Décret n° 2020-50 du 27 janvier 2020 portant publication des mesures 1 à 8 (2016) relatives aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Santiago le 1er juin 2016, lors de la XXXIXe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA)


JORF n°0024 du 29 janvier 2020
texte n° 6




Décret n° 2020-50 du 27 janvier 2020 portant publication des mesures 1 à 8 (2016) relatives aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Santiago le 1er juin 2016, lors de la XXXIXe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA) (1)

NOR: EAEJ2000207D
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/1/27/EAEJ2000207D/jo/texte
Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/1/27/2020-50/jo/texte


Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et du ministre de l'Europe et des affaires étrangères,
Vu la Constitution, notamment ses articles 52 à 55 ;
Vu le décret n° 53-192 du 14 mars 1953 modifié relatif à la ratification et à la publication des engagements internationaux souscrits par la France ;
Vu le décret n° 61-1300 du 30 novembre 1961 portant publication du traité sur l'Antarctique, signé le 1er décembre 1959 ;
Vu le décret n° 98-861 du 18 septembre 1998 portant publication du protocole au traité sur l'Antarctique, relatif à la protection de l'environnement, signé à Madrid le 4 octobre 1991 ;
Vu le décret n° 2005-1075 du 23 août 2005 portant publication de l'annexe V au protocole au traité de l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, protection et gestion des zones, adoptée à Bonn le 18 octobre 1991,
Décrète :

Article 1


Les mesures 1 à 8 (2016) relatives aux zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptées à Santiago le 1er juin 2016, lors de la XXXIXe réunion consultative du traité sur l'Antarctique (RCTA), seront publiées au Journal officiel de la République française :


- Mesure 1 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 116 (vallée New College, plage Caughley, cap Bird, île de Ross) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 2 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 120 (archipel de Pointe-Géologie, terre Adélie) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 3 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 122 (hauteurs Arrival, péninsule Hut Point, île de Ross) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 4 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 126 (péninsule Byers, île Livingston, îles Shetland du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 5 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127 (île Haswell) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 6 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 131 (glacier Canada, lac Fryxell, vallée Taylor, terre Victoria) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 7 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 149 (cap Shirref et île San Telmo, île Livingston, îles Shetland du Sud) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;
- Mesure 8 (2016) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 167 (île Hawker, terre Princesse-Elisabeth) : plan de gestion révisé (ensemble une annexe) ;

Article 2


Le Premier ministre et le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

  • Annexe


    MESURE 1 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE Nº 116 (VALLÉE NEW COLLEGE, PLAGE CAUGHLEY, CAP BIRD, ÎLE DE ROSS) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant :
    - la recommandation XIII-8 (1985), qui a désigné la plage Caughley comme site d'intérêt scientifique particulier (« SISP ») nº 10, et a annexé un plan de gestion pour le site ;
    - la recommandation XIII-12 (1985), qui a désigné la vallée New College comme zone spécialement protégée (« ZSP ») nº 20 ;
    - la recommandation XVI-7 (1991), qui a prorogé la date d'expiration du SISP nº 10 ;
    - la recommandation XVII-2 (1992) qui a annexé un plan de gestion pour la ZSP nº 20 ;
    - la mesure 1 (2000), qui a agrandi la ZSP nº 20 de manière à inclure la plage Caughley, a annexé un plan de gestion révisé pour la zone, et a stipulé que le SISP n° 10 devenait caduque ;
    - la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la ZSP n° 20 en ZSPA nº 116 ;
    - la mesure 1 (2006) et la mesure 2 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA nº 116 ;
    Rappelant que la recommandation XVI-7 (1991) et la mesure 1 (2000) ne sont pas entrées en vigueur, et que la recommandation XVII-2 (1992) a été retirée par la mesure 1 (2010) ;
    Rappelant que les recommandations XIII-12 (1985) et XII-7 (1991) ont été désignées comme n'étant plus en vigueur par la mesure 1 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 116 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel pour la ZSPA nº 116 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé de la zone spécialement protégée de l'Antarctique nº 116 (Vallée New College, plage Caughley, cap Bird, île de Ross), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique nº 116 qui figure en annexe à la mesure 1 (2011) soit abrogé.

  • Annexe

    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 116
    VALLÉE NEW COLLEGE, PLAGE CAUGHLEY, CAP BIRD, ÎLE DE ROSS
    1. Description des valeurs à protéger

    Une zone du cap Bird, sur l'île de Ross, avait à l'origine été désignée comme site d'intérêt scientifique particulier (SISP) n° 10, plage Caughley, par la recommandation XIII-8 (1985) et zone spécialement protégée (ZSP) n° 20, vallée New College par la recommandation XIII-12 (1985) après proposition de la Nouvelle-Zélande, au motif que cette zone présentait des étendues de mousse et une micro-flore et une micro-faune associées parmi les plus riches, dans la région de la mer de Ross en Antarctique. Il s'agit de la seule zone sur l'île de Ross où une protection est spécifiquement apportée à la végétation et à son écosystème.
    La ZSP n° 20 avait à l'origine été reprise dans la SISP n° 10 afin de rendre les conditions d'accès à cette partie de la zone plus strictes. La SISP n° 10 a été intégrée dans la ZSP n° 20 par la mesure 1 (2000), faisant de l'ancienne ZSP n° 20 une zone restreinte de la ZSP. Les limites de la zone prévues par les premières recommandations ont été révisées afin d'améliorer la cartographie et de suivre plus fidèlement les crêtes enserrant le bassin de la vallée New College. La plage Caughley était adjacente à la zone d'origine, mais n'en avait jamais fait partie. C'est la raison pour laquelle la zone tout entière a été rebaptisée vallée New College, qui se trouvait au sein des deux sites originaux. Cette zone a été rebaptisée, au titre de la décision 1 (2002), zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) n° 116 et un plan de gestion révisé a été adopté au titre de la mesure 1 (2006) et de la mesure 1 (2011).
    Les limites de la zone suivent étroitement les crêtes enserrant le bassin de la vallée New College et couvrent une surface d'environ 0,33 km2. Dans cette zone, la mousse est uniquement présente dans des zones où le sol est sec et qui présentent des coussins et des tapis d'une superficie allant jusqu'à 20 m2. Plusieurs espèces d'algues sont également présentes dans les ruisseaux de la zone, et les collemboles, les acariens et les nématodes sont nombreux à la surface de l'eau et sous les roches. L'absence de lichen rend les espèces présentes dans cette zone uniques sur l'île de Ross.
    La vulnérabilité des mousses aux perturbations dues au piétinement, à l'échantillonnage, à la pollution ou à l'introduction d'espèces non indigènes est tel qu'il est demandé d'accorder à la zone une protection spéciale à long terme. La désignation de cette zone vise à assurer la protection adéquate des espèces de cet habitat-type contre les visiteurs et son utilisation excessive dans le cadre de recherches scientifiques. L'écosystème de ce site présente une valeur scientifique exceptionnelle pour les recherches écologiques, et la zone restreinte pourra servir de site de référence pour de futures études comparatives.

    2. Buts et objectif

    Le plan de gestion de la vallée New College, plage Caughley, cap Bird, vise à :
    - prévenir toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation anthropique inutile de ladite zone ;
    - préserver une partie de l'écosystème naturel de la zone pour en faire une zone de référence pour de futures études comparatives ;
    - permettre les recherches scientifiques de l'écosystème, en particulier des mousses, des algues et des invertébrés dans la zone, en veillant à empêcher un échantillonnage excessif ;
    - permettre d'autres recherches scientifiques dans la zone, à condition que ces travaux soient indispensables et ne puissent pas être menés ailleurs ;
    - éviter ou réduire au minimum l'introduction de plantes, d'animaux et de microbes non indigènes dans la zone ;
    - permettre des visites à des fins de gestion en soutien aux objectifs du plan de gestion.

    3. Activités de gestion

    Les activités de gestion suivantes devront être entreprises en vue de protéger les valeurs de la zone :
    - des copies du présent plan de gestion, y compris des cartes de la zone, seront mises à disposition aux stations de terrain/recherche opérationnelles adjacentes ;
    - des cairns ou des panneaux indiquant l'emplacement et les limites de la zone avec des indications claires concernant les restrictions d'accès seront placés à des lieux appropriés, aux limites de la zone et de la zone restreinte afin d'éviter toute entrée inopportune ;
    - les bornes, les panneaux et autres structures mis en place dans la zone à des fins scientifiques ou de gestion devront être solidement fixés, maintenus en bon état et enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires ;
    - des visites seront effectuées selon les besoins (de préférence une fois au moins tous les cinq ans) pour s'assurer que la zone répond toujours aux buts pour lesquels elle a été désignée et que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates ;
    - les membres des programmes antarctiques nationaux travaillant dans la région se consulteront pour faire en sorte que les activités de gestion susmentionnées soient mises en œuvre.

    4. Durée de désignation

    La zone est désignée pour une période indéterminée.

    5. Carte

    Carte A. - Carte topographique régionale de la vallée New College, plage Caughley, cap Bird, île de Ross. Spécifications de la carte : projection conique conforme de Lambert : parallèles standard - 1er 76° 40'00” S ; 2e 79° 20'00” S. Méridien central - 166° 30'00” E. Latitude d'origine - 78° 01'16. 211” S. Sphéroïde - WGS84.
    Carte B. - Carte de la vallée New College, plage Caughley, cap Bird, île de Ross. Spécification de la carte : projection conique conforme de Lambert : parallèles standard - 1er -76,6° S ; 2e -79,3° S. Sphéroïde - WGS84. La carte comprend le couvert végétal et les ruisseaux.

    6. Description de la zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, balises de délimitation et caractéristiques naturelles

    Le cap Bird se situe à l'extrémité nord-occidentale du mont Bird (1 800 mètres), un cône volcanique inactif, qui est certainement le plus vieux de l'île de Ross. La vallée New College se situe au sud du cap Bird, sur des pentes libres de glace surplombant la plage Caughley. Elle se situe entre deux colonies de manchots Adélie connues sous le nom de colonies du cap Bird nord et moyenne (carte A). La zone, qui comprend des plaques de moraines glaciaires au pied de la calotte glaciaire du cap Bird, est constituée de basaltes d'olivine-augite qui plongent vers la mer, ainsi que de sommets de scories provenant du cône principal du mont Bird.
    L'extrémité nord-occidentale de la limite nord de la zone se trouve à environ 100 mètres au sud de la cabane du cap Bird (Nouvelle-Zélande) et est indiquée par un panneau ZSPA (77° 13.128'S, 166° 26.147'E) (carte B). La limite septentrionale de la zone remonte une pente en direction de l'est vers une crête de moraine finale, à environ 20 mètres de la calotte glaciaire du cap Bird, et est indiquée par un cairn rocheux (77° 13.158'S, 166° 26.702'E).
    La limite orientale suit la crête de moraine finale à partir du cairn rocheux (77° 13.158'S, 166° 26.702'E) en direction du sud-est jusqu'à ce que la crête disparaisse en rejoignant la calotte glaciaire du cap Bird. La limite se poursuit en direction du sud-est, le long de l'extrémité du glacier, pour rejoindre la limite sud.
    Celle-ci traverse en ligne droite le flanc méridional de la vallée New College, et est indiquée par des cairns rocheux à l'extrémité sud-occidentale de la zone (77° 13.471'S, 166° 25.832'E) et à l'extrémité sud-orientale de la zone jusqu'au sommet de la colline qui se trouve à 100 mètres de l'extrémité du glacier de la calotte glaciaire du cap Bird.
    La limite occidentale de la zone suit le sommet des falaises côtières de la plage de Caughley, de l'extrémité sud-occidentale du cairn rocheux (77° 13.471'S, 166° 25.832'E) sur une distance de 650 mètres jusqu'au panneau ZSPA qui se trouve à l'extrémité nord-occidentale de la zone (77° 13.128'S, 166° 26.147'E).
    La vallée New College, plage Caughley, est située dans l'environnement S - géologique de McMurdo, terre South Victoria, selon l'Analyse des domaines environnementaux de l'Antarctique (résolution 3, 2008) et dans la région 9, terre South Victoria selon les régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (résolution 6, 2012).
    En été, le versant nord de la vallée New College draine de l'eau de fonte qui provient de la calotte glaciaire du cap Bird. Les cours d'eau qui s'écoulent dans la zone sont approvisionnés par de l'eau de fonte provenant des amas de neige d'été permanente et creusent leurs propres ravines et canaux. Le sol est largement recouvert de pierres et de roches d'origine volcanique qui ont été érodées sous l'effet de la glace.
    On trouve dans la zone la plus vaste distribution de mousse Hennediella heimii dans les cours d'eau saisonniers de l'île de Ross. Des études ont montré que cette mousse, ainsi que deux autres espèces moins présentes (Byrum subrotundifolium et Bruym pseudotriquetrum), se concentrent presque exclusivement dans les cours d'eau qui traversent la moraine escarpée et les flancs couverts de scories (carte B). Les mousses sont généralement associées à des pousses d'algues, notamment de riches feutres oscillatoires rouge-brun et parfois des pousses rougeâtres à noires de Nostoc commune.
    La zone comprend trois systèmes de cours d'eau complets qui abritent de nombreuses pousses d'algues et de mousses.
    On y trouve aussi une communauté d'invertébrés terrestres, notamment des populations de collemboles Gomphiocephalus hodgsonii (Collembola Hypogastruridae), des acariens Nanorchestes antarcticus et Stereotydeus mollis (Acari Prostigmata) et des nématodes (Panagrolaimus davidi, Plectus antarcticus, Plectus frigophilus, Scottnema lindsayae et Eudorylaimus antarcticus), ainsi que des rotifères, des tardigrades, et des ciliés et des flagellés. La répartition des invertébrés terrestres sur ce site est liée à l'environnement abiotique, la plupart des espèces arthropodes dépendant du niveau de végétation macroscopique et de la biomasse d'algues du sol, bien que cette relation ne s'applique pas à l'ensemble des taxons.
    Des labbes (Catharacta maccormicki) se reposent souvent sur la plage de Caughley et survolent la zone, y atterrissent et y nichent. Des manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) des colonies proches ne nichent pas dans la zone, mais sont parfois observés dans la vallée New College.

    6 (ii) Zones spéciales à l'intérieur de la zone

    Une zone de la vallée New College a été désignée zone restreinte pour la préserver pour que des études comparatives puissent y être menées à l'avenir, tandis que le reste de la zone (qui présente les mêmes particularités biologiques et les mêmes caractéristiques) est généralement ouvert aux programmes de recherche et aux activités d'échantillonnage. La zone restreinte comprend des pentes libres de glace situées au sein de la vallée New College, qui surplombent la plage de Caughley et dont certaines font face au nord et comportent des amas de neige, qui fournissent un approvisionnement direct en eau de fonte qui favorise le développement des mousses et des algues.
    L'extrémité nord-occidentale (77° 13.164'S, 166° 26.073'E) de la zone restreinte s'étend sur 60 mètres au sud de la zone et traverse une petite ravine de l'extrémité nord-occidentale de la zone. La limite septentrionale de la zone restreinte s'étend sur une pente ascendante sur 500 mètres à partir de l'extrémité nord-occidentale vers un cairn (77° 13.261'S, 166° 26.619'E), et suit ensuite une crête faible vers le sud-est, qui devient de plus en plus raide jusqu'à un point en amont de la vallée New College marqué par un cairn, à environ 60 mètres de l'extrémité de la calotte glaciaire du cap Bird (77° 13.368'S, 166° 26.976'E). La limite de la zone restreinte s'étend sur 110 mètres vers le sud-ouest et traverse la vallée jusqu'à un cairn, qui indique l'extrémité sud-orientale de la zone restreinte (77° 13.435'S, 166° 26.865'E). La limite méridional de la zone restreinte s'étend en ligne droite vers le nord-ouest sur 440 mètres à partir de ce cairn (77° 13.435'S, 166° 26.865'E), le long d'une large pente présentant relativement peu de caractéristiques particulières, jusqu'à l'extrémité sud-occidentale de la zone (77° 13.328'S, 166° 26.006'E). Un cairn placé sur la limite sud-occidentale de la zone restreinte indique la position la plus basse de la limite sud (77° 13.226'S, 166° 25.983'E).
    L'accès à la zone restreinte n'est autorisé que pour mener des activités scientifiques et de gestion impérieuses qu'il n'est pas possible de satisfaire ailleurs.

    6 (iii) Emplacement de structures à l'intérieur de la zone et à proximité

    Parmi les structures connues présentes à l'intérieur de la zone, on trouve un repère Astrofix de la marine américaine, des cairns indiquant les limites de la zone et de la zone restreinte, un panneau situé à l'extrémité nord-occidentale de la zone et un cadre en bois d'environ un mètre carré indiquant le site d'un déversement expérimental d'hydrocarbures datant de 1982.
    On trouve aussi une cabane (Nouvelle-Zélande), une cabane d'entrepôt et des toilettes au nord de l'extrémité nord-occidentale de la zone (carte B).

    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

    Les zones protégées les plus proches sont les suivantes :
    - baie Lewis, mont Erebus, île de Ross (ZSPA n° 156), à environ 25 km au sud-est ;
    - tramway Ridge, mont Erebus, île de Ross (ZSPA n° 175) à 30 km au sud sud-est ;
    - cap Crozier, île de Ross (ZSPA n° 124) à 75 km au sud-est ;
    - cap Royds, île de Ross (ZSPA n° 121 et 157) et cap Evans, île de Ross (ZSPA n° 155) à 35 km et 45 km au sud de l'île de Ross respectivement ; et
    - île Beaufort, McMurdo Sound, mer de Ross (ZSPA n° 105) à 40 km au nord.

    7. Critères de délivrance des permis d'accès

    L'accès à la zone est interdit sauf avec un permis délivré par une autorité nationale compétente. Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
    - en dehors de la zone restreinte, un permis est délivré uniquement pour des études scientifiques de l'écosystème ou pour des raisons scientifiques impérieuses qu'il est impossible de satisfaire ailleurs ou pour des raisons de gestion essentielles qui sont conformes aux objectifs du plan de gestion telles que des activités d'inspection ou de révision ;
    - l'accès à la zone restreinte n'est autorisé que pour des raisons impérieuses qui ne peuvent pas être satisfaites ailleurs dans la zone ;
    - les actions autorisées ne sont pas susceptibles de mettre en péril les valeurs scientifiques ou écologiques de la zone, ni les autres activités autorisées ;
    - toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
    - les activités autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
    - le permis ou une copie de celui-ci sera emporté à l'intérieur de la zone ;
    - un rapport de visite devra être fourni à l'autorité désignée dans le permis ;
    - le permis est délivré pour une période limitée ;

    7 (i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

    Il est interdit aux hélicoptères d'atterrir à l'intérieur de la zone. Deux sites d'atterrissage pour hélicoptères se trouvent en dehors de la zone. D'octobre à février, le site d'atterrissage principal se situe au pied des falaises de la plage Caughley, à 100 mètres à l'ouest de la limite occidentale de la zone 77° 13.221'S, 166° 25.812'E (cartes A et B). De mars à septembre, un autre site d'atterrissage pour hélicoptères est prévu à côté de la cabane du cap Bird (Nouvelle-Zélande), au-dessus de la plage Caughley aux coordonnées 77° 13.093 S, 166° 26.168'E (carte B).
    D'octobre à février, il est recommandé d'arriver par le Sud en survolant la colonie du milieu (carte A). Il peut être nécessaire de survoler l'héliport par le nord en cas de vent, en respectant toutefois les trajectoires de départ et d'approches recommandées et, dans la mesure du possible, en suivant les Directives pour l'exploitation d'aéronefs à proximité de concentrations d'oiseaux dans l'Antarctique (résolution 2, 2004). Voir carte A pour les trajectoires d'approche recommandées pour entrer et sortir du cap Bird.
    Le survol de la zone à moins de 50 mètres (~ 150 pieds) du sol est interdit. Les vols stationnaires à moins de 100 mètres (~ 300 pieds) au-dessus de la zone sont interdits. L'utilisation de grenades fumigènes d'hélicoptères est interdite à l'intérieur de la zone.
    Les véhicules sont interdits dans la zone et tout déplacement doit se faire à pied. L'accès à la zone doit préférablement se faire en suivant l'itinéraire partant de la cabane du cap Bird (Nouvelle-Zélande). Les visiteurs doivent éviter les zones où la végétation est visible et se déplacer avec précaution dans les zones où le sol est humide, particulièrement dans le lit des ruisseaux où le passage à pied peut facilement endommager les sols et les communautés de plantes et d'algues sensibles, et dégrader la qualité de l'eau. Pour éviter d'y marcher, il convient d'emprunter les parties du sol rocheuses ou couvertes de glace. Les déplacements à pied doivent être réduits au minimum nécessaire pour atteindre les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en limiter les effets.
    Pour accéder aux régions situées au sud de la zone à partir de la cabane du cap Bird ; il faut traverser la plage Caughley en longeant les falaises.

    7 (ii) Activités pouvant être menées dans la zone

    Les recherches scientifiques impérieuses qui ne peuvent pas être entreprises ailleurs et qui ne mettront pas en danger l'écosystème ou les valeurs de la zone et ne perturberont pas les études scientifiques en cours.
    Les activités de gestion essentielles, y compris le suivi et les inspections.

    7 (iii) Installation, modification ou démantèlement des structures

    Aucune structure ne doit être érigée dans la zone et aucun matériel scientifique ne doit y être installé, sauf lorsqu'il s'agit de matériel essentiel pour des activités scientifiques ou des activités de gestion prévues dans le cadre d'un permis. Toutes les bornes, les structures et tout l'équipement scientifique installés dans la zone doivent être autorisés par permis et clairement identifier le pays, le nom du principal chercheur ou de la principale agence, l'année d'installation et la date d'enlèvement prévue. Tous ces éléments doivent être exempts d'organismes, de propagules (par ex. : graines, œufs) et de sol non stérile et doivent être en matériaux qui posent un risque de contamination minimal à la zone. Le retrait de structures ou d'équipements spécifiques pour lesquels le permis a expiré devra figurer parmi les critères du permis.

    7 (iv) Emplacement des camps de base

    Il est interdit de camper dans la zone. On trouve aussi une cabane (Nouvelle-Zélande), une cabane d'entrepôt et des toilettes au nord de l'extrémité nord-occidentale de la zone (carte B).

    7 (v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

    L'introduction délibérée d'animaux vivants, de matériel végétal ou de micro-organismes est interdite et les précautions énumérées à l'alinéa (ix) de la section 7 seront prises pour éviter les introductions accidentelles. Aucun produit de la volaille ne doit être introduit dans la zone. Aucun herbicide ni pesticide ne devra être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris des radionucléides ou des isotopes stables, susceptibles d'être introduits pour des besoins scientifiques ou de gestion spécifiés dans le permis, devra être retiré de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été accordé. Aucun combustible et aucun élément chimique ne sera entreposé dans la zone sauf à des fins essentielles liées à l'activité pour laquelle le permis a été délivré ou s'ils sont placés dans une cache d'urgence autorisée par une autorité compétente. Tous les matériaux seront introduits dans la zone pour une période déterminée seulement et ils en seront enlevés au plus tard à la fin de cette période, puis ils seront manipulés et entreposés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans l'environnement.

    7 (vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

    Toute capture d'animaux ou toute perturbation nuisible à la faune et la flore indigènes est interdite sauf avec un permis distinct délivré spécifiquement à cette fin en vertu de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas de prélèvements ou de perturbations nuisibles d'animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique devra être utilisé comme norme minimale.

    7 (vii) Prélèvement et enlèvement de tout matériel n'ayant pas été introduit dans la zone par le détenteur du permis

    Les matériaux seront prélevés ou retirés de la zone conformément au permis et doivent se limiter au strict minimum requis aux fins scientifiques ou de gestion. De même, l'échantillonnage doit être fait de sorte à réduire au minimum les perturbations et le chevauchement des activités dans la zone. Les matériaux d'origine humaine susceptibles de mettre en péril les valeurs de la zone, n'ayant pas été introduits dans celle-ci par le détenteur du permis ou n'ayant pas été autrement autorisés, et qui ne sont pas un objet historique ou une relique laissée sur place, peuvent être retirés de n'importe quelle partie de la zone, sauf si l'impact de leur retrait risque d'être plus important que celui de laisser ce matériau in situ. Dans un tel cas, il convient de notifier les autorités nationales compétentes et d'obtenir les autorisations requises.

    7 (viii) Elimination des déchets

    Tous les déchets, y compris les déchets humains, doivent être retirés de la zone.

    7 (ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

    Des permis d'accès à la zone peuvent être accordés pour :
    - mener des activités de suivi et d'inspection dans la zone pouvant comprendre la collecte d'un petit nombre d'échantillons ou de données pour en effectuer l'analyse ou l'examen ;
    - ériger ou entretenir des poteaux indicateurs, structures ou équipements scientifiques ; ou
    - pour mener des activités de gestion.
    Tous les sites spécifiques dont le suivi sera de longue durée seront correctement balisés.
    Les visiteurs devront prendre des précautions spéciales contre toute introduction afin d'aider à préserver les valeurs scientifiques et écologiques qui résultent de l'isolement du site et du niveau historiquement faible de la présence humaine sur l'île. Il conviendra, en particulier, de ne pas introduire de plantes et de microbes issus des sols d'autres sites antarctiques, y compris de stations, ou provenant d'autres régions extérieures à l'Antarctique. Pour réduire le risque d'introductions, les visiteurs devront soigneusement nettoyer leurs chaussures et tout équipement utilisé dans la zone, en particulier les outils d'échantillonnage et les bornes, et ce avant d'entrer dans la zone.

    7 (x) Rapports de visites

    Pour chaque visite dans la zone, le titulaire principal du permis devra soumettre un rapport à l'autorité nationale compétente, dès que possible, et au plus tard six mois après la fin de la visite. Ces rapports de visite doivent inclure, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite qui a été recommandé (figurant à l'annexe 4 du guide révisé pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique en appendice à la résolution 2 [1998] ), disponible sur le site web du secrétariat du Traité sur l'Antarctique www.ats.aq.
    Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre un exemplaire du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Les Parties doivent également établir des rapports de ces activités et les communiquer lors de l'échange annuel d'informations. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans des archives auxquelles le public pourra avoir accès afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

    8. Bibliographie

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  • Annexe


    MESURE 2 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 120 (ARCHIPEL DE POINTE-GÉOLOGIE, TERRE ADÉLIE) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant :
    - la mesure 3 (1995) qui a désigné l'archipel de Pointe-Géologie, Terre Adélie comme zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 24 et comprenait un plan de gestion de la zone en annexe ;
    - la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la ZSP n° 24 en ZSPA n° 120 ;
    - la mesure 2 (2005) et la mesure 2 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA n° 120 ;
    Rappelant que la mesure 3 (1995) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 2 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 120 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel de la ZSPA n° 120 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 120 (Archipel de Pointe-Géologie, Terre Adélie), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 120 qui figure en annexe à la mesure 2 (2011) soit abrogé.

  • Annexe


    ANNEXE
    PLAN DE GESTION DE LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 120 ARCHIPEL DE POINTE-GÉOLOGIE, TERRE ADÉLIE, ILES JEAN ROSTAND, LE MAUGUEN (EX-ALÉXIS CARREL), LAMARCK ET CLAUDE BERNARD, NUNATAK DU BON DOCTEUR ET SITE DE REPRODUCTION DES MANCHOTS EMPEREURS
    Introduction


    L'archipel de Pointe Géologie, en Terre Adélie, est composé de 8 îles principales regroupées sur moins de 2,4 km2, à environ 5 km du continent Antarctique. L'Ile des pétrels, la plus grande de ces îles, héberge la station scientifique française Dumont d'Urville (66°39'46”S 140°0'07”E). Dans les années 1980, d'importants travaux ont été réalisés pour connecter les îles Buffon, Cuvier et du Lion en vue d'établir une piste d'atterrissage pour avions grands porteurs. Ce projet n'a jamais pu être mené à terme, notamment en raison de la destruction par la mer d'une partie de la plateforme ainsi créée.
    Cet archipel présente l'originalité d'accueillir pour leur reproduction huit des neuf espèces d'oiseaux qui nichent sur les côtes du continent Antarctique. Parmi ces 8 espèces d'oiseaux, 4 appartiennent à la famille des Procellariidés, 2 à celle des Sphéniscidés, 1 aux Stercorariidés et enfin 1 appartient à la famille des Hydrobatidés. Sont en particulier présents des représentants de deux espèces emblématiques de l'Antarctique, les pétrels géants, et les manchots empereurs dont la colonie hivernale se situe à quelques centaines de mètres de la base Dumont d'Urville.
    Quatre îles, un nunatak et le site de reproduction des manchots empereurs ont été classés en 1995 (RCTA XIX mesure 3) en aire spécialement protégée de l'Antarctique en ce qu'ils constituaient un exemple représentatif des écosystèmes antarctiques terrestres sur les plans biologique, géologique et esthétique.
    La résolution 3 (2008) recommandait que l'« Analyse des domaines environnementaux pour le continent Antarctique » serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique (voir également Morgan et al., 2007). Selon ce modèle, la ZSPA n° 120 relève du domaine environnemental L (Calotte de glace de la zone côtière du continent).
    La résolution 6 (2012) recommandait également que les « régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique » soient utilisées de concert avec l'analyse des domaines environnementaux pour qualifier les régions où des ZSPA sont mises en place et pour répondre ainsi à la notion de cadre environnemental et géographique systématisé dont il est fait mention au paragraphe 2 de l'article 3 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique concernant la protection de l'environnement. Ainsi, l'archipel de Pointe Géologie se raccroche à la région de conservation biogéographique de l'Antarctique n° 13 « Terre Adélie » (voir Terauds et al. 2012), l'une des régions de conservation biogéographique de plus faible superficie (178 km2).


    1. Description des valeurs à protéger


    La zone comporte des valeurs environnementales et scientifiques exceptionnelles en raison de la diversité des espèces d'oiseaux et de mammifères marins qui s'y reproduisent :


    - phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii) ;
    - manchot empereur (Aptenodytes forsteri) ;
    - labbe de McCormick (Catharacta maccormicki) ;
    - manchot d'Adélie (Pygoscelis adeliae) ;
    - océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) ;
    - pétrel géant (Macronectes giganteus) ;
    - pétrel des neiges (Pagodroma nivea) ;
    - damier du Cap (Daption capense).


    Des programmes de recherche et de surveillance continue sur ces espèces sont en cours depuis de nombreuses années (à partir de 1952 ou 1964 selon les espèces), actuellement soutenus par l'Institut Polaire Français Paul-Emile Victor (IPEV) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Une base de données démographiques d'une valeur exceptionnelle, par la durée des observations, a ainsi pu être constituée. Elle est maintenue et exploitée par le Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC-CNRS). Dans ce contexte, la présence humaine scientifique dans la zone protégée est estimée actuellement à quatre personnes pour quelques heures trois fois par mois entre le 1er novembre et le 15 février et, dans la colonie de manchot empereur uniquement, à deux personnes pour quelques heures tous les deux jours entre le 1er avril et le 1er novembre.
    Parmi les 46 sites de reproduction de manchots empereurs répertoriés (Fretwell et al. 2012), celui de Pointe-Géologie est l'un des seuls, avec celui proche de la base Mirny, à se situer à proximité immédiate d'une base permanente. Ce site est donc privilégié pour l'étude de cette espèce et de son environnement.


    2. Buts et objectifs


    La gestion de la zone spécialement protégée de Pointe-Géologie a pour buts :


    - de minimiser toute perturbation éventuelle de la zone liée à la présence proche de la base Dumont d'Urville ;
    - de limiter la perturbation de la zone en prévenant toute intervention injustifiée de l'homme ;
    - d'éviter toute modification substantielle de la faune et de la flore et en particulier des différentes populations de vertébrés marins, oiseaux et mammifères, qui fréquentent la zone, laquelle constitue l'une des plus représentatives des côtes de Terre Adélie pour son intérêt faunistique et scientifique ;
    - de permettre des recherches scientifiques qui ne peuvent être réalisées ailleurs, notamment dans les sciences du vivant (éthologie, écologie, physiologie et biochimie, études démographiques des oiseaux et mammifères marins, évaluation de l'impact des activités humaines sur l'environnement…) ou les sciences de la terre (géologie, géomorphologie,…) ;
    - d'encadrer les opérations logistiques afférentes à l'activité de la base voisine de Dumont d'Urville qui pourraient nécessiter un accès temporaire à la ZSPA.


    3. Activités de gestion


    Les activités de gestion suivantes seront réalisées pour protéger les valeurs de la zone :


    - Le présent plan de gestion est régulièrement revu afin de s'assurer du suivi des mesures de protection des valeurs de la ZSPA.
    - Toutes les activités de nature scientifique ou de gestion menées dans la zone doivent faire l'objet d'une évaluation d'impact sur l'environnement, conformément aux exigences stipulées dans l'annexe I du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.
    - Conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, le matériel ou les matériaux abandonnés seront enlevés, dans toute la mesure du possible, à condition que cet enlèvement ne porte pas atteinte à l'environnement et aux valeurs de la zone.
    - Tous les personnels séjournant ou transitant sur la base de Dumont d'Urville seront dûment informés de l'existence de la ZSPA, de ses limites géographiques, des conditions d'accès réglementés et, plus généralement, du présent plan de gestion. A cette fin, un panneau contenant une carte de la zone énonçant les restrictions et les mesures de gestion particulières qui s'y appliquent est affiché à la station Dumont d'Urville.
    - Des copies du présent plan de gestion sont en outre disponibles dans les quatre langues du Traité à la station Dumont d'Urville.
    - Les informations relatives à chaque incursion dans la ZSPA, à savoir a minima : activité entreprise ou raison de la présence, nombre de personnes concernées, durée du séjour, sont consignée par le chef de station de Dumont d'Urville.


    4. Période de désignation


    La zone est désignée zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) pour une période indéterminée.


    5. Cartes


    La carte 1 montre la situation géographique de la Terre Adélie au sein du continent Antarctique et la localisation de l'archipel de Pointe-Géologie sur la côte de Terre Adélie.
    La carte 2 de l'archipel de Pointe-Géologie indique la localisation des principales colonies d'oiseaux et, en pointillés, la délimitation de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 120 au sein de cet archipel.



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    Carte 1 - Localisation de l'archipel de Pointe Géologie, en Terre Adélie (Antarctique)



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    Carte 2 - Localisation des colonies d'oiseaux (excepté les territoires des labbes de McCormick et les nids d'océanites de Wilson) au sein de la ZSPA de l'archipel de Pointe Géologie. Les lignes pointillées marquent les limites de la ZSPA. Les manchots empereurs, présents de mars à mi-décembre, établissent leur colonie sur la banquise entre les îles et leur localisation est fluctuante. L'éventuel accès des véhicules terrestres au continent par le Nunatak du Bon Docteur est indiqué par des flèches.


    6. Description de la zone et identification des secteurs
    6 (i) Coordonnées géographiques, frontières et traits naturels
    Limites et coordonnées


    La ZSPA n° 120 est située en bordure de la côte de Terre Adélie, au coeur de l'archipel de Pointe-Géologie (140° à 140°02'E ; 66°39'30” à 66°40'30” S). Elle est constituée des territoires suivants :


    - l'île Jean Rostand ;
    - l'île Le Mauguen (ex-île Alexis Carrel) ;
    - l'île Lamarck ;
    - l'île Claude Bernard ;
    - le Nunatak du Bon Docteur ;
    - le site de reproduction des manchots empereurs, sur la banquise qui enserre ces îles en hiver.


    Au total, la surface des rochers affleurant n'excède pas 2 km2. Les points culminants sont distribués le long d'une ride NE-SO (île Claude Bernard : 47,60 m ; île Jean Rostand : 36,39 m ; île Le Mauguen (ex-Alexis Carrel) : 28,24 m, Nunatak du Bon Docteur : 28,50 m).
    Durant l'été, la banquise entre les îles disparaît et seuls les versants sud des îles sont encore partiellement couverts par des névés. La ZSPA est alors bien délimitée par ses traits naturels (contour des îles et affleurements rocheux).
    Il n'existe aucune route ni chemin à l'intérieur de la zone.


    Description générale de la zone


    Géologie
    Des escarpements bien marqués offrent des profils transversaux asymétriques, en pente douce au nord, plus raide au sud. De nombreuses failles et fractures rendent le terrain très accidenté. Les roches du socle, principalement constituées de gneiss riches en sillimanite, en cordiérite et en grenats, sont recoupées par un réseau dense de filons d'anatextite rose. Les parties les plus déprimées des îles sont couvertes de moraines dont la granulométrie est hétérogène (avec des blocs variant en diamètre de quelques centimètres à plus d'un mètre).
    Communautés biologiques terrestres
    Aucune plante vasculaire et aucun macro-arthropode ne vivent dans la zone. Seule l'algue cosmopolite Prasiola crispa est présente et peut avoir, localement, un recouvrement significatif, en lien avec les apports de fientes d'oiseaux.
    Faune Vertébrée
    Sept espèces d'oiseaux et un mammifère marin (phoque de Weddell) fréquentent l'archipel de Pointe Géologie. Ils font tous l'objet d'un suivi des populations depuis les années 1950-1960. Le tableau 1 renseigne sur les effectifs d'oiseaux marins observés, le tableau 2 sur les périodes de présence de ces différentes espèces, et le tableau 3 sur la sensibilité estimée de chacune d'entre elle.
    L'implantation de la station Dumont d'Urville a résulté en une diminution importante de la population de pétrels géants dans l'archipel de Pointe-Géologie. La colonie de reproduction située sur l'île des pétrels a totalement disparu à la fin des années 1950 au cours des premières années de l'installation de la base à proximité immédiate de cette colonie (extension de bâtiments, intensification des vols d'hélicoptères, installation et remplacement de cuves à fioul). Actuellement 100 % de la population de pétrels géants de Pointe Géologie se reproduit dans la ZSPA, dans la partie sud-est de l'île Rostand.
    Les travaux réalisés entre 1984 et 1993 pour connecter les îles Buffon, Cuvier et du Lion en vue d'établir une piste d'atterrissage ont résulté en une destruction des sites de reproduction d'environ 3 000 couples de manchots d'Adélie, 210 couples de pétrels des neiges, 170 couples de damier du Cap, 180 couples d'océanite de Wilson et 3 couples de labbes de McCormick (Micol & Jouventin 2001). Une partie relativement importante des couples de manchots d'Adélie se sont déplacés dans la ZSPA, contrairement aux autres espèces (Micol & Jouventin 2001, CEBC données non publiées).
    La diminution importante des manchots empereurs à la fin des années 1970 semble être due à une anomalie climatique prolongée entre 1976 et 1982 ayant entraîné une réduction importante de l'étendue de la banquise (Barbraud & Weimerskirch 2001, Jenouvrier et al. 2012). Depuis une quinzaine d'année la population reproductrice de manchots empereurs est en légère augmentation parallèlement à une augmentation de l'étendue de la banquise dans le secteur de Terre Adélie (tableau 3).
    Parmi les espèces d'oiseaux présentes dans l'archipel de Pointe-Géologie, le manchot empereur et le pétrel géant se reproduisent uniquement à l'intérieur de la ZSPA. Depuis la mise en place de cette ZSPA en 1995, les populations de ces deux espèces sont désormais stables ou en légère augmentation (tableau 3). Les projections à long terme rendent toutefois nécessaire le maintien d'un statut de protection élevé à travers le présent plan de gestion.
    Tableau 1. - Nombre de couples d'oiseaux de mer se reproduisant dans la ZSPA n° 120 (dénombrement lors du cycle de reproduction 2014/2015). La proportion de la population se reproduisant à l'intérieur de cette ZSPA par rapport à celle de l'archipel de Pointe-Géologie dans son ensemble (PG) est également mentionnée (Source : données non publiées CEBC-CNRS sur le cycle reproducteur 2014/2015 sauf pour les pétrels de Wilson, données de 1986 dans Micol & Jouventin 2001)


    Site

    Manchot
    empereur

    Manchot
    d'Adélie

    Labbe
    de McCormick

    Pétrel
    des neiges

    Damier
    du Cap

    Pétrel
    de Wilson*

    Pétrel
    géant

    I.C. Bernard

    --

    3682

    4

    152

    204

    178

    --

    I. Lamarck

    --

    1410

    1

    31

    26

    45

    --

    I. J. Rostand

    --

    5441

    8

    54

    57

    35

    19

    I. Le Mauguen (ex-Alexis Carrel)

    --

    4271

    18

    14

    1

    72

    Nunatak du Bon Docteur

    ---

    1793

    1

    5

    --

    41

    --

    Banquise hivernale entre les îles

    3772

    --

    --

    --

    --

    --

    --

    TOTAL ZSPA

    3772

    16597

    32

    256

    288

    371

    19

    TOTAL PG

    3772

    42757

    74

    691

    492

    1200

    19

    % ZSPA/PG

    100

    39

    43

    37

    59

    31

    100


    Tableau 2. - Présence des oiseaux sur les sites de reproduction


    Manchot
    empereur

    Manchot d'Adélie

    Labbe
    de McCormic

    Pétrel
    des neiges

    Damier du Cap

    Océanite
    de Wilson

    Pétrel
    géant

    Première arrivée

    Mars

    Octobre

    Octobre

    Septembre

    Octobre

    Novembre

    Juillet

    Première ponte

    Mai

    Novembre

    Novembre

    Décembre

    Décembre

    Décembre

    Octobre

    Dernier départ

    fin
    Décembre

    Mars

    Mars

    Mars

    Mars

    Mars

    Avril


    Tableau 3. - Sensibilité aux perturbations causées par l'homme et évolution des populations d'oiseaux de l'archipel de Pointe Géologie (sources : données non publiées CEBC-CNRS, Thomas 1986, et Micol & Jouventin 2001 pour les données sur les pétrels de Wilson)


    Manchot
    empereur

    Manchot
    d'Adélie

    Labbe
    de McCormick

    Pétrel
    des neiges

    Damier
    du Cap

    Océanite
    de Wilson

    Pétrel
    géant

    Sensibilité

    élevée

    moyenne

    moyenne

    moyenne

    élevée

    Elevée

    élevée

    Tendance
    1952-1984

    diminution

    stable

    stable

    ?

