Arrêté du 20 août 2013 portant homologation de la décision n° 2013-DC-0359 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 fixant les valeurs limites relatives aux rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux auxquelles doit satisfaire l'installation nucléaire de base n° 138, exploitée par la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) sur le territoire de la commune de Bollène (Vaucluse)

NOR : DEVP1321521A
ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2013/8/20/DEVP1321521A/jo/texte
JORF n°0204 du 3 septembre 2013
Texte n° 17

Version initiale


Le ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie,
Vu le code de l'environnement, notamment son article L. 593-10 ;
Vu le décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007 relatif aux installations nucléaires de base et au contrôle, en matière de sûreté nucléaire, du transport des substances radioactives, notamment ses articles 3 et 18 ;
Vu les avis des conseils départementaux de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques de la Drôme et de Vaucluse du 21 mars 2013 ;
Vu l'avis de la commission locale d'information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin (CLIGEET) émis lors de la réunion du 14 mai 2013,
Arrête :


  • La décision n° 2013-DC-0359 du 16 juillet 2013 fixant les valeurs limites relatives aux rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux auxquelles doit satisfaire l'installation nucléaire de base n° 138, exploitée par la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) sur le territoire de la commune de Bollène (Vaucluse), est homologuée.


  • L'arrêté ministériel du 16 août 2005 autorisant la société SOCATRI à effectuer les prélèvements d'eau et de rejets d'effluents liquides et gazeux pour l'exploitation d'une installation d'assainissement et récupération de l'uranium sur le site du Tricastin est abrogé.


  • La décision annexée au présent arrêté sera publiée au Journal officiel de la République française.


  • La directrice générale de la prévention des risques est chargée de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.



    • A N N E X E


      DÉCISION N° 2013-DC-0359 DE L'AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DU 16 JUILLET 2013 FIXANT LES VALEURS LIMITES RELATIVES AUX REJETS DANS L'ENVIRONNEMENT DES EFFLUENTS LIQUIDES ET GAZEUX AUXQUELLES DOIT SATISFAIRE L'INSTALLATION NUCLÉAIRE DE BASE N° 138, EXPLOITÉE PAR LA SOCIÉTÉ AUXILIAIRE DU TRICASTIN (SOCATRI) SUR LE TERRITOIRE DE LA COMMUNE DE BOLLÈNE (VAUCLUSE)
      L'Autorité de sûreté nucléaire,
      Vu le code de l'environnement, notamment le titre IX du livre V ;
      Vu le code de la santé publique ;
      Vu le décret du 8 septembre 1977 modifié autorisant la création par la société Eurodif Production d'une usine de séparation des isotopes de l'uranium par diffusion gazeuse sur le site du Tricastin (départements de la Drôme et de Vaucluse), modifié en dernier lieu par le décret n° 2013-424 du 24 mai 2013 ;
      Vu le décret du 22 juin 1984 autorisant la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) à créer l'installation d'assainissement et de récupération de l'uranium, installation nucléaire de base n° 138, sur le territoire de la commune de Bollène (département de Vaucluse) ;
      Vu le décret du 29 novembre 1993 autorisant la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) à modifier l'installation nucléaire de base n° 138 susvisée ;
      Vu le décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007 modifié relatif aux installations nucléaires de base et au contrôle, en matière de sûreté nucléaire, du transport de substances radioactives, notamment son article 18 ;
      Vu l'arrêté du 16 août 2005 autorisant la société SOCATRI à effectuer les prélèvements d'eau et rejets d'effluents liquides et gazeux pour l'exploitation d'une installation d'assainissement et de récupération de l'uranium sur le site du Tricastin ;
      Vu l'arrêté du 7 février 2012 modifié fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base ;
      Vu la décision n° 2013-DC-0356 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d'eau, de transfert des effluents liquides et de rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux de l'installation nucléaire de base n° 93, usine Georges BESSE, exploitée par Eurodif Production sur la commune de Pierrelatte (Drôme) ainsi qu'à l'exploitation d'un dispositif de confinement hydraulique et de traitement des eaux de la nappe alluviale présentes sous l'installation nucléaire de base n° 93 ;
      Vu la décision n° 2013-DC-0357 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 fixant les valeurs limites des rejets dans l'environnement des effluents gazeux chimiques et radioactifs ainsi que des effluents liquides chimiques de l'installation nucléaire de base n° 93 exploitée par Eurodif Production sur la commune de Pierrelatte (Drôme) ;
      Vu la décision n° 2013-DC-0358 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 fixant les prescriptions relatives aux modalités de prélèvement et de consommation d'eau, de transferts, de rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux et de surveillance de l'environnement de l'installation nucléaire de base n° 138, exploitée par la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) sur le territoire de la commune de Bollène (Vaucluse) ;
      Vu le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux du bassin Rhône-Méditerranée ;
      Vu la demande de modification adressée à l'Autorité de sûreté nucléaire par SOCATRI le 30 juin 2011 concernant la plage du débit du canal Donzère-Mondragon lors des rejets liquides de procédés ;
      Vu la demande de modification adressée à l'Autorité de sûreté nucléaire par SOCATRI le 13 mars 2012 concernant le critère relatif à la teneur en uranium 235 pour le transfert d'effluents vers la station de traitement des effluents uranifères (STEU/STEF) ;
      Vu la demande de modification adressée à l'Autorité de sûreté nucléaire par SOCATRI le 22 juin 2011 relative aux rejets liquides et à l'évolution des limites en potassium, fluorures et chlorures dans le cadre des opérations liées au projet de rinçage intensif et de mise sous air de l'installation Eurodif ;
      Vu la demande de modification adressée à l'Autorité de sûreté nucléaire par SOCATRI le 15 février 2012 concernant la surveillance environnementale ;
      Vu les bordereaux de dépôt de pièces du dossier d'information du public mis à disposition dans les mairies de Bollène, Lapalud, Pierrelatte, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Pont-Saint-Esprit et Bourg-Saint-Andéol du 13 février au 9 mars 2012 ;
      Vu l'avis émis le 21 juin 2007 par la Commission européenne en application de l'article 37 du traité Euratom ;
      Vu l'avis favorable du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques du département de la Drôme en date du 21 mars 2013 ;
      Vu l'avis favorable du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques du département de Vaucluse en date du 21 mars 2013 ;
      Vu l'avis de la commission locale d'information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin en date du 14 mai 2013 ;
      Vu l'avis de SOCATRI transmis à l'Autorité de sûreté nucléaire par courrier référencé SOC-D-2013-00343 en date du 14 mai 2013,
      Décide :


