Tribunal des conflits, du 3 juillet 2000, 3198, publié au recueil Lebon
Texte intégral
Tribunal des conflits
N° 3198
Publié au recueil Lebon
Lecture du lundi 03 juillet 2000
Président
M. Waquet
Rapporteur
M. Chagny
Commissaire du gouvernement
M. Schwartz
Avocat(s)
SCP Boré, Xavier, Avocat
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Vu, enregistré le 28 février 2000, le mémoire présenté pour les consorts Y... et M. X..., tendant à ce que la juridiction de l'ordre administratif soit déclarée compétente pour connaître du litige, pour les motifs que les décisions du juge de l'application des peines relatives notamment aux permissions de sortir, qui ont trait aux conditions d'exécution de la peine, relèvent de la compétence de la juridiction administrative ou de la compétence de la juridiction judiciaire en matière de recours pour excès de pouvoir et de la compétence de la juridiction administrative en matière de plein contentieux ; Vu les autres pièces du dossier ; Vu la loi des 16-24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an Ill ; Vu la loi du 24 mai 1872 ; Vu le décret du 26 octobre 1849 modifié et notamment, ses articles 35 et suivants ; Vu les articles 707, 709-1, 722, 733-1 et D. 116 du code de procédure pénale ; Après avoir entendu en audience publique : - le rapport de M. Chagny, membre du Tribunal : - les observations de la SCP Boré, Xavier, avocat des consorts Y... et de M. X..., - les conclusions de M. Schwartz, Commissaire du gouvernement ;
Considérant que les consorts Y... et M. X... ont demandé à l'Etat réparation du préjudice subi du fait du meurtre de Sylvie X... par un détenu du centre pénitentiaire de Nantes, qui bénéficiait d'une permission de sortir accordée par le juge de l'application des peines ; que le tribunal administratif de Nantes puis la cour administrative d'appel de Nantes ont reconnu la compétence de la juridiction administrative avant de condamner l'Etat à verser diverses indemnités aux intéressés ; que le Conseil d'Etat statuant au contentieux a, par décision du 29 décembre 1999, renvoyé l'affaire au Tribunal et sursis à statuer sur le recours du GARDE DES SCEAUX, MINISTRE DE LA JUSTICE, jusqu'à ce que le Tribunal ait tranché la question de savoir si le litige né de l'action des consorts Y... et de M. X... dirigée contre l'Etat relève ou non de la compétence de la juridiction administrative ; Considérant que l'action fondée sur une responsabilité sans faute de l'Etat en raison du préjudice résultant d'un crime ou d'un délit commis au cours d'une permission de sortir accordée à un condamné par le juge de l'application des peines, relève de la compétence de la juridiction administrative ; que, dès lors, le litige né de l'action des consorts Y... et de M. X... dirigé contre l'Etat relève de la compétence de la compétence de la juridiction administrative ;
Article 1er : La juridiction de l'ordre administratif est compétente pour connaître du litige opposant le GARDE DES SCEAUX, MINISTRE DE LA JUSTICE aux consorts Y... et M. X....
Article 2 : La présente décision sera notifiée au garde des sceaux, ministre de la justice, qui est chargé d'en assurer l'exécution.
Analyse
CETAT17-03-02-07-05-02 COMPETENCE - REPARTITION DES COMPETENCES ENTRE LES DEUX ORDRES DE JURIDICTION - COMPETENCE DETERMINEE PAR UN CRITERE JURISPRUDENTIEL - PROBLEMES PARTICULIERS POSES PAR CERTAINES CATEGORIES DE SERVICES PUBLICS - SERVICE PUBLIC JUDICIAIRE - FONCTIONNEMENT -
CETAT37-05-02-01 JURIDICTIONS ADMINISTRATIVES ET JUDICIAIRES - EXECUTION DES JUGEMENTS - EXECUTION DES PEINES - SERVICE PUBLIC PENITENTIAIRE -
CETAT60-02-09 RESPONSABILITE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - RESPONSABILITE EN RAISON DES DIFFERENTES ACTIVITES DES SERVICES PUBLICS - SERVICE DE LA JUSTICE -
17-03-02-07-05-02, 37-05-02-01, 60-02-09 L'action fondée sur une responsabilité sans faute de l'Etat en raison du préjudice résultant d'un crime ou d'un délit commis par un détenu au cours d'une permission de sortir accordée par le juge de l'application des peines relève de la compétence de la juridiction administrative.