LOI no 90-613 du 12 juillet 1990 favorisant la stabilité de l'emploi par l'adaptation du régime des contrats précaires (1)

NOR : TEFX9000078L
ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/1990/7/12/TEFX9000078L/jo/texte
Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/1990/7/12/90-613/jo/texte
JORF n°162 du 14 juillet 1990
ChronoLégi
Version initiale
L'Assemblée nationale et le Sénat ont délibéré,
L'Assemblée nationale a adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit:

  • Art. 1er. - Les dispositions de la présente loi ont pour objet de préciser dans quelles conditions il peut être dérogé au principe suivant lequel le contrat à durée indéterminée est la forme normale du contrat de travail.
    Elles doivent avoir pour effet de faire reculer la proportion d'emplois précaires en facilitant leur transformation en emplois stables, sous contrat à durée indéterminée, et en favorisant l'infléchissement des comportements de gestion vers des pratiques d'adaptation interne fondées sur l'aménagement négocié de l'organisation du travail.
    Elles instituent au profit des salariés concernés par ces formes d'emploi à caractère subsidiaire des mesures protectrices, sans préjudice des améliorations pouvant être apportées à leur statut dans le cadre de la négociation collective.


  • TITRE Ier


    DISPOSITIONS RELATIVES

    AUX CONTRATS A DUREE DETERMINEE


  • Art. 2. - Les articles L. 122-1 et L. 122-1-1 du code du travail sont remplacés par les dispositions suivantes:
    "Art. L. 122-1. - Le contrat de travail à durée déterminée ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise.
    "Sous réserve des dispositions de l'article L. 122-2, il ne peut être conclu que pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire, et seulement dans les cas énumérés à l'article L. 122-1-1.

