Conseil d'Etat, 1 / 4 SSR, du 12 octobre 1990, 91325, mentionné aux tables du recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - 1 / 4 SSR
N° 91325
Mentionné dans les tables du recueil Lebon
Lecture du vendredi 12 octobre 1990
Président
M. Combarnous
Rapporteur
M. Daguet
Commissaire du gouvernement
M. Tuot
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Considérant que, par délibération en date du 11 février 1987, le conseil municipal de Champigny-sur-Marne a décidé de créer, en faveur du personnel communal en grève, un fonds de solidarité géré par l'association "Entraide du personnel communal" et d'allouer à ce fonds une dotation de 50 000 F ; Considérant qu'il n'appartient pas au conseil municipal chargé, selon les dispositions de l'article L. 121-26 du code des communes, de "régler par ses délibérations les affaires de la commune", d'intervenir dans un conflit collectif du travail en apportant son soutien financier à l'une des parties en litige ; qu'eu égard notamment au fait que l'aide financière accordée n'était pas directement attribuée par le conseil municipal à des personnes se trouvant dans le besoin, la délibération litigieuse ne saurait être regardée comme répondant exclusivement à des préoccupations d'ordre social ; que le fait que la commune était elle-même l'employeur des personnels grévistes et la circonstance, à la supposer établie, que le mouvement de grève pris en considération par la délibération susanalysée avait cessé à la date à laquelle cette délibération est intervenue ne sauraient donner une base légale à ladite délibération ; que, dès lors, la COMMUNE DE CHAMPIGNY-SUR-MARNE n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, qui est suffisamment motivé, le tribunal administratif de Paris a annulé la délibération du 11 février 1987 ;
Article 1er : La requête de la COMMUNE DE CHAMPIGNY-SUR-MARNE est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la COMMUNE DE CHAMPIGNY-SUR-MARNE, au Préfet du Val-de-Marne et au ministre de l'intérieur.
Analyse
CETAT16-02-01-03-04-02,RJ1 COMMUNE - ORGANES DE LA COMMUNE - CONSEIL MUNICIPAL - DELIBERATIONS - LEGALITE INTERNE DE LA DELIBERATION - ILLEGALITE DES INTERVENTIONS DANS UN CONFLIT COLLECTIF DU TRAVAIL -Existence - Délibération décidant de créer et de doter un fonds de solidarité des travailleurs communaux en grève (1).
16-02-01-03-04-02 Par délibération en date du 11 février 1987, le conseil municipal de Champigny-sur-Marne a décidé de créer, en faveur du personnel communal en grève, un fonds de solidarité géré par l'association "Entraide du personnel communal" et d'allouer à ce fonds une dotation de 50 000 F. Il n'appartient pas au conseil municipal chargé, selon les dispositions de l'article L.121-26 du code des communes, de "régler par ses délibérations les affaires de la commune", d'intervenir dans un conflit collectif du travail en apportant son soutien financier à l'une des partie en litige. Eu égard notamment au fait que l'aide financière accordée n'était pas directement attribuée par le conseil municipal à des personnes se trouvant dans le besoin, la délibération litigieuse ne saurait être regardée comme répondant exclusivement à des préoccupations d'ordre social. Le fait que la commune était elle-même l'employeur des personnels grévistes et la circonstance, à la supposer établie, que le mouvement de grève pris en considération par la délibération susanalysée avait cessé à la date à laquelle cette délibération est intervenue ne sauraient donner une base légale à ladite délibération. Illégalité, par suite, de cette délibération (1).
1. Rappr. 1985-11-20, Commune d'Aigues-Mortes, p. 330 ; 1989-10-11, Commune de Gardanne et autres, p. 188 ; Comp. 1989-10-11, Commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône c/ Préfet des Bouches-du-Rhône, p. 184