Cour de Cassation, Chambre sociale, du 25 avril 2007, 05-44.932, Inédit

Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant :

Sur le moyen unique :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 7 septembre 2005), que M. X..., employé au sein du groupe des NMPP depuis le 7 octobre 1968, a été engagé le 3 janvier 1994 en qualité de cadre de direction par la société Coprocom, société de ce groupe, avant d'être licencié le 3 septembre 2001 ; qu'il a saisi la juridiction prud'homale de diverses demandes relatives à l'exécution et à la rupture de son contrat de travail ; que, par arrêt du 24 novembre 2004, la cour d'appel de Paris a condamné la société à lui payer un rappel de salaire ; que, par requête en interprétation de cet arrêt, la société a demandé à la cour d'appel de dire que cette somme constituait un montant brut ; que la cour d'appel a fait droit à cette requête ;

Attendu que le salarié fait grief à l'arrêt d'avoir interprété la décision litigieuse en ce sens que la condamnation en paiement d'une somme au titre de rappel de salaire s'entendait d'une condamnation en brut, alors, selon le moyen :

1 / qu'aucun des motifs de l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 24 novembre 2004 ne contenait, même sous la forme d'une simple allusion, une précision sur la nature du montant du salaire alloué en réparation de la discrimination ; qu'il en allait de même pour les conclusions de M. X... ; qu'en se référant à un rapprochement des motifs de l'arrêt et des calculs opérés par M. X..., sans aucune autre précision, pour retenir une condamnation en brut et non en net, la cour d'appel a ajouté à sa précédente décision des indications qu'elle ne comportait pas, en modifiant son sens et sa portée ; qu'elle a violé les articles 1351 du code civil, 4, 455 et 461 du nouveau code de procédure civile ;

2 / que les juges du fond, saisis d'une contestation relative à l'interprétation d'une précédente décision, ne peuvent, sous le prétexte d'en déterminer le sens, apporter une modification aux dispositions de celle-ci ; qu'aucune des mentions de l'arrêt du 24 novembre 2004 ne prévoit que des sommes pourraient être déduites de la condamnation prononcée ; que la cour d'appel de Paris, en considérant qu'il s'agissait de condamnations en brut et non en net, a modifié le sens et la portée de l'arrêt du 24 novembre 2004 ; qu'elle a violé les articles 1351 du code civil, 4, 455 et 461 du nouveau code de procédure civile ;

Mais attendu que l'arrêt, qui s'est référé au rapprochement des motifs de la précédente décision et des calculs opérés par M. X..., implicitement mais nécessairement relatifs à des montants de salaires et traitements bruts tels qu'ils ressortaient des comptes annuels de la société, n'encourt pas les griefs du moyen ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne M. X... aux dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette la demande ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-cinq avril deux mille sept.

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