    "Art. L. 122-1-1. - Le contrat de travail ne peut être conclu pour une durée déterminée que dans les cas suivants:
    "1o Remplacement d'un salarié en cas d'absence, de suspension de son contrat de travail, de départ définitif précédant la suppression de son poste de travail ayant fait l'objet d'une saisine du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe, ou en cas d'attente de l'entrée en service effective du salarié recruté par contrat à durée indéterminée appelé à le remplacer;
    "2o Accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise;
  • "3o Emplois à caractère saisonnier ou pour lesquels, dans certains secteurs d'activité définis par décret ou par voie de convention ou d'accord collectif étendu, il est d'usage constant de ne pas recourir au contrat de travail à durée indéterminée en raison de la nature de l'activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois."
  • Art. 3. - Après l'article L. 122-1-1 du code du travail, il est inséré un article L. 122-1-2 ainsi rédigé:
    "Art. L. 122-1-2. - I. - Le contrat de travail à durée déterminée doit comporter un terme fixé avec précision dès sa conclusion.
    "Ce contrat peut être renouvelé une fois pour une durée déterminée qui,
    ajoutée à la durée du contrat initial, ne peut excéder la durée maximale prévue au paragraphe II du présent article. Les conditions de renouvellement sont stipulées dans le contrat ou font l'objet d'un avenant soumis au salarié avant le terme initialement prévu.
    "II. - La durée totale du contrat compte tenu, le cas échéant, du renouvellement ne peut excéder dix-huit mois. Cette durée est ramenée à neuf mois en cas d'attente de l'entrée en service effective d'un salarié recruté par contrat à durée indéterminée ou lorsque l'objet du contrat consiste en la réalisation de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité. Elle est portée à vingt-quatre mois lorsque le contrat est exécuté à l'étranger,
    ou dans les cas de départ définitif d'un salarié précédant la suppression de son poste de travail, ou de survenance dans l'entreprise, qu'il s'agisse de l'entrepreneur principal ou d'un sous-traitant, d'une commande exceptionnelle à l'exportation dont l'importance nécessite la mise en oeuvre de moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de ceux que l'entreprise utilise ordinairement. Dans ce dernier cas, cette durée ne peut être inférieure à six mois et l'employeur doit procéder, préalablement aux recrutements envisagés, à la consultation du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe.
    "III. - Lorsque le contrat est conclu pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu, dans l'attente de l'entrée en service effective d'un salarié recruté par contrat à durée indéterminée ou au titre du 3o de l'article L. 122-1-1, il peut ne pas comporter un terme précis; il doit alors être conclu pour une durée minimale et il a pour terme la fin de l'absence du salarié remplacé ou la réalisation de l'objet pour lequel il a été conclu."
  • Art. 4. - Après l'article L. 122-2 du code du travail, il est inséré un article L. 122-2-1 ainsi rédigé:
    "Art. L. 122-2-1. - Sans préjudice de l'application de l'article L. 321-14, dans un établissement où il a été procédé à un licenciement pour motif économique et dans les six mois qui suivent ce licenciement, un salarié ne peut être embauché par contrat de travail à durée déterminée pour le motif d'accroissement temporaire de l'activité, y compris pour l'exécution d'une tâche occasionnelle, précisément définie et non durable, ne relevant pas de l'activité normale de l'entreprise.
    "Cette interdiction s'applique aux postes concernés par ledit licenciement. "Elle ne s'applique pas lorsque la durée du contrat non susceptible de renouvellement n'excède pas trois mois, ou lorsque le contrat est lié à la survenance dans l'entreprise, qu'il s'agisse de l'entrepreneur principal ou d'un sous-traitant, d'une commande exceptionnelle à l'exportation dont l'importance nécessite la mise en oeuvre de moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de ceux que l'entreprise utilise ordinairement.
    "Cette possibilité est subordonnée à l'information et à la consultation préalable du comité d'entreprise, ou, à défaut, des délégués du personnel,
    s'il en existe."
  • Art. 5. - L'article L. 122-3 du code du travail est ainsi rédigé:
    "Art. 122-3. - En aucun cas un contrat de travail à durée déterminée ne peut être conclu:
    "1o Pour remplacer un salarié dont le contrat de travail est suspendu par suite d'un conflit collectif de travail;
    "2o Pour effectuer des travaux particulièrement dangereux qui figurent sur une liste établie par arrêté du ministre du travail ou du ministre de l'agriculture et notamment pour certains des travaux qui font l'objet d'une surveillance médicale spéciale au sens de la réglementation relative à la médecine du travail. Cet arrêté fixe également les conditions dans lesquelles le directeur départemental du travail et de l'emploi peut exceptionnellement autoriser une dérogation à cette interdiction."
  • Art. 6. - L'article L. 122-3-1 du code du travail est ainsi rédigé:
    "Art. L. 122-3-1. - Le contrat de travail à durée déterminée doit être établi par écrit et comporter la définition précise de son motif; à défaut,
    il est réputé conclu pour une durée indéterminée.
    "Il doit, notamment, comporter:
    "- le nom et la qualification du salarié remplacé lorsqu'il est conclu au titre du 1o de l'article L. 122-1-1;
    "- la date d'échéance du terme et, le cas échéant, une clause de renouvellement lorsqu'il comporte un terme précis;
    "- la durée minimale pour laquelle il est conclu lorsqu'il ne comporte pas de terme précis;
    "- la désignation du poste de travail en précisant, le cas échéant, si ce poste figure sur la liste prévue à l'article L. 231-3-1, de l'emploi occupé ou, lorsqu'il est conclu au titre du 2o de l'article L. 122-2, de la nature des activités auxquelles participe l'intéressé durant son séjour dans l'entreprise;
    "- l'intitulé de la convention collective applicable;
    "- la durée de la période d'essai éventuellement prévue;
    "- le montant de la rémunération et de ses différentes composantes, y compris, s'il en existe, les primes et accessoires de salaire;
    "- le nom et l'adresse de la caisse de retraite complémentaire ainsi que,
    le cas échéant, ceux de l'organisme de prévoyance.
    "Le contrat de travail doit être transmis au salarié, au plus tard dans les deux jours suivant l'embauche."
  • Art. 7. - L'article L. 122-3-3 du code du travail est complété par trois alinéas ainsi rédigés:
    "La rémunération, au sens de l'article L. 140-2, que perçoit le salarié sous contrat de travail à durée déterminée ne peut être inférieure au montant de la rémunération que percevrait dans la même entreprise, après période d'essai, un salarié sous contrat de travail à durée indéterminée de qualification équivalente et occupant les mêmes fonctions.
    "Par dérogation aux dispositions de l'article L. 223-2, le salarié lié par un contrat de travail à durée déterminée a droit à une indemnité compensatrice de congés payés au titre du travail effectivement accompli durant ce contrat, quelle qu'ait été sa durée, dès lors que le régime des congés applicable dans l'entreprise ne lui permet pas une prise effective de ceux-ci.
    "Le montant de l'indemnité, calculé en fonction de cette durée, ne peut être inférieur au dixième de la rémunération totale brute due au salarié.
    L'indemnité est versée à la fin du contrat, sauf si les relations contractuelles se poursuivent par un contrat de travail à durée indéterminée."
  • Art. 8. - L'article L. 122-3-4 du code du travail est ainsi rédigé:
    "Art. L. 122-3-4. - Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat de travail à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation.
    "Cette indemnité est calculée en fonction de la rémunération du salarié et de la durée du contrat. Son taux est fixé par voie de convention ou accord collectif de travail; à défaut, le taux minimum est fixé par un décret pris après avis des organisations les plus représentatives des employeurs et des salariés intéressés.
    "Cette indemnité, qui s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié, doit être versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et doit figurer sur le bulletin de salaire correspondant.
    "Elle n'est pas due:
    "a) Dans le cas de contrats de travail à durée déterminée conclus au titre du 3o de l'article L. 122-1-1 ou de l'article L. 122-2, sauf dispositions conventionnelles plus favorables;
    "b) Dans le cas de contrats de travail à durée déterminée conclus avec des jeunes pour une période comprise dans leurs vacances scolaires ou universitaires;
  • "c) En cas de refus par le salarié d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente;
    "d) En cas de rupture anticipée du contrat due à l'initiative du salarié, à sa faute grave ou à un cas de force majeure."
  • Art. 9. - I. - Au dernier alinéa de l'article L.122-2 du code du travail,
    les mots: "des articles L.122-1, quatrième alinéa" sont remplacés par les mots: "de l'article L.122-1-2".
    II. - Au deuxième alinéa de l'article L.122-3-10 du code du travail, les mots: "pour l'un des cas mentionnés à l'article L.122-1-1" sont remplacés par les mots: "pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu ou au titre du 3o de l'article L.122-1-1".
    III. - La deuxième phrase du deuxième alinéa de l'article L.122-3-11 du code du travail est ainsi rédigée: "Il en est de même lorsque le contrat de travail à durée déterminée est conclu pour l'exécution de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité ou au titre du 3o de l'article L.122-1-1." IV. - A l'article L.122-3-13 du code du travail, sont ajoutées les références aux articles L.122-1-2, L.122-3-1, alinéa premier, L.122-3-10,
    alinéa premier, et la référence à l'article L.122-32-11 est remplacée par la référence à l'article L.122-3-11.

  • Art. 10. - L'article L.122-3-13 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé:
    "Lorsqu'un conseil de prud'hommes est saisi d'une demande de requalification d'un contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée, l'affaire est portée directement devant le bureau de jugement qui doit statuer au fond dans le délai d'un mois suivant sa saisine. La décision du conseil de prud'hommes est exécutoire de droit à titre provisoire. Si le tribunal fait droit à la demande du salarié, il doit lui accorder, à la charge de l'employeur, une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire, sans préjudice de l'application des dispositions de la section II du chapitre II du titre II du livre Ier du présent code."
  • Art. 11. - Après l'article L.122-3-15 du code du travail, il est inséré un article L.122-3-16 ainsi rédigé:
    "Art. L.122-3-16. - Les organisations syndicales représentatives peuvent exercer en justice toutes actions en application de la présente section en faveur d'un salarié sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé.
    Celui-ci doit avoir été averti par lettre recommandée avec accusé de réception et ne pas s'y être opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention.
    Le salarié peut toujours intervenir à l'instance engagée par le syndicat et y mettre un terme à tout moment."
  • Art. 12. - I. - L'article L.152-1-3 du code du travail devient l'article L.152-1-4.
    II. - A la sous-section 1 de la section 1 du chapitre II du titre V du livre Ier du code du travail, il est inséré, après l'article L.152-1-2, un article L.152-1-3 ainsi rédigé:
    "Art. L.152-1-3. - Toute violation par l'employeur des dispositions des articles L.122-1, L.122-1-1, L.122-1-2, L.122-2, L.122-2-1, L.122-3 et L.122-3-11 est punie d'une amende de 4000 F à 20000 F et, en cas de récidive, d'une amende de 8000 F à 40000 F et d'un emprisonnement de deux mois à six mois ou de l'une de ces deux peines seulement."
  • TITRE II