      Article 1er


      La présente décision fixe les valeurs limites relatives aux rejets dans l'environnement des effluents liquides et gazeux auxquelles doit satisfaire la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI), dénommée ci-après l'exploitant, dont le siège social est situé 33, rue La Fayette à Paris (75009), pour l'exploitation de l'installation d'assainissement et de récupération de l'uranium, installation nucléaire de base n° 138, sur le site nucléaire du Tricastin, commune de Bollène, département de Vaucluse (84). Ces limites de rejets sont définies en annexe à la présente décision.


      Article 2


      La présente décision est prise sous réserve des droits des tiers.


      Article 3


      Les valeurs limites définies dans l'arrêté du 16 août 2005 autorisant la société SOCATRI à effectuer les prélèvements d'eau et rejets d'effluents liquides et gazeux pour l'exploitation d'une installation d'assainissement et de récupération de l'uranium sur le site du Tricastin cessent d'être applicables à compter de l'entrée en vigueur de la présente décision.
      La décision n° 2007-DC-0077 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 4 décembre 2007 fixant les limites de rejet dans l'environnement des effluents radioactifs gazeux de l'installation nucléaire de base n° 138, exploitée par la Société auxiliaire du Tricastin (SOCATRI) sur le territoire de la commune de Bollène (Vaucluse), est abrogée.


      Article 4


      Pour l'année au cours de laquelle la présente décision entrera en vigueur, les limites annuelles définies en annexe à la présente décision sont à respecter pro rata temporis du nombre de jours où la décision est d'application.


      Article 5


      La présente décision prend effet après son homologation et sa publication au Journal officiel.


      Article 6


      Le directeur général de l'Autorité de sûreté nucléaire est chargé de l'exécution de la présente décision, qui sera publiée au Bulletin officiel de l'Autorité de sûreté nucléaire.
      Fait à Montrouge, le 16 juillet 2013.


      Le collège de l'Autorité de sûreté nucléaire (*),
      P.-F. Chevet
      M. BourguignonJ.-J. DumontP. Jamet

      (*) Commissaires présents en séance.


