Cour de cassation, civile, Chambre civile 3, 19 septembre 2007, 06-15.524, Publié au bulletin

Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS



Sur la recevabilité du moyen unique, contestée par la défense :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Agen, 1er février 2005), que Mme Marie X... a donné à bail diverses parcelles à son fils Jean et à son épouse; qu'à la suite du divorce des preneurs, l'exploitation a été régulièrement poursuivie par Mme Y..., divorcée X..., et par le groupement agricole d'exploitation en commun Montjoie (le GAEC) ; que la preneuse et le GAEC ont demandé la condamnation de la bailleresse au paiement de diverses sommes ;

Attendu que Mme X... fait grief à l'arrêt d'accueillir la demande et de la débouter de ses demandes écrites alors que, selon le moyen :

1°/ que chacun des copreneurs à bail rural est tenu à l'égard du bailleur du paiement de l'intégralité des loyers ; qu'en déboutant partiellement le bailleur de sa demande de paiement d'arriérés de loyer dirigée à l'encontre d'un copreneur en ce que ce dernier n'avait plus la jouissance effective d'un des biens immobiliers composant l'ensemble donné à bail et alors même que ce dernier conservait le bénéfice du contrat de bail rural au titre des autres biens, la cour d'appel a violé, ensemble, les articles 1218 et 1728 du code civil ;

2°/ que le bailleur peut réclamer le paiement des loyers relatifs au domicile familial à la femme, cotitulaire du bail avec le mari, jusqu'à la transcription du jugement de divorce ; qu'en déboutant le bailleur de sa demande en paiement d'arriérés de loyers à l'encontre de l'épouse divorcée co-titulaire du bail dont elle n'avait plus la jouissance en vertu d'une ordonnance de non-conciliation sans constater sa transcription, rendant seule cette mesure opposable au bailleur, la cour d'appel a violé, ensemble, les articles 262 et 1728 du code civil ;

Mais attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt que Mme X... n'était ni présente ni représentée devant la cour d'appel et que le dépôt de conclusions ne pouvant suppléer le défaut de comparution, le moyen est irrecevable ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne Mme X... aux dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette la demande de Mme Y... et du GAEC Montjoie ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du dix-neuf septembre deux mille sept.
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