges de manœuvre, collaborations et entraide empêchées, manque de moyens pour réaliser les objectifs fixés, inadaptation des moyens de travail.
2. Facteurs liés aux relations de travail, au type de management :


– absence ou manque d'aide de la part des collègues et/ou des supérieurs hiérarchiques ;
– dégradation des collectifs de travail (par exemple : manque de respect, incivilités relations interpersonnelles) ;
– management peu participatif, autoritaire, déficient, insuffisance de management de proximité ;
– manque de communication interne.
3. Facteurs liés aux changements dans l'entreprise et dans le travail, ainsi qu'à la précarité :


– environnement socio-économique difficile, pression concurrentielle, surenchère à la compétitivité sur le plan national ou international ;
– incertitude sur l'avenir, stratégie de l'entreprise peu claire ;
– restructurations, remise en question permanente des organisations ;
– individualisation de l'activité avec sur-responsabilisation ;
– précarité des emplois (par exemple : CDD, contrats saisonniers, recours aux intérimaires).
Il faut rappeler que l'ensemble de ces facteurs de stress sont d'autant plus délétères pour la santé qu'ils :


– s'inscrivent dans la durée ;
– sont subis (perte du pouvoir d'agir sur la situation de travail) ;
– s'accumulent.
Ces facteurs de risques sont à apprécier au regard du contexte particulier des coopératives agricoles, dont les actions s'inscrivent dans un cadre de valeurs résolument tournées vers l'humain avec des contraintes d'organisation du travail liées à la dispersion géographique de leurs sites, aux métiers à forte saisonnalité et aux aléas climatiques.