    • Annexe
      TITRE IV
      MAÎTRISE DES NUISANCES ET DE L'IMPACT
      DE L'INSTALLATION SUR L'ENVIRONNEMENT
      Chapitre 5
      Limites applicables aux rejets d'effluents de l'installation
      dans le milieu ambiant
      Section 1
      Dispositions générales


      [ARE-138-12] Les rejets d'effluents gazeux et liquides, qu'ils soient radioactifs ou non, sont autorisés dans les limites indiquées ci-après et selon les conditions techniques définies dans la décision n° 2013-DC-0358 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 susvisée.
      [ARE-138-13] Pour les effluents radioactifs ou non, dont l'exploitant assure une autosurveillance permanente (à partir de mesures représentatives des rejets) sur des substances chimiques, 10 % de la série des résultats des mesures portant sur ces substances chimiques peuvent dépasser les valeurs limites prescrites, sans toutefois dépasser le double de ces valeurs. Ces 10 % sont comptés sur une base de vingt-quatre heures effectives de fonctionnement pour les effluents gazeux et sur une base mensuelle pour les effluents liquides.


      Section 2
      Limites de rejets des effluents gazeux


      [ARE-138-14] Les radionucléides présents dans les effluents radioactifs gazeux sont constitués d'isotopes de l'uranium, de transuraniens, de produits de fission et d'activation ainsi que de leurs descendants. L'activité rejetée ne doit pas dépasser les limites annuelles suivantes :


      ISOTOPES DE L'URANIUM
      et les transuraniens

      PRODUITS DE FISSION ET D'ACTIVATION
      (hors tritium et carbone 14)

      TRITIUM

      CARBONE 14

      85 MBq

      15 MBq

      10 GBq

      3,4 GBq


      [ARE-138-15] L'activité radiologique mensuelle des rejets d'effluents radioactifs gazeux ne doit pas dépasser le sixième des limites annuelles correspondantes.
      [ARE-138-16] Les concentrations volumiques et les flux des principales substances chimiques associées aux effluents gazeux doivent être inférieurs aux valeurs suivantes :


      PARAMÈTRES

      VALEUR LIMITE (mg/Nm³)

      FLUX MAXIMAL

      Acidité totale exprimée en H+

      ≤ 0,5


      Alcalins exprimés en OH―

      ≤ 10


      Acide sulfurique exprimé en SO4

      ≤ 1

      ≤ 640 g/j

      Acide nitrique exprimé en NO3

      ≤ 10

      ≤ 1,5 kg/j

      Chrome total (Cr)

      ≤ 1


      Chrome hexavalent (Cr [VI])

      ≤ 0,1

      ≤ 50 g/j

      Nickel (Ni)

      ≤ 0,1

      ≤ 5 g/h

      Composé organique volatil (COV)

      ≤ 12

      ≤ 1,5 kg/h

      Oxydes d'azote (NOx)

      ≤ 10


      Poussières, particules (teneur exprimée en extrait sec)

      ≤ 5

      ≤ 1 kg/h


      Section 3
      Limites des rejets des effluents liquides


      [ARE-138-17] Les radionucléides présents dans les effluents radioactifs liquides sont constitués par les isotopes de l'uranium et leurs descendants. L'activité rejetée par l'établissement ne doit pas excéder la limite annuelle de 71,7 MBq pour les isotopes de l'uranium.
      [ARE-138-18] L'activité mensuelle des rejets sous forme liquide ne doit pas dépasser le sixième des limites annuelles correspondantes.
      [ARE-138-19] L'activité volumique des isotopes de l'uranium dans les effluents, après traitement, doit être inférieure à 50 Bq/l.
      [ARE-138-20] Pour limiter les effets sur le milieu récepteur, les effluents rejetés doivent être tels qu'en toutes circonstances leurs débits restent inférieurs aux valeurs suivantes :



