ANNEXE 1
Version en vigueur depuis le 24/01/1978Version en vigueur depuis le 24 janvier 1978
En cas d'accident électrique, il faut dégager l'accidenté, c'est-à-dire le soustraire au contact de tout conducteur ou pièce sous tension, mettre en oeuvre d'extrême urgence la réanimation et faire prévenir un médecin et les secours publics.1. DEGAGEMENT DE L'ACCIDENTE.
A - Cas où l'accidenté est au sol et en contact
avec des conducteurs sous tension.
Pour soustraire l'accidenté au contact des conducteurs sous tension, le sauveteur doit se conformer aux prescriptions ci-dessous pour ne pas s'exposer personnellement au danger, en se rappelant que l'humidité rend cette opération plus dangereuse.
1. Mise hors tension immédiate possible.
S'efforcer de mettre hors tension la partie d'installation intéressée au moyen d'un dispositif de coupure (prise de courant, interrupteur, disjoncteur, coupe-circuit à fusibles ...).
2. Eloignement immédiat possible.
En cas d'impossibilité d'effectuer rapidement la mise hors tension, une personne compétente peut dégager l'accidenté en s'isolant convenablement du sol ou de l'accidenté (utilisation de perche, étoffes, plastiques quelconques, etc., aussi secs que possible).
B - Cas particulier où l'accidenté est suspendu.
Prévoir sa chute avant de faire mettre l'installation hors tension et opérer comme prescrit ci-après en C (cas particulier des accidents survenant sur un support).
C - Cas particulier des accidents survenant sur un support.
En présence d'un accidenté maintenu inanimé sur un support par sa ceinture de sécurité, les chances de succès de réanimation sont plus grandes si le sauveteur peut, sans risque d'entrer lui-même en contact avec des conducteurs sous tension, pratiquer une dizaine d'insufflations bouche à bouche ou bouche à nez avant de commencer à le descendre, et à nouveau à mi-descente. La méthode est décrite au chapitre II, paragraphe B 4.
Si le sauveteur n'est pas en mesure de pratiquer une méthode de réanimation orale, l'accidenté doit être descendu le plus rapidement possible du support, sans tenir compte des positions qu'il pourrait prendre pendant la descente.
Dans tous les cas, on utilisera, pour la descente de l'accidenté, après mise hors tension, sa ceinture de sécurité et les moyens de secours prescrits : corde de service avec poulie ou descenseur, ou tout autre moyen plus rapide (échelle par exemple), s'il en existe.
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2. REANIMATION DE L'ACCIDENTE.Dès que l'accidenté a été soustrait au contact qui a causé l'accident, il faut, sans perdre une seconde, commencer la réanimation par l'une des méthodes suivantes :
- de préférence : méthode orale par insufflation bouche à bouche ou bouche à nez ;
- à défaut : méthode manuelle de Silvester-Brosch (également appelée Silvester modifiée),
et ne cesser cette réanimation que sur avis du médecin.
A - CONDITIONS GENERALES COMMUNES D'EFFICACITE
DES METHODES DE REANIMATION.
1. Rapidité d'intervention.
Chaque seconde gagnée pour le début de la réanimation augmente les chances de succès.
Aussi :
- On ne doit pas perdre un temps précieux à transporter l'accidenté, sauf pour le soustraire, s'il y a lieu, à une atmosphère viciée ;
- si l'accidenté a un col ou une ceinture, il faut les desserrer très rapidement tout en commençant la réanimation.
2. Libération des voies respiratoires.
Chez une personne qui a perdu connaissance, la base de la langue, entraînée par son poids, s'affaisse dans l'arrière-gorge et vient obstruer le passage de l'air vers les poumons.
Pour dégager ce passage, il faut, pour toutes les méthodes (orales ou manuelles), renverser la tête de l'accidenté en arrière.