    ?

    ?

    diminution

    Tendance
    1984-2000

    stable

    augmentation

    augmentation

    stable

    stable

    ?

    stable

    Tendance
    2000-2015

    légère augmentation

    augmentation

    augmentation

    augmentation

    stable

    ?

    Légère augmentation


    6 (ii) Identification de zones d'accès restreint ou prohibé


    Les conditions d'accès aux différents sites de la ZSPA sont déterminées en fonction de la répartition des espèces d'oiseaux (tableau 1), des périodes de leur présence sur les sites de reproduction (tableau 2) et en fonction de leur sensibilité spécifique (tableau 3). La localisation des colonies nicheuses et les points d'accès aux îles sont indiquées sur la carte 2. Les oiseaux sont principalement présents pendant l'été austral, sauf les manchots empereurs qui se reproduisent en hiver.
    Cas de l'Ile Rostand
    Les pétrels géants y sont présents dans une aire limitée par la crête Nord-Est Sud-Ouest passant par les repères 33,10 m et 36,39 m au nord ouest de la colonie, signalée au sol par des piquets. Les accès à cette aire de reproduction sont strictement interdits, excepté pour les ornithologues munis d'un permis pour une visite annuelle unique au moment du baguage des poussins de pétrels géants. L'accès au reste de l'Ile Rostand est autorisé durant toute l'année aux personnes titulaires d'un permis.
    Cas de la colonie de manchots empereurs
    La colonie de manchots empereurs n'est pas toujours localisée au même endroit et est itinérante sur la banquise pendant l'hiver. La zone de protection de ces animaux est donc déterminée par les sites de présence des oiseaux (colonie ou groupes d'individus) augmentés d'une zone tampon de 40 m.
    Personne, hormis les titulaires de permis, ne peut approcher ou déranger les manchots empereurs d'aucune façon pendant la période de leur présence sur le site de reproduction entre mars et mi-décembre, période à laquelle les poussins partent en mer. Une distance minimale de 20 m entre les observateurs autorisés et la colonie est préconisée.


    6 (iii) Installations à l'intérieur de la zone


    L'abri historique de Prévost et un refuge sont situés sur l'île Rostand, à l'exclusion de toute autre structure dans l'ensemble de la zone.


    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité


    La zone protégée la plus proche de la ZSPA n° 120 est la ZSPA n° 166 « Port Martin », située à 60 km à l'est.


    6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la ZSPA


    Aucune.


    7. Conditions de délivrance des permis


    L'accès à la zone est interdit à moins qu'un permis n'ait été délivré par une autorité nationale compétente désignée en vertu de l'article 7 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Le chef de la station Dumont d'Urville est tenu informé sur place des personnes détentrices de permis.
    Des permis peuvent être délivrés pour les activités prévues au paragraphe 7 (ii). Les permis précisent pour chaque visite les activités envisagées, leur durée, le nombre d'accès ainsi que le nombre maximum de personnes pouvant entrer dans la zone (titulaires du permis et les éventuels accompagnateurs rendus nécessaires pour des raisons professionnelles ou de sécurité).


    7 (i) Accès et mouvements à l'intérieur de la zone


    L'accès à la zone est autorisé uniquement à pied ou en embarcation légère (en été).
    Aucun hélicoptère ne peut se poser dans la ZSPA et le survol de la zone est interdit à tout aéronef non autorisé (hormis dans le cas de procédures d'urgences).
    L'utilisation de drones de loisirs à l'intérieur de la ZSPA est interdite.
    L'utilisation de drones ou le survol d'hélicoptère à des fins de recherche scientifique, de suivi démographiques ou de logistique doivent faire l'objet d'une demande spécifique accompagnant la demande d'accès à la ZSPA. Les autorisations d'accès délivrées par les autorités compétentes sollicitées devront mentionner l'autorisation, le cas échéant, de l'utilisation de drones dans la zone ou le survol d'hélicoptère en précisant les conditions de vol de ces aéronefs.
    Les transits de véhicules terrestres entre la station Dumont d'Urville, sur l'Ile des pétrels, et la station de Cap Prudhomme, sur le continent, s'effectuent normalement en hiver en ligne directe, sur la banquise. Lorsqu'à de très rares occasions l'état de la glace de mer ne permet pas d'effectuer ces transits en sécurité, un cheminement via la bordure ouest du Nunatak du Bon Docteur peut être exceptionnellement autorisé, comme indiqué sur la carte 2.
    Dans tous les cas, les véhicules terrestres conduits à circuler à proximité de rassemblements de manchots empereurs devront rester à l'extérieur de la ZSPA, c'est à dire en respectant une distance minimale de 40 m vis-à-vis de ces animaux.
    Les déplacements des personnes autorisées à l'intérieur de la zone doivent se faire avec une particulière vigilance pour éviter la perturbation des oiseaux et la détérioration des zones de nidification et de leurs accès.
    Bien que la base située sur l'Ile des pétrels ne soit pas comprise dans la ZSPA une vigilance particulière doit s'appliquer également lorsque des manchots empereurs s'y déplacent (situation exceptionnelle qui ne concerne a priori que des adultes ou des jeunes émancipés du point de vue thermique). Dans ce cas une distance minimale d'approche de 20 m est préconisée excepté pour les ornithologues qui peuvent être amenés, avec toutes les précautions qui s'imposent, à faire déplacer les animaux pour permettre la poursuite des activités logistiques essentielles dans le périmètre de la base.


    7 (ii) Activités conduites ou pouvant être conduites à l'intérieur de la zone avec des restrictions de temps et de place


    Activités ayant pour but de servir des objectifs scientifiques essentiels et qui ne peuvent pas être réalisées ailleurs.
    Activités ayant pour but de servir des objectifs de conservation des espèces présentes.
    Activités de gestion et de logistique indispensables.
    Activités à finalité pédagogique ou de vulgarisation scientifique (prises de vue cinématographiques, photographiques, prises de son…) qui ne peuvent pas être réalisées ailleurs.


    7 (iii) Installation, modification ou démantèlement des structures


    Aucune structure ni équipement scientifique ne peuvent être mis en place dans la zone sauf pour des motifs scientifiques essentiels ou pour des activités de gestion ou de conservation autorisées par une autorité nationale compétente.
    Les structures ou installations permanentes sont interdites.
    L'éventuelle modification ou le démantèlement des seules installations actuellement présentes sur l'Ile Rostand ne pourront être conduits qu'avec une autorisation.


    7 (iv) Localisation de bivouacs


    Il est interdit de camper dans la zone. Une exception peut être faite uniquement pour des raisons de sécurité. Si tel était le cas, les tentes devraient être montées de telle sorte qu'elles perturbent l'environnement le moins possible.


    7 (v) Restriction d'importation de matériels ou d'organismes dans la zone


    Conformément aux dispositions de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les introductions d'animaux vivants ou de végétaux sont prohibées dans la zone.
    Il conviendra d'être particulièrement vigilant contre l'introduction involontaire de microbes, d'invertébrés ou de plantes issus d'autres sites en Antarctique, y compris les stations, ou d'autres régions hors Antarctique. Tous les dispositifs d'échantillonnage ou les balises apportés dans la zone doivent être nettoyés ou stérilisés. Les chaussures et autres équipements utilisés ou apportés dans la zone (y compris les sacoches ou sacs à dos) doivent dans toute la mesure du possible avoir été soigneusement nettoyés avant d'entrer dans la zone. Le manuel sur les espèces non-indigènes du CPE (édition en cours publiée sur le site du secrétariat du Traité sur l'Antarctique) et les listes de vérification pour les gestionnaires de la chaîne d'approvisionnement des programmes antarctiques nationaux pour la réduction du risque de transfert d'espèces non-indigènes du COMNAP/SCAR offrent des orientations supplémentaires en la matière.
    Aucun produit issu de volaille, y compris les déchets associés à ces produits et les produits contenant de la poudre d'œuf, ne pourra être introduit dans la zone.
    Les produits chimiques sont interdits dans la zone à l'exception de ceux qui sont introduits pour les activités scientifiques dans les conditions indiquées dans les permis délivrés. Tout produit chimique doit être évacué de la zone au plus tard à la fin des activités pour lesquelles des permis ont été délivrés.
    Le dépôt de carburants, de produits alimentaires ou de tout autre matériel est interdit sauf impératif lié à des activités pour lesquelles des permis sont délivrés. Tous ces matériels introduits sont retirés dès qu'ils ne sont plus utiles. Les stockages permanents sont interdits.


    7 (vi) Prélèvements et interventions sur la faune et la flore indigènes


    Tout prélèvement ou intervention sur la faune et la flore indigènes est interdit sauf pour les titulaires d'un permis le spécifiant. En cas de prélèvements ou d'interférence autorisés, le code de conduite du SCAR sur l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques en Antarctique (RCTA XXXIV-CPE XIV IP53) devra être utilisé comme norme minimale.


    7 (vii) Collecte ou enlèvement à l'intérieur de la zone d'objets ou de matériels qui n'ont pas été apportés par le titulaire d'un permis


    La collecte ou l'enlèvement d'objets ou de matériels qui n'ont pas été apportés dans la zone par le titulaire d'un permis sont interdits sauf spécification mentionnée dans ce permis.
    Les débris d'origine humaine peuvent être retirés de la zone et des spécimens de faune et de flore morts ou malades ne peuvent être emportés que si cela est expressément mentionné dans le permis.


    7 (viii) Elimination des déchets


    Tous les déchets produits doivent être évacués de la zone à l'issue de chaque visite conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, et ce comme norme minimale.


    7 (ix) Mesures nécessaires pour répondre aux buts et objectifs du plan de gestion


    Les visites dans la zone sont strictement limitées aux activités prévues au paragraphe 7 (ii) et dûment autorisées.
    Les activités de nature scientifique seront menées conformément au code de conduite du SCAR pour la recherche scientifique sur le terrain en Antarctique (RCTA XXXII-CPE XII IP004) et au code de conduite du SCAR sur l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques en Antarctique (RCTA XXXIV-CPE XIV IP53).


    7 (x) Rapports de visite


    Les Parties doivent s'assurer que le principal titulaire de chaque permis délivré, soumette à l'autorité compétente un rapport des activités menées dans la zone. Ce rapport, à fournir dans un délai maximum de six mois suivant la visite dans la zone, doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire de rapport de visite qui figure dans le « Guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique » (résolution 2, 2011).
    Dans la mesure du possible, les Parties devraient déposer les originaux ou les copies des rapports de visite originaux dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès en vue de préserver une archive d'usage, qui sera utilisée dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de la zone à des fins scientifiques.


    8. Documents de référence


    Barbraud, C. et Weimerskirch. H. 2001. Emperor penguins and climate change. Nature, 411 : 183-186.
    Fretwell, P.T., LaRue, M. A., Morin, P., Kooyman, G.L., Wienecke, B., Ratcliffe, N., Adrian, J.F., Fleming, A.H., Porter, C. et Trathan, P.N. 2012. An Emperor Penguin Population Estimate : The First Global, Synoptic Survey of a Species from Space. PLoS ONE, 7 (4), e33751.
    Jenouvier, S., Holland, M. , Stroeve, J., Barbraud, C., Weimerskirch, H., Serreze, M. et Caswell, H. 2012. Effects of climate change on an emperor penguin population : analysis of coupled demographic and climate models. Global Change Biology, 18, 2756-2770.
    Micol, T. et Jouventin, P. 2001. Long-term population trends in seven Antarctic seabirds at Pointe Géologie (Terre Adélie). Polar Biology, 24, 175-185.
    Morgan, F., Barker, G., Briggs, C., Price, R. et Keys, H. 2007. Environmental Domains of Antarctica Version 2.0 Final Report, Manaaki Whenua Landcare Research New Zealand Ltd. 89 pp.
    RCTA XXXIV-CPE XIV IP53 2011. SCAR's Code of Conduct for the Use of Animals for Scientific Purposes in Antarctica.
    Terauds, A., Chown, S.L., Morgan, F., Peat, H.J., Watts, D.J., Keys, H., Convey, P. et Bergstrom, D. 2012. Conservation biogeography of the Antarctic. Diversity and Distributions, 18, 726-741.
    Thomas, T. 1986. L'effectif des oiseaux nicheurs de l'archipel de Pointe Géologie (Terre Adélie) et son évolution au cours des trente dernières années. L'oiseau RFO, 56, 349-368.

  • Annexe


    MESURE 3 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 122 (HAUTEURS ARRIVAL, PÉNINSULE HUT POINT, ÎLE DE ROSS) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant :


    - la recommandation VIII-4 (1975), qui a désigné les Hauteurs Arrival, péninsule Hut Point, île de Ross, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 2 et a annexé un plan de gestion pour le site ;
    - les recommandations X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985), XIV-4 (1987), la résolution 3 (1996) et la mesure 2 (2000), qui ont prorogé la date d'expiration du SISP n° 2 ;
    - la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la SISP n° 2 en ZSPA n° 122 ;
    - la mesure 2 (2004) et la mesure 3 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA nº 122 ;


    Rappelant que la mesure 2 (2000) a été retirée par la mesure 5 (2009) ;
    Rappelant que les recommandations VIII-4 (1975), X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985), XIV-4 (1987) et la résolution 3 (1996) ont été désignées comme n'étant plus en vigueur par la décision 1 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 122 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel de la ZSPA n° 122 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 122 (Hauteurs Arrival, péninsule Hut Point, île de Ross), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique nº 122 qui figure en annexe à la mesure 3 (2011) soit abrogé.

  • Annexe

    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE (ZSPA) NO 122

    HAUTEURS ARRIVAL, PÉNINSULE HUT POINT, ÎLE DE ROSS

    Introduction

    La zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) des Hauteurs Arrival se situe à proximité de l'extrémité sud-ouest de la péninsule Hut Point, sur l'île de Ross, aux coordonnées 77° 49' 41.2” de latitude sud et 166° 40' 2.8” de longitude est, et couvre une superficie d'environ 0,73 km2. Le principal motif de désignation de la zone est sa valeur en tant que site propice à l'étude de la haute atmosphère, car connaissant peu de perturbations électromagnétiques, ainsi que sa proximité du soutien logistique. La zone est utilisée pour un certain nombre d'autres études scientifiques, notamment la surveillance des gaz présents à l'état de trace, les études aurorales et géomagnétiques et les études portant sur la qualité de l'air. A titre d'exemple, citons la longévité et la qualité des nombreuses données atmosphériques qui confèrent à la zone sa haute valeur scientifique. Depuis sa désignation en 1975, de nombreux projets se sont déroulés dans la zone ou à proximité de celle-ci, qui ont pu détériorer les conditions de faibles perturbations électromagnétiques des Hauteurs Arrival. L'interférence générée par ces activités semble avoir un impact suffisamment faible sur les expériences scientifiques pour être acceptable, bien qu'un examen approfondi du niveau d'interférence soit actuellement en cours. La zone est utilisée en permanence en raison de ses caractéristiques géographiques, de l'horizon dégagé bas, de la pureté de l'air, de sa proximité avec l'appui logistique et du coût élevé qu'entraînerait son déplacement. La zone a été proposée par les Etats-Unis d'Amérique et adoptée par le biais de la recommandation VIII-4 [1975, site d'intérêt scientifique particulier (SISP) n° 2] ; la date d'expiration a été prorogée par les recommandations X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985), et XIV-4 (1987), la résolution 3 (1996) et la mesure 2 (2000). La zone a été rebaptisée et renumérotée par la décision 1 (2002) ; un plan de gestion révisé a été adopté par la mesure 2 (2004) et de la mesure 3 (2011). La dégradation des conditions de faibles perturbations électromagnétiques dans la zone a été reconnue par la recommandation XXIII-6 (1994) du SCAR.
    La zone se situe au sein de l'" Environnement S - Géologie de McMurdo - Terre Victoria du Sud ", tel que défini dans l'Analyse des domaines environnementaux pour l'Antarctique (résolution 3, 2008). D'après la classification des Régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (résolution 6, 2012), la zone se trouve dans la RCBA9 - Terre Victoria du Sud.

    1. Description des valeurs à protéger

    Une zone des Hauteurs Arrival a initialement été désignée dans la recommandation VIII-4 (1975, SISP no 2), à la suite d'une proposition émise par les Etats-Unis d'Amérique fondée sur le fait qu'il s'agissait d'un " site naturel peu perturbé au niveau électromagnétique, offrant des conditions idéales pour l'installation d'instruments sensibles conçus pour capter des signaux extrêmement faibles dans le cadre de programmes d'étude de la haute atmosphère. " Par exemple, des enregistrements électromagnétiques ont été menés aux Hauteurs Arrival dans le cadre d'études scientifiques de longue durée, qui ont permis d'obtenir des données d'excellente qualité en raison des caractéristiques uniques de la situation géographique du point de vue du champ géomagnétique, associées à des taux d'interférence électromagnétique relativement faibles. Les conditions de faibles perturbations électromagnétiques et la durée considérable de la collecte de données aux Hauteurs Arrival rendent les données obtenues particulièrement précieuses d'un point de vue scientifique.
    Au cours des dernières années, l'augmentation des opérations scientifiques et de soutien associées à la base Scott et à la station McMurdo a accentué les niveaux de bruits électromagnétiques générés localement aux Hauteurs Arrival et il a été reconnu que les conditions de faibles perturbations électromagnétiques avaient été quelque peu dégradées par ces activités, comme l'identifie la recommandation XXIII-6 (1994) du SCAR.
    Les recherches scientifiques menées dans la zone semblent se dérouler à un niveau d'interférence électromagnétique (IEM) suffisamment faible, provenant d'autres activités conduites aux alentours. Les buts et objectifs décrits dans le plan de gestion des Hauteurs Arrival demeurent donc pertinents. Toutefois, de récentes visites de site et l'installation de nouveaux instruments ont indiqué la présence marquée de bruit très basse fréquence (TBF), dans une plage de 50 Hz à 12 kHz, émanant de sources situées en dehors de la zone (très probablement les éoliennes installées à environ 1 km de la zone).
    Des preuves indiquent également une augmentation du bruit à TBF dans les fréquences situées entre 12 et 50 kHz, qui provient probablement de l'intérieur de la zone, par exemple de la configuration et de la mise à la terre du réseau d'alimentation électrique, ainsi que de la prolifération d'éléments tels que des systèmes d'alimentation sans coupure (ASC). Les communautés scientifiques américaine et néo-zélandaise qui mènent des projets aux Hauteurs Arrival, procèdent actuellement à une analyse détaillée des causes possibles de ces interférences électromagnétiques (IEM), dans le but d'émettre des recommandations pratiques visant en à atténuer les effets potentiels.
    En dépit de ces observations, les caractéristiques géographiques initiales du site, comme sa situation élevée et sa vue dégagée, la morphologie du cratère volcanique, et la proximité immédiate du soutien logistique complet de la station Mc Murdo toute proche (américaine), à 1,5 km au sud, et de la base Scott (néo-zélandaise), située à 2,7 km au sud-est, constituent toujours des valeurs qui rendent la zone précieuse pour les études sur la haute atmosphère et sur l'échantillonnage de la couche limite de l'air. En outre, il existe des contraintes scientifiques, financières et pratiques associées à toute proposition de déplacement de la zone, ainsi que des installations qui s'y trouvent. L'option de gestion préférée à l'heure actuelle consiste donc à réduire autant que possible les sources d'IEM, et d'effectuer un suivi régulier de ces niveaux afin d'identifier et de faire face à toute menace significative posée aux valeurs du site.
    Depuis sa première désignation, le site a servi à d'autres programmes scientifiques qui bénéficient des restrictions d'accès mises en place au sein de la zone. La vue dégagée et l'isolement relatif des activités (p. ex. les mouvements de véhicules, les gaz d'échappement de moteurs) se sont plus révélés particulièrement utiles pour mesurer les gaz à effet de serre, les gaz à l'état de trace tels que l'ozone, pour les études sur les particules spectroscopiques et particulaires de l'air, les études sur la pollution, ainsi que les études aurorales et géomagnétiques. Il est important que ces valeurs soient protégées en conservant la vue dégagée et que les émissions de gaz anthropiques (en particulier les émissions gazeuses et d'aérosol à long terme provenant de sources comme les moteurs à combustion) soient réduites au minimum, et si possible évitées.
    Par ailleurs, le statut protégé des Hauteurs Arrival a également eu pour effet de limiter l'étendue et l'ampleur des perturbations physiques au sein de la zone. Par conséquent, les caractéristiques des sols et du paysage sont bien moins perturbées que dans les zones environnantes de Hut Point, où la station s'est agrandie. En particulier, les polygones à coins sableux sont bien plus répandus qu'ailleurs aux alentours de Hut Point, puisqu'ils recouvrent une zone d'approximativement 0,5 km2. La nature relativement intacte de l'environnement des Hauteurs Arrival rend la zone précieuse pour les études comparatives d'impact associées aux évolutions qu'a connues la station, et précieuse en tant que référence pour les modifications envisagées. Ces valeurs supplémentaires constituent également des raisons importantes qui ont commandé la protection spéciale des Hauteurs Arrival.
    La zone continue de présenter une haute valeur scientifique grâce à un éventail de données atmosphériques de grande qualité sur le long terme qui ont été collectées sur ce site. Malgré le potentiel d'interférence reconnu émanant de sources locales et proches, les séries de données à long terme, l'accessibilité du site pour effectuer des observations tout au long de l'année, ses caractéristiques géographiques, et le coût élevé d'un transfert, justifient la protection continue et renforcée du site. La vulnérabilité de ces recherches aux perturbations causées par la pollution chimique et auditive, en particulier les interférences électromagnétiques, et aux changements potentiels qui pourraient troubler la vue dégagée ou la luminosité lors de l'utilisation des instruments est telle que cette zone requiert une protection spéciale constante.

    2. Buts et objectifs

    La gestion aux Hauteurs Arrival vise à :

    - prévenir toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation anthropique inutile de ladite zone ;
    - permettre la recherche scientifique dans la zone, notamment celle consacrée à l'atmosphère, tout en veillant à ne pas utiliser la zone à des fins incompatibles avec le présent plan de gestion et à ne pas installer de matériel non surveillé susceptible de porter préjudice aux recherches menées dans la zone ;
    - réduire au minimum la génération possible d'interférences excessives dues au bruit électromagnétique à l'intérieur de la zone en réglementant le type, la quantité et l'utilisation des équipements qui peuvent être installés et utilisés dans la zone ;
    - éviter la dégradation du champ de vision sur l'horizon et l'ombre que les installations peuvent porter sur les instruments qui utilisent les géométries de visée liées au soleil et au ciel ;
    - éviter/atténuer autant que faire se peut les émissions gazeuses et d'aérosols anthropiques provenant entre autres des moteurs à combustion interne dans l'atmosphère de la zone ;
    - encourager la prise en compte des valeurs de la zone dans la gestion des activités environnantes et des utilisations du terrain, en particulier pour le suivi des niveaux, et encourager également à réduire au minimum les sources de rayonnement électromagnétique susceptibles de compromettre les valeurs de la zone ;
    - permettre un accès pour l'entretien, la modernisation et la gestion des équipements scientifiques et de communication situés à l'intérieur de la zone ;
    - permettre, à des fins de gestion, des visites à l'appui des buts et objectifs du plan de gestion ; et
    - permettre, à des fins pédagogiques et de sensibilisation, des visites liées aux études scientifiques menées dans la zone et qui ne peuvent être effectuées ailleurs.

    3. Activités de gestion

    Les activités de gestion suivantes devront être entreprises en vue de protéger les valeurs de la zone :

    - des panneaux indiquant l'emplacement et les démarcations de la zone avec des indications claires concernant les restrictions d'accès seront placés à des lieux appropriés, aux limites de la zone afin d'éviter toute entrée inopportune. Les panneaux devront comporter l'instruction de ne pas effectuer de transmissions radio et d'éteindre les phares des véhicules à l'intérieur de la zone, à moins que cela ne soit nécessaire en cas d'urgence ;
    - des panneaux indiquant l'emplacement de la zone (établissant les restrictions spéciales qui s'appliquent) seront mis en évidence, et un exemplaire de ce plan de gestion sera mis à disposition, dans les principales installations de recherche dans la zone, ainsi qu'à la station McMurdo et à la base Scott ;
    - les bornes, les panneaux et autres structures mis en place dans la zone à des fins scientifiques ou de gestion devront être solidement fixés, maintenus en bon état et retirés lorsqu'ils ne seront plus nécessaires ;
    - des visites seront organisées en fonction des besoins (au moins une fois tous les 5 ans) afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates ;
    - des études portant sur le bruit électromagnétique seront entreprises dans la zone sur une base bisannuelle, afin de détecter les défauts des équipements et de contrôler les niveaux d'interférence pouvant compromettre les valeurs de la zone de manière inacceptable, afin d'en identifier et d'en atténuer les sources ;
    - les activités potentiellement perturbatrices prévues en dehors de la zone mais proche de celle-ci, comme les explosions, les forages ou encore l'utilisation de transmetteurs ou d'autres équipements ayant le potentiel de provoquer des interférences dans la zone, devront être signalées à l'avance aux représentants des autorités nationales concernées opérant dans la région. Cela permettra de coordonner les activités et/ou d'entreprendre des actions d'atténuation afin d'éviter ou de réduire au minimum les perturbations des programmes scientifiques ;
    - les programmes antarctiques nationaux à l'œuvre dans la région nommeront un coordinateur d'activités qui sera chargé de mener les consultations inter-programmes relatives à l'ensemble des activités menées dans la zone. Les coordinateurs d'activités tiendront un registre des visites de la zone effectuées par leurs programmes, en prenant note du nombre d'employés, du moment et de la durée de la visite, ainsi que des activités et des moyens utilisés pour se rendre dans la zone. Les coordinateurs partageront ces informations afin de créer un registre consolidé de l'ensemble des visites effectuées annuellement dans la zone ;
    - les programmes antarctiques nationaux qui opèrent dans la région se consulteront afin de garantir que les conditions reprises dans ce plan de gestion soient mises en œuvre, et prendront les mesures appropriées afin de déterminer les cas où ces conditions ne sont pas respectées, et les faire respecter le cas échéant.

    4. Durée de la désignation

    La zone est désignée pour une période indéterminée.

    5. Cartes

    Carte 1. - ZSPA n° 122 Hauteurs Arrival - Aperçu régional comprenant la péninsule Hut Point, les stations proches (station américaine McMurdo ; base néo-zélandaise Scott), les installations (SuperDARN, récepteurs satellites et éoliennes) et les routes (routes et pistes d'excursion). Projection conique conforme de Lambert : Parallèles d'échelle conservée : 1er 77° 40' S ; 2e 78° 00' S ; méridien central : 166° 45' E ; latitude d'origine : 77° 50' S ; sphéroïde WGS84 ; système géodésique du détroit de McMurdo. Sources des données : Topographie : courbes de niveau (intervalle de 10 m) dérivés de l'orthophotographie numérique et du MAN issu d'imagerie aérienne (novembre 1993) ; étendue de glace pérenne numérisée à partir d'une image satellite Quickbird orthorectifiée (15 octobre 2005) (Imagery © 2005 Digital Globe, fourni à travers le programme d'imagerie commercial de la NGA) ; infrastructure : Données CAO de disposition de la station USAP (février 2009 / mars 2011), étude sur le terrain de l'ERA (novembre 2009) et de l'USAP (janvier 2011) ; étude sur le terrain du PGC sur les pistes d'excursion (janvier 09 / janvier 2011).
    Encart 1 : Emplacement de l'île de Ross dans la mer de Ross.
    Encart 2 : Emplacement de la Carte 1 sur l'île de Ross et principales caractéristiques topographiques.
    Carte 2. - Hauteurs Arrival, ZSPA n° 122 carte topographique montrant les délimitations de la zone protégée, les installations présentes sur le site, les installations voisines (SuperDARN, récepteurs satellites) et les voies de communication (routes d'accès et pistes d'excursion). Détails des projections et sources des données identiques à la carte 1.

    6. Description de la zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
    Limites et coordonnées

    Hauteurs Arrival (77° 49' 41.2” de latitude sud, 166° 40' 2.8” de longitude est ; superficie : 0,73 km2) forme une petite chaîne de basses collines située à proximité de l'extrémité sud-est de la péninsule Hut Point, sur l'île de Ross. La péninsule Hut Point est composée d'une série de cratères volcaniques qui s'étend à partir du mont Erebus. Deux de ces cratères, à savoir le First Crater et le Second Crater, correspondent respectivement aux limites méridionale et septentrionale de la zone. La zone est majoritairement libre de glaces et les altitudes varient de 150 m à maximum 280 m, au niveau du deuxième cratère. Les Hauteurs Arrival sont situées à environ 1,5 km au nord de la station McMurdo, et à 2,7 km au nord-ouest de la base Scott. La zone dispose d'une vue largement dégagée, et est isolée des activités menées à la station McMurdo et à la base Scott, la majeure partie de la station McMurdo étant cachée à la vue.
    La pointe sud-est de la zone est définie par Trig T510 n° 2, dont le centre se trouve à 77° 50' 08.4” de latitude sud, 166° 40' 16.4” de longitude est, et à une altitude de 157,3 m. Le Trig T510 n° 2 a remplacé, et se situe à 0,7 m, de l'ancienne balise de délimitation (T510), qui n'existe plus. La balise T510 n° 2 de remplacement est une tige de fer (peinte en orange) plantée dans le sol à environ 7,3 m à l'ouest de la route permettant l'accès aux Hauteurs Arrival, et est entourée d'un petit cercle de rochers. La limite de la zone s'étend depuis la Trig T510 n° 2 en ligne droite sur 656,0 m en direction du nord-ouest et passe par-dessus le First Crater jusqu'à un point situé à 77° 49' 53.8” de latitude sud, 166° 39' 03.9” de longitude est, à une altitude de 150 m. La limite suit donc la courbe de niveau de 150 m vers le nord sur 1186 m jusqu'à un point situé à 77° 49' 18.6” de latitude sud, 166° 39' 56.1” de longitude est à l'ouest de la couronne nord du Second Crater. La limite s'étend donc sur 398 m à l'est du Second Crater et autour de la couronne du cratère jusqu'à une balise de relevé hydrographique américaine (un disque de laiton estampillé) qui est installée près du niveau du sol à 77° 49′ 23.4” de latitude sud, 166° 40' 59.0” de longitude est et à une altitude de 282 m, marquant la limite nord-est de la zone. La limite s'étend donc entre la balise de relevé hydrographique américaine vers le sud sur 1 423 m en ligne droite, directement jusqu'à Trig T510 n° 2.

    Géologie, géomorphologie et sols

    La péninsule Hut Point s'étend sur 20 km et se compose d'une ligne de cratères qui s'étend vers le sud à partir des flancs du mont Erebus (Kyle, 1981). Les roches basaltiques de la péninsule Hut Point font partie de la province volcanique d'Erebus et les principaux types de roches sont les laves de basanite alcaline et les pyroclastites, avec de petites quantités de phonolite et quelques affleurements de laves intermédiaires (Kyle 1981). Les données aéromagnétiques et les modèles magnétiques indiquent que les roches volcaniques magnétiques composant le sous-sol de la péninsule Hut Point sont susceptibles d'être d'une épaisseur de <2 km (Behrendt et al., 1996) et les études de datation suggèrent que la majorité des roches basaltiques ont moins de ~750 000 ans (Tauxe et al., 2004).
    Les sols des Hauteurs Arrival se composent principalement de scories volcaniques, déposées à la suite des éruptions du mont Erebus, avec des particules dont la taille oscille entre limons et blocs rocheux. L'épaisseur des dépôts de surface varie de quelques centimètres à des dizaines de mètres, avec du pergélisol sous la couche active (Stefano, 1992). Le matériau en surface à Hauteurs Arrival inclut également des coulées de magma issues du mont Erebus, qui ont été érodées et retravaillées au fil du temps. Les polygones à coins sableux recouvrent une superficie d'environ 0,5 km2 aux Hauteurs Arrival et, puisque les perturbations physiques ont été limitées grâce à la protection de la zone, ils sont bien plus étendus qu'ailleurs dans la région du sud de la péninsule Hut Point (Klein et al., 2004).

    Climat

    Les Hauteurs Arrival sont exposées à des vents violents et fréquents, et les conditions sont généralement plus froides et venteuses qu'à la station McMurdo et à la base Scott, situées non loin (Mazzera et al., 2001). Entre février 1999 et avril 2009, la température maximale enregistrée dans la zone fut de 7,1º C (30 décembre 2001) et la température minimale, de -49,8º C (21 juillet 2004). Au cours de cette période, décembre fut le mois le plus chaud, avec des températures ambiantes moyennes de -5,1º C, et août le mois le plus froid, avec une moyenne de -28,8ºC (données recueillies auprès de l'Institut National de Recherche sur l'Eau et l'Atmosphère (NIWA) de Nouvelle-Zélande, http://www.niwa.cri.nz, 21 mai 2009).
    La vitesse moyenne annuelle du vent enregistrée aux Hauteurs Arrival entre 1999 et 2009 était de 6,96 m/s, juin et septembre étant les mois les plus venteux (données recueillies auprès de l'Institut National de Recherche sur l'Eau et l'Atmosphère (NIWA) de Nouvelle-Zélande, http://www.niwa.cri.nz, 21 mai 2009). La rafale la plus violente enregistrée aux Hauteurs Arrival entre 1999 et 2011 avait une vitesse de 51 m/s (~184 km/h), le 16 mai 2004. La direction du vent dominant aux Hauteurs Arrival est le nord-est, car les masses d'air du sud sont déviées par la topographie environnante (Sinclair 1988). La péninsule Hut Point se trouve à la confluence de trois différentes masses d'air, prédisposant la zone à la rapide formation de fortes intempéries (Monaghan et al., 2005).

