Conseil d'Etat, 2 / 6 SSR, du 3 février 1995, 119365, mentionné aux tables du recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - 2 / 6 SSR
N° 119365
Mentionné dans les tables du recueil Lebon
Lecture du vendredi 03 février 1995
Président
M. Rougevin-Baville
Rapporteur
M. Groshens
Commissaire du gouvernement
M. Delarue
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Considérant qu'aux termes de l'article 153 du code de la nationalité française : "Les personnes de nationalité française qui étaient domiciliées au jour de son accession à l'indépendance sur le territoire d'un Etat qui avait eu antérieurement le statut de territoire d'outre-mer de la République française, et qui ne peuvent invoquer les dispositions de l'article précédent peuvent, à la condition d'avoir établi au préalable leur domicile en France, être réintégrés, moyennant une déclaration souscrite après autorisation du ministre chargé des naturalisations. Celle-ci peut être refusée pour indignité ou défaut d'assimilation" ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. X... l'autorisation de souscrire une déclaration de réintégration dans la nationalité française, le ministre des affaires sociales et de l'emploi qui ne s'est fondé que sur l'existence de condamnations prononcées, d'ailleurs bénignes, à l'encontre de l'intéressé, a commis en l'espèce une erreur de droit ; qu'ainsi M. X... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande ;
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Nantes en date du 7 juin 1990, ensemble la décision du ministre des affaires sociales et de l'emploi en date du 14 janvier 1988 sont annulés.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Choualiho X... et au ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville.
Analyse
CETAT26-01-01-025 DROITS CIVILS ET INDIVIDUELS - ETAT DES PERSONNES - NATIONALITE - REINTEGRATION DANS LA NATIONALITE -Opposition à réintégration - Motifs - Existence de condamnations pénales - Erreur de droit.
26-01-01-025 Commet une erreur de droit le ministre qui, pour refuser une autorisation de souscrire une déclaration de réintégration dans la nationalité française, ne se fonde que sur l'existence de condamnations pénales, d'ailleurs bénignes, prononcées à l'encontre de l'intéressé.