Le passage de l'air est encore facilité, dans l'application des méthodes orales, en tirant la mâchoire inférieure de l'accidenté en haut et en avant, comme pour placer les dents inférieures en avant des dents supérieures.
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Ces méthodes sont à utiliser de préférence aux méthodes manuelles, quelle que soit l'origine de l'arrêt respiratoire, et tout spécialement :- si elles font gagner du temps (par exemple, accidenté suspendu sur un support) ;
- si l'on pense que l'accident a pu provoquer des fractures (par exemple, accidenté ayant fait une chute).
1. Manoeuvres préliminaires. Elles sont identiques pour l'insufflation bouche à bouche et pour l'insufflation bouche à nez, et doivent être exécutées en quelques secondes.
a) Position de l'accidenté ;
Dans le cas où l'accidenté est sur un sol régulier, le placer sur le dos. La position horizontale de l'accidenté n'est toutefois pas indispensable (voir paragraphe 4).
b) Position du sauveteur :
Le sauveteur se place à côté de l'accidenté, à hauteur de la tête de celui-ci.
c) Dégagement des voies respiratoires :
Le dégagement des voies respiratoires pour permettre le libre passage de l'air s'effectue en deux temps :
1. Premier temps : soulever le cou avec une main, aider la tête à basculer au maximum en arrière en appuyant fortement sur le front avec l'autre main ;
2. Deuxième temps : maintenir la tête basculée en arrière par la main qui appuie sur le front, lâcher le cou et saisir le menton pour le tirer en avant.
Cette dernière position doit être maintenue pendant toute la durée de la réanimation.
2. Insufflation bouche à bouche.
a) Description des mouvements :
Tout en maintenant la tête de l'accidenté renversée en arrière le sauveteur inspire à fond.
1. Premier temps : temps inspiratoire de l'accidenté (ou insufflation de l'accidenté par le sauveteur).
Le sauveteur applique sa bouche bien ouverte autour de la bouche de l'accidenté en l'appuyant fortement pour éviter les fuites.
Si le sauveteur éprouve une répulsion trop grande pour pratiquer une méthode orale par contact direct, il peut éviter ce contact en plaçant un linge fin et perméable à l'air (mouchoir léger, par exemple) sur la bouche de l'accidenté.
Il pince les narines de l'accidenté avec deux doigts de la main qui appuie sur le font (il peut également, si la forme des visages s'y prête, appliquer sa joue contre les narines de l'accidenté), et, avec la main qui tient le menton, il tire légèrement sur la lèvre inférieure de l'accidenté pour maintenir la bouche ouverte.
Il souffle l'air inspiré dans la bouche de l'accidenté et vérifie visuellement que le thorax se soulève suffisamment.
2. Deuxième temps : temps expiratoire de l'accidenté.
Le sauveteur relève la tête pour reprendre son souffle et libère la bouche et le nez de l'accidenté tout en ayant soin de maintenir la tête et le menton de l'accidenté dans la bonne position. L'air sort alors des poumons de l'accidenté.
b) Cadence :
Ces deux temps doivent se succéder à une cadence de 12 insufflations par minute, chaque cycle (inspiration plus expiration) durant 5 secondes environ.
Pour contrôler la cadence des cycles, il est recommandé de compter mentalement à vitesse normale 1 et 2 et 3 et 4 et 5, ce qui représente une durée approximative de 5 secondes.
c) Incidents ou difficultés :
Si, lors de l'insufflation, le thorax de l'accidenté ne se soulève pas, améliorer la position de la tête et celle du menton avant de recommencer une insufflation.
Si, pendant les insufflations, l'air pénètre en excès dans l'estomac de l'accidenté (gonflement anormal entre les côtes et le nombril), presser légèrement sur l'estomac pour chasser l'air, puis continuer à insuffler en basculant davantage la tête en arrière.
Si un vomissement survient, tourner la tête de l'accidenté sur le côté afin que le vomissement s'écoule à l'extérieur et non dans les voies respiratoires.
