Conseil d'Etat, 10 SS, du 29 juin 1992, 98207, inédit au recueil Lebon

Texte intégral

Conseil d'Etat - 10 SS

N° 98207

Inédit au recueil Lebon

Lecture du lundi 29 juin 1992


Rapporteur

Simon-Michel

Commissaire du gouvernement

Mme Denis-Linton

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat les 16 mai 1988 et 5 septembre 1988, présentés par M. Christian X..., demeurant 5 Villa des Iles à Villeneuve-Saint-Georges (94190) ; M. X... demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler le jugement en date du 8 mars 1988 par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision en date du 13 décembre 1985, par laquelle le ministre de l'économie et des finances lui a refusé le bénéfice de l'indemnité d'éloignement et des congés bonifiés ;

2°) d'annuler ladite décision ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le décret du 22 décembre 1953 ;

Vu le décret du 20 mars 1978 ;

Vu le code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;

Vu l'ordonnance n° 45-1708 du 31 juillet 1945, le décret n° 53-934 du 30 septembre 1953 et la loi n° 87-1127 du 31 décembre 1987 ;

Après avoir entendu :

- le rapport de M. Simon-Michel, Auditeur,

- les conclusions de Mme Denis-Linton, Commissaire du gouvernement ;

Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'économie, des finances et du budget :

Considérant, d'une part, qu'aux termes de l'article 6 du décret du 22 décembre 1953 portant aménagement du régime de rémunération des fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements d' outre-mer : "Les fonctionnaires de l'Etat domiciliés dans un département d'outre-mer qui recevront une affectation en France métropolitaine à la suite de leur entrée dans l'administration, d'une promotion ou d'une mutation, percevront, s'ils accomplissent une durée minimum de service de quatre années consécutives en métropole, une indemnité d'éloignement non renouvelable" ;

Considérant, d'autre part, qu'aux termes de l'article 1er du décret n° 78-399 du 20 mars 1978 relatif, pour les départements d' outre-mer, à la prise en charge des frais de voyage de congés bonifiés accordés aux magistrats et fonctionnaires civils de l'Etat : "Les dispositions du présent décret s'appliquent ... aux fonctionnaires ... qui exercent leurs fonctions : ... b) sur le territoire européen de la France si leur lieu de résidence habituelle est situé dans un département d'outre-mer" et qu'aux termes de l'article 3 du même décret : "Le lieu de résidence habituelle est le territoire européen de la France ou le département d'outre-mer où se trouve le centre des intérêts moraux et matériels de l'intéressé" ;

Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Christian X..., préposé des douanes, a quitté la Martinique en 1971 pour suivre ses parents en métropole ; que s'il a effectué depuis cette époque quelques séjours en Martinique, il n'établit pas qu'il soit, comme il l'affirme, inscrit sur les listes électorales dans ce département d'outre-mer ; qu'il est entré en 1984 au service des douanes et n'a connu depuis lors que des affectations en métropole ; que, dans ces conditions, et sans qu'il puisse utilement se fonder sur la circonstance que son père, lui-même fonctionnaire, a bénéficié de congés bonifiés, le centre de ses intérêts moraux et matériels ne saurait être regardé comme situé en Martinique ; que, dès lors, M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du ministre de l'économie et des finances lui refusant l'octroi de l'indemnité d'éloignement et de congés bonfiés ;
Article 1er : La requête de M. X... est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. X... et au ministre de l'économie et des finances.