    DISPOSITIONS RELATIVES

    AUX CONTRATS DE TRAVAIL TEMPORAIRE


  • Art. 13. - Les articles L. 124-2 et L. 124-2-1 du code du travail sont remplacés par les dispositions suivantes:
    "Art. L. 124-2. - Le contrat de travail temporaire ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise utilisatrice.
    "Un utilisateur ne peut faire appel aux salariés des entreprises de travail temporaire mentionnés à l'article L. 124-1 que pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire dénommée "mission", et seulement dans les cas énumérés à l'article L. 124-2-1.
    "Art. L. 124-2-1. - Un utilisateur ne peut faire appel aux salariés des entreprises de travail temporaire mentionnées à l'article L. 124-1 que pour des tâches non durables dénommées "missions" au sens du présent chapitre, et dans les seuls cas suivants:
    "1o Remplacement d'un salarié en cas d'absence, de suspension de son contrat de travail, de départ définitif précédant la suppression de son poste de travail ayant fait l'objet d'une saisine du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe, ou en cas d'attente de l'entrée en service effective du salarié recruté par un contrat à durée indéterminée appelé à le remplacer;
    "2o Accroissement temporaire de l'activité de l'entreprise;
    "3o Emplois à caractère saisonnier ou pour lesquels, dans certains secteurs définis par décret ou par voie de convention ou d'accord collectif étendu, il est d'usage constant de ne pas recourir au contrat à durée indéterminée en raison de la nature de l'activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois."
  • Art. 14. - I. - Les articles L. 124-2-2, L. 124-2-3, L. 124-2-4, L. 124-2-5 du code du travail deviennent respectivement les articles L. 124-2-3, L.
    124-2-4, L. 124-2-5 et L. 124-2-6.
    II. - Après l'article L. 124-2-1 du code du travail, il est inséré un article L. 124-2-2 ainsi rédigé:
    "Art. L. 124-2-2. - I. - La mission de travail temporaire doit comporter un terme fixé avec précision dès la conclusion du contrat de mise à disposition mentionné à l'article L. 124-3.
    "Le contrat de travail temporaire peut être renouvelé une fois pour une durée déterminée qui, ajoutée à la durée du contrat initial, ne peut excéder la durée maximale prévue au paragraphe II du présent article. Les conditions de renouvellement sont stipulées dans le contrat ou font l'objet d'un avenant soumis au salarié avant le terme initialement prévu.
    "II. - La durée totale du contrat compte tenu, le cas échéant, du renouvellement, ne peut excéder dix-huit mois. Cette durée est ramenée à neuf mois en cas d'attente de l'entrée en service effective d'un salarié recruté par contrat à durée indéterminée ou lorsque l'objet du contrat consiste en la réalisation de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité. Elle est portée à vingt-quatre mois lorsque la mission est exécutée à l'étranger ou dans les cas de départ définitif d'un salarié précédant la suppression de son poste de travail, ou de survenance dans l'entreprise, qu'il s'agisse de l'entrepreneur principal ou d'un sous-traitant, d'une commande exceptionnelle à l'exportation dont l'importance nécessite la mise en oeuvre de moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de ceux que l'entreprise utilise ordinairement. Dans ce dernier cas, cette durée ne peut être inférieure à six mois et l'employeur doit procéder, préalablement aux recrutements envisagés, à la consultation du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe.
    "III. - Lorsque le contrat est conclu pour remplacer un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu, dans l'attente de l'entrée en service effective d'un salarié recruté par contrat à durée indéterminée ou au titre du 3o de l'article L. 124-2-1, il peut ne pas comporter un terme précis; il doit alors être conclu pour une durée minimale et il a pour terme la fin de l'absence du salarié remplacé ou la réalisation de l'objet pour lequel il a été conclu."
  • Art. 15. - L'article L.124-2-3 du code du travail est ainsi rédigé:
    "Art. L.124-2-3. - En aucun cas, un contrat de travail temporaire ne peut être conclu:
    "1o Pour remplacer un salarié dont le contrat de travail est suspendu par suite d'un conflit collectif de travail;
    "2o Pour effectuer des travaux particulièrement dangereux qui figurent sur une liste établie par arrêté du ministre du travail ou du ministre de l'agriculture et notamment pour certains des travaux qui font l'objet d'une surveillance médicale spéciale au sens de la réglementation relative à la médecine du travail. Cet arrêté fixe également les conditions dans lesquelles le directeur départemental du travail et de l'emploi peut exceptionnellement autoriser une dérogation à cette interdiction."
  • Art. 16. - I. - A l'article L. 124-2-4 du code du travail, la référence à l'article L. 124-2 est remplacée par la référence au paragraphe II de l'article L.124-2-2.
    II. - A l'article L.124-2-5 du code du travail, les mots: "au dernier alinéa de l'article L.124-2-1 et à l'article L.124-2-3" sont remplacés par les mots: "à l'article L.124-2-4 et au deuxième alinéa de l'article L.124-2-6".
    III. - Au premier alinéa de l'article L.124-2-6 du code du travail, les mots: "mentionné au 1o du premier alinéa de l'article L.124-2-1" sont remplacés par les mots: "de remplacement d'un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu".