    Recherche scientifique

    De nombreuses études scientifiques à long terme sont menées aux Hauteurs Arrival, la majorité des recherches se concentrant sur l'atmosphère et la magnétosphère terrestres. Les zones de recherche présentent des fréquences radio extrêmement faibles et très faibles, des événements auroraux, des tempêtes géomagnétiques, des phénomènes météorologiques et des variations des niveaux de gaz présents à l'état de trace, particulièrement de l'ozone, des précurseurs de l'ozone, des substances menaçant l'ozone, des produits de combustion de biomasse et des gaz à effet de serre. La zone est facilement accessible et bénéficie du soutien logistique de la station McMurdo et de la base Scott situées à proximité, ce qui permet de faciliter les recherches dans la zone.
    Les données à extrêmement basse fréquence et très basse fréquence (EBF/TBF) sont continuellement recueillies aux Hauteurs Arrival depuis l'été austral de 1984-1985 (Fraser-Smith et al., 1991). Les données sur le bruit EBF/TBF sont exceptionnelles, à la fois pour leur quantité et pour leur continuité en Antarctique. Elles ont été enregistrées en parallèle avec les données EBF/TBF à l'université de Stanford, permettant de comparer des chronogrammes polaires et de latitude moyenne. La faiblesse des interférences électromagnétiques et la position reculée des Hauteurs Arrival permettent aux chercheurs de mesurer les spectres de bruit de fond à EBF/TBF et les signaux faibles à EBF, comme les résonances de Schumann, qui sont associées aux changements de la magnétosphère et de l'ionosphère (Füllekrug & Fraser-Smith 1996). Les données EBF/TBF et de résonance de Schumann recueillies dans la zone ont été étudiées relativement aux fluctuations des taches solaires, aux événements de précipitations de particules solaires et aux phénomènes météorologiques à l'échelle planétaire (Anyamba et al., 2000 ; Schlegel & Füllekrug 1999 ; Fraser-Smith & Turtle 1993). En outre, les données EBF ont été utilisées en tant que variable substitutive de l'activité mondiale des éclairs nuage-sol et de l'activité orageuse (Füllekrug et al., 1999) et les données TBF fournissent des informations sur les réseaux mondiaux qui surveillent l'activité des éclairs et des conditions dans l'ionosphère (Clilverd et al., 2009 ; Rodger et al., 2009). Les données électromagnétiques de haute qualité issues des Hauteurs Arrival ont permis de déterminer une limite supérieure pour la masse propre des photons de ~10-52 kg (Füllerkrug, 2004) en fonction de la détection des mesures de la hauteur de réflexion ionosphérique infime mondiale (Füllerkrug et al., 2002) et elles ont également établi un lien essentiel entre les éclairs aux latitudes moyennes et tropicales et les variations de température de surface dans les climats modérés et tropicaux (Füllerkrug & Fraser-Smith, 1997). De récentes recherches ont élaboré des technologies de mesure innovantes avec une sensibilité en μV/m sur la large plage de fréquences allant de ~4 Hz à ~400 kHz (Füllerkrug, 2010), qui possèdent un potentiel scientifique prometteur exigeant des conditions d'inactivité électromagnétique similaires à celles des Hauteurs Arrival.
    La localisation méridionale des Hauteurs Arrival entraîne plusieurs semaines d'obscurité totale au cours de l'hiver austral, permettant d'observer les événements auroraux de faible intensité et les émissions diurnes (Wright et al., 1998). Les données enregistrées aux Hauteurs Arrival ont été utilisées pour suivre le mouvement des arcs de la calotte polaire, une forme d'aurore polaire, et les résultats ont été associés aux conditions de vent solaire et du champ magnétique interplanétaire. Les observations aurorales effectuées aux Hauteurs Arrival par les chercheurs de l'université de Washington ont été utilisées pour calculer la vitesse et la température des vents de haute altitude en analysant l'effet Doppler des émissions de lumière aurorale. Outre les recherches aurorales, les données optiques recueillies dans la zone ont été utilisées pour observer la réponse de la thermosphère aux tempêtes géomagnétiques (Hernandez & Roble, 2003) et un radar à moyenne fréquence a permis de mesurer les vitesses des vents dans la moyenne atmosphère (70 à 100 km) (McDonald et al., 2007).
    Une palette de types de gaz présents à l'état de trace est mesurée aux Hauteurs Arrival, notamment l'ozone, le brome, le méthane, les oxydes d'azote, le chlorure d'hydrogène et le monoxyde de carbone, avec des enregistrements remontant jusqu'en 1982 (Zeng et al., 2012, Koelhepp et al., 2012). Les Hauteurs Arrival constituent un site clé du réseau de détection des changements stratosphériques (NDACC) et du réseau de Veille de l'atmosphère globale (VAG), avec des données utilisées pour observer les changements dans la stratosphère et la troposphère, notamment l'évolution à long terme de la couche d'ozone, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'hémisphère sud ou encore les modifications de la composition générale de l'atmosphère. Les mesures effectuées aux Hauteurs Arrival sont essentielles pour les comparaisons entre l'hémisphère sud et l'Antarctique par satellite (Vigouroux et al., 2007) et la validation des modèles de chimie atmosphérique (Risi et al., 2012). Les Hauteurs Arrival constituent l'une des stations de référence en Antarctique pour les études comparatives de mesures surface-air (Levin et al., 2012).
    Les niveaux d'ozone sont enregistrés aux Hauteurs Arrival depuis 1988 et servent à surveiller les variations saisonnières et à long terme de l'ozone (Oltmans et al., 2008 ; Nichol et al., 1991), ainsi qu'à estimer la perte en ozone dans l'Antarctique (Kuttippurath et al., 2010). Au-delà des tendances à long terme, des événements de réduction soudaine et substantielle de l'ozone ont été enregistrés au printemps à Hauteurs Arrival, qui se déroulent sur une période de quelques heures. On suppose qu'ils proviennent de l'émission de composés bromiques du sel marin (Riedel et al., 2006 ; Hay et al., 2007). Les niveaux de brome troposphérique sont continuellement enregistrés depuis 1995 dans la zone et ont été étudiés relativement à la réduction de l'ozone, au réchauffement stratosphérique et aux modifications du vortex polaire, ainsi que pour valider les mesures par satellites (Schofield et al., 2006). Les données sur l'oxyde d'azote (NO2) recueillies à Hauteurs Arrival ont également été utilisées pour étudier les variations des niveaux d'ozone et les résultats indiquent des variations substantielles de NO2 à des échelles de temps journalières à interannuelles, résultant potentiellement de modifications de la circulation atmosphérique, de la température et du forçage chimique (Struthers et al., 2004, Wood et al., 2004). Par ailleurs, la spectroscopie par transformée de Fourier au sol a été utilisée à Hauteurs Arrival pour surveiller les niveaux de sulfure de carbonyle dans l'atmosphère et pour enregistrer les flux de HCl depuis le mont Erebus (Kremser et al., 2015 ; Keys et al., 1998).

    Végétation

    Les lichens aux Hauteurs Arrival ont été étudiés en 1957 par C.W. Dodge and G.E. Baker, avec parmi les espèces répertoriées : Buellia alboradians, B. frigida, B. grisea, B. pernigra, Caloplaca citrine, Candelariella flava, Lecanora expectans, L. fuscobrunnea, Lecidella siplei, Parmelia griseola, P. leucoblephara et Physcia caesia. Les espèces de mousses observées aux Hauteurs Arrival incluent Sarconeurum glaciale et Syntrichia sarconeurum (base de données sur les plantes du BAS, 2009), avec S. glaciale observée dans les canaux de drainage et les pistes de véhicules désaffectées (Skotnicki et al., 1999).

    Activités humaines et leur impact

    Les installations de Hauteurs Arrival sont utilisées toute l'année par le personnel de la station McMurdo (américaine) et de la base Scott (néo-zélandaise). Outre les deux bâtiments de laboratoires, de nombreux parcs de radars, d'antennes, des équipements de communications et des instruments scientifiques sont répartis sur l'ensemble de la zone, avec les câblages associés.
    Les instruments scientifiques utilisés pour les recherches sur l'atmosphère dans la zone sont sensibles au bruit et aux interférences électromagnétiques, avec des sources de bruit locales potentielles que représentent notamment les transmissions radio TBF, les lignes électriques, les systèmes d'émission de véhicules ainsi que les équipements de laboratoire. Les sources de bruit générées en dehors de la zone qui peuvent également affecter les conditions électromagnétiques aux Hauteurs Arrival incluent les communications radio, les systèmes de diffusion de divertissements, les navires, les aéronefs, les transmissions radio satellite ou encore les radars de surveillance d'aéronefs. Un rapport de visite du site datant de 2006 suggérait que les faibles niveaux d'interférences étaient à l'époque acceptable, malgré les activités menées à la station McMurdo et à la base Scott. Afin de fournir un certain degré de protection contre les transmissions radio locales et les bruits de la station, une partie des antennes TBF aux Hauteurs Arrival sont placées à l'intérieur du Second Crater.
    Il est présumé que les accès non autorisés dans la zone, à la fois par véhicule et à pied, sont préjudiciables aux câblages et aux instruments scientifiques, bien que l'étendue des dommages et l'impact sur les résultats scientifiques soient inconnus. Un appareil photo a été installé au bâtiment de l'USAP au début de l'année 2010 pour surveiller le trafic pénétrant dans la zone par la route qui mène aux laboratoires.
    Les installations récentes dans la zone et à proximité incluent un FE-Boltzmann LiDAR dans le laboratoire de recherche néo-zélandais des Hauteurs Arrival en 2010, le parc d'antennes Super Dual Auroral RADAR Network (SuperDARN) (2009-2010) et deux récepteurs de station terrienne de communications par satellite (Carte 2). Le réseau d'antennes SuperDARN transmet à des fréquences basses (8 à 20 MHz), la transmission principale étant orientée vers le sud-est de la zone. Son emplacement a été sélectionné en partie pour réduire au minimum les interférences avec les expériences menées aux Hauteurs Arrival. Deux récepteurs de station terrienne de communications par satellite (Joint Polar Satellite System (JPSS) et MG2) se trouvent à proximité. L'un des récepteurs est capable de transmettre (plage de fréquences de 2025 à 2120 Hz) et des mesures ont été prises afin de garantir que les irradiations dans la zone sont minimes.
    Trois éoliennes ont été bâties à environ 1,5 km à l'est de la zone et à proximité de Crater Hill au cours de l'été austral 2009-2010 (carte 1). Les émissions d'IEM depuis les éoliennes doivent être conformes aux normes en vigueur pour les appareils et équipements électriques. Toutefois, des IEM provenant des nouvelles éoliennes ont été détectées dans des jeux de données de fréquence très basse aux Hauteurs Arrival, les sources potentielles d'IEM incluant les transformateurs des éoliennes, les générateurs et les lignes électriques. Les interférences à TBF sont suffisantes pour rendre les Hauteurs Arrival inadéquates pour les études scientifiques mesurant les impulsions radio des éclairs (p. ex. l'expérience AARDVARK). Une antenne a dès lors été installée à la base Scott, où les TBF sont bien moindres.
    La surveillance de la qualité de l'air est régulière aux Hauteurs Arrival depuis 1992 et des études récentes suggèrent que la qualité de l'air s'est détériorée, probablement en raison des émissions provenant de la station McMurdo ou de la base Scott (Mazzera et al., 2001), par exemple en raison de constructions et de l'utilisation de véhicules. Des études ont révélé que les échantillons prélevés pour mesurer la qualité de l'air contenaient des concentrations plus importantes d'espèces dérivées de la pollution (EC, SO2, Pb, Zn) et d'aérosols PM10 (particules aux diamètres aérodynamiques inférieurs à 10 μm) que d'autres sites côtiers et de l'Antarctique.

    6 (ii) Accès à la zone

    L'accès à la zone peut se faire par voie terrestre à l'aide d'un véhicule ou à pied. La route d'accès à la zone passe par le sud-est et se poursuit jusqu'aux laboratoires de recherche. Plusieurs pistes pour les véhicules existent dans la zone, entre la station terrienne de communications par satellite dans le First Crater et le pied du Second Crater. L'accès à pied peut se faire depuis la route d'accès.
    L'accès par voie aérienne et le survol de la zone sont interdits, sauf lorsqu'ils sont dûment autorisés par un permis, auquel cas l'autorité compétente soutenant les programmes de recherches dans la zone doit être en être préalablement informée.

    6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur et aux alentours de la zone

    Les programmes néo-zélandais et américains possèdent des installations de recherche et d'hébergement dans la zone. La Nouvelle-Zélande a ouvert un nouveau laboratoire de recherche aux Hauteurs Arrival le 20 janvier 2007, en remplacement d'un ancien bâtiment qui a été retiré de la zone. Les États-Unis utilisent un laboratoire dans la zone. Un ensemble de réseaux de radars et d'antennes conçus pour répondre aux besoins scientifiques se trouve à travers la zone (carte 2) et une nouvelle antenne TBF a été installée aux Hauteurs Arrival en décembre 2008. Une station terrienne de communications par satellite (SES) est située à quelques mètres à l'intérieur de la limite de la zone sur le First Crater (carte 2).
    Le réseau d'antennes SuperDARN se trouve à environ 270 m au S-O de la zone, tandis que deux récepteurs de station terrienne de communications par satellite sont installés à environ 150 m au S-O de la zone (carte 2).

    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

    Les zones protégées les plus proches des Hauteurs Arrival se trouvent sur l'île Ross : La cabane " Discovery ", pointe Hut (ZSPA n° 158) est la plus proche, à 1,3 km au sud-ouest ; le cap Evans (ZSPA n° 155) est à 22 km au nord, la baie Backdoor (ZSPA n° 157) est à 32 km au nord ; le cap Royds (ZSPA n° 121) est à 35 km au N-N-O ; les zones géothermiques de haute altitude de la région de la mer de Ross (ZSPA n° 175) proches du sommet du mont Erebus, sont à 40 km au nord ; la baie Lewis (ZSPA n° 156), le site du crash de l'aéronef de passagers DC-10 en 1979 est à 50 km au N-E ; vallée New College (ZSPA n° 116) est à 65 km au nord, à cap Bird ; et le cap Crozier (ZSPA n° 124) est à 70 km au NE. L'île Northwest White (ZSPA n° 137) est à 35 km au sud à travers la falaise de glace Ross. La zone spécialement gérée de l'Antarctique n° 2, vallées sèches de McMurdo, se trouve à environ 50 km à l'ouest de la zone.

    6 (v) Aires spéciales à l'intérieur de la zone

    Aucune.

    7. Critères de délivrance des permis d'accès
    7 (i) Critères généraux

    L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente. Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

    - il est délivré uniquement pour des études scientifiques de l'atmosphère et de la magnétosphère ou pour d'autres objectifs scientifiques qui ne peuvent pas être poursuivis ailleurs ; ou
    - il est délivré pour l'utilisation, la gestion et l'entretien des installations de soutien scientifique (y compris les opérations de sécurité), à la condition que les mouvements à l'intérieur de la zone se limitent à ceux nécessaires pour accéder à ces installations ; ou
    - il est délivré pour des activités pédagogiques ou de sensibilisation publique qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs et qui sont associées aux études scientifiques menées dans la zone, à la condition que les visiteurs soient accompagnés par du personnel autorisé responsable des installations visitées ; ou
    - il est délivré pour des besoins de gestion essentiels correspondant aux objectifs du plan, comme l'inspection ou le contrôle ;
    - les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques ou scientifiques de la zone ;
    - toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
    - les activités autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
    - le permis ou une copie de celui-ci sera emporté à l'intérieur de la zone ;
    - un rapport de visite devra être soumis à l'autorité ou aux autorités nommées dans le permis ;
    - les permis seront délivrés pour une durée donnée.

    7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

    L'accès à la zone peut se faire à l'aide d'un véhicule ou à pied. L'atterrissage d'un aéronef au sein de la zone ou le survol de la zone est interdit, sauf autorisation spéciale par un permis. Un avis écrit préalable doit être remis à l'autorité ou aux autorités compétentes qui soutiennent les recherches scientifiques menées dans la zone au moment de l'activité en aéronef proposée. L'emplacement et la durée de l'activité en aéronef doivent être coordonnés selon les besoins afin d'éviter ou de réduire au minimum la perturbation des programmes scientifiques.
    Le trafic véhiculé et pédestre doit être maintenu à un minimum correspondant aux objectifs des activités autorisées et tous les efforts raisonnables seront mis en oeuvre pour réduire au minimum les impacts potentiels sur les recherches scientifiques : le personnel accédant à la zone par véhicule devra par exemple coordonner les déplacements de manière à ce que l'utilisation des véhicules soit maintenue à un minimum.
    Les véhicules devront rester sur les pistes prévues à cet effet et telles qu'indiquées sur la carte 2, sauf autorisation spéciale par un permis. Les piétons doivent également suivre les pistes établies dans la mesure du possible. Il faut veiller à éviter les câbles et les autres instruments lors d'un déplacement autour de la zone, car ils sont susceptibles d'être endommagés par le trafic à pied et motorisé. Pendant les heures d'obscurité, les phares de véhicules doivent être éteints à l'approche des installations afin d'éviter d'endommager les instruments photosensibles au sein de la zone.

    7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

    - les recherches scientifiques qui ne compromettront pas les valeurs scientifiques de la zone et ne perturberont pas les activités de recherche en cours ;
    - les activités de gestion essentielles, notamment l'installation de nouvelles installations pour soutenir les recherches scientifiques ;
    - les activités à caractère pédagogique (telles que les rapports documentaires, photographiques, audio ou écrits), la production de ressources ou de services pédagogiques qu'il n'est pas possible de réaliser ailleurs ;
    - l'utilisation de radios manuelles et des radios des véhicules par des visiteurs qui pénètrent dans la zone est autorisée ; toutefois, leur utilisation doit être minimale et devra se limiter aux communications pour des besoins scientifiques, de gestion ou de sécurité ;
    - les études du bruit électromagnétique permettant de s'assurer que les recherches scientifiques ne sont pas grandement menacées.

    7 (iv) Installation, modification ou retrait de structures

    - Aucune structure ne peut être installée dans la zone sauf autorisation stipulée dans le permis.
    - Toutes les structures, tout le matériel scientifique et tous les repères installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Le retrait de ces structures, équipements ou balises à l'expiration du permis relève de la responsabilité de l'autorité qui a délivré le permis original, et constitue l'une des conditions de ce permis.
    - L'installation (y compris la sélection du site), l'entretien, la modification ou le retrait de structures devront être entrepris de façon à réduire au minimum la perturbation de l'environnement, et les installations ne doivent pas porter atteinte aux valeurs de la zone, en particulier aux conditions de faible activité électromagnétique et de vue dégagée. Les installations doivent avoir été fabriquées avec des matériaux qui présentent un risque minimum de pollution environnementale de la zone. Le délai pour le retrait des équipements devra être spécifié dans le permis.
    - Aucun nouvel équipement de transmission radioélectrique (RF) autre que des émetteurs-transmetteurs de faible puissance pour les communications locales essentielles ne peut être installé dans la zone. Le rayonnement électromagnétique produit par l'équipement introduit dans la zone ne devra avoir aucun effet indésirable notable sur les études en cours, sauf autorisation spéciale. Des précautions doivent être prises pour s'assurer que l'équipement électrique utilisé dans la zone est correctement blindé afin de maintenir le bruit électromagnétique à un minimum.
    - L'installation ou la modification de structures ou d'équipements dans la zone sera soumise à une évaluation des impacts probables des installations ou modifications proposées sur les valeurs de la zone, conformément aux procédures nationales. Au-delà de toutes les autres procédures pouvant être exigées par les autorités compétentes, les responsables des équipes de recherche devront soumettre les détails des propositions et l'évaluation sur les impacts qui les accompagne au coordinateur de l'activité de leur programme national, qui échangera les documents reçus avec d'autres coordinateurs d'activités pour la zone. Les coordinateurs d'activités évalueront les propositions en consultation avec les responsables des programmes nationaux et les responsables des équipes de recherche concernés, en tenant compte des impacts potentiels sur les valeurs scientifiques ou sur l'environnement naturel de la zone. Les coordinateurs d'activités devront s'accorder et émettre des recommandations à leur programme national au plus tard 60 jours après réception d'une proposition (de continuer selon la proposition, de continuer avec des révisions, de faire des essais pour une nouvelle évaluation ou de ne pas continuer). Les programmes nationaux devront être chargés d'informer les responsables des équipes de recherche s'ils peuvent ou non poursuivre selon leurs propositions, et dans quelles conditions.
    - La planification, l'installation ou la modification des structures ou des équipements proches et se trouvant en dehors de la zone, et qui émettent des rayonnements électromagnétiques, obstruent la vue ou émettent des gaz dans l'atmosphère doivent tenir compte de leurs effets potentiels sur les valeurs de la zone.
    - Le retrait de structures, d'équipements ou de balises pour lesquels le permis a expiré est du ressort de l'autorité qui a délivré le permis d'origine, et il sera l'un des critères régissant la délivrance du permis.

    7 (v) Emplacement de camps de base

    Il est interdit de camper dans la zone. Les visites de nuit sont autorisées dans les bâtiments équipés à cette fin.

    7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

    - Les émissions anthropiques de gaz ou d'aérosols dans l'atmosphère et provenant de sources telles que des moteurs à combustion interne doivent être réduites au minimum, et évitées dans la mesure du possible. Des émissions de gaz ou d'aérosols anthropiques à long terme ou permanentes à l'intérieur de la zone compromettraient les expériences scientifiques et sont dès lors interdites.

    7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

    La collecte ou la perturbation néfaste de la flore ou de la faune indigène est interdite, sauf dans le cadre d'un permis délivré par l'autorité nationale compétente spécifiquement à cette fin en vertu de l'Article 3 de l'annexe II du Protocole.

    7 (viii) Collecte ou retrait de matériaux qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur du permis

    - Les matériaux seront prélevés ou retirés de la zone conformément au permis et doivent se limiter au strict minimum requis aux fins scientifiques ou de gestion.
    - Les matériaux d'origine humaine susceptibles de mettre en péril les valeurs de la zone, n'ayant pas été introduits dans celle-ci par le détenteur du permis ou n'ayant pas été autrement autorisés, peuvent être retirés de n'importe quelle partie de la zone, sauf si l'impact de leur retrait risque d'être plus important qu'en laissant ces matériaux in situ : Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.
    - L'autorité nationale compétente devra être notifiée de tous les objets enlevés de la zone qui n'ont pas été introduits par le détenteur du permis.

    7 (ix) Elimination des déchets

    Tous les déchets, y compris les déchets humains, seront enlevés de la zone.

    7 (x) Mesures nécessaires pour continuer de répondre aux objectifs du plan de gestion

    1) Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin de mener des activités de suivi scientifique et d'inspection du site pouvant impliquer le prélèvement des données à des fins d'analyse ou de révision, ou à des fins de protection.
    2) Tous les sites spécifiques dont le suivi sera de longue durée seront correctement balisés.
    3) Les bandes électromagnétiques d'intérêt scientifique particulier et qui garantissent une protection spéciale contre les interférences doivent être identifiées par les Parties actives dans la zone. Dans la mesure du possible, la génération de bruit électromagnétique doit se limiter aux fréquences hors de ces bandes.
    4) Il est interdit de générer délibérément du bruit électromagnétique dans la zone, sauf dans les bandes fréquence et aux niveaux de puissance convenus, ou conformément à un permis.

    7 (xi) Rapports de visite

    - Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ces rapports doivent inclure, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite contenu dans le Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique.
    - Les Parties devront tenir à jour des archives de ces activités et, dans l'échange annuel d'information, fournir une description sommaire des activités réalisées par des personnes subordonnées à leur juridiction, description qui devra donner suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports originaux dans un dossier auquel le public pourra avoir accès, et ce afin de conserver un dossier d'utilisation qui sera utilisé lors de la révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.
    - L'autorité compétente devra être notifiée de toutes les activités entreprises et des mesures prises ainsi que de tous les matériaux introduits et non retirés, qui ne figurent pas dans le permis délivré. Tous les déversements devront être signalés à l'autorité compétente.

    8. Documentation complémentaire

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  • Annexe


    MESURE 4 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE Nº 126 (PÉNINSULE BYERS, ÎLE LIVINGSTON, ÎLES SHETLAND DU SUD) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant :


    - la recommandation IV-10 (1966) qui a désigné la péninsule Byers, île Livingston, îles Shetland du Sud, comme zone spécialement protégée (« ZSP ») nº 10 ;
    - la recommandation VIII-2 (1975), qui a désigné la ZSP n° 10, et la recommandation VIII-4 (1975), qui a rebaptisé la zone comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») nº 6 et a annexé le premier plan de gestion pour le site ;
    - les recommandations X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985), et la mesure 3 (2001), qui ont prorogé la date d'expiration du SISP nº 6 ;
    - la recommandation XVI-5 (1991), qui a adopté un plan de gestion révisé pour le SISP n° 6 ;
    - la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté le SISP n° 6 en ZSPA nº 126 ;
    - la mesure 1 (2002) et la mesure 4 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA nº 126 ;


    Rappelant que la recommandation XVI-5 (1991) et la mesure 3 (2001) ne sont pas entrées en vigueur et ont été retirées par la mesure 4 (2011) ;
    Rappelant que les recommandations VIII-2 (1975), X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985) et XVI-5 (1991) ont été désignées comme n'étant plus en vigueur par la décision 1 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 126 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel la ZSPA n° 126 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 126 (Péninsule Byers, île Livingston, îles Shetland du Sud), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 126 qui figure en annexe à la mesure 4 (2011) soit abrogé.

  • Annexe

    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 126
    PÉNINSULE BYERS, ÎLE LIVINGSTON, ÎLES SHETLAND DU SUD

    Introduction

    La principale raison pour laquelle la péninsule Byers (62°34'35” de latitude sud, 61°13'07” de longitude ouest), île Livingston, îles Shetland du Sud a été désignée en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) est l'objectif de protection des habitats terrestres et lacustres présents dans la zone.
    A l'origine, la péninsule Byers avait été désignée en tant que zone spécialement protégée (ZSP) n° 10 en vertu de la recommandation IV-10 (1966). Cette zone comprenait le terrain libre de glace à l'ouest de la bordure occidentale de la calotte glaciaire permanente sur l'île Livingston, sous le dôme de Rotch, l'île Window située à environ 500 m au large de la côte nord-ouest, ainsi que cinq petites zones libres de glace sur la côte sud, immédiatement à l'est de la péninsule Byers. Les valeurs protégées dans le cadre de la désignation initiale incluaient la diversité de la vie végétale et animale, de nombreux invertébrés, une population considérable d'éléphants de mer du sud (Mirounga leonina), de petites colonies d'otaries à fourrure del'Antarctique (Arctocephalus gazella) et les valeurs scientifiques exceptionnelles associées à une si grande variété de plantes et d'animaux sur une zone relativement petite.
    La désignation d'une ZSP a été arrêtée en vertu de la recommandation VIII-2 et la nouvelle désignation en tant que Site d'intérêt scientifique particulier (SISP) a eu lieu en vertu de la recommandation VIII-4 (1975, SISP n° 6). La nouvelle désignation en tant que SISP visait plus précisément à protéger quatre sites libres de glace plus petits sur la péninsule, de la strate jurassique et crétacée sédimentaire et fossilifère, considérés d'une valeur scientifique exceptionnelle pour l'étude des anciens liens entre l'Antarctique et d'autres continents méridionaux. Suite à une proposition du Chili et du Royaume-Uni, le SISP a ensuite été étendu en vertu de la recommandation XVI-5 (1991) de façon à ce que ses limites correspondent à celles de la ZSP, c'est-à-dire l'ensemble du terrain libre de glace de la péninsule Byers à l'ouest de la bordure dela calotte glaciaire permanente de l'île Livingston, y compris la zone littorale, mais à l'exclusion de l'îleWindow et des cinq sites côtiers du sud initialement inclus, et excluant également tous les îlots et rochers au large. La recommandation XVI-5 notait que, outre sa valeur géologique notable, la zone avait également une importance biologique et archéologique considérable.
    Si son statut particulier de désignation et ses limites ont pu changer au fil du temps, la péninsule Byers est restée placée sous une protection spéciale la plus grande partie de l'époque moderne des activités scientifiques dans la région. Les récentes activités dans la zone ont été presque exclusivement consacrées à des recherches scientifiques. Benayas et al, (2013) passent en revue toutes les recherches menées dans la zone et publiées entre 1957 et 2012). La plupart des visites et des prélèvements d'échantillons dans la zone depuis la désignation initiale en 1966 ont été effectués sous réserve des conditions de permis, et certaines zones (par ex. le promontoire Ray) n'ont été que rarement visitées. Au cours de l'Année polaire internationale, la péninsule Byers a été établie en tant que " Site antarctique international de référence pour les écosystèmes terrestres, dulcicoles et côtiers " (Quesada et al, 2009, 2013). Pendant cette période, des données de base liées aux écosystèmes terrestres, limniques et côtiers ont été établies, y compris les caractéristiques du pergélisol, la géomorphologie, l'étendue de la végétation, la diversité et le fonctionnement limnique, la diversité des mammifères marins et des oiseaux, la microbiologie et la diversité des invertébrés marins côtiers (López-Bueno et al, 2009 ; Moura et al, 2012 ; Barbosa et al, 2013 ; De Pablos et al, 2013 ; Emslie et al, 2013 ; Gil-Delgado et al, 2013 ; Kopalova et Van de Vijvier, 2013 ; Lyons et al, 2013 ; Nakai et al, 2013 ; Pla-Rabes et al, 2013 ; Rico et al, 2013 ; Rochera et al, 2013a ; Rochera et al, 2013b ; Toro et al, 2013 ; Velazquez et al, 2013 ; Velazquez et al, 2016 ; Vera et al, 2013 ; Villaescusa et al, 2013). Les valeurs archéologiques de la péninsule Byers ont été décrites comme exceptionnelles du fait qu'elle possède la plus grande concentration de sites historiques de l'Antarctique, à savoir des vestiges de refuges ainsi que des objets contemporains et des épaves de navires datant des expéditions de chasse aux phoques du début du dix-neuvième siècle (voir la carte 2).
    La péninsule Byers offre une contribution substantielle aux régions protégées de l'Antarctique, car elle (a) contient une diversité particulièrement riche d'espèces, (b) se distingue des autres régions de par le nombre et la diversité de ses lacs, étangs et cours d'eau douce, (c) est d'une grande importance écologique et représente le site limnologique le plus significatif dans la région, (d) est vulnérable aux perturbations anthropiques, en particulier en raison de la nature oligotrophe des lacs, qui sont extrêmement sensibles à la pollution et (e) représente un immense intérêt scientifique pour tout un éventail de disciplines. Tandis que certains de ces critères de qualité sont représentés dans d'autres ZSPA de la région, la péninsule Byers est unique en ce qu'elle possède un grand nombre de critères différents au sein d'une même zone. Alors que la péninsule de Byers est principalement protégée pour ses valeurs environnementales exceptionnelles (en particulier sa diversité biologique et ses écosystèmes terrestres et lacustres), la zone présente une palette d'autres valeurs, notamment associées à la science (à savoir pour la biologie terrestre, la limnologie, l'ornithologie, la paléo limnologie, la géomorphologie et la géologie), à l'histoire (objets et vestiges de refuges des premiers chasseurs de phoques) et à la nature sauvage (par ex. le promontoire Ray), ainsi que les valeurs scientifiques en cours qui peuvent bénéficier de la protection de la zone.
    Le terrain libre de glace de la péninsule Byers est bordé par l'océan sur trois côtés, et par le glacier du dôme de Rotch à l'est. La zone a été désignée pour protéger des valeurs découvertes dans le terrain libre de glace sur la péninsule Byers. Pour atteindre cet objectif, une partie du dôme de Rotch a été incluse dans la ZSPA afin d'assurer que le terrain libre de glace nouvellement exposé (suite à un retrait du glacier du dôme de Rotch) soit compris dans les limites de la ZSPA. Par ailleurs, la partie nord-ouest du dôme de Rotch, notamment le terrain déglacé et le promontoire Ray, a été désignée comme une zone restreinte pour permettre des études en microbiologie qui nécessitaient des normes de quarantaine plus rigoureuses qu'il n'était jugé nécessaire dans le reste de la zone. La zone (84,7 km2) est considérée comme étant suffisamment vaste pour fournir une protection adéquate des valeurs décrites ci-dessous.
    La résolution 3 (2008) recommandait que " l'Analyse des domaines environnementaux pour le continent antarctique " serve de modèle dynamique pour l'identification des zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole. A l'aide de ce modèle, la péninsule Byers relève principalement du domaine environnemental G (géologie des îles au large de la péninsule Antarctique). La rareté de l'environnement G par rapport aux autres zones de domaine environnemental a entraîné de substantiels efforts pour conserver les valeurs trouvées dans ce type d'environnement ailleurs : parmi les autres zones protégées contenant le domaine G figurent les ZSPA n° 109, 111, 112, 114, 125, 128, 140, 145, 149, 150 et 152 et les ZSGA 1 et 4. La glace pérenne du dôme de Rotch appartient au domaine environnemental E. Parmi les autres zones protégées comprenant le domaine E figurent les ZSPA n° 113, 114, 117, 126, 128, 129, 133, 134, 139, 147, 149 et 152 et les ZSGA 1 et 4. La résolution 6 (2012) recommandait que les Régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (RCBA) servent à " identifier les zones pouvant être désignées en tant que zones spécialement protégées de l'Antarctique dans le cadre environnemental et géographique systématisé visé à l'article 3 (2) de l'annexe V du Protocole sur l'environnement. La ZSPA n° 126 se trouve dans la région de conservation biogéographique de l'Antarctique (RCBA) 3 : Nord-ouest de la péninsule antarctique. Dans la résolution 5 (2015), la RCTA a reconnu l'intérêt des zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) de l'Antarctique. Les limites de la ZSPA marquent aussi l'étendue de la zone importante pour la conservation des oiseaux ANT054 sur la péninsule Byers, île Livingston. La ZICO y est justifiée en raison de la présence de colonies de sternes antarctiques (Sterna vittata) et de goélands dominicains (Larus dominicanus), bien que nombre d'autres espèces d'oiseaux, dont les pétrels géants (Macronectes giganteus) soient également présents.

    1. Description des valeurs à protéger

    Le plan de gestion joint à la mesure 1 (2002) justifiait la protection spéciale de la zone par des valeurs jugées importantes. Les valeurs consignées dans les plans de gestion initiaux sont réaffirmées. Ces valeurs sont exposées comme suit :

    - Avec plus de 60 lacs, de nombreux bassins d'eau douce et une grande variété de cours d'eau souvent longs, il s'agit du site limnologique le plus important dans les îles Shetland du Sud - et peut-être dans la région de la péninsule Antarctique - et c'est également un site qui n'a pas été soumis à d'importants niveaux de perturbation humaine.
    - La flore et la faune terrestres décrites sont d'une diversité exceptionnelle, avec l'une des plus larges représentations d'espèces connues dans l'Antarctique maritime. Par exemple, la flore rare mais diversifiée de plantes calcicoles et calcifuges et les cyanobactéries sont associées respectivement aux laves et aux basaltes, et plusieurs cryptogames rares ainsi que les deux plantes vasculaires indigènes (Deschampsia antarctica et Colobanthus quitensis) sont présents sur plusieurs sites. L'abondance de végétation est tout aussi exceptionnelle, avec 8,1 km2 de végétation verte dans la zone, ce qui représente plus de la moitié de la végétation verte protégée dans l'ensemble des ZSPA.
    - Parochlus steinenii (le seul insecte alifère indigène de l'Antarctique) est faiblement représenté dans les îles Shetland du Sud. La répartition du seul autre diptère indigène, le chironomide sans ailes (Belgica antarctica), est vaste mais éparse sur la péninsule Antarctique. Ces deux espèces abondent dans plusieurs des lacs, cours d'eau et bassins de la péninsule Byers.
    - Les tapis de cyanobactéries exceptionnellement étendus, dans lesquels dominent des Leptolyngbya spp et Phormidium spp., ainsi que d'autres espèces, en particulier sur les niveaux supérieurs du plateau central de la péninsule Byers, constituent les meilleurs exemples décrits jusqu'ici dans l'Antarctique maritime.
    - L'avifaune qui se reproduit dans la zone est diverse, notamment deux espèces de manchots [manchot à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et manchot papou (P. papua)], la sterne antarctique (Sterna vittata), l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), le damier du Cap (Daption capense), le goéland dominicain (Larus dominicanus), le pétrel géant (Macronectes giganteus), l'océanite à ventre noir (Fregetta tropica), le cormoran impérial (Phalacrocorax atriceps), le grand labbe (Catharacta loennbergi) et le bec-en-fourreau (Chionis alba).
    - Les lacs et leurs sédiments constituent l'une des archives les plus importantes pour étudier le paléo environnement holocène dans la région de la péninsule Antarctique et pour établir une téphrachronologie holocène régionale.
    - Des ossements de baleine subfossiles bien préservés sont présents sur des plages surélevées, qui sont importants pour la datation au carbone 14 des dépôts de rivage.
    - Les sites libres de glace sur la péninsule avec une strate jurassique et crétacée sédimentaire et fossilifère exposée sont considérés d'une valeur scientifique exceptionnelle pour l'étude de l'ancienne relation entre l'Antarctique et d'autres continents du sud.
    - La zone est restée globalement peu perturbée par les activités humaines, par rapport à d'autres grandes zones libres de glace aux alentours, et serait exempte de plantes non indigènes.

    2. Buts et objectifs

    La gestion dans la péninsule Byers vise à :

    - éviter la dégradation des valeurs de la zone ou les risques substantiels qui la menacent en empêchant toute perturbation humaine inutile ;
    - permettre des recherches scientifiques sur les écosystèmes terrestres et lacustres, les mammifères marins, l'avifaune, les écosystèmes côtiers et la géologie ;
    - permettre d'autres recherches scientifiques dans la zone, à condition que ces travaux soient indispensables et ne puissent pas être menés ailleurs ;
    - permettre des recherches archéologiques et adopter des mesures pour la protection des artéfacts, tout en préservant les artéfacts historiques présents dans la zone contre une destruction, une perturbation ou un retrait inutile ;
    - éviter ou réduire au minimum l'introduction de plantes, d'animaux et de microbes non indigènes dans la zone ;
    - réduire au minimum les risques d'introduction d'agents pathogènes susceptibles de provoquer des maladies pour la faune dans la zone ; et
    - permettre des visites à des fins de gestion en soutien aux objectifs du plan de gestion.

    3. Activités de gestion

    Les activités de gestion qui suivent devront être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :

    - Une carte indiquant l'emplacement de la zone et les restrictions spéciales qui s'appliquent devra être affichée bien en vue à la Base Juan Carlos I (Espagne) et à la station St. Kliment Ochridski (Bulgarie) sur la péninsule Hurd, où des exemplaires de ce plan de gestion devront être mis à disposition.
    - Les balises, panneaux, clôtures ou autres structures érigés dans la zone à des fins scientifiques ou de gestion devront être solidement fixés et maintenus en bon état ;
    - des visites seront organisées le cas échéant pour déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.

    La péninsule Byers a été décrite comme extrêmement sensible au piétinement humain (Tejedo et al., 2009 ; Pertierra et al, 2013a). La zone a été désignée en tant que ZSPA pour protéger une grande variété de valeurs qui y sont présentes. En conséquence, elle attire les scientifiques (qui représentent un vaste éventail de disciplines) et les archéologues provenant d'un certain nombre de nations membres du Traité. Le grand nombre de personnes présentes dans la zone aux périodes de grande affluence (milieu de l'été) signifie que les valeurs de la zone peuvent être potentiellement mises en péril par les activités humaines, par exemple par la possible augmentation (i) de la taille et du nombre de campements, (ii) des dommages à la végétation causés par le piétinement, (iii) des perturbations causées à la flore et à la faune sauvages, (iv) de la production de déchets et (v) du besoin de stockage de combustible. En conséquence, lors de l'élaboration de plans pour le travail de terrain dans la zone, les Parties sont fortement encouragées à assurer la liaison avec les autres nations susceptibles d'opérer dans la zone à cette saison, et à coordonner les activités pour maintenir les impacts environnementaux, y compris les impacts cumulatifs, à un minimum absolu (par ex. moins de 12 personnes à la fois dans le campement international).
    Toutes les Parties sont fortement encouragées à utiliser le campement international établi (situé sur les plages South, 62º39'49.7” de latitude sud, 61º05'59.8' de longitude ouest), afin de limiter la création de nouveaux sites de campement qui augmenteraient le degré d'incidence des activités humaines dans la zone. Deux abris aux formes arrondies se trouvent dans le campement (l'un installé pour les recherches scientifiques, l'autre, pour les activités domestiques ; tous deux sont administrés par l'Espagne). Ces abris sont à la disposition de toutes les Parties au Traité si elles souhaitent les utiliser. Les Parties doivent contacter l'Espagne pour coordonner l'accès aux abris. Pertierra et al. (2013b) donnent des informations concernant les enjeux et impacts environnementaux causés par la gestion du camp.

    4. Durée de désignation

    La zone est désignée pour une période indéterminée.

    5. Cartes et photographies

    Carte 1. - ZSPA n° 126 de la péninsule Byers par rapport aux îles Shetland du Sud, indiquant l'emplacement de la Base Juan Carlos I (Espagne) et de la Station St. Kliment Ochridski (Bulgarie), ainsi que l'emplacement des zones protégées dans un rayon de 75 km autour de la zone. Encart : emplacement de l'île Livingston le long de la péninsule Antarctique.
    Carte 2. - Carte topographique de la ZSPA n° 126 de la péninsule Byers. Spécifications de la carte : projection UTM fuseau 20 ; sphéroïde : WGS 1984 ; Système géodésique niveau moyen des mers (MSL). Précision horizontale de contrôle : +-0,05 m. Intervalle de contour vertical : 50 m.

    6. Description de la zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, balises de délimitation et caractéristiques naturelles

    Limites
    La zone englobe :

    - la péninsule Byers et tout le terrain libre de glace ainsi que la calotte glaciaire à l'ouest de la longitude 60°53'45", y compris Clark Nunatak et la pointe Rowe ;
    - le milieu marin littoral qui s'étend à 10 m au large depuis la ligne de basse mer, et
    - l'île du Démon et l'île Sprite, adjacentes au littoral sud de la pointe du Diable, mais excluant tous les autres îlots au large, notamment l'île Rugged et les rochers (carte 2).

