Article 5
Les signataires du présent accord s'appuient sur les travaux menés par l'Observatoire paritaire prospectif des métiers et des compétences de l'aérien afin de définir les métiers les plus critiques liés à des fortes mutations d'activité et d'obsolescence des compétences. Ces travaux sont disponibles sur le site de l'Observatoire des métiers www.observatoire-metiers-aerien.fr.
Les deux dernières études importantes ont été conduites dans le cadre de travaux avec le ministère de l'emploi :
– ADEC de l'aérien 2013-2015 avec OPCALIA et la DGEFP avec une étude de cadrage sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans l'aérien ;
– EDEC numérique inter secteurs en 2018-2019 dans le cadre du plan investissement dans les compétences avec OPCALIA et la DGEFP avec la conduite d'une étude sur « l'impact du numérique sur les métiers de l'aérien ».
Ainsi que sur l'analyse prospective et scénarii d'évolution 2019 dans le cadre des assises du transport aérien.
Les organisations syndicales et patronales s'appuieront notamment sur les travaux paritaires conduits dans le cadre de l'OPMQ de l'aérien afin de faire évoluer la liste des certifications éligibles à « Pro-A » ; et notamment ceux prévus dans le cadre de l'EDEC de l'aérien 2022-2025.
Le transport aérien doit se préparer et affronter plusieurs défis au regard des profondes mutations induites par son environnement, qu'il s'agisse de défis technologiques/numériques et écologiques, ou démographiques :
– des défis technologiques et écologiques, avec la transition numérique et la transition environnementale en cours, deux enjeux majeurs qui influent l'un comme l'autre sur l'activité et l'organisation du secteur, sur les conditions d'exercice des métiers, et sur les compétences/qualifications à mobiliser. Il convient donc de former les salariés afin qu'ils acquièrent les compétences répondant à ces deux enjeux, notamment en mobilisant le dispositif « Pro A » ;
– des défis démographiques, car d'ici une dizaine d'année les départs en retraite vont concerner 25 % des salariés du secteur. Ils se répartissent différemment en fonction des filières professionnelles, certaines présentant de nombreux départs en retraite (maintenance, pilotes…), contrairement aux métiers de la relation client ou de la piste qui sont des métiers dans lesquels les salariés sont plus jeunes. Pour ces derniers métiers, les évolutions sont davantage qualitatives.
Afin de préciser ces éléments, les partenaires sociaux du secteur ont mené en 2018-2019 une étude prospective (EDEC numérique) qui a permis d'analyser l'impact du digital sur les métiers et les compétences, permettant d'identifier les besoins en compétences, qualifications, et formations.
Ces tendances d'évolution liées au numérique et aux nouvelles technologies relèvent d'évolutions majeures et structurelles que l'on peut répartir en 3 champs :
1. Évolutions de la demande : de la demande des clients et passagers quant à leur expérience liée au voyage, depuis la réservation jusqu'à la prise en compte de leurs besoins en aval du voyage (économie numérique, de l-e-tourisme au m-tourisme, le digital comme canal de vente, l'e-commerce et le B to…) ;
2. Évolutions de l'offre : de l'offre de produits et de services en lien et autour du transport aérien (interface client, personnalisation des prix et services ancillaires, optimisation du parcours d'achat…) ;
3. Optimisation des opérations et des activités techniques : optimisation des capacités de prise en charge au sein des aéroports, modernisation de la gestion et du contrôle du trafic aérien, montée de la maintenance pilotée par les données, optimisation de la supply-chain…
Ces évolutions impactent directement les compétences et qualifications des salariés qui, via un parcours « Pro-A », pourront acquérir les nouvelles compétences ou se reconvertir pour suivre les transformations, notamment numérique, de l'entreprise. Les parcours « Pro-A » permettront notamment aux salariés de se former :
– aux outils nécessaires au développement des attitudes promptes à permettre aux clients d'apprécier la qualité de l'accompagnement qui leur est réservé, aller au-devant des clients ;
– aux outils de « back-office » leur permettant ainsi d'accéder à des postes traitant des situations ou irrégularités plus complexes ;
– à la maîtrise des outils et modes de fonctionnement d'une coordination centralisée, à l'automatisation progressive d'une partie de ces activités et demain à la supervision à distance pour traiter les aléas ;
– à pouvoir gérer des opérations à partir d'une vision en temps réel, la centralisation, l'analyse et la vérification de la qualité et de la cohérence des informations qui permettent la prise de décision grâce à des indicateurs de plus en plus fins fournis par les outils numériques ;
– à maîtriser les nouvelles activités de gestion, de réglage et de maintenance des équipements et engins automatisés, qui vont se développer ;
– à mettre en place des solutions s'appuyant sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée, à s'adapter à la généralisation de la maintenance prédictive, à utiliser les nouvelles technologies aéronautiques – nouvelle génération d'aéronefs, de moteurs ;
– à développer les aptitudes à l'anticipation, la capacité à superviser, à vérifier la conformité, l'hétérogénéité des données et la cohérence des opérations, à valider et réactualiser des informations à l'instant T ;
– à animer des équipes dans ce nouveau contexte « numérisé » : les managers devront passer d'une posture de « sachant » à celle de « facilitateur », de « coach ».
Ces évolutions ont des impacts différents sur les métiers et sur les compétences donc sur les formations nécessaires :
– les métiers en mutation, dont les compétences et aptitudes requises vont forcément évoluer dans les années à venir, peuvent nécessiter de nouvelles certifications, la rénovation de certifications existantes, voire la disparition de certifications obsolètes, ou des adaptations des référentiels de compétences pouvant présenter un risque de perte d'emploi ou d'obsolescence des compétences et des qualifications ;
– des métiers en développement ou émergents, pour lesquels le nombre de salariés va augmenter significativement à court et moyen terme ;
– les métiers en tension.
Les certifications listées dans l'annexe pouvant être mises à jour une fois par an, tiendront compte de ces éléments pour que les parcours « Pro-A » proposés aux salariés de l'aérien puissent ouvrir des opportunités de reconversion ou d'évolution professionnelle.