  • Art. 17. - Après l'article L.124-2-6 du code du travail, il est inséré un article L.124-2-7 ainsi rédigé:
    "Art. L. 124-2-7. - Sans préjudice de l'application de l'article L.321-14, dans un établissement où il a été procédé à un licenciement pour motif économique, dans les six mois qui suivent ce licenciement, il ne peut être fait appel à un salarié d'une entreprise de travail temporaire pour le motif d'accroissement temporaire de l'activité, y compris pour l'exécution d'une tâche occasionnelle, précisément définie et non durable, ne relevant pas de l'activité normale de l'entreprise utilisatrice.
    "Cette interdiction s'applique aux postes concernés par ledit licenciement. "Elle ne s'applique pas lorsque la durée du contrat non susceptible de renouvellement n'excède pas trois mois, ou lorsque le contrat est lié à la survenance dans l'entreprise, qu'il s'agisse de l'entrepreneur principal ou d'un sous-traitant, d'une commande exceptionnelle à l'exportation dont l'importance nécessite la mise en oeuvre de moyens quantitativement ou qualitativement exorbitants de ceux que l'entreprise utilise ordinairement.
    "Cette possibilité est subordonnée à l'information et à la consultation préalable du comité d'entreprise, ou, à défaut, des délégués du personnel,
    s'il en existe."
  • Art. 18. - L'article L.124-3 du code du travail est ainsi modifié:
    I. - Au 1o les mots: "du premier alinéa" sont supprimés et la référence à l'article L.124-2-5 du code du travail est remplacée par la référence à l'article L.124-2-6.
    II. - Au 3o les mots: "à l'article L.124-2-1 ou à l'article L.124-2-3" sont remplacés par les mots: "à l'article L.124-2-4 et au deuxième alinéa de l'article L.124-2-6".
    III. - Le 4o est ainsi rédigé:
    "4o Préciser les caractéristiques particulières du poste de travail à pourvoir, et notamment si ce poste figure sur la liste prévue à l'article L.231-3-1, la qualification professionnelle exigée, le lieu de la mission et l'horaire." IV. - Au 5o, qui devient le 6o, après le mot: "rémunération" sont insérés les mots: "avec ses différentes composantes, y compris s'il en existe les primes et accessoires de salaire".
    V. - Il est ajouté un 5o ainsi rédigé:
    "5o Mentionner la nature des équipements de protection individuelle que le salarié doit utiliser et, le cas échéant, préciser si ceux-ci sont fournis par l'entreprise de travail temporaire."
  • Art. 19. - I. - Au 3o de l'article L.124-4 du code du travail, les mots:
    "de précarité d'emploi" sont remplacés par les mots: "destinée à compenser la précarité de sa situation".
    II. - Après le 5o de l'article L.124-4 du code du travail, il est inséré un 6o ainsi rédigé:
    "6o Le nom et l'adresse de la caisse de retraite complémentaire et de l'organisme de prévoyance dont relève l'entreprise de travail temporaire."
  • Art. 20. - L'article L. 124-4-4 du code du travail est ainsi rédigé:
    "Art. L.124-4-4. - Lorsque, à l'issue d'une mission, le salarié sous contrat de travail temporaire ne bénéficie pas immédiatement d'un contrat de travail à durée indéterminée avec l'utilisateur, il a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation.
    "Cette indemnité est calculée en fonction de la durée de la mission et de la rémunération du salarié. Son taux est fixé par voie de convention ou accord collectif de travail; à défaut, le taux minimum de l'indemnité est fixé par un décret pris après avis des organisations les plus représentatives des employeurs et des salariés intéressés.
    "Cette indemnité, qui s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié, doit être versée par l'entreprise de travail temporaire à l'issue de chaque mission effectivement accomplie, avec le salaire dû au titre de celle-ci, et doit figurer sur le bulletin de salaire correspondant.
    "Elle n'est pas due:
    "1o Dans le cas de contrats de travail temporaire conclus au titre du 3o de l'article L.124-2-1 si un accord collectif étendu entre les organisations professionnelles d'employeurs et de salariés de la branche du travail temporaire le prévoit;
    "2o Dans le cas de contrats de travail temporaire conclus dans le cadre de l'article L.124-21;
    "3o Si le contrat est rompu à l'initiative du salarié, pour faute grave de celui-ci ou en cas de force majeure."
  • Art. 21. - L'article L.124-4-6 du code du travail est complété par deux alinéas ainsi rédigés:
    "Les équipements de protection individuelle sont fournis par l'utilisateur. Toutefois, certains équipements de protection individuelle personnalisés,
    définis par voie de convention ou d'accord collectif, peuvent être fournis par l'entrepreneur de travail temporaire.
    "Les salariés temporaires ne doivent pas supporter la charge financière des équipements de protection individuelle."
  • Art. 22. - I. - Au troisième alinéa de l'article L.124-5 du code du travail, les mots "de précarité d'emploi" sont remplacés par les mots "destinée à compenser la précarité de sa situation".
    II. - Au deuxième alinéa de l'article L.124-7 du code du travail, la référence aux articles L.124-2 à L. 124-2-3 est remplacée par la référence aux articles L.124-2 à L. 124-2-4.
    III. - La dernière phrase du quatrième alinéa de l'article L.124-7 du code du travail est ainsi rédigée:
    "Il en est de même lorsque le contrat de travail temporaire est conclu pour l'exécution de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité et au titre du 3o de l'article L.124-2-1." IV. - L'article L.124-11 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé:
    "Les informations fournies en application du premier alinéa pourront être rapprochées de celles détenues par les organismes mentionnés à l'article L.351-21 pour la vérification des droits des salariés au revenu de remplacement prévu à l'article L.351-2 et le contrôle de la recherche d'emploi effectué en aplication de l'article L.351-18." V. - Dans le a) du 2o de l'article L.152-2 du code du travail, la référence aux articles L.124-2, L. 124-2-1 et L. 124-2-2 est remplacée par la référence aux articles L.124-2, L. 124-2-1, L. 124-2-2, L. 124-2-3, L. 124-2-7 et L.
    124-7, troisième alinéa.

  • Art. 23. - Après l'article L. 124-7 du code du travail, est inséré un article L. 124-7-1 ainsi rédigé:
    "Art. L. 124-7-1. - Lorsqu'un conseil de prud'hommes est saisi d'une demande de requalification d'une mission d'intérim en contrat à durée indéterminée, l'affaire est portée directement devant le bureau de jugement qui doit statuer au fond dans le délai d'un mois suivant sa saisine. La décision du conseil de prud'hommes est exécutoire de droit à titre provisoire. Si le tribunal fait droit à la demande du salarié, il doit lui accorder, à la charge de l'utilisateur, une indemnité qui ne peut être inférieure à un mois de salaire, sans préjudice de l'application des dispositions de la section II du chapitre II du titre II du livre Ier du présent code."
  • Art. 24. - L'article L. 124-20 du code du travail est ainsi rédigé:
    "Art. L. 124-20. - Les organisations syndicales représentatives peuvent exercer en justice toutes actions en application du présent chapitre en faveur d'un salarié sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé.
    Celui-ci doit avoir été averti par lettre recommandée avec accusé de réception et ne pas s'y être opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention.
    Le salarié peut toujours intervenir à l'instance engagée par le syndicat et y mettre un terme à tout moment."