    La ligne de démarcation à l'est suit la longitude ouest 60°53'45” afin de s'assurer que le terrain libre de glace nouvellement exposé suite à un retrait du dôme de Rotch, qui peut présenter un grand potentiel au niveau scientifique et de nouveaux habitats pour des études sur la colonisation, restera dans les limites de la ZSPA.
    Aucune balise de délimitation n'est installée.
    Description générale
    La péninsule Byers (entre les latitudes sud 62°34'35” et 62°40'35” et les longitudes ouest 60°53'45” et 61°13'07”, 84,7 km2) se situe à l'extrémité ouest de l'île Livingston, la deuxième plus grande île des îles Shetland du Sud (carte 1). La zone libre de glace sur la péninsule présente une étendue centrale ouest-est d'environ 9 km et une étendue N-O / S-E de 18,2 km ; il s'agit de la plus vaste zone libre de glace dans les îles Shetland du Sud. La péninsule présente généralement un relief bas et ondulant, bien qu'il y ait un certain nombre de collines proéminentes dont l'altitude varie de 80 à 265 m (carte 2). L'intérieur est dominé par une série de longues plates-formes à des altitudes atteignant 105 m, interrompues par des culots volcaniques isolés comme le cône Chester (188 m) et la colline Negro (143 m) (Thomson et López-Martínez, 1996). Les modelés arrondis et plats abondent suite à des processus d'érosion marine, glaciaires et périglaciaires. Le terrain le plus accidenté se trouve sur le promontoire Ray, une crête formant l'axe d'orientation nord-ouest de la péninsule plus ou moins en forme de ‘Y'. Des falaises abruptes bordent le littoral à l'extrémité nord du promontoire Ray, la colline Start (265 m) à l'extrémité N-O étant le point le plus élevé de la péninsule.
    Le littoral de la péninsule Byers s'étend sur un total de 71 km (carte 2). Malgré un relief généralement bas, la côte est irrégulière et souvent abrupte, avec bon nombre de promontoires, falaises, îlots au large, rochers et hauts-fonds. La péninsule Byers est également réputée pour ses plages vastes, ses éléments proéminents sur les trois côtes (plages Robbery au nord, plages président à l'ouest et les plages South). Les plages South sont les plus vastes, s'étendant sur 12 km le long de la côte et d'une largeur atteignant près de 0,9 km. Ce sont les plus grandes des îles Shetland du Sud (Thomson et López-Martínez 1996). Pour une description détaillée de la géologie et de la biologie de la zone, voir l'annexe 1.

    6 (ii) Accès à la zone

    - L'accès se fera par hélicoptère ou par petite embarcation.
    - Il n'y a aucune restriction particulière sur les débarquements de bateaux depuis la mer ou qui s'applique aux voies maritimes empruntées pour accéder à la zone et en repartir. En raison de l'étendue considérable de plages accessibles autour de la zone, de nombreux lieux sont de débarquement possibles. Dans la mesure du possible, le débarquement de cargaisons et d'équipements scientifiques doit néanmoins être proche du campement international situé sur les plages South (62º39'49.7” de latitude sud, 61º05'59.8' de longitude ouest ; consultez la section 6 (iii) pour plus de détails). Le personnel des navires déposant des marchandises et/ou du personnel à la ZSPA ne doivent pas quitter le site de débarquement sauf s'il possèdent un permis délivré par une autorité nationale compétente.
    - Une aire d'atterrissage pour les hélicoptères a été désignée au 62º39'36.4” de latitude sud, 61º05'48.5' de longitude ouest, à l'est du campement international.
    - Dans des circonstances exceptionnelles nécessaires pour les besoins correspondant aux objectifs du plan de gestion, les hélicoptères peuvent atterrir ailleurs dans la zone, sachant que les atterrissages devront se faire sur la crête et les crêtes de plages surélevées, dans la mesure du possible.
    - Aucun hélicoptère ne devra atterrir dans les zones restreintes [consultez la section 6 (v)].
    - Les hélicoptères doivent éviter les sites où les oiseaux se concentrent (par ex. pointe du Diable, pointe de Lair et plages Robbery) ou les sites où la végétation abonde (par ex. les grandes étendues de mousses près des plages President et South).
    - Pour réduire au minimum la perturbation de la faune et de la flore, les aéronefs doivent éviter d'atterrir sur une zone de restriction des survols s'étendant sur 1/4 mille nautique (environ 460 m) à l'intérieur des terres depuis la côte entre le 1er octobre et le 30 avril inclus (consultez la carte 2). L'unique exception à cette règle est le site d'atterrissage désigné pour les hélicoptères à 62º39'36.4” de latitude sud, 61º05'48.5' de longitude ouest.
    - Dans la zone de restriction des survols, l'utilisation des aéronefs doit au minimum respecter les " Directives pour l'exploitation d'aéronefs à proximité de concentrations d'oiseaux " figurant dans la résolution 2 (2004). En particulier, les aéronefs doivent maintenir une hauteur verticale de 2 000 pieds (~ 610 m) au-dessus du sol et traverser perpendiculairement le littoral, dans la mesure du possible. Lorsque les conditions imposent aux aéronefs de voler à des altitudes inférieures à celles qui sont recommandées dans les directives, les aéronefs doivent voler à la plus haute altitude possible et réduire au minimum le temps nécessaire pour traverser la zone côtière.
    - L'utilisation de grenades fumigènes par les hélicoptères est interdite dans la zone, sauf en cas de nécessité absolue pour des raisons de sécurité. Si elles sont utilisées, toutes les grenades fumigènes doivent être récupérées.

    6 (iii) Emplacement de structures à l'intérieur de la zone et à proximité

    Un campement international se trouve sur les plages South à 62º39'49.7” latitude sud, 61º05'59.8' de longitude ouest. Il comprend deux abris aux formes arrondies en fibre de verre. Il est entretenu par l'Espagne, qui le met à la disposition de toutes les Parties. Les Parties souhaitant utiliser les abris doivent communiquer leurs intentions au Comité polaire espagnol bien à l'avance. Les emplacements des vestiges des chasseurs de phoques du XIXe siècle, y compris les refuges et les grottes utilisées comme abri, sont indiqués dans Smith et Simpson (1987) (consultez la carte 2). Plusieurs cairns marquant les sites utilisés pour des études topographiques sont également présents dans la zone, principalement sur des emplacements surélevés.
    Les stations de recherche scientifique les plus proches sont à 30 km à l'est de la péninsule Hurd, île Livingston [Base Juan Carlos I (Espagne) et St Kliment Ochridski (Bulgarie)].

    6 (iv) Emplacement des autres zones protégées à proximité directe de la zone

    Les zones protégées les plus proches de la péninsule Byers sont les suivantes : cap Shirreff (ZSPA n° 149), à environ 20 km au nord-est, île de la Déception (ZSGA n° 4), Port Foster et d'autres parties de l'île de la Déception (ZSPA n° 140, 145), approximativement à 40 km au S-S-E et la " baie du Chili " (baie Discovery) (ZSPA n° 144), à environ 70 km à l'est de l'île de Greenwich (carte 1).

    6 (v) Zones à accès limité et zones gérées à l'intérieur de la zone

    Il est probable que certaines zones sur la péninsule Byers n'aient été visitées que très rarement, voire jamais. Il est prévu que de nouvelles techniques métagénomiques permettent une identification future de la biodiversité microbienne (bactéries, champignons et virus) à un niveau inégalé, permettant de répondre à de nombreuses questions fondamentales sur la dispersion et la répartition microbiennes. Des zones restreintes ont été désignées qui revêtent une importance scientifique pour la microbiologie de l'Antarctique. Une restriction plus importante est placée sur l'accès dans le but d'empêcher une contamination microbienne ou autre par l'activité humaine.

    - Afin de poursuivre cet objectif, des survêtements de protection stériles devront être portés dans les zones restreintes. Les vêtements de protection devront être revêtus juste avant de pénétrer dans les zones restreintes. Les bottes de rechange, préalablement nettoyées à l'aide d'un biocide puis scellées dans des sacs en plastique, devront être déballées et chaussées juste avant de pénétrer dans les zones restreintes. Si l'accès aux zones restreintes se fait par bateau, les vêtements de protection devront être endossés juste avant le débarquement.
    - Dans la mesure du possible, tous les équipements de prélèvement d'échantillons, les appareils scientifiques et les balises apportés dans les zones restreintes devront être stérilisés et maintenus dans des conditions stériles avant leur utilisation dans la zone. La stérilisation doit être effectuée par une méthode acceptée, notamment par rayonnement UV ou par stérilisation en autoclave ou superficielle à l'aide d'éthanol à 70 % ou d'un biocide en vente dans le commerce (par ex. Virkon®).
    - Les équipements généraux incluent des harnais, crampons, équipements d'escalade, piolets, bâtons de marche, équipement de ski, balises temporaires d'itinéraire, traîneaux, luges, équipement d'appareils photo et caméras, sacs à dos, boîtes à patins et tout autre équipement personnel. Dans la mesure du possible, tous les équipements utilisés ou apportés dans les zones restreintes devront être soigneusement nettoyés et stérilisés à la station Antarctique ou sur le bateau d'origine. Les équipements devront avoir été maintenus dans cette condition avant de pénétrer dans les zones restreintes, de préférence par scellement dans des sacs en plastique stériles ou autres contenants propres.
    - Les scientifiques appartenant à des disciplines autres que la microbiologie sont autorisés à pénétrer dans les zones restreintes, mais ils devront adhérer aux mesures de quarantaine détaillées ci-dessus.
    - Il est interdit de camper dans les zones restreintes.
    - Il est interdit aux hélicoptères d'atterrir dans les zones restreintes.
    - Si un accès aux zones restreintes est nécessaire à des fins de recherche ou d'urgence, un enregistrement détaillé sur l'emplacement où la visite a eu lieu (de préférence à l'aide d'une technologie GPS) et sur les activités spécifiques devra être soumis à l'autorité nationale compétente et inclus dans le rapport annuel sur l'échange d'informations, de préférence à travers le système électronique d'échange d'informations (SEEI).

    Les zones restreintes sont les suivantes :
    1. Nord-ouest du Dôme de Rotch et terrain déglacé adjacent. La zone restreinte inclut tout le terrain et la calotte glaciaire sur une zone limitée à l'est par la longitude ouest 60º53'45”, à l'ouest par la longitude ouest 60°58'48”, au sud par la latitude sud 62°38'30', et la limite nord longe le littoral (consultez la carte 2).
    2. Le promontoire Ray. La zone restreinte inclut tout le terrain et la glace permanente au nord-ouest d'une ligne droite traversant le Promontoire entre la latitude sud 62º37', la longitude ouest 61º08' (marqué par un petit lac côtier) et la latitude sud 62º36', puis la longitude ouest 61º06'. Dans la zone restreinte du promontoire Ray, l'accès à des vestiges archéologiques situés sur la côte est autorisé sans nécessité de précautions de quarantaine requises ailleurs dans la zone restreinte. L'accès aux zones à l'intérieur des terres au-delà des vestiges archéologiques côtiers n'est pas autorisé sans les mesures de quarantaine en place, détaillées dans la présente section. De préférence, l'accès aux vestiges archéologiques devra se faire depuis la mer à l'aide de petits bateaux. L'accès à pied aux vestiges archéologiques est également autorisé sans nécessité de mesures de quarantaine supplémentaires, en suivant la ligne de côte depuis la zone non restreinte de la ZSPA de la péninsule Byers vers le sud-est. L'accès aux vestiges archéologiques devra se faire uniquement pour des études archéologiques, autorisées par l'autorité nationale compétente.

    7. Critères de délivrance des permis d'accès

    L'accès à la zone est interdit sauf avec un permis délivré par une autorité nationale compétente.

    7 (i) Conditions générales pour l'obtention d'un permis

    Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :

    - il est délivré uniquement pour des études scientifiques de l'écosystème, de la géologie, de la paléontologie ou de l'archéologie de la zone ou pour des activités scientifiques impérieuses qui ne peuvent pas être menées ailleurs ; ou
    - il est délivré pour des besoins de gestion essentiels correspondant aux objectifs du plan de gestion, comme l'inspection, l'entretien ou la révision ;
    - les actions autorisées ne compromettront pas les valeurs écologiques, géologiques, historiques ou scientifiques de la zone ;
    - les échantillonnages proposés n'impliqueront pas le ramassage, le prélèvement ou des dommages à des quantités de sol, de roche, de flore ou de faune indigènes telles que leur répartition ou leur abondance sur la péninsule Byers s'en trouveraient considérablement touchées ;
    - les impacts cumulatifs des prélèvements géologiques sont pris en compte dans toute étude d'impact sur l'environnement, dans la mesure où d'importants prélèvements ont été faits dans certains sites paléontologiques, causant des impacts négatifs considérables sur les valeurs scientifiques de la zone ;
    - toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
    - les actions autorisées sont conformes au plan de gestion ;
    - le permis, ou une copie certifiée, doit être emmené dans la zone ;
    - un rapport de visite devra être fourni à l'autorité mentionnée dans le permis ;
    - les permis seront délivrés pour une durée donnée ; et
    - l'autorité compétente doit être informée des activités ou mesures entreprises qui n'ont pas été incluses dans le permis autorisé.

    7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

    - Les véhicules terrestres sont interdits dans la zone.
    - Les déplacements dans la zone devront se faire à pied, sauf circonstances exceptionnelles au cours desquelles un hélicoptère pourra être utilisé.
    - Tous les déplacements devront être entrepris avec prudence de façon à perturber au minimum lles vestiges archéologiques, es animaux, les sols, les formations géomorphologiques et les surfaces végétales, en marchant autant que faire se peut sur les terrains rocailleux ou les crêtes afin d'éviter d'endommager les plantes sensibles, les terrains réticulés et les sols gorgés d'eau.
    - Les déplacements à pied devront être maintenus à un minimum, en conformité avec les objectifs de toute activité autorisée et tout devra être fait pour réduire au minimum les effets de piétinement. Dans la mesure du possible, les pistes existantes doivent être empruntées pour traverser la zone (carte 2). En l'absence de pistes, il faut s'assurer d'éviter de créer de nouvelles pistes. Les recherches ont démontré que la végétation sur la péninsule Byers peut se rétablir si moins de 200 traversées ont lieu lors d'une saison (Tejedo et al, 2009). Les sentiers pédestres traversant des terrains végétalisés doivent donc être choisis en fonction du nombre prévu de traversées (c'est-à-dire le nombre de personnes x traversées par jour x nombre de jours). Lorsqu'il est prévu que le nombre de traversées sur une même piste sera inférieur à 200 lors d'une saison, la piste doit être clairement identifiée et les traversées doivent toujours suivre la piste. Lorsqu'il est prévu le nombre dépasse 200 lors d'une saison, l'itinéraire ne doit pas être défini le long d'une seule piste, mais les traversées doivent se faire à travers une ceinture étendue (c'est-à-dire plusieurs pistes, chacune avec moins de 200 traversées), afin de diluer l'impact et de permettre un rétablissement plus rapide de la végétation piétinée.
    - Les conditions pour l'utilisation d'hélicoptères dans la zone sont décrites dans la section 6 (ii).
    - Le survol de la zone par des véhicules aériens sans pilote (UAV) à une altitude pouvant générer des perturbations nuisibles n'est pas autorisé, sauf en vertu d'un permis émis par une autorité nationale compétente.
    - Il est strictement interdit aux pilotes, à l'équipage des embarcations et des aéronefs ou à toute autre personne à bord, de se déplacer à pied au-delà des alentours immédiats du site de débarquement, sauf avis contraire stipulé dans le permis.
    - Les restrictions sur l'accès et les déplacements dans les zones restreintes sont décrites dans la section 6 (v).

    7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

    - Les recherches scientifiques impérieuses qui ne peuvent pas être entreprises ailleurs et qui ne mettront pas en danger l'écosystème ou les valeurs de la zone et ne perturberont pas les études scientifiques existantes.
    - Les recherches archéologiques.
    - Les activités de gestion essentielles, notamment la surveillance.

    7 (iv) Installation, modification ou retrait de structures

    Aucune nouvelle structure ne peut être érigée dans la zone, ni aucun équipement scientifique installé, sauf à des fins scientifiques ou de gestion indispensables, et pour une période préétablie, tel que stipulé dans un permis. L'installation (y compris le choix du site), l'entretien, la modification ou le retrait de structures et d'équipements doivent être entrepris de manière à limiter les effets indésirables sur les valeurs de la zone. Toutes les structures ou les équipements scientifiques installés dans la zone doivent identifier clairement le pays, le nom du responsable de l'équipe de recherche et l'année d'installation. Tous ces éléments doivent être exempts d'organismes, de propagules (par ex. graines, œufs) et de sol non stérile et doivent être en matériaux capables de supporter les conditions environnementales et posant un risque de contamination minimal à la zone. Le retrait de structures ou d'équipements spécifiques pour lesquels le permis a expiré devra figurer parmi les critères du permis. Les structures ou installations permanentes sont interdites.

    7 (v) Emplacement des camps

    Afin de réduire au minimum la zone de terrain dans la ZSPA touchée par les activités de campement, les camps doivent se trouver dans le voisinage immédiat du campement international (62º39'49.7” de latitude sud, 61º05'59.8” de longitude ouest). Lorsque les objectifs spécifiés dans le permis le requièrent, un campement temporaire au-delà du campement international est autorisé dans la zone. Les camps doivent se trouver sur des sites non végétalisés, comme sur les portions les plus sèches des plages surélevées ou, dans la mesure du possible, sur un terrain recouvert d'une couche de neige supérieure à 0,5 m, et doivent éviter les concentrations d'oiseaux ou de mammifères en phase de reproduction. Il est interdit de camper à moins de 50 m d'un refuge ou d'un abri de chasseurs de phoques. Les campements précédemment utilisés doivent être réutilisés dans la mesure du possible, sauf s'ils n'étaient pas positionnés de manière appropriée au regard des directives ci-dessus. Il est interdit de camper dans les zones restreintes. En raison des vents forts dans la région, il conviendra de prendre grand soin à ce que le matériel de camping et les équipements scientifiques soient solidement fixés.

    7 (vi) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

    L'introduction délibérée d'animaux, de matières végétales, de micro-organismes et de terre non stérile dans la zone ne sera pas autorisée. Des mesures de précaution doivent être prises pour éviter l'introduction accidentelle de tout animal, végétal, micro-organisme et sol non stérile provenant de régions biologiquement distinctes (comprises ou non dans la zone du Traité sur l'Antarctique) ; les visiteurs doivent également consulter et suivre les recommandations contenues dans le Manuel sur les espèces non indigènes du CPE (CPE, 2011) et dans le Code de conduite environnemental pour les recherches scientifiques terrestres en Antarctique (SCAR, 2009). Compte tenu de la présence de colonies d'oiseaux en phase de reproduction sur la péninsule Byers, aucun produit avicole, y compris des déchets provenant de tels produits et des produits contenant des œufs crus en poudre, ne devra être introduit dans la zone ou dans la mer adjacente.
    Aucun herbicide ni pesticide ne devra être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris des radionucléides ou des isotopes stables, susceptibles d'être introduits pour des besoins scientifiques ou de gestion spécifiés dans le permis, devra être retiré de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été accordé. Le déversement de radionucléides ou d'isotopes stables directement dans l'environnement par une méthode qui les rend irrécupérables doit être évité. Les combustibles ou autres substances chimiques ne devront pas être entreposés dans la zone, à moins que le permis ne l'autorise spécifiquement. Ils devront être entreposés et manipulés de façon à réduire au minimum les risques d'introduction accidentelle dans l'environnement. Tous les matériaux sont introduits dans la zone pour une période déterminée uniquement, et doivent être retirés lorsque cette période est échue. En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur retrait est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser les substances in situ. L'autorité compétente doit être informée de tout élément introduit et non retiré et qui ne figurait pas dans le permis agréé.

    7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune ou la flore indigène

    Tout prélèvement de plante ou capture d'animaux, et toute perturbation nuisible à la faune ou la flore indigène est interdite sauf en possession d'un permis délivré conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. En cas de capture ou de perturbations nuisibles aux animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique doit être utilisé à titre de norme minimale.

    7 (viii) Prélèvement ou retrait de matériaux non introduits dans la zone par le titulaire du permis

    La collecte ou le retrait de tout ce qui n'a pas été introduit dans la zone par le titulaire du permis devra être conforme à un permis et doit se limiter au minimum requis pour satisfaire aux besoins scientifiques, archéologiques ou de gestion.
    Sauf autorisation spécifique d'un permis, les visiteurs dans la zone n'ont pas le droit de perturber, de manipuler, de collecter ni d'endommager des objets anthropiques historiques répondant aux critères visés dans la résolution 5 (2001). De même, le déplacement ou le retrait d'artéfacts pour les besoins de conservation ou de protection ou pour rétablir l'exactitude historique n'est autorisé que dans le cadre d'un permis. L'autorité nationale compétente devra être informée de l'emplacement et de la nature de tout matériau anthropique nouvellement identifié.
    Les autres matériaux d'origine humaine susceptibles de mettre en péril les valeurs de la zone et qui n'ont pas été introduits dans la zone par le titulaire d'un permis (ou au moyen d'une autre autorisation), peuvent être retirés de la zone, à moins que l'impact environnemental du retrait soit susceptible d'être plus important que de laisser le matériau sur place ; si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être informée et une approbation doit être obtenue.

    7 (ix) Elimination des déchets

    A titre de norme minimale, tous les déchets devront être éliminés conformément à l'annexe III du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Par ailleurs, tous les déchets, y compris tous les déchets humains solides, devront être retirés de la zone. Les déchets humains liquides peuvent être évacués dans la mer. Comme les récifs côtiers en empêcheraient la dispersion, les déchets humains solides ne doivent pas être éliminés dans la mer, mais être extraits de la zone. Aucun déchet humain ne devra être jeté à l'intérieur des terres, car même une petite quantité de déchets humains, y compris l'urine, pourrait menacer les caractéristiques oligotrophes des lacs et autres plans d'eau sur le plateau.

    7 (x) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

    Des permis d'accès à la zone peuvent être accordés pour :

    - effectuer des activités de surveillance et d'inspection de sites, ce qui peut impliquer la collecte de données et/ou d'un petit nombre d'échantillons pour analyse ou examen ;
    - ériger ou entretenir des poteaux indicateurs, structures ou équipements scientifiques ; ou
    - prendre des mesures de protection.

    Tous les sites spécifiques où se déroulent des études sur le long terme doivent être correctement signalisés et inscrits sur les cartes de la zone. Les positions GPS doivent être obtenues auprès de l'autorité nationale compétente afin d'être intégrées au Système de répertoire de données sur l'Antarctique.
    Afin de préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone et éviter toute introduction accidentelle, les visiteurs devront prendre des mesures spéciales. Il conviendra en particulier de ne pas introduire de plantes, d'animaux ou de microbes provenant de sols d'autres sites de l'Antarctique, notamment des stations, ou de régions en dehors de l'Antarctique. Dans la mesure du possible, les visiteurs devront veiller à soigneusement nettoyer les chaussures, vêtements et équipements - en particulier les équipements de camping et d'échantillonnage - avant de pénétrer dans la zone. Les produits avicoles et autres produits aviaires introduits, qui peuvent être un vecteur de maladies aviaires, ne devront pas être laissés dans la zone. Les visiteurs se rendant dans la ZSPA en hélicoptère devront s'assurer qu'il ne contient aucune graine, terre ou propagule avant d'entrer dans la zone. Le transfert d'espèces entre les lacs depuis l'extérieur et au sein de la ZSPA présente une menace considérable pour ces plans d'eau chimiquement et biologiquement uniques. Ainsi, la plus grande prudence sera appliquée pour empêcher toute contamination croisée entre les lacs, notamment lors du nettoyage d'équipements de prélèvement d'échantillons entre les utilisations d'un plan d'eau à un autre.

    7 (xi) Conditions relatives aux rapports

    Pour chaque visite dans la zone, le titulaire principal d'un permis devra soumettre un rapport à l'autorité nationale compétente, dès que possible, et au plus tard six mois après la fin de la visite. Ces rapports de visite doivent inclure, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite qui a été recommandé [figurant en annexe du Guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique, disponible sur le site web du secrétariat du Traité sur l'Antarctique ( www.ats.aq)]. Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre un exemplaire du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Dans la mesure du possible, les Parties doivent déposer des originaux ou des copies des rapports de visite originaux dans un dossier accessible au public afin de conserver des archives d'usage, pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

    8. Documentation complémentaire

    Pour une liste récente des publications issues des recherches scientifiques sur la péninsule Byers, lire Benayas et al, 2013.
    For a recent list of publication resulting from scientific investigations on Byers Peninsula, see Benayas et al. (2013).
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    Barbosa, A., de Mas, E., Benzal, J., Diaz, J. I., Motas, M. , Jerez, S., Pertierra, L., Benayas, J., Justel, A., Lauzurica, P., Garcia-Peña, F. J., and Serrano, T. 2013. Pollution and physiological variability in gentoo penguins at two rookeries with different levels of human visitation. Antarctic Science 25: 329-338.
    Benayas, J., Pertierra, L., Tejedo, P., Lara, F., Bermudez, O., Hughes, K.A., and Quesada, A. 2013. A review of scientific research trends within ASPA 126 Byers Peninsula, South Shetland Islands, Antarctica. Antarctic Science 25: 128-145.
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  • Annexe