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3. Insufflation bouche à nez.a) Description des mouvements :
Cette méthode est analogue à la précédente : c'est la voie d'insufflation qui diffère.
Tout en maintenant la tête de l'accidenté renversée en arrière, le sauveteur inspire à fond.
1. Premier temps : temps inspiratoire de l'accidenté (ou insufflation de l'accidenté).
Le sauveteur applique sa bouche largement ouverte autour du nez et sur les joues de l'accidenté en appuyant fortement pour éviter les fuites.
Il ferme la bouche de l'accidenté avec le pouce de la main qui soutient le menton.
Il souffle l'air inspiré dans le nez de l'accidenté et vérifie visuellement que le thorax se soulève suffisamment.
2. Deuxième temps : temps expiratoire de l'accidenté.
Le sauveteur relève la tête pour reprendre son souffle et libère le nez et la bouche de l'accidenté tout en ayant soin de maintenir la tête et le menton de l'accidenté dans la bonne position. L'air sort alors des poumons de l'accidenté.
b) Cadence :
La cadence est la même que pour le bouche à bouche.
c) Cas des jeunes enfants :
Chez les jeunes enfants, l'insufflation peut être faite à la fois par la bouche et par le nez.
4. Autres positions de l'accidenté.
La position horizontale de l'accidenté n'est pas indispensable et, dans certaines circonstances, d'autres positions apparaissent plus commodes ou permettent de commencer plus tôt la réanimation (sol irrégulier, insufflation commencée sur un pylône ou un poteau préalablement à la descente de l'accidenté, etc.). Seul le renversement de la tête en arrière est l'élément déterminant.
a) Nuque de l'accidenté appuyée sur le genou du sauveteur :
Le sauveteur se place à côté de l'accidenté, à hauteur du bassin de celui-ci, met un genou à terre et adosse l'accidenté contre l'autre jambe. L'accidenté étant placé, le sauveteur lui bascule la tête en arrière en l'appuyant sur sa cuisse.
L'insufflation peut se pratiquer par la méthode du bouche à bouche ou du bouche à nez.
b) Position verticale du corps de l'accidenté :
La réanimation orale peut se pratiquer sur un accidenté en position verticale (par exemple, accidenté suspendu, par sa ceinture, à un pylône ou à un poteau) ;
Le sauveteur se place à côté et un peu au-dessus de l'accidenté.
Le dégagement des voies respiratoires supérieures reste le même :
basculement de la tête en arrière et traction du menton en avant.
L'insufflation peut se pratiquer par la méthode du bouche à bouche ou du bouche à nez.
Il est recommandé, quand cela est possible et ne risque notamment pas de mettre le sauveteur en contact avec des conducteurs sous tension, de pratiquer une dizaine d'insufflations avant de commencer la descente de l'accidenté et de faire, à nouveau, une dizaine d'insufflations à mi-chemin de la descente.
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C. METHODES MANUELLES DE SILVESTER-BROSCH.(Egalement appelée Silvester modifiée).
1. Manoeuvres préliminaires.
L'accidenté est placé sur le dos, un rouleau de vêtements au niveau des omoplates ; ce rouleau doit avoir une épaisseur de 8 à 10 centimètres environ et être placé en travers sous les épaules (ni derrière le cou, ni à la base du thorax), la tête renversée en arrière et tournée légèrement sur le côté.
Le sauveteur s'accroupit à la tête de l'accidenté, un seul genou à terre. Il saisit les bras par les poignets.
2. Description des mouvements.
a) Premier temps : temps expiratoire de l'accidenté.
Le sauveteur place les avant-bras de l'accidenté au milieu de la poitrine de celui-ci et la comprime avec ses bras tendus.
b) Deuxième temps : temps inspiratoire de l'accidenté.
Le sauveteur se redresse pour tirer les poignets de l'accidenté d'abord vers le haut, puis en arrière jusqu'à leur faire toucher le sol de façon à produire une inspiration.
