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La branche de l'industrie textile est composée de 2 517 entreprises (données OPCO 2i 2024), qui emploient 59 360 salariés (données OPCO 2i 2023, périmètre des entreprises appliquant la convention nationale de l'industrie textile).
La branche de l'industrie textile a été le secteur industriel impacté le plus tôt par les conséquences de la mondialisation, qui se sont traduites par une baisse du nombre d'entreprises et une baisse des effectifs salariés en France.
Les partenaires sociaux de la branche se sont mobilisés pour accompagner les entreprises et les salariés dans les mutations structurelles de la branche, afin de préserver la compétitivité des entreprises ainsi que l'emploi salarié en France, mais également pour mobiliser les leviers nécessaires pour faire face aux difficultés conjoncturelles rencontrées par les entreprises de la branche.
C'est ainsi notamment que les partenaires sociaux de la branche ont conclu un accord du 24 novembre 2020, et un avenant du 21 novembre 2022 sur l'activité partielle de longue durée, qui s'inscrivent dans un objectif de préservation des compétences et de l'emploi, et de sauvegarde de l'activité des entreprises de l'industrie textile.
Or, depuis 2022, les entreprises textiles ont été confrontées à des difficultés d'approvisionnement en matières premières et des problèmes liés à la logistique mondiale qui ont été accentués par la guerre en Ukraine, ainsi qu'à une hausse exponentielle des prix de l'énergie, qui a frappé durement les industriels du secteur textile. De plus, les incertitudes économiques ayant suivi la dissolution de l'Assemblée nationale, le ralentissement de la consommation et les difficultés nées de l'augmentation des droits de douane américains fragilisent une partie des entreprises textiles.
L'enquête de conjoncture économique conduite en janvier 2025 auprès de 450 entreprises représentatives de la branche montre qu'une partie des industriels textiles rencontre des difficultés économiques.
Néanmoins, l'Institut français de la mode prévoit une consommation d'habillement et de textile qui pourrait, dans une hypothèse optimiste, progresser de 2 % en 2025, et dans une hypothèse médiane, progresser de 0,2 %. En outre, selon Xerfi, le chiffre d'affaires des fabricants français de fibres et textiles techniques devrait progresser en 2025.
Malgré un contexte économique difficile, les entreprises de l'industrie textile continuent de recruter, notamment en raison d'une pyramide des âges marquée par une forte présence de salariés seniors dans la branche (39,7 % des salariés ont 50 ans et plus – source : DARES), qui devront être remplacés à plus ou moins brève échéance, et nécessitent d'assurer la formation des équipes en place pour assurer la transmission des savoir-faire indispensables au bon fonctionnement des entreprises.
Aussi, pour assurer la formation des salariés des entreprises soumises à des difficultés économiques conjoncturelles, et notamment les salariés placés en activité partielle par les entreprises mobilisant l'APLD Rebond, les partenaires sociaux ont conclu le 4 mars 2025 un accord de branche unanime relatif aux mesures urgentes pour l'emploi et la formation professionnelle de la branche de l'industrie textile. Cet accord de branche permet d'accompagner la mobilisation des entreprises textiles sur la mise en œuvre des formations suivantes :
1. Formations cœur de métier textiles ;
2. Formations relatives à la transmission des savoir-faire textiles ;
3. Formations visant à l'obtention des certificats de qualification professionnelle de la branche (CQP), certificats de qualification professionnelle inter-industriels (CQPI) et certificat de compétences professionnelles interbranches (CCPI) suivants ;
4. Formations dispensées dans le cadre de la mise en œuvre de l'activité partielle ou de l'activité partielle de longue durée (APLD) ou APLD Rebond.
Toujours animées par l'objectif commun de sauvegarder l'ensemble des entreprises de la branche et de préserver l'emploi de leurs salariés et leurs savoir-faire, les parties signataires ont décidé, conformément aux dispositions de l'article 193 de la loi de finances pour 2025 du 14 février 2025 et du décret n° 2025-338 du 14 avril 2025, d'ouvrir la possibilité de mettre en œuvre l'activité partielle de longue durée rebond (APLD Rebond) dans la branche de l'industrie textile.
Le présent accord de branche constitue un socle minimal (1) commun. Il ne se substitue pas à la négociation d'entreprise, qui peut, sans contrevenir aux dispositions relatives aux blocs légaux de négociation, prévoir des dispositions différentes, qui peuvent être plus favorables aux salariés (1).
En conséquence de ces éléments, les partenaires sociaux ont convenu de ce qui suit.
(1) A l'avant-dernier alinéa du préambule, les termes « minimal » et « , qui peuvent être plus favorables aux salariés » sont exclus de l'extension en tant qu'ils contreviennent aux dispositions de l'article L. 2253-3 du code du travail lesquelles prévoient que dans les matières autres que celles mentionnées aux articles L. 2253-1 et L. 2253-2, les stipulations de la convention d'entreprise conclue antérieurement ou postérieurement à la date d'entrée en vigueur de la convention de branche prévalent sur celles ayant le même objet prévues par la convention de branche.
(Arrêté du 8 août 2025 - art. 1)