    ANNEXE 1
    FAITS À L'APPUI

    La péninsule Byers donne lieu depuis des années à de nombreuses recherches scientifiques. Un grand nombre des publications qui en découlent sont énumérées dans Banayas et al, 2013 ; de nombreux autres articles ont cependant été publiés depuis.
    Climat
    Aucune donnée d'archives détaillée sur la météorologie antérieure à 2001 n'est disponible pour la péninsule Byers, mais le climat est jugé semblable à celui de la Base Juan Carlos I, péninsule Hurd (enregistré depuis 1988). Les conditions de la péninsule indiquent une température moyenne annuelle inférieure à 0º C, avec des températures négatives pendant au moins plusieurs mois chaque hiver et un taux de précipitation relativement élevé à environ 800 mm par an, dont la plus grande partie intervient sous forme de pluie en été (Ellis-Evans 1996, Bañón et al, 2013). La péninsule est enneigée la plus grande partie de l'année, mais la neige a généralement fondu à la fin de l'été. La péninsule est exposée aux intempéries provenant du passage de Drake dans le nord et le nord-ouest, les directions depuis lesquelles le vent prédomine, et du détroit de Bransfield au sud. Le climat est polaire maritime, avec une humidité relative constamment élevée (environ 90 %), des cieux la plupart du temps couverts, des brumes fréquentes et des précipitations régulières. La température moyenne en été est de 1,1º C, mais elle dépasse occasionnellement 5º C. Il est arrivé exceptionnellement que la température estivale atteigne 9º C. La température minimale moyenne en été est proche de 0° C. En hiver, les températures peuvent descendre en dessous de -26º C, bien que la valeur moyenne soit de -6º C et que les températures maximales en hiver puissent avoisiner 0º C. Le rayonnement moyen en été est de 14 000 kJ/m2, et atteint 30 000 kJ/m2 les jours ensoleillés proches du solstice. Les vents sont élevés et d'une vitesse moyenne est de 24 km/h, avec des tempêtes fréquentes et des vents de plus de 140 km/h. Les vents prédominants sont ceux du S-O et du N-E.
    Géologie
    Le lit rocheux de la péninsule Byers se compose de roches sédimentaires marines, volcaniques et volcanoclastiques datées d'entre le Jurassique supérieur et le Crétacé inférieur, pénétrées par des corps ignés (consultez Smellie et al, 1980 ; Crame et al, 1993, Hathway et Lomas 1998). Les roches représentent une partie d'un complexe d'arc magmatique Mésozoïque-Cénozoïque qui est exposé à travers l'ensemble de la région de la péninsule antarctique, bien qu'il le soit plus principalement sur la péninsule Byers (Hathway et Lomas 1998). La région intérieure surélevée de la moitié est de la péninsule - entourée au nord et au sud de dépôts de rivage de l'Holocène - est dominée par des tufs terrestres datant du Crétacé inférieur, des brèches volcaniques, des conglomérats, du grès et des schistes boueux, avec des intrusions dans plusieurs lieux par des culots et des filons volcaniques. La moitié ouest de la péninsule et s'étendant au N-O à mi-chemin le long du promontoire Ray, compte principalement des mudstones marins datant du Jurassique supérieur-Crétacé inférieur, avec du grès et des conglomérats et de fréquentes intrusions de filons volcaniques, de culots et d'autres corps ignés. La moitié N-O du promontoire Ray inclut principalement des brèches volcaniques du même âge. Les mudstones, grès, conglomérats et roches pyroclastiques sont les lithologies les plus répandues dans la péninsule. Des étendues de graviers de plage et d'alluvions de l'Holocène se trouvent dans les zones côtières, particulièrement sur les plages South et dans la moitié est des plages Robbery, avec des dépôts moins importants sur les plages President.
    La zone possède une valeur géologique importante, car " les roches sédimentaires et ignées exposées dans la péninsule Byers constituent le témoignage le plus complet de la période allant du Jurassique au début du Crétacé dans la portion nord du flanc pacifique du complexe d'arc magmatique, et elles se sont avérées être une succession capitale pour l'étude des faunes malacologiques marines (par ex. Crame 1984, 1995, Crame et Kelly 1995) et des flores terrestres (par ex. Hernandez et Azcárte 1971, Philippe et al,1995) " (Hathway et Lomas, 1998).
    Géomorphologie et sols
    Une grande partie du terrain se compose de lithosols, généralement une couche de roche broyée, avec du pergélisol très répandu sous une couche active de 30 à 70 cm de profondeur (Thom 1978, Ellis-Evans 1996, Serrano et al, 1996). Des champs de pierres (composées de fines boueuses avec des blocs rocheux et fragments de surface dispersés), des poches issues de la gélifluxion, un terrain polygonal (à la fois dans des zones inondées et sèches), des bandes et cercles de pierres et autres formes de terrain périglaciaires dominent la morphologie en surface des plateformes supérieures où les affleurements rocheux sont absents (Serrano et al, 1996). Des débris et coulées boueuses sont observés dans plusieurs endroits. En dessous de certaines des populations de mousses et d'herbes se trouve une couche de matière organique de 10 à 20 cm de profondeur, bien qu'il n'y ait pas d'accumulations profondes de tourbe puisque la végétation est clairsemée sur la plus grand partie de la péninsule Byers (Bonner et Smith 1985 ; Moura et al, 2012 ; Otero et al, 2013). Les sols ornithogéniques sont particulièrement présents dans le voisinage de la pointe du Diable et sur un certain nombre de pinacles le long des plages President (Ellis-Evans, 1996).
    Certaines parties de l'intérieur de la péninsule ont été façonnées par les processus côtiers avec une série de plages surélevées de 3 à 54 m d'altitude, dont certaines font plus d'un kilomètre de large. Une datation au carbone 14 pour les dépôts de rivage les plus élevés suggère que la péninsule Byers était largement exempte de glace pérenne vers 9 700 ans avant le présent, tandis que les dépôts de rivage les plus bas sont datés à 300 ans avant le présent (John et Sugden, 1971, Sugden et John, 1973). Toutefois, les analyses des sédiments lacustres suggèrent une déglaciation générale plus récente de la région centrale de la péninsule Byers, datant d'environ 4 000 à 5 000 ans avant le présent (Björck et al,1991 a, b) tandis que pour d'autres, l'âge de glaciation aurait eu lieu aux alentours de 8 000-9 000 ans avant le présent (Toro et al, 2013). Dans plusieurs endroits, des ossements de baleine subfossiles sont incorporés dans les plages surélevées, parfois sous forme de squelettes entiers. Les datations au carbone 14 des éléments de squelettes à partir d'environ 10 m au-dessus du niveau de la mer sur les plages South suggèrent un âge entre 2 000 et 2 400 ans avant le présent (Hansom, 1979). Les surfaces antérieures à l'Holocène dans la péninsule Byers montrent clairement la présence d'un paysage glaciaire, malgré les formes de terrain peu accidenté. Aujourd'hui, seuls trois petits glaciers résiduels (de moins de 0,5 km2) subsistent sur le promontoire Ray. Les formes de terrain préexistantes modifiées par les glaciers ont été par la suite marquées par des processus fluviaux et périglaciaires (Martinez de Pison et al, 1996).
    Cours d'eau et lacs
    La péninsule Byers est sans doute le site limnologique le plus important de la région des îles Shetland du Sud et de la péninsule antarctique, avec plus de 60 lacs, de nombreux bassins d'eau douce (qui, contrairement aux lacs, gèlent sur toute leur profondeur en hiver) et un réseau hydrographique dense et varié. Le terrain peu accidenté favorise la rétention d'eau et les terres gorgées d'eau sont courantes en été. La teneur en eau des sols minces est toutefois limitée et nombre des chenaux sont fréquemment secs, avec un écoulement souvent intermittent, sauf pendant les périodes de grosse fonte de neige ou lorsqu'ils canalisent l'eau des glaciers (Lopez-Martinez et al, 1996). La plupart des cours d'eau drainent l'eau les champs de neige saisonniers et ne font souvent pas plus de 5 à 10 cm de profondeur (Ellis-Evans, 1996), bien que l'accumulation de neige dans certaines gorges étroites puisse atteindre plus de 2 m de hauteur et générer des barrières de glace qui bloquent l'effluent des lacs. Les cours d'eau plus importants font jusqu'à 4,5 km de longueur, 20 m de largeur et 30 à 50 cm de profondeur dans les tronçons inférieurs au cours des périodes d'écoulement. Les cours d'eau qui canalisent les eaux vers l'ouest comptent souvent des gorges d'un taille assez importante (Lopez-Martinez et al, 1996) et des ravines atteignant 30 m de profondeur ont été découpées dans les plate-formes marines surélevées les plus hautes et les plus larges (Ellis-Evans, 1996). Au-dessus des plages surélevées datant de l'Holocène, les vallées sont peu accidentées, avec des largeurs atteignant plusieurs centaines de mètres.
    Les lacs sont particulièrement abondants sur les plates-formes supérieures (c'est-à-dire au niveau des têtes des bassins) et sur les plages surélevées datant de l'Holocène près de la côte. Le lac Midge est le plus vaste, avec une superficie de 587 × 112 m, et le plus profond, avec une profondeur maximale de 9,0 m. Les plans d'eau intérieurs sont tous pauvres en nutriments et très transparents, avec beaucoup de sédiments dans les eaux plus profondes recouverts d'un tapis dense de mousse aquatique [Drepanocladus longifolius (=D.aduncus)]. Dans certains lacs, comme le lac Chester Cone situé à environ 500 m au sud du lac Midge ou du lac Limnopolar, se trouvent des tapis de mousse aquatiques qui poussent entre un à plusieurs mètres de profondeur et qui recouvrent le fond du lac, formant l'habitat des larves Parochlus (Bonner et Smith, 1985).
    De grandes masses de cette mousse sont parfois emportées par la mer le long du littoral. Les lacs sont généralement gelés jusqu'à 1,0 à 1,5 m de profondeur pendant 9 à 11 mois de l'année et recouverts de neige, bien que les surfaces de certains des lacs les plus élevés restent gelées tout au long de l'année (Ellis-Evans, 1996, Lopez-Martinez et al, 1996). Sur les hauteurs du plateau central, beaucoup de petits cours d'eau peu profonds coulent lentement entre les lacs et se déversent sur de vastes zones planes de lithosols saturés recouverts de tapis épais de cyanobactéries de Phormidium sp. et de Leptolyngbya spp. Ces tapis sont les plus étalés parmi tous les autres sites maritimes de l'Antarctique décrits à ce jour et reflètent la géomorphologie unique et les précipitations annuelles relativement importantes de la zone. Avec la fonte des glaces au printemps, il se produit beaucoup de déversements dans la plupart des lacs, mais les écoulements depuis de nombreux lacs peuvent cesser vers la fin de la saison tandis que la fonte saisonnière des glaces décroît. (Rochera et al, 2010). La plupart des lacs contiennent des crustacés tels que les copépodes Boeckella poppei et le chirocéphale Branchinecta gainii. Certains des cours d'eau contiennent également d'importantes colonies d'algues vertes filamenteuses et de cyanobactéries, ainsi que des diatomées et des copépodes (Kopalova et Van de Vijver, 2013). Un certain nombre de lacs relativement salins d'origine lagunaire sont situés près de la côte, en particulier sur les plages President. Les lacs très riches en matières organiques servent de mottureaux aux éléphants de mer du sud (Mirounga leonina). Ces lacs et bassins côtiers peu profonds situés derrière la première plage surélevée contiennent souvent des tapis d'algues et des crustacés, parmi lesquels les copépodes B. poppei et Parabroteas sorsi, et occasionnellement le chirocéphale Br. gainii. Certains de ces plans d'eau présente une riche biodiversité, avec des espèces de diatomées (Van der Vijver, 2009), d'oligochètes (Rodriguez et Rico, 2009) et de protozoaires ciliés (Petz et al, 2008) nouvellement décrites.
    Végétation
    Bien qu'une grande partie de la péninsule Byers manque de végétation abondante, particulièrement à l'intérieur des terres (consultez Lindsay, 1971), le recours à la technologie satellite montre que la zone comprend 8,1 km2 de végétation verte (p. ex. plantes vasculaires, algues, et quelques espèces de mousse) représentant plus de 50 % de la végétation verte protégée dans l'ensemble des ZSPA terrestres (Hughes et al, 2015) (consultez http://www.add.scar.org/aspa_vegetation_pilot.jsp). Ces communautés souvent éparses sont caractérisées par une flore diverse, avec au moins 56 espèces de lichen, 29 de mousses, 5 d'hépatiques et 2 de phanérogames identifiées à ce jour dans la zone (Vera et al, 2013). De nombreux lichens et mousses non identifiés ont également été collectés. Cela suggère que la zone contient l'une des représentations de flore terrestre les plus diverses connues dans l'Antarctique maritime. Un certain nombre d'espèces sont rares dans cette partie de l'Antarctique maritime. C'est par exemple le cas des bryophytes suivantes : Anthelia juratzkana, Brachythecium austroglareosum, Chorisodontium aciphyllum, Ditrichum hyalinum, Herzogobryum teres, Hypnum revolutum, Notoligotrichum trichodon, Pachyglossa dissitifolia, Platydictya jungermannioides, Sanionia cf. plicata, Schistidium occultum, Syntrichia filaris et Syntrichia saxicola sont considérées comme étant rares. La concentration la plus méridionale de A. juratzkana, D. hyalinum, N. trichodon et S. plicata se trouve dans la péninsule Byers. Parmi la flore de lichens, Himantormia lugubris, Ochrolechia parella, Peltigera didactyla et Pleopsidium chlorophanum sont considérés comme rares.
    Le développement de la végétation est bien plus important sur la côte sud que sur la côte nord. Sur les plages surélevées plus hautes et plus sèches dans le sud, on trouve fréquemment un peuplement ouvert dominé par le Polytrichastrum alpinum (=Polytrichum alpinum), Polytrichum piliferum (=Polytrichum antarcticum), P. juniperinum, Ceratodon purpureus; la mousse Pohlia nutans et plusieurs lichens crustacés y sont fréquents. De vastes peuplements de mousses sont présents à proximité des plages President et South, où des congères s'accumulent fréquemment à la base des pentes qui s'élèvent derrière les plages surélevées, fournissant une importante source d'eau de fonte des glaces en été. Les peuplements de mousses sont principalement dominés par Sanionia uncinata (=Drepanocladus uncinatus), qui forme localement des tapis continus de plusieurs hectares. La composition de la végétation est plus diverse que sur les zones plus élevées et plus sèches. A l'intérieur des terres, les lits humides des vallées abritent des peuplements de Brachythecium austrosalebrosum, Campylium polygamum, Sanionia uncinata, Warnstorfia laculosa (=Calliergidium austrostramineum), et de W. sarmentosa (=Calliergon sarmentosum). A l'inverse, les tapis de mousses sont quasi inexistants sur une distance de 250 m à partir de la côte nord, remplacés par des colonies de Sanionia de faible dimension dans les creux entre les plages surélevées jusqu'à 12 m d'altitude. Des lichens, principalement du type Acarospora, Buellia, Caloplaca, Verrucaria et Xanthoria, sont présents sur les crêtes inférieures des plages surélevées (2 à 5 m), avec Sphaerophorus, Stereocaulon et Usnea devenant les lichens prédominants à mesure que l'altitude croît (Lindsay, 1971).
    Sur des pentes de cendre où l'eau est mieux évacuée, Bryum spp., Dicranoweisia spp., Ditrichum spp., Pohlia spp., Schistidium spp., et Tortula spp. sont courants sous forme de coussins et tourbes isolés avec divers hépatiques, lichens (notamment le Placopsis contortuplicata rose et foliacé noir Leptogium puberulum), et la cyanobactérie Nostoc commune. P. contortuplicata est présente à l'intérieur des terres et dans les habitats des hauteurs où l'azote est rare et elle est typique du substrat avec un certain degré de perturbation, comme la solifluxion ; elle est souvent la seule plante à coloniser les petits fragments rocheux, les bandes de pierres et les polygones gonflés par le gel (Lindsay, 1971). On la trouve généralement isolée et très occasionnellement avec des espèces d'Andreaea et d'Usnea. N. commune couvre de vastes zones saturées planes ou légèrement inclinées de blocs d'argile graveleuse depuis des altitudes entre 60 à 150 m, formant des rosettes discrètes d'environ 5 cm de diamètre espacées de 10 à 20 cm (Lindsay, 1971). Des coussins épars quasi sphériques d'Andreaea, Dicranoweisia, et Ditrichum se trouvent sur les sols les plus secs. Dans les zones humides influencées par les oiseaux et les phoques, l'algue verte foliacée Prasiola crispa est parfois abondante.
    Les surfaces rocheuses sur la péninsule Byers sont principalement friables, mais localement colonisées par des lichens, notamment près de la côte. Les culots volcaniques se composent de roche plus dure et plus stable et sont couverts de lichens denses et de mousses occasionnelles. Le culot d'usnée est remarquable par sa croissance luxuriante de Himantormia lugubris et d'Usnea aurantiaco-atra (=U. fasciata). De manière plus générale, H. lugubris et U. aurantiaco-atra sont les espèces dominantes de lichens sur le relief exposé de l'intérieur des terres, poussant avec la mousse Andreaea gainii sur la majeure partie de la roche exposée, couvrant jusqu'à 80 % du substratum (Lindsay, 1971). Dans les poches non exposées qui abritent de petites accumulations de sol minéral, les hépatiques Barbilophozia hatcheri et Cephaloziella varians (= C. exiliflora) sont fréquentes, mais plus souvent mêlées à des coussins de Bryum, de Ceratodon, de Dicranoweisia, de Pohlia, de Sanionia, de Schistidium et de Tortula. La Sanionia et la Warnstorfia forment de petits peuplements, éventuellement liés à l'absence de vastes étendues de neige et associés aux écoulements de la fonte des glaces. Le Polytrichastrum alpinum forme de petits coussins discrets dans des creux, mais dans des conditions favorables, il peut fusionner avec les coussins d'Andreaea gainii (Lindsay, 1971).
    Les lichens crustacés sont principalement représentés par les espèces de Buellia, Lecanora, Lecedella, Lecidea, Placopsis et Rhizocarpon qui poussent sur la roche, avec les espèces de Cladonia et Stereocaulon poussant sur les mousses, particulièrement l'Andreaea (Lindsay, 1971). Sur la côte sud, les tapis de mousse sont communément colonisés par des lichens épiphytes, comme le Leptogium puberulum, le Peltigera rufescens, le Psoroma spp., ainsi que le Coclocaulon aculeata et le C. epiphorella. Sur les falaises maritimes, le Caloplaca et le Verrucaria spp. dominent sur les surfaces inférieures exposées à l'embrun salé jusqu'à environ 5 m, avec des espèces nitrophiles comme le Caloplaca regalis, l'Haematomma erythromma,et le Xanthoria elegans souvent dominantes à des altitudes supérieures où les oiseaux de mer font fréquemment leurs nids. Ailleurs sur les surfaces de falaises sèches, un peuplement de lichens crustacés Ramalina terebrata est courant. Divers lichens ornithocoprophiles, comme le Catillaria corymbosa, le Lecania brialmontii et les espèces de Buellia, de Haematomma, Lecanora et de Physcia se trouvent sur les roches à proximité de concentration d'oiseaux en phase de reproduction, ainsi que les lichens foliacés Mastodia tessellata, Xanthoria elegans et X. candelaria qui sont généralement dominants sur les blocs rocheux secs.
    L'agrostis scabre de l'Antarctique (Deschampsia antarctica) est commune à plusieurs endroits, principalement sur la côte sud, et forme occasionnellement des peuplements de graminées fermés (par ex. sur la colline Sealer) ; la sagine antarctique (Colobanthus quitensis) est parfois associée. Les deux plantes sont relativement abondantes dans les ravines du sud avec une pente raide exposée au nord, formant de vastes peuplements occasionnellement purs d'épais tapis de Brachythecium et de Sanionia, bien qu'on les trouve rarement au-dessus de 50 m d'altitude (Lindsay, 1971). Un peuplement ouvert se composant principalement de Deschampsia et de Polytrichum piliferum s'étend sur plusieurs kilomètres sur les plages surélevées sablonneuses sèches de South. Une herbe dont la forme de croissance est inhabituelle, formant des buttes isolées de 25 cm de haut et jusqu'à 2 m d'envergure, est présente sur la plage près de la colline Sealer. Deschampsia a été trouvé uniquement à un endroit de la côte nord (pointe Lair), où il forme de petites mèches rabougries (Lindsay, 1971).
    Invertébrés
    La faune micro-invertébrée sur la péninsule Byers qui a été décrite à ce jour comprend (Usher et Edwards 1986, Richard et al,1994, Block et Stary 1996, Convey et al,1996, Rodriguez et Rico, 2008) six collemboles (Cryptopygus antarcticus, Cryptopygus badasa, Friesea grisea, Friesea woyciechowskii, Isotoma (Folsomotoma) octooculata (=Parisotoma octooculata) et Tullbergia mixta; un mesostigmata (Gamasellus racovitzai), cinq cryptostigmata (Alaskozetes antarcticus, Edwardzetes dentifer, Globoppia loxolineata (=Oppia loxolineata), Halozetes belgicae et Magellozetes antarcticus) ; dix prostigmata (Bakerdania antarcticus, Ereynetes macquariensis, Eupodes minutus, Eupodes parvus grahamensis, Nanorchestes berryi, Nanorchestes nivalis, Pretriophtydeus tilbrooki, Rhagidia gerlachei, Rhagidia leechi, et Stereotydeus villosus) ; deux diptères (Belgica antarctica et Parochlus steinenii), et deux oligochètes (Lumbricillus healyae et Lumbricillus sp.), un copépode (Boeckella poppei), un crustacé (Branchinecta gainii) et un type de cladocères (Macrothrix ciliate).
    Des larves de chironomide sans ailes Belgica antarctica sont présentes en nombre limité dans la mousse humide, en particulier sur les tapis de Sanionia, bien que leur répartition soit très restreinte sur la péninsule Byers (elles se trouvent surtout près de Cerro Negro) et puisse se rapprocher de sa limite géographique septentrionale. Le chironomide ailé Parochlus steinenii et ses larves résident sur les bords des lacs et bassins à l'intérieur, notamment le lac Midge et un autre près du culot d'usnée, et se trouvent également parmi les pierres de nombreux lits de cours d'eau (Bonner et Smith, 1985, Richard et al, 1994, Ellis-Evans, communication personnelle, 1999, Rico et al,2013). Par temps calme et chaud, il est possible de voir des essaims d'adultes au-dessus des bords de lacs.
    La diversité du peuplement d'arthropodes décrite dans la péninsule Byers est plus importante que dans tout autre site antarctique documenté (Convey et al, 1996). Diverses études (Usher et Edwards 1986, Richard et a., 1994, Convey et al,1996) ont démontré que la composition de la population d'arthropodes sur la péninsule Byers varie considérablement avec l'habitat sur une petite zone. Le Tullbergia mixta a été observé en nombres relativement importants ; sa répartition dans l'Antarctique semble limitée aux îles Shetland du Sud (Usher et Edwards, 1986). Localement, la plus grande diversité est sans doute observée dans les communautés dominées par des coussins de mousses comme l'Andreaea spp. (Usher et Edwards, 1986). D'autres prélèvements sont nécessaires pour établir les populations et les diversités avec une plus grande fiabilité. Si de nouveaux prélèvements sur d'autres sites pourront encore révéler que les communautés décrites sur la péninsule Byers sont communes dans des habitats similaires dans la région, les données disponibles sur la microfaune confirment l'importance biologique de la zone.
    Microorganismes
    Une analyse d'échantillons de sol recueillis dans la péninsule Byers a révélé la présence de plusieurs champignons nématophages : dans le sol colonisé par le Deschampsia, l'Acrostalagmus goniodes, l'A. obovatus, le Cephalosporium balanoides et le Dactylaria gracilis ont été trouvés, tandis que des Cephalosporium balanoides et du Dactylella gephyropaga ont été trouvés dans le sol dominé par le Colobanthus (Gray et Smith, 1984). Le basidiomycète Omphalina antarctica est souvent abondant sur les peuplements humides de la mousse Sanionia uncinata (Bonner et Smith, 1985). Trente-sept taxons de nématodes ont été répertoriés, leurs échantillons révélant une grande diversité de richesse et d'abondance, faisant de la péninsule Byers un haut lieu de la biodiversité (Nielsen et al, 2011).
    Certains des plans d'eau présentent une grande biodiversité microbienne (Velazquez et al, 2010 ; Villaescusa et al, 2010) qui inclut la plus grande diversité génétique virale trouvée dans les lacs antarctiques (López-Bueno et al, 2009)
    Oiseaux reproducteurs
    L'avifaune de la péninsule Byers est diverse, bien que les colonies en phase de reproduction ne soient généralement pas de grande taille. Deux espèces de manchots, le manchot à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et le manchot papou (P. papua), se reproduisent dans la zone.
    La reproduction des manchots Adélie (P. adeliae) n'a pas été observée sur la péninsule Byers ou sur ses îlots au large. Dans les îles Shetlands du Sud, les manchots Adélie ne se reproduisent que sur l'île du Roi-George, où les populations sont en déclin (Carlini et al, 2009).
    La principale colonie de manchots à jugulaire se trouve à la pointe du Diable, où elle a été estimée à environ 3 000 couples en 1987 ; un décompte plus précis a été effectué en 1965, indiquant environ 5 300 couples répartis en quatre colonies distinctes, dont presque 95 % établissaient leurs nids sur l'île Demon, à 100 m au sud de la pointe du Diable (Croxall et Kirkwood, 1979 ; Woehler, 1993). Deux colonies d'environ 25 couples de manchots à jugulaire entourées par une colonie de manchots papous se trouvent sur les plages President à proximité de la pointe du Diable (Barbosa et al., 2013). De petites colonies de manchots à jugulaire ont été observées sur la côte nord, par ex. sur les plages Robbery (50 couples en 1958 ; Woehler, 1993), mais aucun couple en phase de reproduction n'y a été signalé lors d'une étude datant de 1987. Dans d'autres lieux, la pointe Lair contenait 156 couples en 1966, un chiffre tombé à 25 couples en 1987 (Woehler, 1993). Lors d'une récente visite dans la région (janvier 2009), 20 couples ont été comptés (Barbosa, communication personnelle).
    Les manchots papous se reproduisent sur plusieurs colonies sur la pointe du Diable, avec approximativement 750 couples enregistrés en 1965 (Croxall et Kirkwood, 1979, Woehler, 1993). Actuellement, trois colonies s'y trouvent, pour un total d'environ 3 000 couples (Barbosa, communication personnelle). Sur la côte nord, une roquerie de trois colonies cumulant 900 couples se trouve sur les plages Robbery (Woehler, 1993). Lors d'une visite sur la Pointe Lair en janvier 2009, environ 1 200 couples ont été recensés. Woehler (1993) ne donne aucune donnée sur les manchots papous à cet endroit.
    Des estimations récentes de la taille de la population pour certaines espèces d'oiseaux volants ont été obtenues suite à une étude menée en décembre 2008 et en janvier 2009 (Gil-Delgado et al, 2010). La population de sternes antarctiques (Sterna vittata) a été estimée à 1 873 couples en phase de reproduction. Deux cent trente-huit couples de pétrels géants (Macronectes giganticus) et 15 couples de grands labbes (Catharacta lonnbergi) établissement leurs nids localement. Une étude détaillée d'autres oiseaux en phase de reproduction a été menée en 1965 (White, 1965). L'espèce en phase de reproduction la plus présente qui a été enregistrée à l'époque, avec environ 1 760 couples, était la sterne antarctique (Sterna vittata), suivie de 1 315 couples d'océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), approximativement 570 couples de damiers du Cap (Daption capense), 449 couples de goélands dominicains (Larus dominicanus), 216 couples de pétrels géants, 95 couples d'océanites à ventre noir (Fregetta tropica), 47 couples de cormorans impériaux (Phalacrocorax atriceps) (y compris sur les îlots côtiers), 39 couples de grands labbes et 3 couples de becsen-fourreaux (Chionis alba). Par ailleurs, des petits prions (Pachytilla sp.) et des pétrels des neiges (Pagodroma nivea) ont été aperçus sur la péninsule, mais leur reproduction n'y a pas été confirmée. Le recensement d'oiseaux fouisseurs et d'oiseaux qui établissent leurs nids dans les pierriers est considéré sous-estimé (White, communication personnelle, 1999). La majorité des oiseaux établissent leurs nids à proximité de la côte, principalement à l'ouest et au sud.
    Récemment, des échassiers errants, probablement des bécasseaux à croupion blanc (Calidris fuscicollis) ont été fréquemment aperçus se nourrissant dans certains cours d'eau des plages du sud (Quesada, communication personnelle, 2009).
    Mammifères en phase de reproduction
    De grands groupes d'éléphants de mer du sud (Mirounga leonina) se reproduisent sur la côte de la péninsule Byers, avec un total de plus de 2 500 individus observés sur les plages South (Torres et al, 1981) ce qui en fait l'une des plus grandes populations de cette espèce observées dans les îles Shetland du Sud. Une estimation effectuée en 2008-2009 a indiqué une population comptant entre 4 700 et 6 300 individus (Gil-Delgado et al, 2013). Ils se réunissent en grand nombre dans les mottureaux et le long des plages en été. Des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii), des phoques crabiers (Lobodon carcinophagous) et des léopards de mer (Hydrurga leptonyx) sont parfois observés aux alentours du littoral. Autrefois, les otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) étaient très représentées sur la péninsule Byers (voir ci-dessous), mais elles n'ont pas massivement re-colonisé la zone, malgré la récente expansion rapide de la population dans d'autres parties de l'Antarctique maritime.
    Particularités historiques
    Suite à la découverte des îles Shetland du Sud en 1819, une campagne intensive de chasse aux phoques dans la péninsule Byers entre 1820 et 1824 a exterminé presque toutes les otaries à fourrure de l'Antarctique et les éléphants de mer du sud présents sur place (Smith et Simpson, 1987). Au cours de cette période, on dénombra en été jusqu'à 200 chasseurs de phoques américains et britanniques vivant sur la côte dans des refuges et grottes en pierre sèche autour de la péninsule Byers (Smith et Simpson, 1987). Des témoignages de leur occupation subsistent dans leurs nombreux refuges, dont certains contiennent encore des artéfacts (vêtements, outils, matériaux de construction, etc.). Plusieurs navires phoquiers se sont échoués près de la péninsule Byers et on retrouve le bois de ces navires le long des rives. La péninsule Byers rassemble la plus grande concentration en Antarctique de refuges de chasseurs de phoques du début du XIXe siècle et de vestiges associés ; ces éléments sont vulnérables aux perturbations et/ou au retrait.
    Le nombre d'éléphants de mer et, dans une certaine mesure, le nombre d'otaries à fourrure, a connu une nouvelle croissance après 1860, mais ces animaux ont à nouveau été décimés par une deuxième campagne de chasse qui s'est prolongée jusque vers 1910.
    Activités et impacts humains
    L'époque moderne des activités humaines dans la péninsule Byers a été largement limitée à la science. Les impacts de ces activités n'ont pas été décrits, mais ils sont relativement légers et se limitent à des éléments tels que les campements, le piétinement (Tejedo et al, 2012 ; Pertierra et al, 2013a), les différents types de balises, les déchets provenant des bateaux rejetés sur les plages (par ex. des bateaux de pêche), les déchets humains et les prélèvements scientifiques. Plus récemment, les impacts d'activités de terrain provenant du campement international (62º39'49.7" de latitude sud, 61º05'59.8" de longitude ouest) entre 2001-2010 ont pu être quantifiés (Pertierra et al, 2013b). Plusieurs piquets de balisage en bois et un flotteur de pêche en plastique ont été trouvés au sud-ouest de la zone lors d'une courte visite en février 2001 (Harris, 2001). Pendant l'été 2009-2010, une étude des déchets sur les plages a été entreprise (L. R. Pertierra, communication personnelle, 2011). La proportion de déchets la plus élevée sur les plages (proportion moyenne sur la longueur de plage) a été trouvée sur la plage Robbery (64 %), suivie de la plage President (28 %) et des plages au sud-ouest de la zone (8 %). Il est probable que ce soit lié à leur exposition au passage Drake (Torres et Jorquera, 1994). La majorité des déchets trouvés sur les trois plages étaient en bois (78 % par nombre d'éléments) et en plastique (19 %), tandis que les déchets en métal, en verre et en tissus étaient plus rares (moins de 1 %). Plusieurs morceaux de bois ont été trouvés, dont certains étaient relativement grands (plusieurs mètres de long). Les éléments en plastique étaient très divers, les plus nombreux étant des bouteilles, des cordages et des bandes. Des flotteurs et bouteilles en verre ont également été trouvés sur les plages.


    Vous pouvez consulter l'intégralité du texte avec ses images à partir de l'extrait du Journal officiel électronique authentifié accessible en bas de page

    Carte 1. - Péninsule Byers, ZSPA n° 126, île Livingston, îles Shetland du Sud, carte de localisation. Encart : emplacement de la péninsule Byers, sur la péninsule Antarctique.


    Vous pouvez consulter l'intégralité du texte avec ses images à partir de l'extrait du Journal officiel électronique authentifié accessible en bas de page

    Carte 2. - ZSPA n° 126 : carte topographique de la péninsule Byers.

  • Annexe


    MESURE 5 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 127 (ÎLE HASWELL) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant


    - La recommandation VIII-4 (1975), qui a désigné l'île Haswell comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 7 et a annexé un plan de gestion pour le site ;
    - Les recommandations X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985), et XVI-7 (1987), et la mesure 3 (2001), qui ont prorogé la date d'expiration du SISP n° 7 ;
    - La décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté le SISP n° 7 en ZSPA n° 127 ;
    - La mesure 4 (2005) qui a prorogé la date d'expiration du plan de gestion de la ZSPA n° 127 ;
    - La mesure 1 (2006) et la mesure 5 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA n° 127 ;


    Rappelant que les recommandations VIII-4 (1975), X-6 (1979), XII-5 (1983), XIII-7 (1985) et XVI-7 (1987) ont été désignées comme n'étant plus en vigueur par la décision 1 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 127 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel de la ZSPA n° 127 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127 (île Haswell), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127 qui figure en annexe à la mesure 5 (2011) soit abrogé.

  • Annexe


    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 127, ÎLE HASWELL (ÎLE HASWELL ET COLONIE ADJACENTE DE MANCHOTS EMPEREURS SUR DES GLACES DE FORMATION RAPIDE)
    1. Description des valeurs à protéger


    La zone comprend l'île Haswell avec sa zone littorale et les glaces de formation rapide adjacentes, lorsqu'elles sont présentes.
    L'île Haswell a été découverte par l'expédition antarctique australienne menée par D. Mawson en 1912. Elle doit son nom à William Haswell, un professeur de biologie qui a apporté son aide à l'expédition. L'île Haswell est la plus grande île de l'archipel éponyme, avec une hauteur de 93 mètres et une superficie de 0,82 m2. L'île se situe à 2,5 km de la station russe Mirny, qui est en activité depuis 1956.
    Une grande colonie de manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) est présente à l'est et au sud-est de l'île, sur de la glace de formation rapide.
    L'île Haswell est un site de reproduction unique pour la quasi-totalité des espèces aviaires de l'Antarctique oriental, notamment : le pétrel antarctique (Talassoica antarctica) ; le fulmar argenté (Fulmarus glacioloides) ; le damier du Cap (Daption capense) ; le pétrel des neiges (Pagodroma nivea) ; l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) ; le labbe antarctique (Catharacta maccormicki) ; et le manchot Adélie (Pygoscelis adeliae).
    La zone abrite cinq espèces de pinnipèdes, dont le phoque de Ross (Ommatophoca rossii) qui est une espèce spécialement protégée.
    La VIIIe RCTA, tenue à Oslo en 1975, a approuvé sa désignation en tant que SISP n° 7 pour les motifs susmentionnés, suite à une proposition faite dans ce sens par l'URSS. La carte 1 montre l'emplacement de l'île Haswell et des îles environnantes (à l'exception de l'île Vkhodnoy), la station Mirny et les sites où se déroulent des activités logistiques. Ce site a été rebaptisé et renuméroté ZSPA n° 127 par la décision 1 (2002).
    Les limites de la ZSPA comprennent l'île Haswell (66º31'S, 93º00'E) d'une superficie de 0,82 km2 ainsi que la section adjacente de glaces de formation rapide de la mer Davis, d'une superficie d'environ 5 km2 (lorsqu'elles sont présentes) où vit une colonie de manchots empereurs (carte 2). C'est l'une des rares colonies de manchots empereurs à vivre à proximité d'une station antarctique permanente, ce qui favorise l'étude de l'espèce et de son habitat.
    Initialement décrite par des biologistes durant les premières expéditions soviétiques, la zone a été étudiée dans les années 1970 et plus récemment, ce qui a permis d'obtenir des informations précieuses pour mener des études comparatives et assurer le suivi de l'impact environnemental à long terme d'une grande station antarctique.


    2. Buts et objectifs


    Les recherches engagées dans la ZSPA visent à mieux comprendre comment les changements naturels et anthropiques de l'environnement influent sur l'état et la dynamique des populations locales de faune et de flore et comment ces changements influent sur l'interaction entre les principales espèces de l'écosystème antarctique.
    La gestion de l'île Haswell vise à :


    - éviter tout impact direct des activités logistiques sur la zone ;
    - réglementer l'accès à la zone ;
    - éviter les changements d'origine anthropique de la structure et de l'abondance des populations locales de flore et de la faune ;
    - permettre des recherches scientifiques, sous réserve que ces travaux répondent à des buts scientifiques indispensables qui ne peuvent être satisfaits ailleurs ;
    - faciliter la recherche scientifique sur l'environnement dans le cadre de la surveillance et de l'évaluation de l'impact des activités humaines sur les populations ;
    - encourager l'éducation en matière environnementale et la sensibilisation à l'importance de l'environnement.


    3. Activités de gestion


    Les activités de gestion qui suivent devront être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :


    - Lorsqu'un navire s'approche de la station Mirny et lorsqu'il y arrive, toutes les personnes à bord doivent être informées de l'existence et de l'emplacement de la ZSPA ainsi que des dispositions pertinentes du plan de gestion.
    - Des copies du plan de gestion et des cartes de la zone indiquant son emplacement doivent être mises à la disposition de toutes les unités qui se livrent à des travaux logistiques et scientifiques sur les îles Haswell.
    - Un panneau indiquant l'emplacement et les limites de la zone et mentionnant clairement les restrictions d'accès (« Entrée interdite ! Zone spécialement protégée de l'Antarctique ») sera installé à l'intersection des lignes tirées entre l'île Gorev et l'île Fulmar, et la pointe Mabus et l'extrémité orientale de l'île Haswell, afin d'éviter toute entrée inopportune dans la zone après la formation des glaces rapides sur lesquelles des déplacements peuvent être entrepris à pied et en véhicule.
    - Des panneaux d'information seront installés en haut de la pente de la pointe Mabus ainsi que sur les sites d'activités de la station au voisinage immédiat de la zone.
    - Les bornes et les panneaux mis en place dans la zone devront être solidement fixés, et soigneusement entretenus et seront sans effet sur l'environnement.
    - Les survols de la zone ne sont autorisés que dans les conditions arrêtées dans la section 7. Critères de délivrance des permis.


    Le plan de gestion sera périodiquement révisé afin de veiller à la bonne protection des valeurs de la zone spécialement protégée de l'Antarctique. Toute activité envisagée dans la zone fera l'objet au préalable d'une évaluation d'impact sur l'environnement.


    4. Durée de la désignation


    La zone est désignée pour une période indéterminée.


    5. Cartes


    Carte 1. - Emplacement des îles Haswell, de la station Mirny et des sites d'activités logistiques.
    Carte 2. - Limites de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127, île Haswell.
    Carte 3. - Emplacement des colonies d'oiseaux reproducteurs.
    Carte 4. - Carte topographique de l'île Haswell.


    6. Description de la Zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel


    La zone occupe un territoire inscrit dans le polygone ABFEDC (66º 31'10” S, 92º 59'20” E ; 66º 31'10” S, 93º 03'E ; 66º 32'30” S, 93º 03'E ; 66º 32'30” S, 93º 01'E ; 66º 31'45” S, 93º 01'E ; 66º 31'45” S, 92º 59'20” E) (carte 2). La zone de glaces de formation rapide indiquée sur la mer Davis englobe l'ensemble des voies probablement empruntées par les manchots empereurs durant la période de reproduction.
    Topographie
    Les limites de la zone sur les glaces de formation rapide situées à proximité de la station peuvent être grossièrement identifiées (à vue) sur le terrain comme étant l'axe EF (île Vkhodnoy - île Fulmar) et l'axe ED (pointe Mabus - extrémité orientale de l'île Haswell). Un panneau indiquant les limites de la zone et mentionnant clairement les restrictions d'accès (« Entrée interdite ! Zone spécialement protégée de l'Antarctique ») sera installé au point E. Des panneaux d'information indiquant la distance jusqu'aux limites de la zone seront installés sur les sites d'activités de la station au voisinage direct de la zone (au sommet de la pente de pointe Mabus, ainsi que sur les îles Buromsky, Zykov, Fulmar et Tokarev).
    Il est très peu probable que les limites maritimes de la zone seront passées par inadvertance car aucune activité n'est actuellement menée à cette distance de la station. Les limites ne reposent sur aucun repère visuel et seront identifiées sur carte.
    Il n'existe ni route ni chemin à l'intérieur de la zone.
    Etat de la glace
    La zone comprend l'île Haswell (la plus grande de l'archipel), son littoral et la zone adjacente de glaces de formation rapide sur la mer Davis. L'observatoire russe Mirny (devenu une station), construit sur des nunataks côtiers de la péninsule Mirny au sud de la ZSPA, est exploité depuis 1956.
    Pendant la majeure partie de l'année, les zones de mer situées à l'intérieur de la zone sont recouvertes de glaces de formation rapide qui atteignent 30 à 40 km de large à la fin de l'hiver. Leur rupture intervient entre le 17 décembre et le 9 mars (le 3 février en moyenne), et elles se forment à nouveau entre le 18 mars et le 5 mai (le 6 avril en moyenne). La probabilité que la zone au large de Mirny soit libérée des glaces pendant plus d'un mois est de 85 %, pendant plus de deux mois de 45 % et pendant plus de trois mois de 25 %. La zone est toujours pleine d'icebergs. En été, lorsque les glaces de formation rapide disparaissent, les icebergs dérivent vers l'ouest, le long de la côte. La température de l'eau est toujours inférieure à zéro. Les marées ont un rythme journalier irrégulier.
    Analyse des domaines environnementaux
    D'après l'analyse des domaines environnementaux de l'Antarctique (résolution 3, 2008), l'île Haswell se trouve dans le domaine de l'environnement L banquise de la zone côtière continentale.
    Particularités biologiques
    Les eaux côtières abritent une abondante faune benthique. La faune ichtyologique de la zone est dominée par différentes espèces de poissons des glaces, tandis que la légine antarctique (Dissostichus mawsoni) et la calandre antarctique (Pleuragramma antarcticum) sont moins abondantes. L'existence d'une bonne base alimentaire et de sites de nidification adaptés crée un environnement favorable pour de nombreux oiseaux de mer. Selon de précédentes observations, 14 espèces d'oiseaux vivent à proximité de Mirny (tableau 1).
    La faune côtière est principalement constituée de pinnipèdes, les phoques de Weddell (Leptonychotes weddelli) étant l'espèce la plus abondante. D'autres espèces de phoques de l'Antarctique peuvent être observées de temps à autre, en très petits nombres. Des petits rorquals (Balaenoptera acutorostrata) et des épaulards (Orcinus orca) ont fréquemment été observés à proximité de Mirny.
    Tableau 1. La faune aviaire de l'île Haswell (ZSPA n° 127).


    1.

    Manchot empereur (Aptenodytes forsteri)

    B, M

    2.

    Manchot Adélie (Pygoscelis adeliae)

    B, M

    3.

    Manchot à jugulaire (Pygoscelis antarctica)

    V

    4.

    Manchot macaroni (Eudyptes chrysolophus)

    V

    5.

    Fulmar argenté (Fulmarus glacialoides)

    B

    6.

    Pétrel antarctique (Thalassoica antarctica)

    B

    7.

    Damier du cap (Daption capense)

    B

    8.

    Pétrel des neiges (Pagodroma nivea)

    B

    9.

    Pétrel géant (Macronectes giganteus)

    V

    10.

    Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus)

    B

    11.

    Labbe pomarin (Stercorarius pomarinus)

    V

    12.

    Labbe antarctique (Catharacta maccormicki)

    B

    13.

    Labbe brun (Catharacta Antarctica lonnbergi)

    B

    14.

    Goéland dominicain (Larus dominicanus)

    V


    Notes : B - Espèces en phase de reproduction ; M - Sites de mue à proximité de la station ; V - Espèces de passage.
    A l'heure actuelle, des oiseaux de mer nichent sur dix des 17 îles de l'archipel. Sept espèces se reproduisent directement sur les îles, et l'une d'elles, le manchot empereur (Aptenodytes forsteri), sur les glaces de formation rapide. Quelques espèces de passage ont également été observées dans la zone. En général, la composition des espèces principales de faune aviaire reste stable pendant plus de soixante ans et est caractéristique des zones côtières de l'Antarctique.
    L'inscription d'espèces de passage à la liste des espèces s'explique par les nombreuses observations ornithologiques effectuées. Toutes les espèces nouvellement inscrites sont reprises comme espèces de passage. Dans le même temps, le pétrel géant, observé pour la première fois à Mirny en 2006, semble visiter la zone rarement mais régulièrement, et le taux de reproduction enregistré et la présence de labbes bruns dans l'archipel semble montrer que les aires de reproduction de l'espèce s'étendent.
    Des cas de nidification de couples hybrides de labbe antarctique (Catharacta maccormicki) et de labbe brun (Catharacta Antarctica lonnbergi) sont observés depuis 2012.
    Le manchot empereur (Aptenodytes forsteri)
    La colonie de manchots empereurs des îles Haswell occupe les glaces de formation rapide de la mer Davis, à 2 ou 3 km au nord-est de la station Mirny, et généralement à moins d'1 km de l'île Haswell. La colonie a été découverte et décrite par les membres occidentaux de l'expédition antarctique australasienne, le 25 novembre 1912. Toutefois, ce n'est qu'après la création de l'observatoire Mirny qu'elle a fait l'objet d'études approfondies. Depuis sa création en 1956, l'observatoire a réalisé des travaux périodiques de suivi de la taille de la colonie en phase de reproduction. La première observation à l'année a été effectuée par E.S. Korotkevich en 1956 (Korotkevich, 1958), poursuivie jusqu'en 1962 (Makushok, 1959 ; Korotkevich, 1960 ; Prior, 1968), et reprise par V.M. Kamenev à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (Kamenev, 1977). Après une longue interruption, les observations de la faune aviaire ont été reprises à l'observatoire entre 1999 et 2011 (Gavrilo, Mizin, 2007, Gavrilo, Mizin, 2011, Neelov 2007 et al.).
    Le tableau 2 présente un calendrier des différents épisodes phénologiques survenus dans la colonie de manchots empereurs des îles Haswell.
    Tableau 2. Dates des épisodes phénologiques survenus dans la colonie de manchots empereurs, îles Haswell.


    Arrivée des manchots sur le site de la colonie

    10 derniers jours de mars

    Pic de la période d'accouplement

    Fin avril - 10 premiers jours de mai

    Commencement de la ponte

    Cinq premiers jours de mai

    Début de l'éclosion

    5 - 15 juillet

    Les oisillons commencent à quitter les poches à couvée

    10 derniers jours d'août

    Les oisillons se rassemblent en crèches

    10 premiers jours de septembre

    Les oisillons commencent à muer

    Fin octobre - début novembre

    Les adultes commencent à muer

    10 derniers jours de novembre - cinq premiers jours de décembre

    La colonie commence à se démanteler

    10 derniers jours de novembre - mi-décembre

    Les oiseaux quittent le site de la colonie

    Cinq derniers jours de décembre - 10 premiers jours de janvier


    Selon les estimations et les données de recensement réalisés entre 1956 et 1966, la population totale de manchots empereurs variait entre 14 000 et 20 000 (Korotkevich, 1958, Makushok, 1959, Prior, 1964, Kamenev, 1977). Ensuite, dans les années 1970 et 1980, la population a diminué d'un tiers, mais s'est progressivement rétablie dans les années 2000. A l'heure actuelle, la colonie est stable mais tend à diminuer. Les observations effectuées en été en 2010-2011, pendant la période de ponte et en présence d'une forte concentration d'oiseaux adultes, ont permis d'établir que la population de la colonie atteignait les 13 000 individus, et il semblerait, d'après le recensement d'oisillons effectué en 2015, que la population de la colonie s'élève à plus de 14 000 individus (RAE, non publié).
    Des analyses comparatives des dynamiques démographiques de deux colonies de manchots empereurs situées dans la même écorégion (80°E - 140°E), sur l'île Haswell et à Pointe Géologie, ont montré des tendances similaires sur ces 50 dernières années (Barbraud et al., 2011). Avant les années 1970, la population de manchots dans l'archipel de Pointe Géologie, Terre Adélie (ZSPA n° 120) était stable. Elle était stable ou en légère baisse sur l'île Haswell. Le taux d'accroissement de la population et le nombre d'individus ont fortement diminué dans les deux colonies lors du changement de régime climatique survenu dans les années 1970-1980. L'étendue du déclin était similaire, et le nombre de couples reproducteurs y correspondaient. De ce fait, on pourrait penser que les changements climatiques et environnementaux communs à grande échelle et les changements de l'écosystème qui y sont liés et qui ont été observés dans l'océan Austral peuvent avoir des effets sur les populations de manchots.
    Ces mêmes facteurs négatifs sont susceptibles de toucher les deux populations. La couverture de glace, qui influence l'écologie du manchot empereur, serait l'un de ces facteurs. Le diminution de la couverture de glace et une rupture des glaces de formation rapide plus précoce nuit à la survie et à la population reproductrice des manchots, en raison de la diminution de nourriture disponible (comme démontré précédemment par Barbraud, Weimerskirch, 2001, Jenouvrier et al., 2009). Au cours des vingt dernières années, la dynamique démographique des deux colonies a été positive grâce à l'accroissement de la couverture de glace et à la rupture plus tardive des glaces de formation rapide.
    Tableau 3. Facteurs ayant une incidence sur la population de manchots empereurs des îles Haswell et mesures d'atténuation requises.


    Actions visant à atténuer l'impact des facteurs d'origine anthropique

    Facteurs d'origine anthropique

    Perturbations par des visiteurs

    Les visites de la colonie doivent être strictement réglementées.

    Prélèvement d'œufs

    La collecte d'œufs est interdite sauf si un permis de recherche a été délivré par une autorité nationale.

    Perturbations dues aux survols

    L'itinéraire et l'altitude des vols doivent être sélectionnées conformément aux prescriptions du présent plan de gestion.

    Facteurs naturels

    Changements climatiques et variabilité des ressources en aliments. Les changements saisonniers de l'état de la glace affectent la disponibilité de la nourriture et, partant, peuvent influer sur le taux de survie des adultes et des oisillons. (Une diminution de la couverture de glace de mer d'avril à juin engendre une baisse dans le taux d'accroissement de la population ainsi qu'une baisse du nombre d'individus. Une rupture précoce des glaces de formation rapide augmente la mortalité des oisillons).


    Les données sur l'évolution de la taille des autres populations ne sont pas aussi complètes (tableau 4). Les modifications à long terme peuvent faire état d'une tendance négative. Cependant, il n'est pas possible de tirer des conclusions solides en ne se basant que sur les trois études incomplètes qui ont été publiées à plusieurs décennies d'intervalle.
    Tableau 4. Evolution à long terme de la taille des populations d'oiseaux des îles Haswell (tendance 1 = certaine, 0 = incertaine, - 1 = négative, ? = supposée.)


    Espèces

    Années 1960
    et 1970, adultes
    et individus

    1999 à 2001

    2009 à 2010, adultes
    et individus

    Tendance

    Manchot Adélie

    41 000 à 44 500

    Environ 31 000 adultes

    Environ 27 000

    -1

    Fulmar argenté

    9 500 à 10 000

    2 300 nids avec couvées

    Environ 5 000

    -1

    Pétrel antarctique

    900-1050

    150 à 200 nids avec couvées

    Environ 500

    -1

    Pétrel du cap

    750

    150 nids avec couvées

    Environ 300

    -1

    Pétrel des neiges

    600 à 700

    60 à 75 nids avec couvées

    Pas de données

    -1 ?

    Océanite de Wilson

    400-500

    Au moins 30 nids occupés

    Plus de 80

    -1 ?

    Labbe de McCormick

    48 (24 couples)

    Min 38 (19 couples)

    170 (62 couples)

    1


    Les données recueillies dans la zone de l'île Haswell font état d'éventuelles tendances négatives à long terme dans différentes espèces d'oiseaux de mer, y compris les manchots et oiseaux. Cela semble indiquer que des changements climatiques à grande échelle peuvent avoir une influence sur la dynamique démographique des manchots empereurs, mais aussi sur celle d'autres oiseaux de mer présents dans la zone de l'île Haswell. Cependant, aucune donnée sur les dynamiques démographiques des dix à quinze dernières années n'est disponible. La seule exception étant le labbe de McCormick, dont la population a triplé pendant toute la période d'observation.
    Il est nécessaire de se livrer à des travaux de recherche supplémentaires et d'assurer un suivi plus poussé afin d'établir les tendances de population des oiseaux de l'île Haswell et d'en comprendre les causes.