      EFFLUENTS
      de procédé

      EFFLUENTS
      de dépollution de la nappe

      EAUX D'EXHAURE
      de la nappe

      EAUX INDUSTRIELLES
      usées

      Débit horaire

      20 m³/h

      60 m³/h

      180 m³/h

      70 m³/h

      Débit journalier

      480 m³/j

      1 000 m³/j

      3 200 m³/j


      Les eaux véhiculées par le réseau KR doivent présenter les caractéristiques suivantes :
      ― leur potentiel hydrogène (pH) est compris entre 6 et 9 ;
      ― leur température ne dépasse pas 25 °C.
      [ARE-138-21] En vue de leur transfert dans la fosse de prédilution B015 et sans préjudice des limites fixées pour les effluents radioactifs par la présente décision, les substances chimiques présentes dans les effluents liquides issus des stations et entreposés dans la fosse B014 (fosse tampon avant rejet au milieu naturel) doivent respecter les valeurs maximales en concentration et en flux sur vingt-quatre heures indiquées dans les tableaux ci-dessous.
      a) Pour les effluents de procédé :


      PARAMÈTRES

      CONCENTRATION MAXIMALE
      (mg/l)

      FLUX MAXIMAL
      (kg) en 24 heures

      MEST

      ≤ 100

      ≤ 15

      DCO

      ≤ 300

      ≤ 100

      DBO5

      ≤ 100

      ≤ 30

      Arsenic

      ≤ 0,05

      ≤ 0,004

      Azote total

      ≤ 500

      ≤ 15

      Bore (B)

      ≤ 4 000


      Nitrites (NO2―)

      ≤ 1

      ≤ 1,5

      Phosphore total (P)

      ≤ 30

      ≤ 5

      Sulfates (SO4²―)

      ≤ 3 200


      Hydrocarbures totaux

      ≤ 3


      Chrome total (Cr)

      ≤ 0,5


      Chrome hexavalent (Cr [VI])

      ≤ 0,1


      Cobalt (Co)

      ≤ 0,05


      Cuivre et composés (Cu)

      ≤ 0,5


      Fer, aluminium et composés (Fe + Al)

      ≤ 5


      Nickel (Ni)

      ≤ 0,5


      Uranium (U)

      ≤ 1 (en sortie du traitement)


      Total des métaux

      ≤ 15

      ≤ 2


      Ces valeurs limites sont applicables en toutes circonstances.
      Les valeurs limites imposées pour les paramètres tels que les chlorures, le potassium et le fluor (et ses composés) sont précisées ci-après :
      Les valeurs limites applicables pour ces trois paramètres pendant toute la durée de traitement des effluents identifiés « campagne PRISME », effluents provenant d'Eurodif Production à l'issue de son arrêt, doivent respecter les valeurs maximales suivantes :


      PARAMÈTRES

      CONCENTRATION MAXIMALE
      (mg/l)

      FLUX MAXIMAL
      (kg) en 24 heures

      Fluor et composés (F)

      ≤ 50

      ≤ 10

      Chlorures (Cl―)

      ≤ 15 000

      ≤ 700

      Potassium (K)

      ≤ 20 000

      ≤ 1 200


      A l'issue des opérations menées dans le cadre de la « campagne PRISME », les valeurs limites applicables pour ces trois paramètres doivent respecter les valeurs maximales suivantes et ce en toutes circonstances :


      PARAMÈTRES

      CONCENTRATION MAXIMALE
      (mg/l)

      FLUX MAXIMAL
      (kg) en 24 heures

      Fluor et composés (F)

      ≤ 15

      ≤ 3

      Chlorures (Cl―)

      ≤ 6 000

      ≤ 200

      Potassium (K)

      ≤ 5 000

      ≤ 250


      b) Pour les effluents issus du traitement de la pollution liée aux activités de l'ancien atelier de traitement de surface mentionnée dans la décision n° 2013-DC-0358 de l'Autorité de sûreté nucléaire du 16 juillet 2013 susvisée :


      PARAMÈTRES

      CONCENTRATION MAXIMALE (mg/l)

      MEST (matières en suspension)

      ≤ 30

      DCO (demande chimique en oxygène)

      ≤ 90

      DBO5 (demande biologique en oxygène au bout de cinq jours)

      ≤ 30

      Chrome hexavalent (Cr [VI])

      ≤ 0,1

      Chrome total (Cr)

      ≤ 3

      Nickel (Ni)

      ≤ 5

      Total des métaux

      ≤ 15


Fait le 20 août 2013.


Pour le ministre et par délégation :
Par empêchement de la directrice générale
de la prévention des risques,
déléguée aux risques majeurs :
L'adjoint à la directrice générale,
J.-M. Durand

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