Conseil d'Etat, 3 / 5 SSR, du 4 avril 1997, 177987, publié au recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - 3 / 5 SSR
N° 177987
Publié au recueil Lebon
Lecture du vendredi 04 avril 1997
Président
M. Vught
Rapporteur
M. Courtial
Commissaire du gouvernement
M. Stahl
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Considérant que M. X... a intérêt et par suite, qualité en tant qu'habitant de la commune, pour demander l'annulation du décret du 6 novembre 1995 portant changement de nom de communes en tant qu'il dispose que la commune de Châlons-sur-Marne portera désormais le nom de Châlons-en-Champagne ; Considérant qu'aux termes de l'article L. 111-1 du code des communes : "Le changement de nom d'une commune est décidé par décret, sur la demande du conseil municipal, le conseil général consulté et le Conseil d'Etat entendu" ; Considérant que le changement du nom de Châlons-sur-Marne en Châlons-en-Champagne ne figurait ni dans le dispositif du projet de décret soumis par le gouvernement au Conseil d'Etat ni dans le projet adopté par la section de l'intérieur du Conseil d'Etat ; qu'ainsi le décret litigieux, en tant qu'il porte sur ce changement de nom, ne peut être regardé comme ayant été pris le "Conseil d'Etat entendu" ; qu'il est, par suite, entaché d'incompétence et doit, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête, être annulé en tant qu'il décide le changement de nom contesté ;
Article 1er : Le décret du 6 novembre 1995 portant changement de nom de communes est annulé en tant qu'il dispose que la commune de Châlons-sur-Marne portera le nom de Châlons-en-Champagne.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Jean X..., à la commune de Châlons-sur-Marne, au Premier ministre et au ministre de l'intérieur.
Analyse
CETAT01-02-02-02-01 ACTES LEGISLATIFS ET ADMINISTRATIFS - VALIDITE DES ACTES ADMINISTRATIFS - COMPETENCE - REPARTITION DES COMPETENCES ENTRE AUTORITES DISPOSANT DU POUVOIR REGLEMENTAIRE - MESURES A PRENDRE PAR DECRET - DECRET EN CONSEIL D'ETAT -Décret décidant le changement de nom d'une commune - Décret prévoyant le changement de nom d'une commune qui n'était mentionnée ni dans le projet du gouvernement ni dans le projet adopté par le Conseil d'Etat - Annulation partielle pour incompétence.
CETAT135-02-01-01-01 COLLECTIVITES TERRITORIALES - COMMUNE - ORGANISATION DE LA COMMUNE - IDENTITE DE LA COMMUNE - NOM (1) Décret portant changement du nom d'une commune - Intérêt à en demander l'annulation - Existence - Habitant de la commune. (2) Décret du 6 novembre 1995 portant changement de nom de communes - Décret ne pouvant être regardé comme pris en Conseil d'Etat en tant qu'il change le nom de Châlons-sur-Marne en Châlons-en-Champagne - Annulation partielle.
CETAT54-01-04-02-01 PROCEDURE - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - INTERET POUR AGIR - EXISTENCE D'UN INTERET - INTERET LIE A UNE QUALITE PARTICULIERE -Habitant d'une commune - Décret portant changement du nom de la commune.
CETAT54-07-01-04-01-02 PROCEDURE - POUVOIRS ET DEVOIRS DU JUGE - QUESTIONS GENERALES - MOYENS - MOYENS D'ORDRE PUBLIC A SOULEVER D'OFFICE - EXISTENCE -Moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte - Décret devant être pris le Conseil d'Etat entendu et différant tant du projet du gouvernement que du projet adopté par le Conseil d'Etat.
135-02-01-01-01(1), 54-01-04-02-01 Un habitant d'une commune justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation d'un décret portant changement du nom de cette commune.
01-02-02-02-01, 135-02-01-01-01(2), 54-07-01-04-01-02 Article L.111-1 du code des communes, repris à l'article L.2111-1 du code général des collectivités territoriales, prévoyant que "le changement de nom d'une commune est décidé par décret, sur la demande du conseil municipal, le conseil général consulté et le Conseil d'Etat entendu". Dès lors que le changement du nom de Châlons-sur-Marne en Châlons-en-Champagne ne figurait ni dans le dispositif du projet de décret soumis par le gouvernement au Conseil d'Etat ni dans le projet adopté par la section de l'intérieur du Conseil d'Etat, le décret du 6 novembre 1995, en tant qu'il porte sur ce changement de nom, ne peut être regardé comme ayant été pris "le Conseil d'Etat entendu". Il est par suite entaché d'incompétence et doit, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête, être annulé en tant qu'il décide ce changement de nom.