    6 (ii) Définition des saisons ; zones restreintes ou interdites dans la zone


    Seules les personnes titulaires d'un permis délivré par une autorité nationale appropriée peuvent entrer dans la zone.
    Toute activité menée dans la zone fera l'objet de restrictions spéciales durant la saison de reproduction des oiseaux :


    - de la mi-avril à décembre, à proximité de la colonie de manchots empereurs ; et
    - d'octobre à mars, à proximité des sites de nidification de l'île Haswell.


    L'emplacement des colonies en phase de reproduction est repris sur la carte 3. Les manchots empereurs, qui sont particulièrement sensibles aux perturbations, sont également protégés à l'extérieur du site de reproduction désigné, étant donné que son emplacement peut varier.


    6 (iii) Structures situées dans la zone


    Un repère - un poteau métallique dont la base est fixée par des pierres - a été posé sur l'île Haswell. Il n'existe aucune autre structure sur l'île.
    Il pourrait y avoir un local chauffé contenant des rations alimentaires d'urgence sur l'une des îles voisines (mais pas sur l'île Haswell).


    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone


    Le SMH n° 9 cimetière sur l'île Buromsky est situé à 200 mètres de l'une des limites de la zone.


    7. Critères de délivrance des permis
    7 (i) Critères de délivrance des permis


    L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par les autorités nationales compétentes. Les critères de délivrance des permis d'accès à la zone sont les suivants :


    - les permis ne peuvent être délivrés que pour les motifs spécifiés au paragraphe 2 du plan de gestion ;
    - tout permis sera délivré pour une durée déterminée ;
    - les actions autorisées ne viendront pas mettre en péril les écosystèmes de la zone ou perturber les recherches scientifiques en cours ;
    - les visites effectuées dans la zone conformément à un permis sont autorisées pour des groupes organisés accompagnés par une personne autorisée. Les informations pertinentes seront enregistrées dans le journal des visites, en particulier la date, l'objet de la visite et le nombre de visiteurs. Le chef de la station Mirny tient le journal de visite à jour ;
    - la personne autorisée est désignée en conformité avec la procédure nationale ; et
    - un rapport de visite devra être soumis à l'autorité nommée dans le permis chaque année ou lorsque la validité du permis arrive à expiration.


    Les permis sont délivrés en vue de recherches scientifiques, d'études de suivi et d'inspections n'exigeant pas le prélèvement de matériel biologique ou d'échantillons de faune, ou limitant ces prélèvements à de petites quantités. Les permis délivrés en vue d'une visite ou d'un séjour dans la zone précisent la portée des tâches à réaliser, la période d'exécution et le nombre maximum de personnes autorisées à pénétrer dans la zone.


    7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci


    Les motoneiges sont les seuls véhicules autorisés dans la zone.
    A l'abord de la zone ou durant les déplacements à l'intérieur de celle-ci, il convient de ne pas perturber les oiseaux et les phoques, notamment durant la saison de reproduction. Il est strictement interdit de détériorer les sites de nidification des oiseaux, les échoueries des phoques ou les voies qui y mènent.
    Ile Haswell Les voies d'accès les plus propices se trouvent sur les pentes situées à l'ouest et au sud-ouest (carte 4). Les déplacements se feront uniquement à pied.
    Zone de glaces de formation rapide. Lorsque les glaces rapides nécessaires à la sécurité des déplacements à pied et en motoneige sont présentes, l'accès à cette zone peut se faire à partir de tout endroit propice depuis l'observatoire Mirny. L'utilisation de tout véhicule est interdite dans la zone durant la période de couvaison des nids (mai-juillet). Les visiteurs qui utilisent des motoneiges ne peuvent approcher la colonie de manchots empereurs à moins de 500 mètres, quel que soit l'emplacement de la colonie.
    Le survol de la zone est interdit pendant la période la plus sensible du cycle de reproduction des manchots empereurs, à savoir du 15 avril au 31 août.
    Pendant le reste de l'année, les survols de la zone sont soumis aux restrictions ci-dessous (tableau 5). Les survols directs des colonies de reproduction d'oiseaux de mer devraient être évités dans la mesure du possible.
    Tableau 5. Altitudes minimales de survol dans la zone selon le type d'aéronef.


    Type d'aéronef

    Nombre de moteurs

    Altitude minimale

    Pieds

    Mètres

    Hélicoptère

    1

    2 460

    750

    Hélicoptère

    2

    3 300

    1 000

    Voilure fixe

    1 ou 2

    2 460

    750

    Voilure fixe

    4

    3 300

    1 000


    7 (iii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les restrictions de temps et de lieu


    - recherches sur la faune aviaire et autres études environnementales qui ne peuvent être réalisées ailleurs ;
    - activités de gestion, y compris la surveillance ;
    - visites pédagogiques de la colonie de manchots empereurs sauf au début de la période de nidification (mai-juillet).


    7 (iv) Installation, modification ou démantèlement de structures


    Des structures et équipements scientifiques ne peuvent être installés dans la zone qu'aux fins de la gestion ou de recherches scientifiques indispensables approuvées par les autorités compétentes conformément à la réglementation en vigueur.


    7 (v) Emplacement des camps


    Les camps ne sont autorisés que pour des raisons de sécurité, et toutes les précautions seront mises en œuvre pour éviter d'endommager l'écosystème local ou de perturber la faune locale.


    7 (vi) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone


    Aucun organisme vivant ou produit chimique autre que les produits chimiques nécessaires aux travaux scientifiques spécifiés dans le permis ne sera introduit dans la zone (les produits chimiques introduits à des fins scientifiques seront retirés de la zone avant la date d'expiration du permis).
    Aucun combustible ne sera entreposé dans la zone sauf en cas d'absolue nécessité liée aux activités autorisées par le permis. Tous les matériaux seront introduits dans la zone pour une période déterminée, manipulés de manière à minimiser les risques pour l'écosystème et enlevés à l'issue de la période prévue. Aucune installation de stockage permanent n'est autorisée dans la zone.


    7 (vii) Prélèvement de végétaux et d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore indigènes


    Tout prélèvement ou perturbation nuisible à la faune et la flore est interdite sauf dans les conditions autorisées par un permis. Si l'activité prévue a un impact moins que mineur ou transitoire, elle devra être conduite conformément aux dispositions du Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique qui devra être utilisé comme norme minimale.


    7 (viii) Prélèvement ou enlèvement de toute chose n'ayant pas été introduite dans la zone par le détenteur du permis


    Le ramassage ou l'enlèvement de toute chose n'ayant pas été introduite dans la zone par le titulaire du permis n'est autorisé qu'à raison des objectifs de gestion ou de recherche scientifique spécifiés au permis.
    Toutefois, les déchets humains peuvent être enlevés, de même que les échantillons de faune et de flore morts ou malades peuvent être emportés en vue d'analyses biologiques.


    7 (ix) Elimination des déchets


    Tous les déchets doivent être enlevés de la zone.


    7 (x) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints


    Des permis d'accès à la zone peuvent être accordés en vue de la réalisation d'observations scientifiques, d'activités de suivi et d'inspection des sites pouvant comporter une collecte limitée d'échantillons de faune, d'œufs et autres matériaux biologiques à des fins scientifiques.
    Pour favoriser la préservation des valeurs environnementales et scientifiques de la zone, les visiteurs doivent prendre toutes les précautions nécessaires contre l'introduction de matériaux et organismes exotiques.
    Les sites faisant l'objet d'un suivi de longue durée seront clairement indiqués sur une carte et sur le terrain. Une carte montrant les limites de la ZSPA sera affichée à la station Mirny, ainsi qu'une copie du plan de gestion, qui devra aussi y être disponible en libre accès.
    Les visites dans la zone seront strictement limitées aux activités scientifiques, de gestion et pédagogiques.


    7 (xi) Rapports de visite


    Les Parties doivent s'assurer que le principal titulaire de chaque permis délivré soumettra à l'autorité compétente un rapport sur les activités menées dans la zone. Ces rapports doivent inclure, le cas échéant, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le SCAR. Les Parties devront tenir à jour des archives de ces activités et, dans l'échange annuel d'information, fournir une description synoptique des activités réalisées par des personnes subordonnées à leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports originaux dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès, et ce afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.


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    Carte 1. - Emplacement des îles Haswell, de la station Mirny et des sites d'activités logistiques.



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    Carte 2. - Limites de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127, île Haswell.



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    Carte 3. - Emplacement des colonies d'oiseaux de mer en phase de reproduction.



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    Carte 4. - Carte topographique de l'île Haswell.



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  • Annexe


    MESURE 6 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 131 (GLACIER CANADA, LAC FRYXELL, VALLÉE TAYLOR, TERRE VICTORIA) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant :


    - la recommandation XIII-8 (1985) qui a désigné le Glacier Canada, lac Fryxell, vallée Taylor, Terre Victoria, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 12 et a annexé un plan de gestion pour le site ;
    - la recommandation XVI-7 (1987) qui a prorogé la date d'expiration du SISP n° 12 ;
    - la mesure 3 (1997) qui a adopté un plan de gestion révisé pour le SISP n° 12 ;
    - la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté le SISP n° 12 en ZSPA n° 131 ;
    - la mesure 1 (2006) et la mesure 6 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA n° 131 ;


    Rappelant que la mesure 3 (1997) n'est pas entrée en vigueur et a été retirée par la mesure 6 (2011) ;
    Rappelant que la recommandation XVI-7 (1987) n'est pas entrée en vigueur et a été désignée comme n'étant plus en vigueur par la décision 1 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 131 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel de la ZSPA n° 131 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 131 (Glacier Canada, lac Fryxell, vallée Taylor, Terre Victoria), qui figure en annexe de la présente Mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 131 qui figure en annexe à la mesure 6 (2011) soit abrogé.

  • Annexe

    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 131
    GLACIER CANADA, LAC FRYXELL, VALLÉE TAYLOR, TERRE VICTORIA
    1. Description des valeurs à protéger

    Une zone d'environ 1 km2 entre le côté est du glacier Canada et le lac Fryxell a été désignée SISP n° 12 pour la première fois dans la recommandation XIII-8 (1985), et ce, à la suite d'une proposition de la Nouvelle-Zélande qui était motivée par le fait que la zone contient une des végétations les plus riches (bryophytes et algues) des vallées sèches de McMurdo. La zone est désignée essentiellement pour protéger les valeurs scientifiques et écologiques du site.
    Les limites de ce site ont été modifiées par la mesure 3 (1997) pour que la zone comprenne des communautés biologiquement riches qui en étaient auparavant exclues. Cette zone a été rebaptisée, au titre la décision 1 (2002), zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) n° 131 et un plan de gestion révisé a été adopté aux titres de la mesure 1 (2006) et de la mesure 6 (2011).
    La zone comprend un terrain libre de glace avec des étangs d'été et de petits ruisseaux d'eau de fonte s'écoulant du glacier Canada au lac Fryxell. La croissance végétale s'observe essentiellement dans une zone humide (appelée " zone de déversement ") à proximité du glacier dans la partie centrale de la zone. La composition et la distribution des communautés de mousses, de lichens, de cyanobactéries, de bactéries et d'algues de la zone sont en étroite corrélation avec le niveau des eaux. Par conséquent, les cours d'eau et la qualité de l'eau sont importants pour les valeurs du site.
    La zone a été très largement étudiée et documentée, ce qui accroît sa valeur scientifique. Les communautés végétales, notamment les bryophytes, sont vulnérables à toute perturbation par piétinement et échantillonnage. Les zones endommagées pourraient mettre du temps à se remettre. Les sites endommagés à des dates connues dans le passé ont été identifiés et sont précieux dans la mesure où ils constituent l'une des rares zones des vallées sèches de McMurdo où il est possible de répertorier les conséquences à long terme des perturbations et de suivre le taux de récupération.
    La zone a une importance régionale et demeure d'une valeur scientifique exceptionnelle pour les études écologiques. Les valeurs de la zone continuent d'exiger une protection spéciale permanente du fait de la pression existante et croissante des activités touristiques, logistiques et scientifiques dans la région ainsi que de la vulnérabilité de la zone aux perturbations par piétinement, échantillonnage, pollution ou introductions d'espèces non indigènes.

    2. Buts et objectifs

    La gestion du glacier Canada vise à :

    - prévenir toute détérioration ou tout risque de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation anthropique inutile de ladite zone ;
    - permettre des recherches scientifiques sur l'écosystème et les éléments de l'écosystème en veillant à éviter un échantillonnage excessif ;
    - permettre d'autres recherches scientifiques dans la zone, à condition que ces travaux soient indispensables et ne puissent pas être menés ailleurs ;
    - éviter ou réduire au minimum l'introduction de plantes, d'animaux et de microbes non indigènes dans la zone ; et
    - permettre des visites à des fins de gestion en soutien aux objectifs du plan de gestion.

    3. Activités de gestion

    Les activités de gestion suivantes devront être entreprises en vue de protéger les valeurs de la zone :

    - des copies du plan de gestion, y compris des cartes de la zone, devront être disponibles dans les stations opérationnelles de recherche situées à proximité, ainsi que dans toutes les installations des cabanes de recherche situées dans la vallée Taylor dans un rayon de 20 km autour de la zone ;
    - des cairns ou des panneaux indiquant l'emplacement et les démarcations, avec des indications claires concernant les restrictions d'accès, seront placés à des endroits appropriés, à la limite de la zone afin d'éviter toute entrée inopportune ;
    - les bornes, les panneaux ou autres structures érigés dans la zone à des fins scientifiques et de gestion seront attachés et maintenus en bon état puis enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires ;
    - des visites seront organisées en fonction des besoins (au moins une fois tous les cinq ans) afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion sont adéquates ;
    - les membres des programmes antarctiques nationaux travaillant dans la région se consulteront pour faire en sorte que les activités de gestion susmentionnées soient mises en œuvre.

    4. Durée de désignation

    La zone est désignée pour une période indéterminée.

    5. Cartes

    Carte A. - ZSPA n° 131 Glacier Canada : carte régionale.
    Spécifications de la carte : Projection conique conforme de Lambert. Parallèles de référence - 1er 77°35'00”S ; 2nd 77°38'00”S. Méridien central - 163°00'00” E. Latitude d'origine - 78°00'00” S. Sphéroïde - WGS84.
    Carte B. - ZSPA n° 131 Glacier Canada : carte de la densité de végétation.
    Les spécifications de la carte sont identiques à celles de la carte A. Les courbes de niveau sont dérivées d'une combinaison d'images orthophotographiques et de Landsat Les zones précises de terrain humide associé au déversement sont soumises à des variations saisonnières et interannuelles.

    6. Description de la zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, balises de délimitation et caractéristiques naturelles

    Le glacier Canada est situé dans la vallée Taylor, dans les vallées sèches de McMurdo. La zone désignée comprend la majeure partie de la zone du front de taille du glacier sur le côté est de la partie inférieure du glacier Canada, sur la rive nord du lac Fryxell (77° 37'S, 163° 03'E : carte A). Elle se compose d'une pente douce à modérée libre de glace à une élévation de 20 à 220 m avec des étangs d'été et de petits ruisseaux d'eau de fonte s'écoulant du glacier Canada au lac Fryxell.
    La limite méridionale de la zone est définie par les rives du lac Fryxell, jusqu'au bord de l'eau. Le niveau du lac est actuellement en augmentation. Cette limite s'étend au nord-est sur environ 1 km le long du littoral, entre le point où le glacier Canada rejoint le lac Fryxell (77° 37,20'S, 163° 3,64'E) et le coin au sud-est de la limite qui est marqué par un cairn (77° 36,83'S, 163° 4,88'E) adjacent à une petite île du lac Fryxell. L'île faisait autrefois partie d'une petite péninsule s'étendant jusque dans le lac Fryxell mais la récente augmentation du niveau du lac l'a transformée en une île (carte B). La péninsule était jadis marquée par un gros rocher fendu entouré d'un cercle de rochers qui constituait un repère pour l'étude 1985 NZ du SISP original, mais il n'est plus visible. Un poteau en bois indiquant le site 7 du projet de forage dans la vallée sèche (1973) est encore visible sur l'île.
    Une crête morainique s'étendant en pente ascendante vers le nord depuis le coin au sud-est de la limite définit la limite à l'est de la zone. Un cairn (77° 36.68'S, 163° 4.40'E) se trouve sur un pinacle sur cette crête à 450 m depuis le coin au sud-est de la limite. La crête s'enfonce nettement avant de rejoindre la pente sans relief du versant principal de la vallée Taylor. Le coin de la limite au nord-est de la zone se trouve dans cette dépression et il est marqué par un cairn (77° 36.43'S, 163° 3.73'E).
    A partir du cairn de la limite nord-est, la limite septentrionale remonte en pente douce à l'ouest sur 1,7 km jusqu'au glacier Canada, jusqu'au point où le cours d'eau s'écoule depuis le glacier et le champ de neige, à travers un espace ostensiblement étroit dans la moraine (77°36,42'S, 162° 59,69'E).
    La limite occidentale suit le bord du glacier sur environ 1 km, le long d'une pente de moraine latérale de gradient relativement homogène jusqu'au coin au sud-est de la limite où le glacier rejoint la rive du lac (77° 37,20'S, 163° 3,64'E).
    Il est probable que la zone de déversement au niveau du glacier Canada soit la plus vaste zone de haute densité végétale dans les vallées sèches de McMurdo (carte B). L'écoulement d'eau estival, en conjonction avec la microtopographie, a la plus grande influence sur la détermination des points de croissance de mousses, lichens, cyanobactéries, bactéries et algues. La face du glacier offre également une protection contre les vents destructeurs qui peuvent emporter les mousses dans leur état lyophilisé et contre l'abrasion des poussières éoliennes.cc.
    Le déversement se trouve à proximité du bord du glacier. Il y a deux zones végétalisées principales, séparées au nord et au sud par un petit étang peu profond (carte B). La zone de déversement est en pente douce et très humide en été, avec des zones de terrain humide, de nombreux petits étangs et des ruisselets. Les pentes au-dessus de cette zone sont plus sèches, mais la végétation colonise plusieurs petits chenaux de cours d'eau qui s'étendent parallèlement au glacier depuis la limite supérieur de la zone jusqu'au point de déversement. Les moraines ondulantes permettent l'accumulation de bancs de neige persistante sur cette pente, qui peuvent également fournir l'humidité nécessaire à la croissance végétale. Les canaux des ruisseaux et la végétation associée deviennent moins évidents à mesure qu'on s'éloigne du glacier (carte B). Ces pentes et le déversement central sont drainés vers le sud-est par le ruisseau Canada. Avant 1983, le ruisseau du Canada était familièrement connu comme le ruisseau Fryxell.
    Quatre espèces de mousse ont été répertoriées dans la zone de déversement : Bryum argenteum (précédemment désignée Bryum subrotundifolium) et Hennediella heimii (précédemment désignée Pottia heimii) dominent, avec de rares occurrences de Bryum pseudotriquetrum et Syntrichia sarconeurum (anciennement appelée Sarconeurum glaciale). La B. argenteum est principalement présente dans les zones d'écoulement d'eau et de suintement. Lorsque l'eau s'écoule, une grande partie de cette mousse compte des communautés de Nostoc épiphytes qui y sont associées. Aux abords des zones d'écoulement d'eau ou sur des terrains plus élevés, la Hennediella heimii domine. Des sporophytes de Hennediella heimii se trouvent à ce point et il se peut que ce soit le lieu de fructification documenté le plus au sud pour une mousse.
    La croissance du lichen dans la zone passe inaperçue, mais les lichens épilithiques, Carbonea vorticosa, Sarcogyne privigna, Lecanora expectans, Rhizoplaca melanophthalma et Caloplaca citrina peuvent être observés dans une petite zone à proximité de l'écoulement de l'étang près du glacier Canada. Des lichens chasmoendolithiques se développent dans de nombreux blocs rocheux à travers la zone de déversement.
    Plus de 37 espèces d'algues d'eau douce et de cyanobactéries ont été répertoriées sur le site. La partie supérieure du ruisseau Canada semble superficiellement clairsemée mais des communautés de type incrustant, principalement les cyanobactéries, poussent sur les surfaces latérales et inférieures de pierres et de blocs rocheux. L'algue verte Prasiola calophylla et la cyanobactérie Chamaesiphon subglobosus ont été répertoriées uniquement dans cette partie supérieure du ruisseau. La Prasiola calophylla, qui pousse sous forme de denses rubans verts sous des pierres dans le ruisseau, n'est généralement visible que lorsque les pierres sont retournées. Des tapis de cyanobactéries, comprenant un assemblage d'espèces diverses (y compris des Oscillatoria, Pseudanabaena, Leptolyngbya, Phormidium, Gloeocapsa, Calothrix et Nostoc), sont fortement présents dans les portions centrale et inférieure du ruisseau et plus variés que ceux qui se trouvent dans la portion supérieure du ruisseau. Des colonies mucilagineuses de Nostoc commune dominent dans l'eau stagnante du déversement central et poussent en épiphytes sur des mousses dans les marges humides des cours d'eau, tandis que des tapis de cyanobactéries recouvrent une grande partie des fines particules minérales et des graviers dans les sections d'écoulement. L'algue verte filamenteuse Binuclearia se trouve transportée dans l'écoulement au centre du ruisseau. Le ruisseau inférieur est similaire au ruisseau supérieur dans sa composition florale, bien que l'abondance des algues Tribonema elegans et Binuclearia ait été signalée, mais la Prasiola calophylla est absente. La Tribonema elegans est rare dans cette région de l'Antarctique.
    Des invertébrés issus de six embranchements ont été décrits dans la zone : les trois principaux groupes sont les rotifères, les nématodes et les tardigrades, avec des protozoaires, des plathelminthes et des arthropodes également présents. Aucune collembole n'a été répertoriée dans la zone, bien que certaines d'entre elles aient été aperçues à proximité, mais en dehors du site.
    La végétation se développant dans le déversement du Canada a été décrite comme abondante, mais manquant de diversité par rapport à d'autres sites riches sur le plan botanique en Antarctique. Ceci peut être attribué au moins en partie à la nature oligotrophique du site. L'eau qui s'écoule à travers le ruisseau est similaire à de l'eau de fonte glaciaire, avec une conductivité en décembre 2014 de près de 35.32 μS/cm-1 entre le point où elle a quitté le glacier et le delta où elle rejoint le lac. La prévalence de bactéries des nodules (espèces Nostoc et Calothrix) renforce l'hypothèse d'un état faible en éléments nutritifs.
    Le glacier Canada est situé à l'intérieur de l'environnement S - géologique de McMurdo, terre South Victoria, selon l'Analyse des domaines environnementaux de l'Antarctique (résolution 3, 2008) et dans la région 9 - terre South Victoria selon les régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (résolution 6, 2012).
    Des traces d'activité humaine passée sont visibles à l'intérieur de la zone. Des témoignages d'activité humaine passée sont susceptibles d'être découverts dans les sols adjacents à la cabane d'origine de la Nouvelle-Zélande et au site d'atterrissage d'hélicoptère. Ceux-ci peuvent se présenter sous la forme de zones localisées de résidus pétrochimiques et de nutriments du sol. Dans la zone de déversement, les dégâts causés à la végétation, notamment les sentiers et empreintes de pas et les sites de retrait expérimental de carottes et de cépées plus importantes issues de tourbes de mousse, sont visibles. Un certain nombre de balises anciennes sont également présentes dans la zone de déversement.
    Une serre en plastique a été érigée dans la zone entre 1979 et 1983, à proximité de l'écoulement, pour des recherches et la culture expérimentale de potagers. La structure a été retirée à la fin de chaque saison. En 1983, elle a été détruite par une tempête hivernale. Les vestiges de la serre qui se trouvent dans la zone ont été retirés depuis.
    Près de la zone de déversement, le premier site des quartiers de la Nouvelle-Zélande au glacier Canada se composait de sentiers marqués par des lignes de rochers, de zones défrichées pour des campements, d'une ancienne aire d'atterrissage d'hélicoptère et de plusieurs structures rocheuses basses. Une série d'au moins quatre trous peu profonds (1 m environ de profondeur) ont été également creusés à proximité du site. Ce site a été relocalisé sur un deuxième site en 1989 et le site des premiers quartiers a été réhabilité. Le second site de la cabane comprenait deux petits bâtiments, plusieurs nouvelles aires de campement et une aire d'atterrissage pour hélicoptères. Les bâtiments ont été totalement retirés au cours de la saison 1995-1996. Toutefois, l'aire d'atterrissage pour hélicoptères est restée et il s'agit du seul site d'atterrissage d'hélicoptère dans la zone. Cette aire de campement demeure le site de campement favori dans la zone (carte B) et les sentiers marqués par des lignes de rochers ainsi que les zones défrichées pour des campements sont encore présents.
    Un barrage est présent sur le ruisseau Canada (voir section 6 [iii] ). Les données hydrologiques recueillies depuis ce ruisseau mesuraient la vitesse d'écoulement moyenne du ruisseau Canada lorsqu'il s'écoulait à 22,13 l/s [mini. = 0,0 l/s et maxi. = 395,76 l/s] de novembre 2014 à février 2015. La température moyenne de l'eau au cours de cette période était de 1,99 °C [mini. = -1,1 °C et maxi. = 11,34 °C] ( http://www.mcmlter.org/).
    Un sentier partant de la zone de campement au lac Fryxell se trouve entre la rive du lac et le barrage du ruisseau Canada (carte B). Il existe un autre sentier entre le campement désigné et le bord du glacier Canada, qui traverse une zone humide de croissance végétale, mais il n'est pas indiqué sur la carte. Une route d'accès se trouve également entre la zone de campement au lac Hoare et celle du lac Fryxell, juste au-dessus de la limite septentrionale (cartes A et B).

    6 (ii) Aires spéciales à l'intérieur de la zone

    Aucune.

    6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur et aux alentours de la zone

    Un barrage de roches a été construit pendant la saison 1981-1982 dans la partie restreinte du ruisseau du glacier Canada, puis entièrement retiré à la fin de la saison. En 1990, un barrage plus important et des débitmètres Parshall de 22,86 cm ont été installés à proximité (carte B). Le débitmètre est fabriqué à partir de fibres de verre noires. Le barrage se compose de sacs de sable en polyester remplis d'alluvions issues du canal du ruisseau à proximité. Les zones perturbées pendant la construction ont été remises en état et aucune trace ne subsistait la saison suivante. La partie en amont du barrage est recouverte de nylon enduit de vinyle. Une entaille a été construite dans le barrage pour réduire la pression en cas de débit important. Il a fallu dégager la neige saisonnière du canal pour empêcher l'accumulation d'eau au niveau du barrage. Les accumulateurs et les instruments de saisie de données sont stockés dans une caisse en contreplaqué située à proximité sur le côté nord du ruisseau. L'entretien de ce barrage est assuré par le projet de recherche écologique à long terme des vallées sèches de McMurdo.
    Les limites de la zone sont signalées par trois cairns.
    La zone de campement au lac Fryxell (Etats-Unis) se trouve à 1,5 km à l'est de la zone (20 m asl), à mi-chemin le long du lac Fryxell, sur la face nord du lac. La zone de campement F6 (Etats-Unis) se trouve à environ 10 km à l'est de la zone sur la rive sud du lac Fryxell. La zone de campement au lac Hoare (États-Unis) se trouve à 3 km à l'ouest de la zone (65 m asl), du flanc ouest du glacier Canada, à la base du glacier sur la rive nord du lac Hoare. La zone des visiteurs de la vallée Taylor se trouve au sud de la zone au niveau du front du glacier Canada (carte A).

    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

    Les zones protégées les plus proches du glacier Canada sont les suivantes :
    - La partie inférieure du glacier Taylor et Blood Falls, vallée Taylor, vallées sèches de McMurdo (ZSPA n° 172) à environ 23 km à l'ouest de la vallée Taylor ;
    - Linnaeus Terrace, Asgard Range (ZSPA n° 138) à environ 47 km à l'ouest de la vallée Wright ; et
    - vallées Barwick et Balham, sud de la Terre Victoria (ZSPA n° 123) à environ 50 km au nord-ouest (carte A, encart).

    7. Critères de délivrance des permis d'accès

    L'accès à la zone est interdit sauf avec un permis délivré par une autorité nationale compétente.
    Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
    - un permis est délivré pour des raisons scientifiques indispensables qu'il est impossible de satisfaire ailleurs ou pour des raisons de gestion essentielles à la zone ;
    - les actions autorisées ne mettront pas en péril les valeurs scientifiques ou écologiques de la zone ;
    - l'accès à toute zone indiquée comme présentant une végétation de densité moyenne ou supérieure (carte B) doit être examinée avec la plus grande attention et faire l'objet de conditions spéciales indiquées dans le permis ;
    - toutes les activités de gestion soutiennent les objectifs du plan de gestion ;
    - les activités autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
    - le permis ou une copie certifiée conforme sera apportée dans la zone ;
    - un rapport de visite devra être fourni à l'autorité mentionnée dans le permis ; et
    - tout permis sera délivré pour une durée déterminée.

    7 (i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

    L'accès à la zone se fera principalement à pieds ou, pour des raisons scientifiques essentielles, par hélicoptère. Les véhicules sont interdits à l'intérieur de la zone et l'accès devra se faire à pied.
    Les piétons se déplaçant en aval ou en amont de la vallée ne devront pas entrer dans la zone sans permis. Il est demandé aux visiteurs possédant une autorisation qui entrent dans la zone de rester, dans la mesure du possible, sur les sentiers existants. Les visiteurs devront éviter de marcher sur la végétation visible ou de traverser les lits des ruisseaux. Il est recommandé de marcher avec précaution dans les zones à sol humide, car le déplacement à pied peut facilement endommager les sols, les plantes et les communautés d'algues fragiles et dégrader la qualité de l'eau. Il est nécessaire de contourner ces zones en marchant sur les rochers ou la glace et en traversant les ruisseaux sur les gros rochers uniquement lorsque cela est inévitable. Il est recommandé de faire attention à la végétation recouverte de sel dans les zones plus sèches, laquelle peut passer inaperçue. Les déplacements à pied doivent être réduits au minimum nécessaire pour atteindre les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les effets.
    Dans la mesure du possible, les hélicoptères doivent atterrir sur les sites d'atterrissage existants dans les zones d'installation (lac Hoare et lac Fryxelle) et/ou la zone des visiteurs de la vallée Taylor. Si un accès à la zone par hélicoptère s'avère nécessaire, les hélicoptères se rendront dans la zone en passant au sud de la ligne comme indiqué sur la carte de site jointe (carte B). Les hélicoptères devront atterrir uniquement sur le site désigné (163° 02.88'E, 77° 36.97'S : carte B). Le survol de la zone devra être évité d'une manière générale. Les survols au-dessus de la zone à une altitude inférieure à 100 m au-dessus du niveau du sol au nord de la ligne indiquée sur la carte B sont interdits. Les exceptions à ces restrictions peuvent uniquement être accordées à des fins de gestion ou des fins scientifiques exceptionnelles et doivent être spécifiquement autorisées par permis. Les grenades fumigènes pour hélicoptère sont interdites à l'intérieur de la zone sauf en cas d'absolue nécessité pour des raisons de sécurité et toutes les grenades devront être récupérées. Il est strictement interdit aux visiteurs, aux pilotes, à l'équipage des avions ou aux passagers en route pour une autre destination par hélicoptère, de se déplacer à pied au-delà des environs immédiats du site d'atterrissage et du site de campement désignés sauf autorisation spéciale accordée par permis.

    7 (ii) Activités pouvant être menées dans la zone

    - travaux de recherche scientifique qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème de la zone ;
    - activités de gestion essentielles, y compris la surveillance et l'inspection ;

    Etant donné l'importance du régime hydrographique pour l'écosystème, les activités devront être menées de manière à minimiser la perturbation des cours d'eau et de la qualité de l'eau. Les activités menées en dehors de la zone (par exemple sur le glacier Canada) qui peuvent avoir des conséquences sur la quantité et la qualité de l'eau devront être planifiées et conduites en tenant compte des conséquences possibles en aval. Les personnes réalisant ces activités à l'intérieur de la zone devront également garder à l'esprit les conséquences possibles en aval à l'intérieur de la zone et sur le lac Fryxell endoréique.
    Les activités causant des perturbations à la zone de déversement devraient tenir compte de la lenteur du taux de récupération de la végétation présente sur ce site. En particulier, il convient d'accorder une importance particulière à la réduction de la taille et du nombre d'échantillons requis et les prélèvements doivent être effectués de manière à rendre la récupération totale de la communauté végétale probable.

    7 (iii) Installation, modification ou démantèlement des structures

    Aucune structure ne doit être érigée dans la zone et aucun matériel scientifique ne doit y être installé, sauf pour des raisons scientifiques ou de gestion indispensables définies dans un permis. Toutes les bornes, les structures et tout l'équipement scientifique installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifier le pays, le nom du principal chercheur, l'année d'installation et la date d'enlèvement prévue. Tous ces éléments doivent être exempts d'organismes, de propagules (par ex. graines, œufs) et de sol non stérile et doivent être en matériaux posant un risque de contamination minimal à la zone. Le retrait de structures ou d'équipements spécifiques pour lesquels le permis a expiré devra figurer parmi les critères du permis. Les structures ou installations permanentes sont interdites.

    7 (iv) Emplacement des camps de base

    Les zones d'installations situées à proximité mais en dehors des limites de la zone devront être utilisés comme base de travail dans la zone (carte A). Le camping sur le site désigné (carte B) peut être autorisé afin de répondre aux besoins scientifiques et aux besoins de gestion considérés comme spécifiques et essentiels.

    7 (v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

    L'introduction délibérée d'animaux vivants, de matériel végétal ou de micro-organismes est interdite et les précautions énumérées à l'alinéa (ix) de la section 7 seront prises pour éviter les introductions accidentelles. Aucun herbicide ni pesticide ne devra être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique, y compris des radionucléides ou des isotopes stables, susceptibles d'être introduits pour des besoins scientifiques ou de gestion spécifiés dans le permis, devra être retiré de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été accordé. Aucun combustible ou autres produits chimiques ne pourront être entreposés dans la zone sauf s'ils sont nécessaires à des fins essentielles liées à l'activité pour laquelle le permis a été délivré, et ils devront être placés dans une cache d'urgence autorisée par une autorité appropriée. Tous les matériaux seront introduits dans la zone pour une période déterminée et ils en seront enlevés au plus tard à la fin de cette période, puis ils seront manipulés et entreposés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans l'environnement.

    7 (vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

    Toute capture d'animaux ou toute perturbation nuisible à la faune et la flore indigène est interdite si elle fait l'objet d'un permis distinct délivré spécifiquement à cette fin en vertu de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans les cas où il y aurait prélèvement ou perturbation nuisible, il faut que l'opération se déroule au minimum conformément au code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux en Antarctique à des fins scientifiques.
    Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement en conformité avec un permis. Les opérations devront se limiter au nombre minimum d'échantillons nécessaire pour satisfaire aux besoins de gestion ou besoins scientifiques. Les prélèvements doivent être effectués à l'aide de techniques qui minimisent la perturbation de la zone et de manière à permettre une reconstitution totale de la végétation.

    7 (vii) Prélèvement et enlèvement de tout matériel n'ayant pas été introduit dan s la zone par le détenteur du permis

    Tout matériau d'origine humaine susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone et n'ayant pas été introduit dans la zone par le détenteur du permis ou avec une autorisation pourra être enlevé à moins que l'impact de l'enlèvement soit supérieur à l'impact qu'aurait le fait de laisser le matériau sur place. Dans ce dernier cas, l'autorité compétente devra être notifiée et une approbation doit être obtenue avant de retirer les éléments.

    7 (viii) Elimination des déchets

    Tous les déchets, y compris les déchets humains, devront être retirés de la zone.

    7 (ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

    Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin de :

    - procéder à des activités de suivi biologique et d'inspection de la zone qui peuvent faire intervenir le ramassage d'un petit nombre d'échantillons ou de données pour en effectuer l'analyse ou l'examen ;
    - installer ou entretenir les panneaux, les structures ou l'équipement scientifique ;
    - mener à bien des mesures de protection ;

    Tous les sites spécifiques où se déroulent des études sur le long terme doivent être correctement signalisés et inscrits sur les cartes de la zone. Les positions GPS doivent être obtenues auprès de l'autorité nationale compétente afin d'être intégrées au Système de répertoire maître sur l'Antarctique.
    Les visiteurs devront prendre des précautions particulières contre l'introduction possible d'objets étrangers afin de préserver les valeurs scientifiques et écologiques des communautés végétales répertoriées dans la zone. L'introduction de plantes et de microbes issus des sols d'autres sites antarctiques, y compris les stations, ou issus d'autres régions extérieures à l'Antarctique pose notamment problèmes. Pour minimiser les risques, les visiteurs devront, avant d'entrer dans la zone, nettoyer scrupuleusement leurs chaussures ainsi que tout équipement destiné à être utilisé dans la zone, notamment les équipements de campement et d'échantillonnage et les repères.

    7 (x) Rapports de visites

    Pour chaque visite dans la zone, le titulaire principal d'un permis devra soumettre un rapport à l'autorité nationale compétente, dès que possible, et au plus tard six mois après la fin de la visite. Ces rapports de visite doivent inclure, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite qui a été recommandé [figurant à l'annexe 4 du guide pour la préparation des plans de gestion des zones spécialement protégées en Antarctique en appendice à la résolution 2 (1998)], [disponible sur le site web du secrétariat du Traité sur l'Antarctique www.ats.aq].
    Le cas échéant, l'autorité nationale doit également transmettre exemplaire du rapport de visite à la Partie qui a proposé le plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la révision du plan de gestion. Les Parties doivent tenir un registre des activités en question et les signaler lors de l'échange annuel d'informations. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée pour toute révision du plan de gestion et pour l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.

    8. Bibliographie

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  • Annexe


    MESURE 7 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 149 (CAP SHIRREFF ET ÎLE SAN TELMO, ÎLE LIVINGSTON, ÎLES SHETLAND DU SUD) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant :
    - la recommandation IV-11 (1966) qui a désigné le Cap Shirreff et l'île San Telmo, île Livingston, îles Shetland du Sud, comme zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 11 ;
    - la recommandation XV-7 (1989) qui a abrogé la ZSP n° 11 et l'a désigné comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 32 et comprenait en annexe un plan de gestion pour le site ;
    - la résolution 3 (1996) et la mesure 2 (2000) qui ont prorogé la date d'expiration du SISP n° 32 ;
    - la décision 1 (2002) qui a renommé et renuméroté la SISP n° 32 en ZSPA n° 149 ;
    - la mesure 2 (2005) et la mesure 7 (2011) qui ont adopté des plans de gestion révisés pour la ZSPA n° 149 ;
    Rappelant que la recommandation XV-7 (1989) et la mesure 2 (2000) ne sont pas entrées en vigueur et que la mesure 2 (2000) a été retirée par la mesure 5 (2009) ;
    Rappelant que la recommandation XV-7 (1989) et la résolution 3 (1996) ont été désignées comme n'étant pas entrées en vigueur par la mesure 1 (2011) ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 149 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion actuel de la ZSPA n° 149 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 149 (Cap Shirreff et île San Telmo, île Livingston, îles Shetland du Sud), qui figure en annexe à la présente mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion de la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 149 qui figure en annexe de la mesure 7 (2011) soit abrogé.

