Cour de Cassation, Chambre sociale, du 27 avril 1972, 71-10.550, Publié au bulletin

Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

SUR LE MOYEN UNIQUE : VU L'ARTICLE L241 DU CODE DE LA SECURITE SOCIALE ET L'ARTICLE 2-4° DE LA LOI DU 12 JUILLET 1966 MODIFIEE PAR L'ORDONNANCE DU 23 SEPTEMBRE 1967 DANS SA REDACTION ANTERIEURE A LA LOI DU 6 JANVIER 1970 ;

ATTENDU QU'AUX TERMES DU PREMIER DE CES TEXTES SONT AFFILIEES OBLIGATOIREMENT AUX ASSURANCES SOCIALES TOUTES LES PERSONNES DE NATIONALITE FRANCAISE SALARIEES OU TRAVAILLANT A QUELQUES TITRES OU EN QUELQUE LIEU QUE CE SOIT POUR UN OU PLUSIEURS EMPLOYEURS ET QUELS QUE SOIENT LE MONTANT ET LA NATURE DE LEUR REMUNERATION, LA FORME, LA NATURE OU LA VALIDITE DE LEUR CONTRAT ;

QU'AUX TERMES DU SECOND LES MEMBRES DE LA FAMILLE D'UN ASSURE EXERCANT UNE PROFESSION INDUSTRIELLE OU COMMERCIALE QUI ASSISTENT CELUI-CI DANS L'EXERCICE DE SA PROFESSION SANS RECEVOIR DE REMUNERATION POUVAIENT ADHERER VOLONTAIREMENT AU REGIME MALADIE ;

ATTENDU QUE PAR LETTRE DU 15 AVRIL 1969 X... A DEMANDE L'AFFILIATION DE SON FILS AU REGIME GENERAL DE LA SECURITE SOCIALE EN DECLARANT VOULOIR LE PRENDRE A SON SERVICE EN QUALITE DE COMMIS REMUNERE DEPUIS LE 1ER AVRIL 1969 ;

QUE POUR DECLARER OBLIGATOIRE L'AFFILIATION DE JEAN-JACQUES X... AU REGIME GENERAL DE LA SECURITE SOCIALE DEPUIS LE 13 JUIN 1965, DATE DE SON RETOUR DU SERVICE MILITAIRE, L'ARRET ATTAQUE A CONSIDERE QUE CELUI-CI TRAVAILLAIT DEJA EN QUALITE DE COMMIS BOUCHER CHEZ SON PERE SOUS SON AUTORITE ET SA SUBORDINATION ET RECEVAIT DE LUI POUR CE TRAVAIL UNE VERITABLE REMUNERATION CONSTITUEE PAR LE LOGEMENT, LA NOURRITURE, L'ENTRETIEN ET L'ARGENT DE POCHE ;

ATTENDU CEPENDANT QUE SI JEAN-JACQUES X... TRAVAILLAIT ANTERIEUREMENT DANS LA BOUCHERIE PATERNELLE IL NE RESSORT D'AUCUN DES ELEMENTS DE LA CAUSE QU'IL EUT ETE LIE PAR UN CONTRAT DE LOUAGE DE SERVICES ET QU'IL N'ASSISTAIT PAS SON PERE DANS LE CADRE D'UNE ENTRAIDE FAMILIALE ;

QU'IL N'ETAIT PAS ASTREINT A DES TACHES ET DES HORAIRES PRECIS ET RECEVAIT DE SON PERE, NON DES ORDRES, MAIS UNE INSTRUCTION POUR SE PREPARER A EXERCER LA PROFESSION POUR SON COMPTE AINSI QU'IL DEVAIT LE FAIRE EN JUILLET 1969, SANS QU'AUCUNE CONSTATATION DES JUGES DU FOND FASSE APPARAITRE L'EXISTENCE D'UN VERITABLE LIEN DE SUBORDINATION ;

QUE, D'AUTRE PART, SI SON PERE ASSUMAIT LA CHARGE DE SON ENTRETIEN EN POURVOYANT A SES BESOINS ESSENTIELS, IL REMPLISSAIT AINSI SEULEMENT UNE OBLIGATION NATURELLE JUSQU'A CE QUE LE FILS FUT EN MESURE DE GAGNER PERSONNELLEMENT SA VIE, SANS QU'IL EUT ETE DEMONTRE QU'ELLE AVAIT POUR CONTRE-PARTIE UN TRAVAIL IMPOSE DONT ELLE AURAIT CONSTITUE LE SALAIRE ;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE L'ARRET RENDU LE 10 DECEMBRE 1970, ENTRE LES PARTIES, PAR LA COUR D'APPEL DE RENNES ;

REMET, EN CONSEQUENCE, LA CAUSE ET LES PARTIES AU MEME ET SEMBLABLE ETAT OU ELLES ETAIENT AVANT LEDIT ARRET ET, POUR ETRE FAIT DROIT, LES RENVOIE DEVANT LA COUR D'APPEL DE CAEN.

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