Conseil d'Etat, 4 / 1 SSR, du 13 mars 1996, 164092, publié au recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - 4 / 1 SSR
N° 164092
Publié au recueil Lebon
Lecture du mercredi 13 mars 1996
Président
M. Labetoulle
Rapporteur
M. Girardot
Commissaire du gouvernement
M. Schwartz
Avocat(s)
SCP Vier, Barthélémy, Avocat
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêt attaqué : Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête : Considérant qu'à l'appui de conclusions dirigées contre un état exécutoire, un requérant est recevable à contester par tout moyen la légalité de l'ordre de versement auquel cet état donne une force exécutoire ; que, quel que soit le vice ainsi invoqué, un tel moyen relève de la même cause juridique que les contestations relatives à la réalité de la créance ; qu'ainsi, en jugeant que les moyens tirés de l'irrégularité des ordres de reversement procédaient d'une cause juridique distincte de celle à laquelle se rattachait l'unique moyen, relatif à la réalité de la créance, présenté dans le délai du recours contentieux, et en en déduisant que ces moyens étaient irrecevables, la cour administrative d'appel de Paris a commis une erreur de droit ; que l'arrêt attaqué doit, par suite, être annulé ; Sur les conclusions à fin de sursis à exécution des états exécutoires : Considérant que l'association requérante n'est pas recevable à demander au juge de cassation d'ordonner le sursis à exécution des états exécutoires contestés devant le tribunal administratif et devant la cour administrative d'appel ; que ces conclusions doivent, dès lors, être rejetées ;
Article 1er : L'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris en date du 6 décembre 1994 est annulé.
Article 2 : Les conclusions tendant à ce que le Conseil d'Etat prononce le sursis à exécution des états exécutoires contestés sont rejetées.
Article 3 : L'affaire est renvoyée devant la cour administrative d'appel de Paris.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à l'association régionale pour l'enseignement et la recherche scientifique et technologique en Champagne Ardennes, au ministre de l'économie et des finances et au ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Analyse
CETAT18-03-02-01-01 COMPTABILITE PUBLIQUE - CREANCES DES COLLECTIVITES PUBLIQUES - RECOUVREMENT - PROCEDURE - ETAT EXECUTOIRE -Contentieux - Exception d'illégalité de l'ordre de reversement - Moyen relevant que la même cause juridique que les contestations relatives à la réalité de la créance.
CETAT18-07-02-03 COMPTABILITE PUBLIQUE - REGLES DE PROCEDURE CONTENTIEUSE SPECIALES A LA COMPTABILITE PUBLIQUE - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - DELAI -Effets de l'expiration des délais - Irrecevabilité des moyens relevant d'une cause juridique distincte de celle des moyens invoqués dans le délai de recours contentieux - Contentieux des états exécutoires - Notion de cause juridique.
CETAT54-01-07-05-02 PROCEDURE - INTRODUCTION DE L'INSTANCE - DELAIS - EXPIRATION DES DELAIS - EFFETS DE L'EXPIRATION DU DELAI -Irrecevabilité des moyens relevant d'une cause juridique distincte de celle des moyens invoqués dans le délai de recours contentieux - Notion de cause juridique - Contentieux des états exécutoires.
CETAT54-07-01-04-02 PROCEDURE - POUVOIRS ET DEVOIRS DU JUGE - QUESTIONS GENERALES - MOYENS - MOYENS IRRECEVABLES -Moyens relevant d'une cause juridique distincte de celle des moyens invoqués dans le délai de recours contentieux - Notion de cause juridique - Contentieux des états exécutoires.
18-03-02-01-01, 18-07-02-03, 54-01-07-05-02, 54-07-01-04-02 Le moyen tiré, à l'appui de conclusions dirigées contre un état exécutoire, de l'illégalité de l'ordre de reversement auquel cet état donne force exécutoire, relève, quel que soit le vice invoqué, de la même cause juridique que les contestations relatives à la réalité de la créance. Par suite, un requérant qui, dans le délai du recours contentieux, a présenté un moyen unique relatif à la réalité de la créance est recevable à présenter ultérieurement des moyens tirés de l'irrégularité de l'ordre de reversement.