Conseil d'Etat, 7ème et 2ème sous-sections réunies, du 15 juin 2005, 261691, publié au recueil Lebon
Texte intégral
Conseil d'Etat - 7EME ET 2EME SOUS-SECTIONS REUNIES
N° 261691
Publié au recueil Lebon
Lecture du mercredi 15 juin 2005
Président
M. Stirn
Rapporteur
Mme Marianne Brun
Commissaire du gouvernement
M. Casas
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Considérant que par une décision en date du 7 mai 2003, le ministre de la défense a puni M. X, lieutenant de gendarmerie, de 20 jours d'arrêts, en se fondant sur le fait que ce dernier avait entretenu une relation avec l'épouse d'un lieutenant qui assurait le commandement par suppléance de son escadron alors que cet escadron était en déplacement en Nouvelle-Calédonie pour participer à des opérations de maintien de l'ordre ; que le comportement d'un fonctionnaire ou d'un militaire en dehors du service peut constituer une faute de nature à justifier une sanction s'il a pour effet de perturber le bon déroulement du service ou de jeter le discrédit sur l'administration ; que, toutefois, en fondant la sanction infligée à M. X sur le motif que celui-ci avait eu un comportement en privé susceptible de porter gravement atteinte à la dignité militaire ou au renom de l'armée alors que M. X avait conservé à la relation qui lui est reprochée un caractère strictement privé et qu'il n'a pris aucune part à la publicité qui lui a été donnée, le ministre de la défense a commis une erreur de qualification juridique des faits de l'espèce ; qu'ainsi, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. X est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 mai 2003 lui infligeant 20 jours d'arrêts ainsi que, par voie de conséquence, de la décision du 29 octobre 2003 rejetant son recours administratif formé à l'encontre de cette première ;
D E C I D E : -------------- Article 1er : La décision du 7 mai 2003 du ministre de la défense infligeant à M. X 20 jours d'arrêts et la décision du 29 octobre 2003 rejetant le recours administratif formé contre cette décision sont annulées. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Charles X et au ministre de la défense.
Analyse
CETAT08-01-01-05 ARMÉES ET DÉFENSE. - PERSONNELS DES ARMÉES. - QUESTIONS COMMUNES À L'ENSEMBLE DES PERSONNELS MILITAIRES. - DISCIPLINE. - A) FAITS SUSCEPTIBLE DE JUSTIFIER UNE SANCTION - COMPORTEMENT EN DEHORS DU SERVICE - CONDITION - COMPORTEMENT AYANT POUR EFFET DE PERTURBER LE BON DÉROULEMENT DU SERVICE OU DE JETER LE DISCRÉDIT SUR L'ADMINISTRATION - B) ERREUR DE QUALIFICATION JURIDIQUE EN L'ESPÈCE.
CETAT36-09-03-01 FONCTIONNAIRES ET AGENTS PUBLICS. - DISCIPLINE. - MOTIFS. - FAITS DE NATURE À JUSTIFIER UNE SANCTION. - COMPORTEMENT EN DEHORS DU SERVICE - CONDITION - COMPORTEMENT AYANT POUR EFFET DE PERTURBER LE BON DÉROULEMENT DU SERVICE OU DE JETER LE DISCRÉDIT SUR L'ADMINISTRATION.
08-01-01-05 a) Le comportement d'un fonctionnaire ou d'un militaire en dehors du service peut constituer une faute de nature à justifier une sanction s'il a pour effet de perturber le bon déroulement du service ou de jeter le discrédit sur l'administration.,,b) Commet une erreur de qualification juridique l'autorité militaire fondant une sanction sur le motif tiré de ce qu'un officier avait eu un comportement en privé susceptible de porter gravement atteinte à la dignité militaire ou au renom de l'armée alors que l'intéressé, qui avait entretenu une relation avec le conjoint de son supérieur hiérarchique, avait conservé à la relation qui lui est reprochée un caractère strictement privé et n'avait pris aucune part à la publicité qui lui a été donnée.
36-09-03-01 Le comportement d'un fonctionnaire ou d'un militaire en dehors du service peut constituer une faute de nature à justifier une sanction s'il a pour effet de perturber le bon déroulement du service ou de jeter le discrédit sur l'administration.