  • TITRE III


    DISPOSITIONS RELATIVES

    A LA FORMATION PROFESSIONNELLE CONTINUE


  • Art. 25. - I. - Il est créé, au chapitre Ier du titre III du livre IX du code du travail, avant l'article L. 931-1, une section I ainsi intitulée:

  • "Section I


    "Congé de formation: dispositions communes"

    II. - Il est créé, au chapitre Ier du titre III du livre IX du code du travail, après l'article L. 931-12, une section II ainsi rédigée:

  • "Section II


    "Congé de formation: dispositions particulières aux personnes qui ont été titulaires de contrats à durée déterminée
    "Art. L. 931-13. - Sans préjudice des dispositions de la section I ci-dessus, toute personne qui, au cours de sa vie professionnelle, a été titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée peut bénéficier d'un congé de formation dans les conditions et selon les modalités définies à la présente section.
    "Art. L. 931-14. - Le congé de formation, qui correspond à la durée de l'action de formation, se déroule en dehors de la période d'exécution du contrat de travail à durée déterminée. L'action de formation doit débuter au plus tard douze mois après le terme du contrat.
    "Toutefois, à la demande du salarié, la formation peut être suivie, après accord de l'employeur, en tout ou partie avant le terme du contrat de travail. Dans les mêmes conditions, le congé visé au troisième alinéa de l'article L. 931-1 peut être également accordé avant le terme du contrat de travail.

    "Art. L. 931-15. - L'ouverture du droit au congé de formation est subordonnée pour les intéressés aux conditions d'ancienneté suivantes:
    "a) Vingt-quatre mois, consécutifs ou non, en qualité de salarié, quelle qu'ait été la nature des contrats successifs, au cours des cinq dernières années;
    "b) Dont quatre mois, consécutifs ou non, sous contrat de travail à durée déterminée, au cours des douze derniers mois.
    "Pour l'appréciation de l'ancienneté dans la branche professionnelle requise par les deuxième et troisième alinéas de l'article L. 931-2 du présent code pour l'ouverture du droit au congé de formation, la durée des contrats de travail à durée déterminée est prise en compte, quelles que soient les branches professionnelles dans lesquelles ils ont été exécutés par le salarié.
    "Toutefois, pour les salariés relevant, à la date où le congé est demandé, d'entreprises artisanales occupant moins de dix salariés, les durées mentionnées ci-dessus sont portées à trente-six mois au cours des sept dernières années, dont huit mois au cours des vingt-quatre derniers mois.
  • "Ces durées sont prises en compte quelles que soient la branche professionnelle et l'entreprise dans lesquelles le salarié a exercé successivement son activité, selon des modalités fixées par décret.
    "L'ancienneté acquise au titre des contrats de travail de type particulier visés au titre VIII du livre IX du présent code, ou conclus avec des jeunes en cours de scolarité ou d'études supérieures, ne peut être prise en compte pour l'ouverture du droit au congé.
    "Art. L. 931-16. - Les dépenses liées à la réalisation du congé de formation sont prises en charge par l'organisme paritaire, mentionné à l'article L. 950-2-2, dont relève l'entreprise dans laquelle a été exécuté le contrat de travail à durée déterminée lui ayant permis d'achever d'acquérir son droit au congé de formation.
    "Cet organisme vérifie si les conditions d'ouverture du droit mentionnées à l'article L. 931-15 sont réunies.
    "Art. L. 931-17. - L'organisme paritaire mentionné à l'article L. 931-16 peut refuser de prendre en charge le bénéficiaire du congé uniquement lorsque sa demande n'est pas susceptible de se rattacher à une action de formation au sens de l'article L. 900-2 ou bien lorsque les demandes de prise en charge qui lui ont été présentées ne peuvent être toutes simultanément satisfaites. "L'organisme paritaire définit des priorités et des critères de prise en charge de nature à privilégier les formations permettant aux intéressés d'accéder à un niveau supérieur de qualification, de changer d'activité ou de profession ou d'entretenir leurs connaissances.
    "En l'absence de l'accord ou de la convention prévus à l'article L.
    931-8-1, un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles les organismes paritaires sont admis à déclarer prioritaires certaines catégories d'actions ou de publics.
    "Art. L. 931-18. - Le bénéficiaire du congé a droit à une rémunération versée par l'organisme paritaire dont le montant est égal à un pourcentage du salaire moyen perçu au cours du ou des contrats de travail à durée déterminée lui ayant permis de justifier les conditions d'ancienneté de quatre ou huit mois visées à l'article L. 931-15. A défaut de l'accord ou de la convention prévus à l'article L. 931-8-1, ce pourcentage est fixé par décret.
    "L'organisme paritaire assure la prise en charge de tout ou partie des dépenses afférentes au congé de formation conformément aux règles qui régissent les conditions de son intervention.
    "Art. L. 931-19. - Pendant la durée de son congé de formation, le travailleur est considéré comme stagiaire de la formation professionnelle. Il bénéficie du maintien de la protection sociale qui lui était assurée lorsqu'il était salarié sous contrat à durée déterminée, en matière de sécurité sociale, d'assurance chômage et de retraite complémentaire.
    "L'organisme paritaire verse aux régimes concernés les cotisations sociales afférentes à ces garanties.
    "Art. L. 931-20. - Pour financer le congé de formation défini par les dispositions de la présente section, les entreprises ou établissements,
    qu'ils soient ou non soumis à l'obligation définie à l'article L. 950-2, font à l'organisme paritaire agréé un versement dont le montant est égal à 1 p.
    100 du montant, entendu au sens du 1 de l'article 231 du code général des impôts, des salaires versés aux titulaires d'un contrat à durée déterminée pendant toute la durée de leur contrat.
    "Ce versement n'est pas dû lorsque le contrat de travail à durée déterminée se poursuit par un contrat de travail à durée indéterminée ou lorsqu'il ne donne pas lieu à la prise en compte de l'ancienneté pour l'ouverture du droit au congé de formation.
    "Ce versement, distinct de tous les autres auxquels les entreprises sont tenues pour la formation par un texte législatif ou contractuel, est effectué avant le 1er mars de l'année suivant celle au cours de laquelle les contrats de travail à durée déterminée ont pris fin.
    "Les sommes sont mutualisées au sein d'une section particulière de l'organisme paritaire concerné."
  • Art. 26. - I. - Il est créé, au sein du chapitre Ier du titre III du livre IX du code du travail, avant l'article L. 931-13, une section III intitulée:

    "Section III

    "Autres congés"

    II. - Les articles L. 931-13 et L. 931-14 deviennent respectivement les articles L. 931-21 et L. 931-22.

  • Art. 27. - I. - Il est inséré, à la fin du premier alinéa de l'article L.950-2 du code du travail, dans la rédaction résultant de l'article 14 de la loi no 90-579 du 4 juillet 1990 relative au crédit-formation, à la qualité et au contrôle de la formation professionnelle continue et modifiant le livre IX du code du travail, la phrase suivante:
    "Ce pourcentage est fixé à 2 p. 100 pour les entreprises de travail temporaire." II. - Après les mots: "en 1991, 1992 et 1993", le troisième alinéa de l'article L.950-2 du code du travail, dans la rédaction résultant de l'article 14 de la loi no 90-579 du 4 juillet 1990 précitée est complété par la phrase suivante:
    "Pour les entreprises de travail temporaire, le taux est fixé à 0,25 p.
    100."
  • Art. 28. - I. - A l'article L.124-16 du code du travail, la référence à l'article L.930-1 (II et III) du code du travail est remplacée par la référence aux articles L.931-3 et L. 931-4.
    II. - Au même article, les mots: "dans les conditions fixées par l'article L.442-1" sont remplacés par les mots: "en ajoutant au nombre des salariés permanents le nombre moyen par jour ouvrable des salariés qui ont été liés par un contrat de travail temporaire au cours de l'exercice".
    III. - A l'article L.124-17 du code du travail, la référence à l'article L.930-2 (V, 1o) est remplacée par la référence à l'article L. 931-22 (IV,
    1o).
    IV. - A l'article L. 124-18 du code du travail, les mots: "dans les conditions fixées à l'article L.442-1" sont remplacés par les mots: "en ajoutant au nombre des salariés permanents le nombre moyen par jour ouvrable des salariés qui ont été liés par un contrat de travail temporaire au cours de l'exercice".


  • TITRE IV


    SOUS-TRAITANCE

    ET PRET DE MAIN-D'OEUVRE ILLICITES


  • Art. 29. - L'article L.125-2 du code du travail est ainsi modifié:
    I. - Dans le premier alinéa, les mots: "et que cet entrepreneur n'est ni inscrit au registre du commerce, ni immatriculé au répertoire des métiers, ni propriétaire d'un fonds de commerce" sont remplacés par les mots: "et que cet entrepreneur n'est pas propriétaire d'un fonds de commerce ou d'un fonds artisanal".
    II. - Au 1o, au 2o et dans le dernier alinéa, le mot: "insolvabilité" est remplacé par le mot: "défaillance".

  • Art. 30. - Après l'article L.125-3 du code du travail, il est inséré un article L.125-3-1 ainsi rédigé:
    "Art. L.125-3-1. - Les organisations syndicales représentatives peuvent exercer en justice toutes actions en application du présent chapitre en faveur d'un salarié sans avoir à justifier d'un mandat de l'intéressé.
    Celui-ci doit avoir été averti par lettre recommandée avec accusé de réception et ne pas s'y être opposé dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle l'organisation syndicale lui a notifié son intention.
    Le salarié peut toujours intervenir à l'instance engagée par le syndicat et y mettre un terme à tout moment."
  • Art. 31. - I. - Au premier alinéa de l'article L. 152-2 du code du travail, les mots "des articles L. 124-1 et L. 125-3" sont remplacés par les mots "de l'article L. 124-1".
    II. - Les trois premiers alinéas de l'article L. 152-3 sont remplacés par les dispositions suivantes:
    "Toute infraction aux dispositions des articles L. 125-1 et L. 125-3 est punie d'une amende de 8000 F à 40000 F. La récidive est punie d'une amende de 16000 F à 80000 F et d'un emprisonnement de quatre mois à douze mois, ou de l'une de ces deux peines seulement.
    "Le tribunal peut prononcer, en outre, l'interdiction d'exercer l'activité de sous-entrepreneur de main-d'oeuvre pour une durée de deux ans à dix ans.
    "Sont passibles d'une amende de 16000 F à 80000 F et d'un emprisonnement de quatre à douze mois ou de l'une de ces deux peines seulement, ceux qui,
    directement ou par personne interposée, contreviennent à l'interdiction prononcée en application de l'alinéa qui précède." III. - Au premier alinéa de l'article L. 125-3, la référence à l'article L. 152-2 est remplacée par une référence à l'article L. 152-3.

  • Art. 32. - Dans l'article L. 200-3 du code du travail, les mots: "inscrit au registre du commerce ou au répertoire des métiers et propriétaire d'un fonds de commerce" sont remplacés par les mots: "propriétaire d'un fonds de commerce ou d'un fonds artisanal".

  • Art. 33. - Dans l'article L. 200-3 du code du travail, les mots: "l'emploi dans des ateliers" sont remplacés par les mots: "l'emploi dans ses ateliers".