  • Annexe

    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE (ZSPA) NO 149
    CAP SHIRREFF ET ÎLE SAN TELMO, ÎLE LIVINGSTON, ÎLES SHETLAND DU SUD
    Introduction

    La zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) du cap Shirreff se situe sur la côte nord de l'île Livingston, dans les îles Shetland du Sud, à 60°47'17” de longitude ouest et 62°27'30”de latitude sud, et s'étend sur une superficie d'environ 9,7 km2. Cette zone a été désignée principalement pour protéger le biote présent dans la zone, en particulier des populations importantes et variées d'oiseaux de mer et de pinnipèdes faisant l'objet d'un suivi scientifique à long terme. Des activités de pêche au krill sont menées dans les aires d'alimentation de ces espèces. Le cap Shirreff est donc un site essentiel pour la surveillance de l'écosystème, et répond ainsi aux objectifs de la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). La zone comprend la plus grande colonie reproductrice d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) de la péninsule antarctique, et constitue la colonie la plus méridionale dont nous pouvons suivre les paramètres de reproduction, de démographie et d'alimentation. La zone comprend par ailleurs de nombreux sites présentant une valeur archéologique et historique, associés principalement aux activités des chasseurs de phoques du XIXe siècle. La zone avait à l'origine été désignée suite à des propositions faites par le Chili et les Etats-Unis d'Amérique et adoptée en vertu de la recommandation IV-11 [1966, zone spécialement protégée (ZPA) n° 11]. La zone a été redésignée en tant que site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 32 par le biais de la recommandation XV-7 (1989). La zone a été désignée comme site n° 2 du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CEMP) au moyen de la mesure de conservation 82/XIII (1994) de la CCAMLR. La protection de la zone a ensuite été poursuivie à travers la mesure de conservation 91/02 (2004), et ses lignes de démarcation ont été élargies par la mesure 2 (2005) afin de présenter une plus forte composante marine ainsi que des sites de plantes fossiles. La mesure de conservation 91-02 a expiré en novembre 2009, et la protection du cap Shirreff continue à être assurée par le plan de gestion ZSPA n° 149 (SC-CAMLR-XXVIII, paragraphe 5.29 de l'annexe 4). Le plan de gestion avait été révisé par le biais de la mesure 7 (2011).
    La zone fait partie des domaines environnementaux E (péninsule antarctique, île Alexandre et autres îles) et G (îles au large des côtes de la péninsule Antarctique), conformément à l'Analyse des domaines environnementaux du continent antarctique (résolution 3, 2008). D'après la classification des régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (résolution 6, 2012), la zone se trouve dans la RCBA3 (nord-ouest de la péninsule antarctique).

    1. Description des valeurs à protéger

    Le cap Shirreff (60°47'17” de longitude ouest, 62°27'30” de latitude sud,), une péninsule d'une superficie de quelque 3,1 km2, sur l'île Livingston, aux îles Shetland du Sud, avait à l'origine été désigné zone spécialement protégée (ZSP) n° 11 en vertu de la recommandation IV-11 (1966) et ce, à l'initiative du Chili qui s'était appuyé sur les résultats du premier recensement de pinnipèdes effectué dans les îles Shetland du Sud (Aguayo et Torres, 1966). Ce sont cependant les Etats-Unis qui ont officiellement proposé que cette zone soit désignée comme une zone spécialement protégée. La zone comprenait la portion de terre ferme libre de glace de la péninsule de cap Shirreff, au nord de la calotte de glace de l'île Livingston. Les valeurs à protéger lorsque la zone avait été désignée initialement couvraient une grande variété de plantes et d'animaux, de nombreux invertébrés, une importante population d'éléphants de mer (Mirounga leonina) et une petite colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella).
    Après la désignation de la zone, la taille de la colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff a augmenté à un point tel qu'il est devenu possible d'entreprendre des travaux de recherche biologique sans empêcher pour autant la colonie de s'agrandir. Une étude des îles Shetland du Sud et de la péninsule antarctique a permis d'identifier le cap Shirreff et l'île San Telmo comme constituant le site le plus approprié pour surveiller les colonies d'otaries à fourrure de l'Antarctique susceptibles d'être touchées par les opérations de pêche autour des îles Shetland du Sud. Pour tenir compte du programme de surveillance, la ZSP a été redésignée en tant que site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 32 par le biais de la recommandation XV-7 (1989) suite à une proposition faite conjointement par le Chili, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d'Amérique. Cette décision procédait des arguments que " la présence de colonies de manchots et d'otaries à fourrure de l'Antarctique ainsi que de pêcheries de krill dans les aires d'alimentation de ces espèces, font de cette zone un site idéal à inclure dans le réseau de contrôle des écosystèmes en cours de création afin d'aider à répondre aux objectifs de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR). Le but de cette désignation est de permettre l'exécution de travaux de recherche et de surveillance, tout en évitant ou en réduisant autant que faire se peut d'autres activités qui risqueraient d'influer sur les résultats de ce programme de recherche et de surveillance, ou de leur nuire, ou encore d'altérer les caractéristiques naturelles du site. " Les limites de la zone ont été repoussées afin d'inclure l'île San Telmo et des îles proches apparentées. Suite à une proposition élaborée par le Chili et les Etats-Unis d'Amérique, la zone a été ultérieurement désignée comme site n° 2 du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR au moyen de la mesure de conservation 82/XIII (1994) de la CCAMLR, ses lignes de démarcation étant identiques à celles du SISP n° 32. La protection du cap Shirreff en tant que site de Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR a continué en vertu de la mesure de conservation (MC) 91/02 (2004).
    Les lignes de démarcation de la zone ont été à nouveau élargies au moyen de la mesure 2 (2005) afin d'inclure un élément marin plus important et d'incorporer deux nouveaux sites où furent découvertes des plantes fossiles en 2001 (cartes 1 et 2). La zone désignée (9,7 km2) comprend la totalité de la péninsule du cap Shirreff au nord de la calotte de glace permanente de l'île Livingston, la partie adjacente de la calotte de glace permanente de l'île Livingston où l'on a découvert les fossiles en 2001, le groupe d'îles San Telmo, ainsi que la zone marine environnante et intermédiaire qui s'étend sur 100 m depuis le littoral de la péninsule du cap Shirreff et depuis l'îlot le plus excentré du groupe d'îles San Telmo. La limite s'étend du groupe d'îles San Telmo jusqu'au sud de Mercury Bluff.
    La mesure de conservation 91-02 a expiré en novembre 2009, et la protection du cap Shirreff se poursuivant avec l'application du plan de gestion ZSPA n° 149 (SC-CAMLR-XXVIII, paragraphe 5.29 de l'annexe 4). Cette modification a été effectuée en vue d'harmoniser les mesures de protection de la CCAMLR et du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le Protocole) et d'éviter la possibilité de doubles emplois dans les exigences et les procédures de gestion.
    Le plan de gestion actuel réaffirme les valeurs scientifiques et les valeurs de surveillance exceptionnelles associées aux populations nombreuses et variées d'oiseaux de mer et de pinnipèdes qui se reproduisent dans la zone et, en particulier, celles de la colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique. Cette colonie est en effet la plus grande que l'on trouve dans la région de la péninsule antarctique, ainsi que la plus méridionale ; cette taille permet d'en étudier les modalités de croissance, de survie, d'alimentation et de reproduction. En 2002, elle totalisait quelque 21 000 individus (Hucke-Gaete et al., 2004). L'observation de la colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique a commencé en 1965 (Aguayo et Torres, 1966, 1967) et des données saisonnières sont disponibles depuis 1991, ce qui en fait l'un des plus longs programmes de surveillance continue des otaries à fourrure de l'Antarctique. Partie intégrante du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CEMP), les travaux de surveillance ont pour but de détecter et d'éviter les effets négatifs que pourraient avoir les pêcheries sur des espèces dépendantes telles que les pinnipèdes et les oiseaux de mer ainsi que sur des espèces cibles telles le krill antarctique (Euphausia superba). Des études sur le long terme ont pour but l'évaluation et la surveillance de la survie, de l'écologie alimentaire, de la croissance, de l'état, de la reproduction, du comportement, des taux démographiques ainsi que de l'abondance des pinnipèdes et des oiseaux de mer qui se reproduisent dans la zone. Les données émanant de ces études seront comparées aux données environnementales et autres données biologiques, de même qu'aux statistiques de pêche, afin d'aider à identifier les relations de cause à effet qui pourraient exister entre les pêcheries et les populations de pinnipèdes et d'oiseaux de mer.
    En 2001-2002, on a découvert des empreintes de mégaflore dans des rochers incorporés à des moraines du glacier de l'île Livingston (Palma-Heldt et al., 2004, 2007) (carte 2). Les rochers fossilifères contiennent deux assemblages palynologiques distincts indiquant des époques et des conditions climatiques différentes, et ont contribué à une étude de l'histoire géologique de l'Antarctique et du Gondwana des études microbiologiques ont été menées dans la zone en 2009-2010 afin d'évaluer l'influence qu'ont les micro-habitats sur la diversité microbiologique et la capacité métabolique (INACH 2010).
    Il n'est pas possible de confirmer que les valeurs originales de la zone protégée associées aux communautés des plantes et d'invertébrés constituent les principaux motifs de la protection spéciale de la zone. Nous manquons en effet de données disponibles pour décrire ces communautés.
    La zone contient divers objets d'origine anthropique datant d'avant 1958. Elle abrite le site et monument historique n° 59, un cairn commémorant les personnes ayant perdu la vie lors du naufrage du vaisseau espagnol San Telmo dans le passage de Drake en 1819. On peut aussi y trouver les vestiges d'une communauté de chasseurs de phoques datant du XIXe siècle.

    2. Buts et objectifs

    La gestion au cap Shirreff vise à :

    - éviter toute détérioration ou tout risque considérable de détérioration des valeurs de la zone en empêchant toute perturbation humaine inutile ;
    - éviter les activités qui porteraient atteinte ou nuiraient aux travaux de recherche et de surveillance du programme de contrôle de l'écosystème CEMP ;
    - permettre des recherches scientifiques sur l'écosystème et l'environnement physique dans la zone, associées au CEMP ;
    - permettre d'autres recherches scientifiques dans la zone sous réserve qu'elles soient dues à des motifs impérieux auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs et qu'elles ne portent aucun préjudice aux valeurs pour lesquelles la zone est protégée ;
    - permettre des travaux de recherche archéologique et historique et prendre des mesures de protection des objets tout en protégeant les objets historiques présents dans la zone d'une destruction, d'une perturbation ou d'un retrait inutile ;
    - réduire au minimum les risques d'introduction de plantes, d'animaux ou de microbes exotiques dans la zone ; et
    - permettre des visites à des fins de gestion à l'appui des buts et objectifs du plan.

    3. Activités de gestion

    Les activités de gestion ci-après seront réalisées pour protéger les valeurs de la zone :

    - Des copies de ce plan de gestion, y compris les cartes de la zone, seront mises à la disposition des intéressés aux endroits suivants :

    1. installations d'hébergement au cap Shirreff ;
    2. station Saint-Clément d'Ohrid (Bulgarie), péninsule Hurd, île Livingston ;
    3. station Arturo Prat (Chili), baie de Discovery/baie du Chili, île Greenwich ;
    4. base Juan Carlos I (Espagne), péninsule Hurd, île Livingston ;
    5. station Julio Escudero (Chili), péninsule Fildes, île du roi George ; et
    6. station Eduardo Frei (Chili), péninsule Fildes, île du roi George.

    - Un panneau indiquant l'emplacement et les lignes de démarcation de la zone et donnant des explications claires et précises sur les restrictions imposées à l'entrée dans cette zone doit être placé à la plage El Módulo, cap Shirreff, pour éviter un accès fortuit.

    - Les dispositifs de bornages, les panneaux et autres structures mis en place dans la zone à des fins scientifiques ou à des fins de gestion devront être solidement fixés et soigneusement entretenus.
    - Les programmes antarctiques nationaux travaillant dans la zone devront tenir à jour un registre de tous les dispositifs de bornages, panneaux et structures nouvellement érigés à l'intérieur de la zone.
    - Des visites seront organisées en fonction des besoins (au moins une fois tous les 5 ans) afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
    - Les programmes antarctiques nationaux actifs dans la région devront se concerter afin de veiller à ce que les dispositions ci-dessus soient mises en œuvre.

    4. Durée de la désignation

    La zone est désignée pour une période indéterminée.

    5. Cartes

    Carte 1. - Le cap Shirreff et l'île San Telmo, ZSPA n° 149, par rapport à l'île Livingston, indiquant l'emplacement de la base Juan Carlos I (Espagne) et de la station Saint-Clément d'Ohrid (Bulgarie), ainsi que l'emplacement de la zone protégée la plus proche, péninsule Byers (ZSPA n° 126), également sur l'île Livingston. Spécifications de la carte : Projection : conique conforme de Lambert ; Parallèles types : 1er 60°00'S ; 2e 64°00'S ; Méridien central : 60°45'O ; Latitude d'origine : 62°00'S ; Sphéroïde : WGS84 ; Précision horizontale : < 200 m. L'intervalle des courbes bathymétriques est de 50 m et de 200 m. La précision verticale est inconnue. Sources des données : caractéristiques des sols de la base de données antarctiques du SCAR v6 (2012) ; bathymétrie fournie par le programme des Etats-Unis sur les ressources marines vivantes de l'Antarctique (U.S. AMLR), NOAA (2002) et IBCSO (v1.0 2013) ( http://ibcso.org).
    Encart : emplacement de la carte 1 par rapport aux îles Shetland du Sud et à la péninsule antarctique.
    Carte 2. - Le cap Shirreff et l'île San Telmo, ZSPA n° 149, lignes de démarcation de la zone protégée et modalités d'accès. Les spécifications de la carte sont identiques à celles de la carte 1, à l'exception de l'intervalle des courbes de niveau verticales qui est de 10 m. La précision horizontale devrait être supérieure à 5 m. Source de données : données numériques fournies par l'Institut antarctique chilien (INACH) (2002) (Torres et al., 2001), à l'exception du site d'accès pour petites embarcations fourni par M. Goebel (déc. 2015).
    Carte 3. - Le cap Shirreff, ZSPA n°149 : faune et flore en phase de reproduction et caractéristiques anthropiques. Les spécifications et la source de données sont les mêmes que celles de la carte 2 à l'exception de l'équidistance des courbes de niveau verticales, qui est de 5 m. Station d'observation des otaries et SMH :
    D. Krause (déc. 2015). Itinéraires de marche et faune : INACH, mis à jour par M. Goebel et D. Krause (déc. 2015).

    6. Description de la zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

    Limites et coordonnées
    Le cap Shirreff (60°47'17” de longitude ouest, 62°27'30” de latitude sud) est situé sur la côte nord de l'île Livingston, la deuxième plus grande île des Shetland du Sud, entre la baie Barclay et la baie Hero (carte 1). Il se trouve à l'extrémité nord d'une péninsule libre de glace au relief vallonné de faible altitude. A l'ouest de cette péninsule, on trouve l'anse Shirreff, à l'est de pointe Black, tandis qu'au sud on trouve la calotte de glace permanente de l'île Livingston. La péninsule a une superficie de quelque 3,1 km2, s'étendant sur 2,6 km du nord au sud et sur 0,5 à 1,5 km d'est en ouest. L'intérieur de la péninsule comprend une série de plages surélevées ainsi que de collines arrondies et abruptes dont la plus élevée est Toqui (82 m) dans la partie centre-nord de la péninsule. La côte ouest est formée de falaises quasiment continues dont la hauteur varie entre 10 et 15 m tandis que la côte est comprend, elle, de vastes plages de sable et de gravier.
    Un petit groupe d'îlots rocheux de faible altitude se trouve à environ 1 200 m à l'ouest de la péninsule du cap Shirreff, et constitue l'enveloppe occidentale de l'anse Shirreff. L'île San Telmo, la plus grande du groupe, est longue de 950 m et large jusqu'à 200 m, sa superficie atteignant quelque 0,1 km2. Il y a sur la côte sud-est de cette île une plage de sable et de galets, séparée d'une plage de sable au nord par deux falaises irrégulières et d'étroites plages de cailloux.
    La zone désignée comprend la totalité de la péninsule du cap Shirreff au nord de la calotte de glace de l'île Livingston, le groupe d'îles San Telmo, ainsi que la zone marine environnante et intermédiaire (carte 2). Les lignes de démarcation renferment une zone marine qui s'étend sur 100 m à partir du littoral de la péninsule du cap Shirreff et du groupe d'îles San Telmo. Au nord, elles s'étendent de l'extrémité nord-ouest de la péninsule du cap Shirreff vers le sud-ouest sur 1,4 km jusqu'au groupe d'îles San Telmo, délimitant la mer environnante dans l'anse Shirreff. La ligne de démarcation ouest s'étend vers le sud sur 1,8 km à partir du point 62°28'de latitude sud jusqu'à une petite île au point 62°29' de latitude sud, contournant la rive occidentale de cette même petite île et poursuivant sur 1,2 km au sud-est du littoral de l'île Livingston au 62°29'30” de latitude sud, soit environ 300 m au sud de l'à-pic Mercury. De ce point sur la côte, la ligne de démarcation sud s'étend sur environ 300 m plein est jusqu'à point 60°49'de longitude ouest, où elle prend une direction nord-est parallèle à la côte sur environ 2 km jusqu'au bord de la calotte de glace au 60°47'de longitude ouest. La ligne de démarcation sud s'étend ensuite plein est sur 600 m jusqu'à la côte est. La ligne de démarcation marine orientale suit le littoral est à 100 m de la rive. Elle délimite une superficie de 9,7 km2 (carte 2).
    Climat
    Des scientifiques chiliens et américains ont collecté pendant plusieurs années des données météorologiques pour le cap Shirreff. Elles sont actuellement enregistrées à l'aide d'instruments placés sur les bâtiments de la station du cap Shirreff. Les données sur de récentes saisons estivales (nov. - févr. inclus, 2005-2006 à 2009- 2010) font état au cap Shirreff d'une température quotidienne moyenne de l'air de 1,84°C (données fournies par le programme U.S. AMLR, 2005-2010). La température de l'air maximale enregistrée au cours de cette période a été de 19,9°C et la minimale de - 8,1°C. La vitesse de vent moyenne a été de 5,36 m/s et la vitesse de vent maximale enregistrée a été de 20,1 m/s. La direction prédominante du vent pendant la période de collecte des données a été l'ouest, suivi par l'ouest-nord-ouest et l'est-nord-est. On dispose de données météorologiques pour deux hivers récents, faisant état d'une température quotidienne moyenne de l'air pour juin-août 2007 de - 6,7°C, avec une température minimale de - 20,6°C et une température maximale de + 0,9°C, ainsi que d'une température quotidienne moyenne de l'air pour juin-septembre 2009 de - 5,8°C, avec un minimum de - 15,2°C et un maximum de + 1,9°C.
    Les précipitations enregistrées durant les saisons estivales (21 déc. - 24 févr., 1998-2001) ont varié entre 56 mm (sur 36 jours en 2000-2001) et 59,6 mm (sur 43 jours en 1998-1999) (Goebel et al., 2000, 2001). La péninsule est couverte de neige durant la majeure partie de l'année mais elle est d'ordinaire sans neige vers la fin de l'été.
    Géologie, géomorphologie et sols
    Le cap Shirreff se compose de laves porphyritiques basaltiques et d'intercalations mineures de brèche volcanique d'une épaisseur d'environ 450 m (Smellie et al., 1996). Les roches du cap Shirreff ont été déformées en plis ouverts d'orientation NO-SE, dont les surfaces axiales verticales sont pénétrées par de nombreux dykes. Un échantillon rocheux provenant de la partie sud du cap Shirreff a été identifié comme étant une roche fraîche de basalte à olivine composée d'environ 4 % d'olivine et 10 % de phénocristaux de plagioclase dans une pâte contenant du plagioclase, du clinopyroxène et de l'oxyde opaque. Les échantillons rocheux du cap Shirreff ont été datés par K-Ar au Crétacé supérieur, indiquant un âge minimum de 90,2 5,6 millions d'années (Smellie et al., 1996). Les séquences volcaniques du cap Shirreff font partie d'un groupe plus large de laves basaltiques et andésitiques relativement fraîches recouvrant la partie centrale orientale de l'île Livingston, qui présentent des caractéristiques similaires aux basaltes que l'on trouve sur la péninsule Byers.
    La péninsule consiste essentiellement en une plate-forme marine surélevée, de 46 à 53 m au-dessus du niveau de la mer (Bonner et Smith, 1985). Le socle rocheux est largement couvert de roches érodées et de dépôts de glace. Deux plates-formes inférieures, couvertes de galets arrondis par l'action de l'eau, apparaissent à des altitudes d'environ 7 à 9 m et 12 à 15 m au-dessus du niveau de la mer (Hobbs, 1968).
    On ne dispose que de peu d'informations sur les sols du cap Shirreff. Très poreux, ils se composent principalement de fines cendres et de scories. Les sols entretiennent une végétation éparse et ils sont enrichis par les colonies d'oiseaux et de phoques qui habitent la zone.
    Paléontologie
    Un spécimen en bois fossilisé appartenant à la famille des Araucariacées (Araucarioxylon sp.) a été découvert à cap Shirreff (Torres, 1993). Il est similaire aux fossiles qui ont été découverts sur la péninsule Byers (ZSPA n° 126), un site riche en flore et faune fossiles à 20 km au sud-ouest. Plusieurs spécimens fossiles ont également été découverts à l'extrémité nord de la péninsule du cap Shirreff. En 2001-2002, des roches fossilifères de deux époques différentes ont été découvertes dans des moraines frontales et latérales du glacier de l'île Livingston (carte 2). L'étude des palynomorphes retrouvés dans les moraines a identifié deux assemblages palynologiques distincts, arbitrairement surnommés " Type A " et " Type B " (Palma-Heldt et al., 2004, 2007). L'association " Type A " était dominée par des ptéridophytes, principalement des Cyatheaceae et des Gleicheniaceae, et par Podocarpidites spp. Elle contenait aussi des Myrtaceidites eugenioides et des spores fongiques épiphylles. Cet assemblage semble être représentatif des conditions chaudes et humides régnant au Crétacé inférieur (Palma-Heldt et al., 2007). L'assemblage " Type B " était caractérisé par une flore subantarctique contenant notamment Nothofagidites, Araucariacites australis, Podocarpidites otagoensis, P. marwickii, Proteacidites parvus et des spores fongiques épiphylles, indiquant un climat tempéré froid et humide (Palma-Heldt et al., 2007). On estime que cet assemblage remonte au Crétacé supérieur-Paléogène (Palma-Heldt et al., 2004 ; Leppe et al., 2003). Des travaux de recherche palynologique furent entrepris au cap Shirreff afin d'étudier l'évolution de la bordure sud pacifique du Gondwana et d'élaborer un modèle de l'évolution de la péninsule antarctique au Mésozoïque-Cénozoïque. On constate aussi qu'une nouvelle retraite de la calotte glaciaire de l'île de Livingston pourrait révéler d'autres fossiles (D. Torres, A. Aguayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010).
    Cours d'eau et lacs
    Il y a un lac permanent au cap Shirreff. Il se trouve au nord, au pied de la colline Toqui (carte 3). Le lac est profond d'environ 2 à 3 m et long de 12 m lorsqu'il est plein, son volume diminuant après février (Torres, 1995). Des bancs de mousse poussent sur les pentes environnantes. Il y a également sur la péninsule plusieurs étangs et cours d'eau éphémères, alimentés par la fonte de la neige, principalement en janvier et en février. Les plus grands de ces cours d'eau irriguent les versants sud-ouest en direction de la côte à la plage Yamana.
    Végétation et invertébrés
    Bien qu'aucune étude approfondie des communautés végétales n'y ait été faite, il semblerait que la végétation soit moins fournie au cap Shirreff qu'en de nombreux autres sites des îles Shetland du Sud. Les observations faites à ce jour ont permis de répertorier une espèce d'herbe, cinq de mousse, six de lichen, une de champignon et une de macroalgues nitrophiles (Torres, 1995).
    Des nappes de canche antarctique (Deschampsia antarctica) se retrouvent dans certaines vallées, souvent auprès de mousses. Les mousses sont principalement situées à l'intérieur des terres. Une vallée orientée nord- ouest à partir de la plage Half Moon abrite un tapis humide très développé de mousse Warnstorfia laculosa (= Calliergidium austro-stramineum, aussi = Calliergon sarmentosum) (Bonner 1989, cité par Heap, 1994). Dans les zones où l'écoulement est plus fluide, se trouvent Sanionia uncinata (= Drepanocladus uncinatus) et Polytrichastrum alpinum (= Polytrichum alpinum). Les zones de plage surélevées et certains plateaux plus élevés abritent d'importantes concentrations de la macroalgue verte nitrophile Prasiola crispa, qui est caractéristique des zones enrichies par les excréments d'animaux et remplace, selon les observations effectuées, les associations mousse-lichen endommagées par les otaries à fourrure de l'Antarctique (Bonner 1989, cité par Heap, 1994).
    Les six espèces de lichen décrites jusqu'ici au cap Shirreff sont Caloplaca spp, Umbilicaria antarctica, Usnea antarctica, U. fasciata, Xanthoria candelaria et X. elegans. Les espèces fruticuleuses Umbilicaria antarctica, Usnea antarctica et U. fasciata forment des concentrations denses sur les flancs de falaise et sur les rochers abrupts (Bonner 1989, cité par Heap 1994). On trouve couramment des lichens crustacés jaune-orange clair Caloplaca spp, Xanthoria candelaria et X. elegans sous les colonies d'oiseaux et aux côtés des espèces fruticuleuses. On ignore l'identité de la seule espèce fongique répertoriée.
    La faune invertébrée au cap Shirreff n'a pas été décrite.
    Ecologie microbienne
    Des études de terrain sur l'écologie microbienne du cap Shirreff ont été réalisées sur la période du 11 au 21 janvier 2010. Les résultats obtenus ont été comparés aux communautés bactériennes que l'on trouve sur la péninsule Fildes, île du roi George. Le but de l'étude était d'évaluer l'influence des divers microhabitats sur la biodiversité et les capacités métaboliques des communautés bactériennes du cap Shirreff et de la péninsule Fildes (INACH, 2010).
    Oiseaux en phase de reproduction
    La faune avienne du cap Shirreff est très diverse, dix espèces étant connues pour se reproduire à l'intérieur de la zone. Plusieurs espèces qui elles ne se reproduisent pas y sont également présentes. Les manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et les manchots papous (P. papua) se reproduisent dans la zone ; on n'a pas vu de manchots Adélie (P. adeliae) se reproduire au cap Shirreff ou sur l'île San Telmo bien qu'on en trouve un peu partout dans la région. On trouve de petites colonies de manchots à jugulaire et de manchots papous sur les côtes nord-est et nord-ouest de la péninsule du cap Shirreff (carte 3). Des données sur les colonies de manchots à jugulaire et de manchots papous ont été recueillies à chaque saison estivale depuis 1996-1997. Ces données se rapportent notamment au succès de reproduction, à la démographie, à l'alimentation, aux comportements de plongée et aux comportements alimentaires (par ex. Hinke et al., 2007 ; Pietrzak et al., 2009 ; Polito et al., 2015). Pendant la saison estivale 2009-2010, les manchots à jugulaire et les manchots papous du cap Shirreff ont été munis d'émetteurs satellites afin de pouvoir étudier leur comportement hivernal.
    Le tableau 1 présente les données relatives au nombre de manchots. En 2015-2016, le cap Shirreff comptait 19 colonies en phase de reproduction, pour un total de 655 nids de manchots papous et 3 302 nids de manchots à jugulaire (U.S AMLR, données non publiées), bien que le nombre de sous-colonies et leur composition présentent des variations d'une année à l'autre. Entre la fin des années 1990 et 2004, le nombre de manchots à jugulaire au cap Shirreff a considérablement diminué, alors qu'il n'y a eu aucune tendance perceptible chez les manchots papous (Hinke et al., 2007). La tendance à la baisse des manchots à jugulaire a persisté, et en 2007-2008 le dénombrement de nids des deux espèces de manchots a obtenu les plus faibles résultats depuis 11 ans, en raison des mauvaises conditions météorologiques (Chisholm et al., 2008 ; Miller et Trivelpiece, 2008). En 2008-2009 la population et la bonne reproduction des manchots papous et des manchots à jugulaire du cap Shirreff ont connu une forte croissance par rapport à l'année antérieure, mais le nombre de nids de manchots à jugulaire était encore inférieur de 30 % à la moyenne du site (Pietrzak et al., 2009). On attribue la différence entre les tendances marquant les populations de manchots à jugulaire et de manchots papous au taux de mortalité juvénile hivernal plus élevé chez les manchots à jugulaire (Hinke et al., 2007) et à une plus grande adaptabilité des manchots papous dans leur régime alimentaire (Miller et al., 2009).
    En général, les manchots à jugulaire font leur nid sur des escarpements plus élevés mais on en trouve également qui se reproduisent sur de petits promontoires à proximité du littoral. Quant aux manchots papous, ils tendent à se reproduire sur des pentes plus douces et des promontoires arrondis. Pendant la période d'élevage des poussins, la recherche alimentaire chez les deux espèces de manchots se cantonne aux eaux du plateau continental, à environ 20 à 30 km au large des côtes du cap Shirreff (Miller et Trivelpiece, 2007). Pendant les saisons 2010-2011 et 2012-2013, des véhicules aériens sans pilotes ont été mis à l'essai afin de déterminer leur utilité dans le cadre de l'estimation de l'abondance des manchots (Goebel et al., 2015).
    Plusieurs autres espèces se reproduisent à l'intérieur de la zone (carte 3), encore que les données obtenues sur leur nombre soient inégales. Les goélands dominicains (Larus dominicanus) et les labbes bruns (Catharacta antarctica) nichent en abondance tout le long du littoral de la zone. En 2000, on dénombrait respectivement 25 et 22 couples en phase de reproduction (U.S AMLR, communication personnelle, 2000). En 2007-2008, 24 couples de labbes ont été identifiés au cap Shirreff et à proximité de Mercury Bluff, dont 23 étaient des labbes bruns (Catharacta antarctica) ; l'autre couple était un hybride de labbe brun-labbe de l'Antarctique (C. maccormicki). Cinquante-six nids de goélands dominicains ont été relevés au cap Shirreff au cours de la saison 2006-2007. Lors des dernières saisons estivales, le succès de reproduction des labbes et des goélands dominicains a fait l'objet d'une surveillance régulière aux sites de nidification du cap Shirreff (Chisholm et al., 2008 ; Pietrzak et al., 2009).
    Les chionis blancs (Chionis alba) nichent en deux endroits : un couple a été observé nichant sur la côte ouest de la péninsule du cap Shirreff ; un second couple a été observé se reproduisant parmi des rochers sur la plage nord de l'île San Telmo, à proximité d'un site de reproduction d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Daniel Torres, communication personnelle, 2002). Des sternes antarctiques (Sterna vittata) se reproduisent en plusieurs endroits, qui, selon les observations, varient d'une année sur l'autre. Depuis 1990-1991, une petite colonie d'environ 11 couples de cormorans antarctiques (Phalacrocorax [atriceps] bransfieldensis) a été observée qui se reproduisait sur Yeco Rocks, sur la côte ouest de la péninsule (Torres, 1995). Des damiers du cap (Daption capense) se reproduisent sur des falaises sur la côte ouest de la zone ; 14 couples y ont été recensés en janvier 1993, neuf en janvier 1994, trois en janvier 1995 et huit en 1999. Des océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) se reproduisent également sur la côte ouest de la zone. Des pétrels à ventre noir (Fregetta tropica) ont été observés en phase de reproduction près du camp sur la côte est. Un grand nombre de pétrels géants (Macronectes giganteus) fréquentent la zone en été mais le repérage d'une colonie en phase de reproduction sur la péninsule (Bonner 1989, cité par Heap 1994) était une erreur (Daniel Torres, communication personnelle, 2002). Parmi les autres espèces d'oiseaux recensés mais ne se reproduisant pas dans la zone figurent les manchots macaroni (Eudyptes chrysolophus), les manchots royaux (Aptenodytes patagonicus), les manchots empereurs (Aptenodytes forsteri), les pétrels des neiges (Pagadroma nivea), les bécasseaux à croupion blanc (Calidris fuscicollis), les cygnes à cou noir (Cygnus melanocorypha) et le héron Bubulcus ibis (Torres, 1995 ; Olavarría et al., 1999). Les autres espèces d'oiseaux recensés alors qu'ils étaient à la recherche de nourriture près du cap Shirreff étaient les albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris) et les albatros à tête grise (T. chrysostoma), alors que ces espèces n'avaient pas encore été recensées dans la zone (Cox et al., 2009).
    Tableau 1 : Nombre de manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica) et papous (P. papua) au cap Shirreff :

    Année À jugulaire (couples) Papous (couples) Source
    1958 2000 (N31) 200-500 (N11) Croxall et Kirkwood, 1979
    1981 2164 (A4) 843 (A4) Sallaberry et Schlatter, 19832
    1987 5200 (A3) 300 (N4) Woehler, 1993
    1997 6907 (N1) 682 (N1) Hucke-Gaete et al. 1997a
    1999/2000 7744 (N1) 922 (N1) Données U.S. AMLR, Carten et al. 2001
    2000/2001 7212 (N1) 1043 (N1) Données U.S. AMLR, Taft et al. 2001
    2001/2002 6606 907 Données U.S. AMLR, Saxer et al. 2003
    2002/2003 5868 (A3) 778 (A3) Données U.S. AMLR, Shill et al. 2003
    2003/2004 5636 (N1) 751 (N1) Données U.S. AMLR, Antolos et al., 2004
    2004/2005 4907 (N1) 818 (N1) Données U.S. AMLR, Miller et al. 2005
    2005/2006 4849 (N1) 807 (N1) Données U.S. AMLR, Leung et al. 2006
    2006/2007 4544 (N1) 781 (N1) Données U.S. AMLR, Orben et al. 2007
    2007/2008 3032 (N1) 610 (N1) Données U.S. AMLR, Chisholm et al.., 2008
    2008/2009 4026 (N1) 879 (N1) Données U.S. AMLR, Pietrzak et al. 2009
    2009/2010 4339 (N1) 802 (N1) Données U.S. AMLR, Pietrzak et al. 2011
    2010/2011 4127 (N1) 834 (N1) Données U.S. AMLR, Mudge et al. 2014
    2011/2012 4100 (N1) 829 (N1) U.S. AMLR, données non publiées
    2012/2013 4200 (N1) 853 (N1) U.S. AMLR, données non publiées
    2013/2014 3582 (N1) 839 (N1) U.S. AMLR, données non publiées
    2014/2015 3464 (N1) 721 (N1) U.S. AMLR, données non publiées
    2015/2016 3302 (N1) 655 (N1) U.S. AMLR, données non publiées
    (1) Le code alphanumérique s'entend du type de recensement, comme dans Woehler (1993).
    (2) Les données déclarées ne précisaient pas l'espèce. On a supposé que le nombre plus élevé se référait aux manchots à jugulaire.

