Cour de cassation, Chambre civile 1, du 11 mai 1966, Publié au bulletin
Texte intégral
Cour de cassation - Chambre civile 1
N° de pourvoi :
Publié au bulletin
Solution : CASSATION PARTIELLE
Audience publique du mercredi 11 mai 1966
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Analyse
Bulletin 1966 I N° 279
Cassation civil - 1° COMMUNAUTE - Administration - Instance en divorce - Article 243 du Code civil - Action en nullité dirigée contre les tiers - Preuve de leur complicité - Constatations des juges du fond.
1° En l'état de la vente d'un immeuble commun par le mari au cours de l'instance en divorce, les juges du fond qui relèvent que l'acquéreur n'est entré en relation avec le vendeur "que par l'intermédiaire du notaire et d'une agence immobilière", que la vente a été conclue "pour un prix normal" et que la rapidité, assez inhabituelle ... des différents actes et formalités ..." s'expliquait par le désir de l'acquéreur d'occuper les lieux et celui du vendeur de toucher le prix, peuvent considérer que la collusion dudit acquéreur n'était pas établie.
Cassation civil - 2° COMMUNAUTE - Administration - Instance en divorce - Article 243 du Code civil - Vente d'immeuble commun - Inopposabilité à la femme - Conditions - Dissimulation de l'actif commun.
2° Il résulte de l'article 243 du Code civil que les actes du mari sont, dans les rapports des époux, inopposables à la femme lorsqu'ils ont pour but de permettre au mari de dissimuler l'actif commun. Manque de base légale l'arrêt qui, pour débouter une femme de son action tendant à faire prononcer, contre son mari, la nullité de la vente d'un immeuble commun conclue alors que les époux étaient en instance de divorce, relève qu'il n'est pas allégué que le prix était inférieur à la valeur de l'immeuble, sans rechercher si le mari n'avait pas agi pour remplacer un immeuble par des deniers afin d'organiser une insolvabilité apparente.