  • Art. 34. - I. - Dans la première phrase du deuxième alinéa de l'article L.
    132-12 du code du travail, après les mots: "des prévisions annuelles ou pluriannuelles établies" sont insérés les mots: "notamment pour ce qui concerne les contrats de travail à durée déterminée et les missions de travail temporaire, ainsi que".
    II. - La deuxième phrase du premier alinéa de l'article L. 132-27 du code du travail est ainsi rédigée: "Cette négociation est l'occasion d'un examen par les parties de l'évolution de l'emploi dans l'entreprise, et notamment du nombre des contrats de travail à durée déterminée, des missions de travail temporaire et du nombre des journées de travail effectuées par les intéressés, ainsi que des prévisions annuelles ou pluriannuelles d'emploi établies dans l'entreprise."
  • Art. 35. - I. - Le cinquième alinéa de l'article L. 231-3-1 du code du travail est ainsi complété:
    "Sans préjudice de l'interdiction figurant au 2o de l'article L. 122-3 et au 2o de l'article L. 124-2-3 du présent code, les salariés sous contrat de travail à durée déterminée et les salariés sous contrat de travail temporaire affectés à des postes de travail présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, eu égard à la spécificité de leur contrat de travail, bénéficient d'une formation renforcée à la sécurité ainsi que d'un accueil et d'une information adaptés dans l'entreprise dans laquelle ils sont occupés. La liste de ces postes de travail est établie par le chef d'établissement, après avis du médecin du travail et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, des délégués du personnel, s'il en existe; elle est tenue à la disposition de l'inspecteur du travail."
  • II. - Le deuxième alinéa de l'article L. 231-3-1 du code du travail est complété par la phrase suivante:
    "Ils sont également consultés sur le programme et les modalités pratiques de la formation renforcée prévue au cinquième alinéa du présent article et sur les conditions d'accueil des salariés aux postes définis par le même alinéa." III. - Après le cinquième alinéa de l'article L. 231-3-1 du code du travail, il est inséré un alinéa ainsi rédigé:
    "Lorsqu'il est fait appel, en vue de l'exécution de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité, à des salariés sous contrat de travail temporaire, déjà dotés de la qualification nécessaire à cette intervention, le chef de l'entreprise utilisatrice donne aux salariés concernés toutes informations nécessaires sur les particularités de l'entreprise et de son environnement susceptibles d'avoir une incidence sur leur sécurité."
  • Art. 36. - L'article L. 231-8 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé:
    "L'existence de la faute inexcusable de l'employeur défini à l'article L. 452-1 du code de la sécurité sociale est présumée établie pour les salariés sous contrat à durée déterminée et les salariés mis à la disposition d'une entreprise utilisatrice par une entreprise de travail temporaire, victimes d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle alors qu'affectés à des postes de travail présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, ils n'auraient pas bénéficié de la formation à la sécurité renforcée prévue par l'article L. 231-3-1."
  • Art. 37. - I. - Les troisième, quatrième et cinquième phrases de l'avant-dernier alinéa et le dernier alinéa de l'article L. 432-4 du code du travail sont supprimés.
    II. - Il est inséré, dans le code du travail, un article L. 432-4-1 ainsi rédigé:
    "Art. L. 432-4-1. - Chaque trimestre, dans les entreprises d'au moins trois cents salariés et chaque semestre dans les autres, le chef d'entreprise informe le comité d'entreprise de la situation de l'emploi qui est analysée en retraçant, mois par mois, l'évolution des effectifs et de la qualification des salariés par sexe en faisant apparaître le nombre de salariés sous contrat de travail à durée indéterminée, le nombre de salariés sous contrat de travail à durée déterminée, le nombre de salariés sous contrat de travail temporaire, le nombre de salariés appartenant à une entreprise extérieure. Le chef d'entreprise doit également présenter au comité les motifs l'ayant amené à recourir aux trois dernières catégories de personnel susmentionnées. Il lui communique enfin le nombre des journées de travail effectuées, au cours de chacun des trois ou six derniers mois, par les salariés sous contrat de travail à durée déterminée et sous contrat de travail temporaire ainsi que le nombre des contrats de stage d'initiation à la vie professionnelle prévus à l'article L. 980-9 et le nombre des contrats de retour à l'emploi prévus à l'article L. 322-4-2. A cette occasion, le chef d'entreprise est tenu, à la demande du comité, de porter à sa connaissance tous les contrats passés avec les entreprises de travail temporaire pour la mise à disposition des salariés sous contrat de travail temporaire ainsi qu'avec les établissements de travail protégé lorsque les contrats passés avec ces établissements prévoient la formation et l'embauche par l'entreprise de travailleurs handicapés.
    "Lorsque, entre deux réunions du comité prévues à l'alinéa ci-dessus, le nombre des salariés occupés dans l'entreprise sous contrat de travail à durée déterminée et sous contrat de travail temporaire connaît un accroissement important par rapport à la situation existant lors de la dernière réunion du comité, l'examen de cette question est inscrit de plein droit à l'ordre du jour de la prochaine réunion ordinaire du comité prévue au premier alinéa de l'article L. 434-3 si la majorité des membres du comité le demande.
    "Lors de cette réunion, le chef d'entreprise est tenu de communiquer au comité d'entreprise le nombre de salariés sous contrat de travail à durée déterminée et sous contrat de travail temporaire, les motifs l'ayant amené à y recourir ainsi que le nombre des journées de travail effectuées par les intéressés depuis la dernière communication d'informations effectuée à ce sujet par le chef d'entreprise." III. - Dans le troisième alinéa de l'article L. 432-1-1, les mots:
    "l'avant-dernier alinéa de l'article L. 432-4" sont remplacés par les mots: "l'article L. 432-4-1".

  • Art. 38. - I. - L'article L. 424-1 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé:
    "Dans les entreprises de travail temporaire, les heures de délégation utilisées entre deux missions, conformément à des dispositions conventionnelles, par un délégué du personnel titulaire, pour l'exercice de son mandat, sont considérées comme des heures de travail. Elles sont réputées être rattachées, pour ce qui concerne leur rémunération et les charges sociales y afférentes, au dernier contrat de travail avec l'entreprise de travail temporaire au titre de laquelle il a été élu délégué du personnel titulaire." II. - L'article L. 434-1 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé:
    "Dans les entreprises de travail temporaire, les heures de délégation utilisées entre deux missions, conformément à des dispositions conventionnelles, par un membre titulaire du comité d'entreprise pour l'exercice de son mandat, sont considérées comme des heures de travail. Elles sont réputées être rattachées, pour ce qui concerne leur rémunération et les charges sociales y afférentes, au dernier contrat de travail avec l'entreprise de travail temporaire au titre de laquelle il a été élu membre titulaire du comité d'entreprise."
  • Art. 39. - I. - Au troisième alinéa de l'article L. 143-10 du code du travail, les mots: "de fin de contrat" sont supprimés et la référence à l'article L. 122-3-5 remplacée par la référence L. 122-3-4.
    II. - Au troisième alinéa de l'article L. 143-10 du code du travail, les mots: "de précarité d'emploi" sont supprimés.
    III. - Au 2o de l'article L. 341-6-1 du code du travail, les mots: "L.
    122-3-5, L. 122-3-8, L. 122-3-9 (deuxième alinéa)" sont remplacés par les mots: "L.122-3-4, L.122-3-8, deuxième alinéa".

