Conseil d'Etat, Section, du 2 mars 1990, 84590, publié au recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - SECTION
N° 84590
Publié au recueil Lebon
Lecture du vendredi 02 mars 1990
Président
M. Combarnous
Rapporteur
M. Errera
Commissaire du gouvernement
M. Abraham
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la requête : Considérant que les dispositions de l'article 6 de l'arrêté n° 82-36 A en date du 22 octobre 1982 par lesquelles le ministre de l'économie et des finances a donné aux préfets compétence pour déroger au régime des prix qu'il édictait, n'ont pas défini avec une précision suffisante l'objet et l'étendue de la compétence déléguée ; que cet article 6 est dès lors illégal et que par voie de conséquence les arrêtés préfectoraux pris en vertu dudit article sont entachés d'incompétence ; qu'il en est ainsi des arrêtés pris les 11 décembre 1985 et 13 février 1986 par le préfet de la Gironde ; que, par suite, c'est à tort que le tribunal administratif de Bordeaux s'est fondé sur ces arrêtés pour annuler la délibération du conseil municipal de Boulazac en date du 27 mars 1986 fixant le tarif des terrains de tennis municipaux ; Considérant que si le ministre de l'économie, des finances et du budget expose, dans des observations produites devant le Conseil d'Etat, que ladite délibération serait, en tout état de cause illégale au regard des dispositions de l'article 3 de l'arrêté ministériel du 19 novembre 1984 modifié par l'article 2 de l'arrêté du 25 octobre 1985, il résulte du 5ème alinéa de l'article 3 de la loi du 2 mars 1982 modifiée, aux termes duquel "l'appel des jugements ... rendus sur recours du représentant de l'Etat dans le département est présenté par celui-ci", que le préfet de la Dordogne avait seul qualité pour représenter l'Etat dans la présente instance ; qu'il suit de là que le moyen susénoncé, qui n'a pas un caractère d'ordre public, ne peut être retenu ;
Article 1er : Le jugement susvisé du tribunal administratif de Bordeaux en date du 20 novembre 1986 est annulé.
Article 2 : Le déféré présenté par le préfet de la Dordogne devant le tribunal administratif de Bordeaux est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la commune de Boulazac, au préfet de la Dordogne et au ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et du budget.
Analyse
CETAT135-02-02-06 COLLECTIVITES LOCALES - QUESTIONS COMMUNES ET COOPERATION - CONTROLE DE LEGALITE DES ACTES DES AUTORITES LOCALES - DEFERE PREFECTORAL - PROCEDURE -Qualité pour former appel - Ministre - Absence.
CETAT54-08-01-01-02-02 PROCEDURE - VOIES DE RECOURS - APPEL - RECEVABILITE - QUALITE POUR FAIRE APPEL - ABSENCE -Ministre - Déféré préfectoral - Qualité pour former appel devant le Conseil d'Etat.
135-02-02-06, 54-08-01-01-02-02 Il résulte du 5ème alinéa de l'article 3 de la loi du 2 mars 1982 modifiée, aux termes duquel "l'appel des jugements ... rendus sur recours du représentant de l'Etat dans le département est présenté par celui-ci", que le préfet a seul qualité pour représenter l'Etat en appel devant le Conseil d'Etat.