Le sauveteur ramène ensuite, par les côtés, les bras de l'accidenté en position de premier temps décrite ci-dessus.
3. Cadence.
Comme pour les méthodes orales, ces deux temps se succèdent à une cadence d'une douzaine de cycles complets par minute.
D - REPRISE DE LA RESPIRATION SPONTANEE.
Quand la respiration spontanée réapparaît, ne pas la contrarier, mais l'assister pendant quelque temps en adoptant le rythme respiratoire spontané de l'accidenté.
Un électrisé présente parfois des mouvements convulsifs au moment où il reprend conscience et un nouvel arrêt respiratoire peut nécessiter la remise en oeuvre immédiate de la réanimation.
Quand les mouvements respiratoires sont bien rétablis, laisser l'accidenté la tête basse, couche sur le côté, en chien de fusil.
Rester néanmoins auprès de lui pour être prêt à reprendre la respiration artificielle, si la respiration naturelle venait à fléchir.
E - RELAIS PAR DES APPAREILS A INSUFFLATION.
La réanimation, qui doit toujours être entreprise d'extrême urgence par les méthodes orales ou manuelles, peut, ultérieurement, être poursuivie en utilisant un appareil à insufflation qui permet de diminuer la fatigue du sauveteur et de continuer plus facilement la réanimation pendant un transport éventuel.
F - MASSAGE CARDIAQUE EXTERNE.
La pratique du massage cardiaque externe doit parfois être associée à la réanimation respiratoire.
Elle ne peut être entreprise que par un médecin ou une personne préalablement formée à la pratique de cette méthode.
G - SOINS ANNEXES.
Eviter le refroidissement de l'accidenté.
Ne jamais faire boire l'accidenté avant qu'il ait repris entièrement connaissance.
Ne donner, en aucun cas, de boissons alcoolisées.
En cas d'accidents dus à la haute tension, donner les soins complémentaires tels qu'ils sont indiqués au chapitre 1er ci-après.
ANNEXE 1
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H - CAUSES D'INSUCCES.Au cours de manoeuvres de réanimation, les causes d'insuccès les plus fréquemment constatées sont :
- le retard apporté dans la mise en oeuvre de la respiration artificielle ; ce retard constitue la cause majeure des échecs et cette notion doit toujours être présente à l'esprit ;
- ne pas s'être assuré suffisamment de la liberté de passage de l'air dans les voies respiratoires supérieures comme il l'a été indiqué aux conditions générales communes d'efficacité (chapitre II A 2) ;
- l'arrêt prématuré de la réanimation.
On ne doit jamais abandonner les soins à un électrisé avant la constatation de la mort par un médecin.
I - Mesures spéciales concernant les victimes d'accidents provoqués par la haute tension.
Dans tous les cas d'accidents provoqués par la haute tension, prendre les mesures suivantes :
1. Même si l'accidenté est apparemment indemne.
a) Faire boire à l'accidenté :
- immédiatement s'il n'a pas perdu connaissance ;
- ou dès qu'il est redevenu parfaitement conscient,
300 grammes d'eau dans laquelle on aura fait dissoudre une cuillerée à café de bicarbonate de soude (à renouveler au bout d'une heure si l'accidenté n'a pas encore pu être évacué).
b) Ne pas perdre de vue l'accidenté et le faire hospitaliser pour une mise en observation, en raison des accidents nerveux et rénaux susceptibles de se produire.
c) Si l'accidenté veut uriner pendant le transport, recueillir les urines et les remettre au médecin au moment de l'hospitalisation afin qu'il puisse rechercher dans celles-ci l'apparition éventuelle de myoglobine.
2. En cas de brûlures graves.
Faire transporter dès que possible l'accidenté dans un service hospitalier spécialisé en matière de brûlures (en position allongée, pour éviter le moindre effort physique).