  • Art. 40. - Il est inséré, dans le code de la sécurité sociale, un article L. 241-5-1 ainsi rédigé:
    "Art. L. 241-5-1. - Pour tenir compte des risques particuliers encourus par les salariés mis à la disposition d'utilisateurs par les entreprises de travail temporaire, le coût de l'accident et de la maladie professionnelle définis aux articles L. 411-1 et L. 461-1 est mis, pour partie à la charge de l'entreprise utilisatrice si celle-ci, au moment de l'accident, est soumise au paiement des cotisations mentionnées à l'article L. 241-5. En cas de défaillance de cette dernière, ce coût est supporté intégralement par l'employeur. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le juge procède à une répartition différente, en fonction des données de l'espèce.
    "Les mêmes dispositions s'appliquent lorsque l'entreprise utilisatrice est une collectivité, un établissement ou une entreprise auxquels est accordée l'autorisation d'assumer la charge totale ou partielle de la réparation des accidents du travail en vertu des articles L. 413-13 ou L. 413-14.
    "Dans le cas où le salarié intérimaire engage une action en responsabilité fondée sur la faute inexcusable de l'employeur, sans qu'il y ait eu mise en cause de l'entreprise utilisatrice, l'entreprise de travail temporaire est tenue d'appeler en la cause l'entreprise utilisatrice pour qu'il soit statué dans la même instance sur la demande du salarié intérimaire et sur la garantie des conséquences financières d'une reconnaissance éventuelle de faute inexcusable.
    "Un décret en Conseil d'Etat détermine les cas et les modalités d'application du présent article et notamment la part du coût de l'accident du travail ou de la maladie professionnelle mise à la charge de l'entreprise utilisatrice ainsi que les documents que l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice doivent s'adresser, sur leur demande."
  • Art. 41. - Il est inséré, dans le code rural, un article 1154-1 ainsi rédigé:
    "Art. 1154-1. - Pour tenir compte des risques particuliers encourus par les salariés mis à la disposition d'utilisateurs par les entreprises de travail temporaire le coût de l'accident et de la maladie professionnelle définis aux articles 1146 et 1170 est mis, pour partie à la charge de l'entreprise utilisatrice si celle-ci au moment de l'accident est soumise au paiement des cotisations mentionnées à l'article 1154. En cas de défaillance de cette dernière, ce coût est supporté intégralement par l'employeur. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le juge procède à une répartition différente, en fonction des données de l'espèce.
  • "Dans le cas où un salarié intérimaire engage une action en responsabilité fondée sur la faute inexcusable de l'employeur, sans qu'il y ait eu mise en cause de l'entreprise utilisatrice, l'entreprise de travail temporaire est tenue d'appeler en la cause l'entreprise utilisatrice pour qu'il soit statué dans la même instance sur la demande du salarié intérimaire et sur la garantie des conséquences financières d'une reconnaissance éventuelle de faute inexcusable.
    "Un décret en Conseil d'Etat détermine les cas et modalités d'application du présent article et notamment la part du coût de l'accident du travail ou de la maladie professionnelle mise à la charge de l'entreprise utilisatrice ainsi que les documents que l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice doivent s'adresser sur leur demande."
  • Art. 42. - Le Gouvernement déposera au Parlement, avant le 31 décembre 1991, un rapport sur l'évolution du volume et des conditions du recours aux formes de travail précaire.
    Ce rapport permettra d'apprécier les résultats de l'application des dispositions de la présente loi au regard des objectifs énoncés à l'article 1er, et de déterminer, si ces objectifs n'étaient pas atteints, les mesures législatives correctrices appropriées.
    Ce rapport comportera également une étude sur les effets de la répartition dérogatoire des coûts des accidents du travail entre l'entreprise de travail temporaire et l'entreprise utilisatrice.

  • Art. 43. - Les dispositions de la présente loi s'appliquent aux contrats conclus après son entrée en vigueur.
  • La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.

Fait à Paris, le 12 juillet 1990.

FRANCOIS MITTERRAND

Par le Président de la République:

Le Premier ministre,

MICHEL ROCARD

Le ministre d'Etat, ministre de l'économie,

des finances et du budget,

PIERRE BEREGOVOY

Le garde des sceaux, ministre de la justice,

PIERRE ARPAILLANGE

Le ministre du travail, de l'emploi

et de la formation professionnelle,

JEAN-PIERRE SOISSON

Le ministre de l'agriculture et de la forêt,

HENRI NALLET
(1) Travaux préparatoires: loi no 90-613.



Assemblée nationale:



Projet de loi no 1077 et lettre rectificative no 1332; proposition de loi no 960;

Rapport de M. Alain Vidalies, au nom de la commission des affaires culturelles, no 1392;

Discussion et adoption, après déclaration d'urgence, le 1er juin 1990.



Sénat:



Projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale, no 344 (1989-1990);

Rapport de Mme Hélène Missoffe, au nom de la commission des affaires sociales, no 382 (1989-1990);

Discussion et adoption le 20 juin 1990.



Assemblée nationale:



Projet de loi, modifié par le Sénat en première lecture;

Rapport de M. Alain Vidalies, au nom de la commission mixte paritaire, no 1520.



Sénat:



Projet de loi;

Rapport de Mme Hélène Missoffe, au nom de la commission mixte paritaire, no 427 (1989-1990).



Assemblée nationale:



Projet de loi no 1520;

Rapport de M. Alain Vidalies, au nom de la commission des affaires culturelles, no 1533;

Discussion et adoption le 27 juin 1990.



Sénat:



Projet de loi, adopté avec modifications par l'Assemblée nationale en nouvelle lecture, no 443 (1989-1990);

Rapport de Mme Hélène Missoffe, au nom de la commission des affaires sociales, no 445 (1989-1990);

Discussion et adoption le 29 juin 1990.



Assemblée nationale:

Projet de loi, modifié par le Sénat en nouvelle lecture, no 1562;

Rapport de M. Alain Vidalies, au nom de la commission des affaires culturelles, no 1563;

Discussion et adoption le 29 juin 1990.

Télécharger le Journal officiel de la République française. Lois et décrets (version papier numérisée) PDF - 47,2 Mo
Retourner en haut de la page