Tribunal des Conflits, , 18/06/2007, C3600, Publié au recueil Lebon
Texte intégral
Tribunal des Conflits
N° C3600
Publié au recueil Lebon
Lecture du lundi 18 juin 2007
Président
Mme Mazars
Rapporteur
M. Jean-Louis Gallet
Commissaire du gouvernement
M. Chauvaux
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Considérant que, pour mettre fin aux nombreuses instances introduites par la SOCIETE BRIANÇON BUS et M. A à l'encontre de la commune de Briançon et de la société SEMITUB à la suite de la décision du maire de mettre en service deux lignes de transport public de voyageurs, exploitées par une société d'économie mixte, la société SEMITUB, et doublant la ligne dont la SOCIETE BRIANÇON BUS avait antérieurement acquis la propriété, les parties ont conclu, le 15 décembre 1992, une transaction visant à organiser la cession du fonds de commerce de la SOCIETE BRIANÇON BUS à la SEMITUB et la prise de participation de la première dans le capital de la seconde ainsi qu'à réparer à la fois le préjudice moral subi par M. A et les préjudices industriels et commerciaux subis par la SOCIETE BRIANÇON BUS ; qu'invoquant une mauvaise exécution des obligations contractuelles de la ville de Briançon, M. A, agissant en sa qualité de gérant de la SOCIETE BRIANÇON BUS et en son nom personnel, a saisi la juridiction administrative aux fins de voir la commune condamnée à lui payer les intérêts de retard sur les indemnités convenues et une indemnité au titre de la perte de salaires découlant de sa non nomination aux fonctions de directeur de la SEMITUB ; qu'ayant concomitamment saisi la juridiction judiciaire aux fins de résolution de la transaction, la cour d'appel de renvoi, après cassation totale prononcée sur le fond du litige, a sursis à statuer dans l'attente de la décision à intervenir sur le recours porté devant le Conseil d'Etat à l'encontre de l'arrêt de la cour administrative d'appel qui avait retenu sa compétence ; qu'estimant que la détermination de l'ordre de juridiction compétent pour se prononcer sur les conséquences de ladite transaction posait une difficulté sérieuse, le conseil d'Etat en a saisi le Tribunal des Conflits ; Considérant que la transaction conclue par une personne morale de droit public, est, en principe, un contrat de nature civile, sauf si elle met en oeuvre des prérogatives de puissance publique ou aboutit à la participation du cocontractant à une mission de service public ; que, sous cette réserve, l'homologation de la transaction et les litiges nés de son exécution relèvent de la compétence du juge judiciaire, hormis le cas où il est manifeste que les différends qui s'y trouvent compris ressortissent principalement à la compétence du juge administratif ; Considérant que la transaction litigieuse tendait principalement à mettre fin à une pluralité de litiges entre, d'une part, la ville de Briançon et, d'autre part, la SOCIETE BRIANÇON BUS et son dirigeant, nés de la mise en place, par la collectivité locale, de deux lignes de transport public de voyageurs exploitées par une société d'économie mixte, en concurrence avec la société de droit privé qui exploitait une ligne identique dont elle avait acquis la propriété ; que ces litiges, consécutifs à la mise en oeuvre par la commune de ses pouvoirs d'organisation du service public de transport de voyageurs, ressortissaient à la compétence administrative ; que, dès lors, le contentieux relatif aux conditions d'exécution de cette transaction relève de la compétence du juge administratif ;
D E C I D E : -------------- Article 1er : la juridiction de l'ordre administratif est compétente pour connaître du litige opposant la SOCIETE BRIANÇON BUS et M. A à la commune de Briançon ; Article 2 : la présente décision sera notifiée au Garde des Sceaux, ministre de la justice, qui est chargé d'en assurer l'exécution.
Analyse
CETATCOMPÉTENCE. RÉPARTITION DES COMPÉTENCES ENTRE LES DEUX ORDRES DE JURIDICTION. COMPÉTENCE DÉTERMINÉE PAR UN CRITÈRE JURISPRUDENTIEL. CONTRATS. - TRANSACTION - HOMOLOGATION - A) PRINCIPE - COMPÉTENCE DU JUGE JUDICIAIRE - B) EXCEPTION - DIFFÉRENDS COMPRIS DANS LA TRANSACTION RESSORTISSANT À LA COMPÉTENCE DU JUGE ADMINISTRATIF [RJ1].
CETATMARCHÉS ET CONTRATS ADMINISTRATIFS. RÈGLES DE PROCÉDURE CONTENTIEUSE SPÉCIALES. COMPÉTENCE. - TRANSACTION - HOMOLOGATION - A) PRINCIPE - COMPÉTENCE DU JUGE JUDICIAIRE - B) EXCEPTION - DIFFÉRENDS COMPRIS DANS LA TRANSACTION RESSORTISSANT À LA COMPÉTENCE DU JUGE ADMINISTRATIF [RJ1].
L'homologation d'une transaction et les litiges nés de son exécution relèvent de la compétence du juge judiciaire, hormis le cas où il est manifeste que les différends qui s'y trouvent compris ressortissent principalement à la compétence du juge administratif.
L'homologation d'une transaction et les litiges nés de son exécution relèvent de la compétence du juge judiciaire, hormis le cas où il est manifeste que les différends qui s'y trouvent compris ressortissent principalement à la compétence du juge administratif.