Conseil d'Etat, 10/ 9 SSR, du 27 avril 1988, 72224, mentionné aux tables du recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - 10/ 9 SSR
N° 72224
Mentionné dans les tables du recueil Lebon
Lecture du mercredi 27 avril 1988
Président
M. Coudurier
Rapporteur
M. Fougier
Commissaire du gouvernement
M. Van Ruymbeke
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Considérant que les mutations d'office des fonctionnaires ne sont pas au nombre des décisions administratives défavorables dont la loi du 11 juillet 1979 impose la motivation ; que, par suite, le ministre de l'économie, des finances et du budget est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Marseille s'est fondé sur le défaut de motivation de la décision attaquée pour en prononcer l'annulation ; Considérant qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. Marcel X... devant les juges de première instance pour demander l'annulation de la décision de mutation d'office le concernant ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que ladite décision est fondée sur les dispositions des circulaires du ministre de l'économie et des finances du 10 janvier 1975 et du 4 juin 1981 prescrivant que les agents des douanes en fonction dans les bureaux des raffineries ne pourront y servir pendant plus de sept ans dès l'instant où ces postes seraient sollicités par d'autres agents ; que ces dispositions ont un caractère réglementaire en ce qu'elles édictent des règles ayant un caractère général et relatives à la situation des agents des douanes en service dans les raffineries ; qu'aucun texte n'autorisait le ministre de l'économie et des finances à exercer le pouvoir réglementaire en la matière ; qu'ainsi la décision en date du 9 juillet 1982 par laquelle le ministre de l'économie, des finances et du budget a muté dans l'intérêt du service de Lavera à Port de Bouc M. Marcel X..., contrôleur des douanes, fondée sur un règlement illégal, est elle-même de ce fait entachée d'excès de pouvoir ; que, par suite, le ministre de l'économie, des finances et du budget n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué en date du 11 juin 1985, le tribunaladministratif de Marseille a prononcé l'annulation pour excès de pouvoir de ladite décision ; Sur le recours incident de M. Marcel X... :
Considérant que les conclusions en indemnité, présentées par M. Marcel X... devant le Conseil d'Etat par la voie du recours incident, l'ont été sans ministère d'avocat et sont par suite irrecevables ;
Article 1er : Le recours du ministre de l'économie, des finances et du budget et le recours incident de M. Marcel X... sont rejetés.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Marcel X... et au ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et de la privatisation.
Analyse
CETAT01-01-05-03-01-02 ACTES LEGISLATIFS ET ADMINISTRATIFS - DIFFERENTES CATEGORIES D'ACTES - ACTES ADMINISTRATIFS - NOTION - CARACTERE REGLEMENTAIRE DES INSTRUCTIONS ET CIRCULAIRES - PRESENTE CE CARACTERE - ECONOMIE ET FINANCES -Circulaires du ministre de l'économie et des finances des 10 janvier 1975 et 4 juin 1981 relatives à la situation des agents des douanes.
01-01-05-03-01-02 Les circulaires du ministre de l'économie et des finances du 10 janvier 1975 et du 4 juin 1981 prescrivant que les agents des douanes en fonction dans les bureaux des raffineries ne pourront y servir pendant plus de sept ans dès l'instant où ces postes seraient sollicités par d'autres agents ont un caractère réglementaire en ce qu'elles édictent des règles ayant un caractère général et relatives à la situation des agents des douanes en service dans les raffineries. Aucun texte n'autorisait le ministre de l'économie et des finances à exercer le pouvoir réglementaire en la matière. Les règlements en cause sont donc illégaux.