    Les données portaient sur des individus dont le total a été divisé par deux pour obtenir les " couples " dans le tableau.
    Animaux en phase de reproduction
    Le cap Shirreff et l'île San Telmo forment de nos jours le site de la plus grande colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) en phase de reproduction que l'on connaisse dans la région de la péninsule antarctique. Jadis, ces otaries se trouvaient partout en nombre dans les îles Shetland du Sud mais, entre 1820 et 1824, les chasseurs ont entraîné leur extinction à l'échelle locale. Il fallut attendre le 14 janvier 1958 pour que des otaries à fourrure de l'Antarctique soient à nouveau aperçues au cap Shirreff, avec 27 individus répertoriés, dont sept jeunes (Tufft, 1958). L'année suivante, le 31 janvier 1959, un groupe de sept adultes mâles, une femelle et un bébé mâle a été observé, avec un bébé mâle sans vie (O'Gorman, 1961). Une deuxième femelle est arrivée trois jours plus tard et, à la mi-mars, 32 otaries à fourrure de l'Antarctique étaient présentes. En 2002, la population d'otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff (à l'exclusion de l'île San Telmo) était estimée avoir atteint 14 842 individus (dont 6 453 petits), alors que la population totale (y compris celle de l'île San Telmo) s'élevait à 21 190 otaries (dont 8 577 petits) (Hucke-Gaete et al., 2004). Des données de recensement plus récentes sur les otaries à fourrure de l'Antarctique n'ont pas encore été publiées. Il est cependant clair que le nombre d'otaries à fourrure de l'Antarctique recensé actuellement au cap Shirreff est d'un ordre de grandeur inférieur à celui des populations présentes avant leur exploitation, et l'on ignore encore si la population retrouvera son niveau antérieur (Hucke-Gaete et al. 2004).
    Les sites de reproduction des otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff sont concentrés autour du littoral de la moitié nord de la péninsule (carte 3). A l'île San Telmo, la reproduction est concentrée aux deux extrémités, les jeunes se trouvant normalement près du milieu de l'île (Torres, 1995). Un programme de surveillance à long terme des otaries à fourrure de l'Antarctique a été mis en place au cap Shirreff depuis 1991, avec pour objectif principal l'étude du succès reproductif par rapport à la disponibilité des proies, à la variabilité de l'environnement et aux impacts d'origine anthropique (Osman et al., 2004). Des chercheurs ont étudié divers aspects de la colonie d'otaries à fourrure, notamment la reproduction, la prédation et la croissance, les soins maternels, l'alimentation des phoques, la plongée et la recherche de nourriture (Goebel et al., 2014). Des analyses génétiques visant à étudier la recolonisation du cap Shirreff par des otaries à fourrure de l'Antarctique provenant de la population présumée d'otaries des îles Géorgie du Sud ont été réalisées. Il en résulte de très importantes différences génétiques, ce qui indique que même des populations relictuelles peuvent se recréer sans perte aucune du point de vue de la diversité génétique (Bonin et al., 2013). La colonie d'otaries à fourrure de l'Antarctique du cap Shirreff a également été mise à profit pour l'étude des analyses génétiques effectuées sur les petits jumeaux, très rares parmi les pinnipèdes (Bonin et al., 2012).
    Pendant la saison 2010-2011, le programme U.S AMLR a relevé une diminution du taux de reproduction de 14 % par rapport à la saison estivale précédente (Goebel et al., 2014). Le taux de reproduction au cap Shirreff était particulièrement faible pour les saisons 2007-2008, 2008-2009, 2009-2010 et 2010-2011, toutes affichant un recul à deux chiffres, très probablement en raison de conditions hivernales peu propices et de changements démographiques marqués par l'augmentation du nombre de femelles âgées, menant ainsi à des taux de reproduction plus faibles et une plus grande mortalité (Goebel et al., 2008, 2009, 2011, 2014). Durant les dernières saisons, des études ont été menées dans la zone sur le taux de croissance des bébés otaries à fourrure en fonction du sexe, de la saison de reproduction, de l'aire alimentaire des mères et des soins maternels (Vargas et al., 2009 ; McDonald et al., 2012a, 2012b). Des études en matière de dynamique des populations ont également été réalisées, dont les résultats indiquent que sans l'impact négatif de la prédation, la population des otaries à fourrure de l'Antarctique augmenterait vraisemblablement, et ce malgré les effets positifs du changement climatique (Schwarz et al., 2013).
    Un petit nombre d'éléphants de mer se reproduisent en octobre sur des plages situées au sud (U.S. AMLR, communication personnelle, 2000 ; Daniel Torres, communication personnelle, 2002). Le 2 novembre 1999, 34 bébés ont été dénombrés sur des plages au sud de la colline Condor (U.S. AMLR, données non publiées). Pendant la saison 2008-2009, un total de 40 bébés éléphants de mer sont nés à proximité du cap Shirreff (Goebel et al., 2009). Pendant la saison 2010-2011, 31 bébés éléphants de mer sont nés au total au cap Shirreff (Goebel et al., 2014).
    On trouve également sur l'île des groupes d'éléphants de mer qui ne se reproduisent pas ainsi que des animaux isolés, principalement des jeunes, sur diverses plages. Le nombre maximum d'éléphants de mer répertoriés au cap Shirreff au cours de la saison 2010-2011 s'élevait à 221 individus (Goebel et al., 2014). Le comportement de recherche alimentaire des éléphants de mer a été étudié grâce au repérage par satellite des animaux marqués au cap Shirreff, et a été analysé par rapport aux caractéristiques physiques de la colonne d'eau (Huckstadt et al., 2006 ; Goebel et al., 2009). On a découvert que les phoques vont rechercher leur nourriture jusque dans la mer d'Amundsen, et un phoque solitaire a même été observé à 4 700 km à l'ouest de la péninsule antarctique.
    Des phoques de Weddell, des léopards de mer et des phoques mangeurs de crabes, qui ne se reproduisent pas, ont été aperçus sur la péninsule du cap Shirreff et font l'objet de programmes de surveillance (O'Gorman 1961 ; Bengtson et al., 1990, Oliva et al., 1988 ; Torres 1995 ; Goebel, communication personnelle, 2015). Tout au long de la saison 2010-2011 ne furent jamais recensés plus de 48 phoques de Weddell, 19 léopards de mer et 2 phoques mangeurs de crabes (Goebel et al., 2014). La surveillance des effets de prédation des léopards de mer sur la population de bébés otaries à fourrure de l'Antarctique a commencé en 2001-2002 et a été consignée durant la campagne antarctique 2003-2004 (Vera et al., 2004). Alors qu'ils occupaient leurs sites de reproduction du cap Shirreff, on a muni les léopards de mer de caméras haute résolution, de GPS et d'enregistreurs de profondeur-temps afin d'observer leur rayon de prospection alimentaire et leurs stratégies de chasse (Krause et al., 2015). D'après les observations existant sur le comportement des léopards de mer et selon des études sur la survie des bébés otaries, il semble qu'ils consomment chaque année près de la moitié des bébés otaries à fourrure de l'Antarctique nés dans la zone (Goebel et al., 2008, 2009). Outre les bébés otaries à fourrure et manchots, il est apparu que les léopards de mer se nourrissaient également de deux espèces de poissons démersaux (Gobionotothen gibberifrons et Notothenia coriiceps) ainsi que de carcasses d'otaries à fourrure et de manchots adultes (Krause et al., sous presse) Des échantillons d'ADN sont régulièrement prélevés sur quatre espèces différentes d'otaries du cap Shirreff, et sont conservés dans les archives ADN du Southwest Fisheries Science Center (Goebel et al., 2009). Pendant les saisons estivales 2009-2010, 2010-2011, 2011-2012 et 2014-2015, les chercheurs ont marqué des otaries à fourrure de l'Antarctique par le biais d'étiquettes, de même que des phoques de Weddell et des léopards de mer, afin de surveiller leur comportement pendant la période hivernale (Goebel et al., 2014). Des études réalisées au moyen de véhicules aériens sans pilote ont été effectuées en 2010-2011 et 2012-2013, qui se sont révélées efficaces pour estimer l'abondance et la taille de ces mammifères (Goebel et al., 2015).
    Des variations de couleurs extrêmement rares ont été observées dans la zone chez les bébés otaries à fourrure. Des otaries à fourrure de l'Antarctique pies ou de couleur claire ont été recensées pour la première fois, et un phoque de Wedell a été le premier cas confirmé d'albinisme chez les phoques de Weddell, les léopards de mer, les phoques de Ross ou les phoques mangeurs de crabes (Acevedo et al., 2009a, 2009b). En décembre 2005, une otarie à fourrure subantarctique adulte mâle a été aperçue parmi les otaries à fourrure de l'Antarctique du cap Shirreff, soit à une distance de plus de 4 000 km de la plus proche colonie reproductrice d'otaries à fourrure subantarctiques (Torres et al., 2012).
    Des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) ont été aperçues dans la région côtière située juste au nord-est de la zone (Cox et al., 2009).
    Milieu et écosystème marin
    Les fonds marins qui entourent la péninsule du cap Shirreff présentent une inclinaison progressive à partir de la côte pour atteindre des profondeurs de 50 m à 2 à 3 km environ du littoral et de 100 m à environ 6 à 11 km (carte 1). Cette crête sous-marine relativement peu profonde et large s'étend vers le nord-ouest sur environ 24 km avant de plonger plus profondément au bord du plateau continental. La crête est large d'environ 20 km et bordée, de part et d'autre, de canyons qui atteignent des profondeurs allant de 300 à 400 m. Des macroalgues sont présentes en abondance dans l'estran. La patelle Nacella concinna y est courante, comme ailleurs dans les îles Shetland du Sud.
    Les eaux au large du cap Shirreff ont été identifiées comme l'une des trois zones de la région des îles Shetland du Sud où la densité de biomasse du krill est toujours élevée, en dépit de variations importantes dans le temps des populations de krill en chiffres absolus (Hewitt et al., 2004 ; Reiss et al., 2008). Des études sur la répartition spatiale, la démographie, la densité et la taille du krill et des essaims de krill ont été menées dans la région côtière du cap Shirreff, se servant principalement de relevés acoustiques, mais aussi de véhicules sous- marins autonomes (AUV) (Reiss et al., 2008 ; Warren et al., 2005). Les relevés acoustiques des eaux côtières indiquent que l'abondance du krill la plus élevée se trouve dans la zone située au sud et au sud-est du cap Shirreff, ainsi qu'en bordure des deux canyons sous-marins, qui sont apparemment une source d'eaux riches en nutriments, augmentant à leur tour la productivité des zones côtières entourant le cap Shirreff (Warren et al., 2006, 2007). Des traits de filets effectués dans les eaux côtières indiquent que les organismes identifiés par les relevés acoustiques étaient principalement des euphausides Euphausia superba, Thysanoessa macrura et Euphausia frigida, et qu'il pouvait aussi y avoir des chaetognathes, des salpes, des siphonophores, des larves de poissons, des myctophidés et des amphipodes (Warren et al., 2007).
    Il a été établi que les eaux proches de la côte du cap Shirreff représentent l'aire d'alimentation principale des manchots présents dans la zone, surtout lors de la saison de reproduction, durant laquelle le besoin d'approvisionner les poussins impose un rayon de prospection alimentaire limité (Cox et al., 2009). Les otaries à fourrure et les manchots du cap Shirreff dépendent en grande partie du krill pour se nourrir. On sait qu'il existe un chevauchement entre les aires d'alimentation des prédateurs et les zones de pêche commerciale du krill et que les variations d'abondance des prédateurs et du krill ont été liées aux changements climatiques. Les recherches réalisées au cap Shirreff ont donc pour but la surveillance à la fois de l'abondance du krill et des populations de prédateurs et de leur succès de reproduction, aux fins d'évaluer les effets potentiels de la pêche commerciale ainsi que les effets de la variabilité environnementale et des changements climatiques sur l'écosystème.
    De nombreuses études sur l'environnement marin ont été effectuées dans les eaux côtières du cap Shirreff dans le cadre des recherches menées dans la grille d'échantillonnage de l'U.S AMLR. Ces études interrogent divers aspects de l'environnement marin, notamment l'océanographie physique, les conditions environnementales, la répartition et la productivité du phytoplancton, la répartition et la biomasse du krill ainsi que la répartition et la densité des oiseaux de mer et des mammifères marins (U.S AMLR 2008, 2009).
    Caractéristiques historiques
    Après la découverte en 1819 des îles Shetland du Sud, de grandes expéditions de chasse au phoque entre 1820 et 1824 au cap Shirreff avaient entraîné l'extermination de la quasi-totalité des otaries à fourrure de l'Antarctique et des éléphants de mer (Smith et Simpson, 1987). En janvier 1821, de 60 à 75 chasseurs de phoque britanniques auraient vécu à terre au cap Shirreff et 95 000 peaux auraient été prises durant la campagne 1821/1822 (O'Gorman, 1963). Il existe encore des témoins de l'occupation de ces chasseurs, notamment les vestiges d'au moins une cabane dans le nord-ouest de la péninsule et les traces de leurs campements sur plusieurs plages (D. Torres, A. Aquayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010). En outre, le littoral de plusieurs baies est jonché de bois et de morceaux d'épaves des bateaux utilisés pour la chasse au phoque. Au nombre des autres éléments qui prouvent qu'ont eu lieu des activités de chasse au phoque figurent les restes de fourneaux, des morceaux de bouteilles en verre, un harpon en bois et une figure en os sculptée à la main. (Torres et Aguayo, 1993). Fildes (1821) a relaté que des chasseurs au phoque avaient découvert sur la plage Half Moon un jas d'ancre et un gréement du navire espagnol San Telmo à peu près à l'époque où le navire avait fait naufrage. Il avait coulé le 4 septembre 1819 dans le passage Drake à environ 62° de latitude sud, avec 644 personnes à bord (Headland, 1989 ; Pinochet de la Barra, 1991). Ce sont vraisemblablement les premières personnes qui ont péri dans l'Antarctique et ce naufrage demeure la plus grande perte de vies humaines qui ait jamais eu lieu au sud du 60°de latitude sud. Un cairn a été érigé sur la côte nord-ouest de la péninsule du cap Shirreff pour commémorer cette disparition, cairn qui a été désigné comme le monument historique n°59 (carte 3).
    Les vestiges d'un camp ont été découverts à proximité de l'emplacement actuel du campement (Torres et Aguayo, 1993). Si l'on en croit les écrits figurant sur les objets découverts sur place, le camp serait d'origine russe et daterait des années 1940-1950, mais ses origines précises restent à déterminer. Au nombre des objets découverts figurent des morceaux d'une antenne, des fils électriques, des outils, des bottes, des clous, des piles, des aliments en conserve, des munitions et une boîte en bois couverte d'une pyramide de pierres. Plusieurs notes en russe, qui datent de visites ultérieures, ont été découvertes dans cette boîte (Torres, 2007).
    En janvier 1985, on a découvert à la plage Yamana (Torres, 1992) un crâne qui serait celui d'une jeune femme (Constantinescu et Torres, 1995). En janvier 1987, on a découvert à la surface du sol tout près de cet endroit, à l'intérieur des terres, un fragment de fémur humain. Après un examen minutieux des lieux, aucun autre reste n'a été découvert à l'époque. En janvier 1991, cependant, une autre partie de fémur a été découverte à proximité du site de la découverte antérieure (1987). En janvier 1993, une étude archéologique a été réalisée dans la zone, mais aucun nouveau reste humain n'a été découvert. Selon les analyses de datation, les premiers échantillons seraient vieux d'environ 175 ans, et on a supposé qu'ils appartenaient à un seul et même individu (Torres, 1999).
    Activités et impacts humains
    L'époque moderne des activités humaines au cap Shirreff s'est dans une large mesure limitée à la science. Au cours des trente dernières années, la population d'otaries à fourrure de l'Antarctique dans les îles Shetland du Sud est passée à un niveau tel que les travaux de marquage et autres travaux de recherche ont pu être effectués sans mettre en péril l'existence et la croissance de la population locale. Les études chiliennes sur le cap Shirreff ont commencé en 1965 (Aguayo et Torres, 1966, 1967), un programme plus intensif ayant été entrepris en 1982 par des scientifiques chiliens, notamment un programme de marquage des otaries à fourrure de l'Antarctique toujours en cours (Cattan et al., 1982 ; Torres, 1984 ; Oliva et al., 1987). Des chercheurs américains se livrent depuis 1986-1987 à des études sur les pinnipèdes et les oiseaux de mer au cap Shirreff et à l'île San Telmo (Bengtson et al., 1990).
    Les études du programme de contrôle de l'écosystème (CEMP) au cap Shirreff ont commencé au milieu des années 1980, lancées par des scientifiques chiliens et américains. Le cap Shirreff a été désigné en 1994 comme un site du CEMP afin de le protéger des dommages ou des perturbations qui risqueraient d'avoir des effets négatifs à long terme sur le suivi du CEMP. Dans le cadre du CEMP, des études de long terme ont pour but d'évaluer et de surveiller l'écologie d'alimentation, la croissance et l'état, le succès en matière de reproduction, le comportement, les taux démographiques et l'abondance des pinnipèdes et des oiseaux de mer qui se reproduisent dans la zone. Les résultats de ces études seront comparés aux données environnementales, aux données d'échantillonnage en haute mer et aux données statistiques sur la pêche en vue d'identifier la possible relation de cause à effet entre les pêcheries de krill et les populations de pinnipèdes et d'oiseaux de mer.
    Des anticorps de Brucella et du virus de l'herpès ont été détectés dans des échantillons de tissu prélevés durant les saisons estivales de 1998 à 2001 au cap Shirreff sur des otaries à fourrure de l'Antarctique, et des anticorps de Brucella ont également été détectés dans des tissus de phoques de Weddell (Blank et al, 1999 ; Blank et al., 2001 a et b). Les études sur la mortalité de bébés otaries à fourrure de l'Antarctique imputable à des maladies ont commencé durant la campagne antarctique 2003-2004 (Torres et Valdenegro, 2004). La bactérie entérophathogène Escherichia coli (EPEC) a été identifiée dans des frottis prélevés sur des otaries à fourrure de l'Antarctique au cap Shirreff, et deux des 33 bébés échantillonnés ont été testé positif pour ce pathogène. Ces résultats représentent les premiers cas d'EPEC relevés dans la faune antarctique et chez les pinnipèdes, et l'on ignore encore les effets que pourrait avoir ce pathogène sur la faune de l'Antarctique. (Hernandez et al., 2007).
    Des déchets en plastique ont été pour la première fois signalés au cap Shirreff par Torres et Gajardo (1985) tandis que des études de surveillance des débris marins ont été réalisées à intervalles réguliers depuis 1992 (Torres et Jorquera, 1995). Le problème des débris persiste sur ce site, et les chercheurs chiliens ont à ce jour évacué plus de 1,5 tonne de déchets ramassés dans la zone (D. Torres, A. Aquayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010). De récentes études ont fait état de la présence dans la zone d'un grand nombre d'objets, la plupart en plastique, mais aussi de déchets végétaux provenant de navires, de bidons à huile en métal, de cartouches de fusil et d'une antenne. C'est ainsi, par exemple, qu'ont été ramassés pendant la campagne 2000-2001, 1 774 objets dont près de 98 % étaient en matière plastique ; les objets restants étant en verre, en métal et en papier. Il est intéressant de noter que 34 % des objets en matière plastique trouvés en 2000-2001 étaient des sangles d'emballage, environ 589 au total, dont 40 n'avaient pas été coupées et 48 avaient été nouées sous la forme d'une boucle. Plusieurs des objets trouvés étaient huilés et quelques objets en plastique étaient partiellement brûlés. L'enchevêtrement d'otaries à fourrure de l'Antarctique dans des débris marins a fréquemment été signalé au cap Shirreff (Torres, 1990 ; Hucke-Gaete et al., 1997c ; Goebel et al., 2008, 2009), principalement dans du matériel de pêche tel que des cordes en nylon, des fragments de filet de pêche et des sangles d'emballage. Entre 1987 et 1997, un total de 20 otaries à fourrure de l'Antarctique portant des colliers de débris ont été recensées. On a également trouvé des fibres en matière plastique dans des nids de goélands dominicains et de manchots à jugulaire (Torres et Jorquera, 1992) ainsi que dans ceux de chionis (Torres et Jorquera, 1994).
    Les eaux baignant le cap Shirreff représentent une zone importante pour la pêche commerciale du krill. Il n'existe pas encore de données sur l'effort de pêche au cap Shirreff en particulier, mais il existe des statistiques de pêche publiées pour la sous-zone statistique 48.1 de la CCAMLR, dont fait partie la zone. En 2008-2009, 33 970 tonnes de krill antarctique (Euphausia superba) ont été pêchées dans la sous-zone 48.1, contre une moyenne annuelle de 32 993 tonnes durant la période allant de 1999-2000 à 2008-2009 (CCAMLR 2010). Le 10 octobre 2010, la pêcherie de krill de la sous-zone 48.1 fut fermée pour le reste de la saison de pêche 2009-2010 (1er décembre 2009-30 novembre 2010), parce que le niveau des captures avait atteint 99,9 % de la limite annuelle établie pour la sous-zone (155 000 tonnes). Pendant les saisons 2012-2013, 2013-2014 et 2014-2015 (données provisoires), 153 830, 146 191 et 153 946 tonnes de krill furent respectivement pêchées, et la saison de pêche fut fermée lors de chacune de ces saisons en raison des limites de captures (CCAMLR 2015, 2015b). Les nations pêcheuses de krill récemment enregistrées dans la sous-zone comprennent l'Allemagne, le Chili, la Chine, la Corée, les Etats-Unis, le Japon, la Norvège, la Pologne, l'Ukraine, l'Uruguay et le Vanuatu. La pêche du krill a généralement lieu de décembre à août, les niveaux de captures les plus élevés étant normalement entre mars et mai. Le niveau de capture des autres espèces a été bien plus faible, notamment pour les espèces Champsocephalus gunnari, Champsocephalus gunnari, Nototheniops nybelini, Notothenia coriiceps, Notolepis spp, Notothenia gibberifrons, Notothenia neglecta, Notothenia rossii, Pseudochaenichthys georgianus et Chaenocephalus aceratus (CCAMLR 2010).

    6 (ii) Accès à la zone

    L'accès à la zone peut se faire au moyen d'une petite embarcation, d'un aéronef, d'un véhicule sur la glace de mer ou à pied. Historiquement, le cycle saisonnier de formation de glace de mer dans la zone des îles Shetland Sud commence au début du mois d'avril, et la glace de mer persiste jusqu'au début du mois de décembre, quoique plus récemment les îles Shetland du Sud restent parfois libres de glace toute l'année en raison du réchauffement régional.
    L'accès par voie aérienne est déconseillé et des restrictions relatives aux itinéraires et aux zones d'atterrissage s'appliquent du 1er novembre au 31 mars inclus. Les détails liés à ces restrictions figurent au point 7 (ii) ci- dessous. Quant aux zones d'accès par hélicoptère, elles sont indiquées au point 6 (v).
    Deux postes de mouillage ont été identifiés à proximité de la zone (carte 2) et lorsque l'accès à la zone se fait par la mer, les petites embarcations doivent mouiller à l'un des endroits indiqués au point 7 (ii). La houle oscille généralement entre 1 et 4 m, diminuant en direction de la côte et sous le vent du cap Shirreff (Warren et al., 2006, 2007).
    Dans la mesure où les conditions de la glace de mer le permettent, l'accès à la zone doit se faire à pied ou au moyen d'un véhicule. Cependant, les véhicules peuvent être utilisés à terre uniquement dans la zone côtière entre la plage El Módulo et les installations de campement américaines et chiliennes. Afin de réapprovisionner le point d'observation ornithologique/refuge d'urgence, il convient de suivre les chemins d'accès répertoriés sur la carte 3 (cf. point 7 (ii) pour de plus amples détails).

    6 (iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à elle

    Un camp de recherche semi-permanent mais ouvert l'été seulement a été installé sur la côte est de la péninsule du cap Shirreff ; il se trouve au pied de la colline Condor (62°28.249'de latitude sud, 60°46'.283' de longitude ouest) (carte 3). Les bâtiments du camp demeurent sur place toute l'année. En 2015, le camp portant le nom de " Cape Shirreff Field Station " (Etats-Unis) se composait de quatre petites constructions et de latrines (Krause, communication personnelle, 2015). Le camp " Dr Guillermo Mann-Fischer " (Chili) est situé à environ 50 m de la station américaine et comprend une cabine principale, un laboratoire, une construction pour le stockage, un igloo en fibre de verre, des latrines et une génératrice éolienne (D. Torres, A. Aquayo et J. Acevedo, communication personnelle, 2010). L'igloo en fibre de verre chilien a été installé à l'origine en 1990-1991 tandis que le camp américain l'a été en 1996-1997. On y trouve également des aires de stockage, et des tentes sont, selon que de besoin, érigées chaque saison à proximité. Durant la saison 2009-2010, un hangar pour les véhicules tous terrains (VTT) a été construit dans le camp américain, servant de conteneur d'appoint pendant l'été et d'entreposage d'hiver pour les VTT. Le site a été choisi de sorte qu'il soit inclus dans le périmètre actuel de la station, évitant ainsi de gêner les déplacements de phoques. Une structure de toile " Weatherport " est entreposée au cap Shirreff, pouvant servir d'hébergement d'appoint aux chercheurs de passage dans la zone. Elle est dressée, le cas échéant, à moins de 10 m au sud de la station américaine.
    Deux postes d'observation météorologique automatiques sont installés à l'extérieur des bâtiments du cap Shirreff. Deux stations de réception pour le suivi télémétrique des phoques se trouvent chacune dans une boîte (90 × 60 × 100 cm), l'une située à l'est de l'aire d'atterrissage A sur le versant nord-est de la colline Condor, et l'autre sur le versant nord-est de la colline Toqui (carte 3).
    Une borne de marquage est située sur la plage El Módulo, près des stations chilienne et américaine. Elle indique que la zone est protégée et qu'elle est interdite d'accès. Durant la saison 2015-2016, la borne nécessitait d'être réparée. Il est prévu d'en installer une nouvelle pendant la saison 2016-2017 (Krause, communication personnelle, 2015). Les lignes de démarcation de la zone ne sont pas autrement marquées.
    Les vestiges d'un camp, vraisemblablement d'origine russe, se trouvent près des camps chilien et américain. On peut trouver dans d'autres parties de la péninsule quelques traces des camps qu'avaient installés au XIXe siècle des chasseurs de phoque (Smith et Simpson, 1987 ; Torres, 1993 ; Stehberg et Lucero, 1996). Un cairn (monument historique n°59) a été érigé au sommet de la colline Gaviota sur la côte nord-ouest afin de commémorer la perte des passagers du San Telmo en 1819 (carte 3). En 1998-1999, un point d'observation ornithologique/refuge d'urgence de 5 × 7 m (62°27.653'de latitude sud, 60°47.404'de longitude ouest) a été installé par des scientifiques américains sur les pentes nord de la colline Enrique au-dessus de la plage Bahamonde, à proximité des colonies de manchots (carte 3).

    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité immédiate de la zone

    Les zones protégées les plus proches du cap Shirreff sont la péninsule Byers (ZSPA n° 126), qui se trouve à environ 20 km au sud-ouest ; port Foster (ZSPA n°145, île de la Déception) et d'autres parties de l'île de la Déception (ZSPA n° 140), qui sont situées à quelque 30 km au sud ; et la " baie du Chili " (baie Discovery) (ZSPA n° 144), située à environ 30 km à l'est à l'île Greenwich (carte 1).

    6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la zone

    Une zone dans le nord et l'ouest de la zone protégée a été désignée comme aire à accès limité, en raison de la grande concentration de faune et de flore sauvage qui s'y trouve. Les restrictions d'accès s'appliquent uniquement à l'accès par aéronef et interdisent les survols à moins de 2 000 pieds (~ 610 m), à moins qu'un permis ne l'autorise spécifiquement. L'aire à accès limité est définie comme la zone au nord du point 62°28' de latitude sud (carte 2), à l'ouest du 60°48' de longitude ouest et au nord du 62°29' de latitude sud.
    Une aire d'accès à la zone par hélicoptère a été retenue (carte 2) qui s'applique aux aéronefs accédant aux sites d'atterrissage désignés à l'intérieur de la zone. Cette aire d'accès s'étend vers le nord de la calotte glaciaire de l'île Livingston en suivant la principale ligne de crête de la péninsule sur 1 200 m (~ 0.65 Nm.) vers la colline Selknam. L'aire d'accès à la zone par hélicoptère s'étend ensuite à l'est sur 300 m (~ 0.15 Nm), jusqu'à l'aire d'atterrissage B au col d'Ancho, et se prolonge encore sur 400 m (~ 0.23 Nm) à l'est jusqu'au sommet de la colline Condor, à proximité de l'aire d'atterrissage d'hélicoptère. La limite sud de l'aire d'accès à la zone par hélicoptère coïncide avec la ligne de démarcation sud de la zone.

    7. Critères de délivrance des permis d'accès
    7 (i) Conditions générales pour l'obtention d'un permis

    L'accès à la zone est interdit sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente. Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :

    - un permis est délivré uniquement pour une étude scientifique associée au Programme de contrôle de l'écosystème ou pour des raisons scientifiques, éducatives, archéologiques ou historiques impérieuses qu'il n'est pas possible de satisfaire ailleurs ;
    - un permis est délivré pour des buts de gestion essentiels qui sont conformes aux objectifs du plan tels que des activités d'inspection, d'entretien ou de révision ;
    - les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques, scientifiques, éducatives, archéologiques ou historiques de la zone ;
    - toutes les activités de gestion entreprises le seront à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
    - les activités autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
    - la détention du permis ou d'une copie certifiée conforme est impérative dans la zone ;
    - un rapport de visite devra être soumis à l'autorité nommée dans le permis ;
    - tout permis sera délivré pour une durée déterminée.

    7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci

    L'accès à la zone se fera au moyen d'une petite embarcation, d'un hélicoptère ou à pied. Les personnes pénétrant dans la zone doivent rester à proximité immédiate de leur aire d'atterrissage, à moins qu'un permis ne les autorise à s'éloigner.
    Accès par embarcation
    L'accès à la zone au moyen d'une petite embarcation doit se faire à l'un des endroits suivants (carte 2) :
    1. La côte orientale de la péninsule sur la plage El Módulo, à 300 m au nord des installations du camp, où un profond canal rend l'accès plus ou moins facile.
    2. L'extrémité nord de la plage Half Moon, sur la côte orientale de la péninsule.
    3. L'extrémité nord de la plage Yamana, sur la côte occidentale (à marée haute uniquement).
    4. La côte nord de la plage Alcazar, près du point d'observation ornithologique/refuge d'urgence.
    5. L'extrémité sud de la plage nord sur l'île San Telmo.
    L'accès en petite embarcation à d'autres endroits sur la côte est autorisé sous réserve qu'il soit conforme aux objectifs pour lesquels un permis a été délivré. Deux postes de mouillage ont été identifiés à proximité de la zone : le premier à 1 600 m au nord-est des principales installations de campement et le second à environ 800 m au nord de l'île San Telmo (carte 2). Les visiteurs doivent, dans la mesure du possible, éviter de débarquer lorsque des colonies de pinnipèdes ou d'oiseaux de mer sont présentes sur la côte ou à proximité.
    Accès en aéronef et survol
    En raison de la présence marquée de pinnipèdes et d'oiseaux de mer dans la péninsule du cap Shirreff pendant la saison de reproduction (1er novembre-31 mars), il est vivement déconseillé d'accéder à la zone en aéronef pendant cette période. Dans la mesure du possible et de préférence, l'accès doit se faire au moyen d'une petite embarcation. Toutes les restrictions imposées à l'accès en aéronef et au survol de la zone que renferme ce plan s'appliqueront durant la période qui va du 1er novembre au 31 mars inclus. Pendant cette période le mouvement et l'atterrissage d'aéronefs dans la zone sont autorisés sous réserve que les conditions suivantes soient strictement réunies :
    1. Il est recommandé que les aéronefs se maintiennent à une distance horizontale aussi bien que verticale de 2000 pieds (~ 610 m) de la limite de démarcation de la zone protégée (carte 2), à moins qu'ils n'accèdent aux aires d'atterrissage désignées ou qu'un permis les autorise à agir autrement.
    2. Tous les survols de la zone à accès limité sont interdits à moins de 610 m (2 000 pieds), sauf si un permis l'autorise. La zone à accès limité est définie comme étant la zone située au nord du 62°28' de latitude sud (carte 2) ou au nord du 62°29' de latitude sud et à l'ouest du 60°48' de longitude ouest (carte 2), et comprend les aires où l'on trouve les plus grandes concentrations de faune et de flore sauvages.
    3. L'atterrissage d'hélicoptères est autorisé à deux endroits spécifiques (carte 2). Les aires d'atterrissage et leurs coordonnées sont décrites ci-dessous :
    (A) sur une petite surface plane, à environ 150 m au nord-ouest du sommet de la colline Condor (50 m, ou ~ 150 pieds ; 60°46.438'de longitude ouest, 62°28.257' de latitude sud), qui est le site de débarquement privilégié pour la plupart des activités ; et
    (B) sur la vaste surface plane du col Ancho (25 m), située entre la colline Condor et la colline Selknam (60°46.814' de longitude ouest, 62°28.269' de latitude sud).
    1. Les aéronefs accédant à la zone le feront autant que possible par l'aire d'accès à la zone pour hélicoptère.
    L'aire d'accès permet une approche par le sud au-dessus de la calotte de glace permanente de l'île Livingston, et s'étend le long de la principale ligne de crête de la péninsule sur 1 200 m (~ 0,65 Nm) vers la colline Selknam (altitude = 50 m ou ~ 150 pieds). L'aire d'accès par hélicoptère continue ensuite à l'est sur 300 m (~ 0,15 Nm) au col d'Ancho, où se situe l'aire d'atterrissage B, et sur 400 m (~ 0,23 Nm) de plus à l'est jusqu'au sommet de la colline Condor (altitude = 50 m ou ~ 150 pieds), près de l'aire d'atterrissage A. Les aéronefs doivent éviter de survoler les aires où se trouvent la cabane et la plage du côté est de la colline Condor.
    2. Les approches privilégiées de l'aire d'accès sont celles du sud au-dessus de la calotte de glace permanente de l'île Livingston, du sud-ouest en venant de la baie Barclay, et du sud-est en venant de la baie Hero (cartes 1 et 2).
    3. Il arrive fréquemment que le temps soit nuageux avec un plafond bas au cap Shirreff, en particulier dans les environs de la calotte de glace permanente, ce qui peut rendre difficile l'évaluation des conditions de neige/glace à terre depuis l'aéronef. Le personnel sur le terrain qui est chargé, s'il y a lieu, d'informer les pilotes des conditions météorologiques locales avant l'approche ne doit jamais oublier que la base de nuage minimale de 150 m (500 pieds) au-dessus du niveau moyen de la mer dans la zone d'approche de l'île Livingston est nécessaire pour respecter les lignes directrices régissant l'accès.
    4. L'utilisation de grenades fumigènes pour déterminer la direction des vents est interdite dans la zone sauf pour des raisons impérieuses de sécurité, et toutes les grenades utilisées doivent être récupérées.
    Accès en véhicule et utilisation de véhicules dans la zone
    L'accès en véhicule à terre est autorisé jusqu'aux lignes de démarcation de la zone. L'accès en véhicule sur la glace de mer est autorisé jusqu'au littoral à l'intérieur de la zone. Les véhicules peuvent être utilisés à terre uniquement :

    - dans la zone côtière entre la plage El Módulo et les installations de campement américaines et chiliennes (carte 3) ; et
    - en soutien pour le ravitaillement annuel du point d'observation ornithologique/refuge d'urgence en suivant la voie d'accès indiquée (carte 3), celui-ci devant avoir lieu avant le 15 novembre de chaque saison et à la seule condition qu'une couche neigeuse d'au moins 40 cm recouvre tout l'itinéraire, afin de réduire au minimum les éventuels dommages aux sols et à la végétation sous-jacents (Felix et Raynolds, 1989). Passée cette date du 15 novembre, chaque trajet devra faire l'objet d'une grande attention afin de ne pas causer d'éventuelles perturbations aux otaries à fourrure femelles adultes, qui reviennent souvent à cette période de l'année. Pas plus de deux trajets par saison ne pourront être effectués pour ce ravitaillement. Le chemin d'accès devra être minutieusement inspecté en cas d'absence de neige afin de s'assurer que les véhicules n'auront causé aucun dommage aux sols ou à la végétation. Si tel était le cas, l'usage des véhicules à des fins de ravitaillement sera suspendu jusqu'à la révision de cette politique.

    Il est interdit d'utiliser des véhicules ailleurs dans la zone.
    Accès à pied et déplacements dans la zone
    A l'exception de l'utilisation limitée de véhicules décrite ci-dessus, les déplacements à terre dans la zone se feront à pied. Il est interdit aux pilotes, aux membres d'équipage des aéronefs, des embarcations ou des véhicules ainsi qu'à quiconque se trouve dans ces aéronefs, embarcations et véhicules de se déplacer à pied en dehors des environs immédiats de leurs sites de débarquement ou des cabanes sauf autorisation contraire prévue par un permis. Les visiteurs doivent se déplacer avec le plus grand soin afin de réduire au minimum les perturbations de la flore, de la faune et des sols. Ils doivent, dans la mesure du possible, rester sur les sections enneigées ou rocheuses tout en veillant à ne pas endommager les lichens. Les déplacements à pied doivent être réduits au maximum en fonction des objectifs de toute activité autorisée et tout doit être mis en œuvre pour en limiter les effets.

    7 (iii) Activités pouvant être menées dans la zone

    Travaux de recherche scientifique qui ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone, en particulier à celles qui sont associées au programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR.
    Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.
    Activités à visée pédagogique (de type rapports documentaires - photographiques, audio ou écrits - ou production de ressources ou de services pédagogiques) qu'il n'est pas possible de mener ailleurs.
    Activités dont le but est de préserver ou de protéger les ressources historiques à l'intérieur de la zone.
    Recherches archéologiques qui ne menacent pas les valeurs de la zone.

    7 (iv) Installation, modification ou enlèvement de structures

    Aucune structure ne peut être installée dans la zone sauf autorisation stipulée dans le permis.
    Les principales installations de campement sont limitées à l'aire qui se trouve dans un rayon de 200 m des camps chilien et américain existants (carte 3). De petits abris ou postes d'observation temporaires peuvent être construits en vue de faciliter l'étude scientifique de la faune.
    Toutes les structures, tout le matériel scientifique et tous les repères installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tout l'équipement doit être fabriqué avec des matériaux qui posent un risque minimum de perturbation de la faune et de pollution de la zone.
    Toute activité liée à l'installation (y compris le choix du site), à l'entretien, à la modification ou à l'enlèvement de structures sera menée à bien de manière à réduire au minimum les perturbations de la faune et de la flore ; à cet égard, il est recommandé d'éviter autant que faire se peut la principale saison de reproduction (1er novembre-31 mars).
    L'enlèvement de structures, d'équipement, de jalons ou de dispositifs de bornage pour lequel le permis a expiré sera du ressort de l'autorité qui a délivré le permis original et figurera parmi les critères régissant la délivrance du permis.

    7 (v) Emplacement des camps

    Les campements sont autorisés dans un rayon de 200 m des installations des camps chiliens et américains, sur la côte est de la péninsule du cap Shirreff (carte 3). Les campements temporaires sont permis à l'extrémité nord de la plage Yamana pour pourvoir aux besoins des travaux sur le terrain sur les îlots San Telmo (carte 3). La cabane américaine d'observation des oiseaux sur les pentes nord de la colline Enrique (60°47'28” de longitude ouest, 62°27'41”de latitude sud) peut être utilisée comme abri de nuit temporaire à des fins de recherche mais elle ne doit pas être utilisée comme un camp semi-permanent. Les campements sont autorisés sur l'île San Telmo lorsque cela s'avère nécessaire pour répondre aux buts et objectifs du plan. L'endroit à privilégier pour installer un camp se trouve à l'extrémité sud de la plage nord de l'île. Les campements sont interdits ailleurs dans la zone.

    7 (vi) Restrictions concernant les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

    L'introduction délibérée d'animaux, de végétaux, de micro-organismes ou de sols est interdite dans la zone et les précautions visées ci-dessous seront prises en cas d'introductions accidentelles.
    Afin de contribuer à protéger les valeurs écologiques et scientifiques au cap Shirreff et sur l'île San Telmo, les visiteurs prendront des mesures de précaution particulières contre les introductions accidentelles. Les introductions particulièrement préoccupantes sont celles concernant les agents pathogènes, les microbes, les invertébrés ou les plantes issus d'autres sites antarctiques, y compris de stations, ou provenant d'autres régions hors de l'Antarctique. Les visiteurs doivent veiller à ce que le matériel d'échantillonnage et de balisage soit stérile avant d'entrer dans la zone. Les chaussures et autres articles utilisés ou introduits dans la zone (y compris les sacs à dos, les mallettes et les tentes) seront sans toute la mesure du possible nettoyés à fond avant d'entrer dans la zone.
    La volaille préparée doit être exempte de maladies ou d'infections avant d'être expédiée dans la zone et, si elle y est introduite à des fins alimentaires, toutes ses parties et tous ses déchets seront retirés dans leur intégralité et incinérés, ou bouillis suffisamment longtemps pour éliminer toutes les bactéries ou tous les virus potentiellement infectieux.
    Aucun herbicide ni pesticide ne doit être introduit dans la zone.
    Tout autre produit chimique, y compris les radionucléides ou isotopes stables, susceptibles d'être introduits à des fins scientifiques ou de gestion en vertu du permis, seront retirés de la zone au plus tard lorsque prendront fin les activités prévues par le permis.
    Aucun combustible, produit alimentaire ou autre matériel ne sera entreposé dans la zone à moins d'être essentiel aux activités prévues par le permis.
    Tous les matériaux seront introduits dans la zone pour une période déterminée. Ils seront retirés de ladite zone au plus tard à la fin de cette période, puis ils seront gérés et entreposés de manière à réduire au minimum les risques pour l'environnement.
    En cas de déversement susceptible de mettre en péril les valeurs de la zone, leur enlèvement est encouragé à condition que l'impact de celui-ci ne soit pas susceptible d'être supérieur à celui consistant à laisser le matériel in situ.

    7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

    Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou les perturbations nuisibles à la faune et à la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré par l'autorité nationale compétente, conformément à l'article 3 de l'Annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, et uniquement à cette fin. Les programmes de recherche du CEMP en cours dans la zone doivent être consultés avant que d'autres permis pour la capture ou la perturbation nuisible d'animaux ne soient délivrés

    7 (viii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

    Le ramassage ou l'enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis ne peut se faire qu'en conformité avec le permis, et doit se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion.
    Tout matériau d'origine anthropique susceptible d'avoir un impact sur les valeurs de la zone et n'ayant pas été introduit par le titulaire du permis ou toute autre personne autorisée, doit être enlevé à condition que cet enlèvement n'entraîne pas de conséquences plus graves que de le laisser in situ. Dans ce cas, les autorités compétentes devront en être informées.
    Tout matériau susceptible de posséder une valeur archéologique, historique ou de patrimoine importante ne devra pas être manipulé, endommagé, enlevé ou détruit. Ces objets devront être répertoriés et soumis à une décision par l'autorité compétente quant à leur conservation ou leur transfert. La réinstallation ou l'enlèvement à des fins de préservation ou de protection, ou pour rétablir l'exactitude historique est autorisé sous réserve de la délivrance d'un permis.
    L'autorité nationale compétente devra être informée de l'enlèvement de tout objet n'ayant pas été apporté dans la zone par le détenteur du permis.

    7 (ix) Elimination des déchets

    Tous les déchets seront retirés de la zone, à l'exception des déchets humains et des effluents domestiques liquides qui peuvent être enlevés de la zone ou déversés dans la mer.

    7 (x) Mesures nécessaires pour continuer d'atteindre les objectifs du plan de gestion

    1. Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone et s'y livrer à des activités de surveillance biologique et des inspections de site qui peuvent faire intervenir le prélèvement de petites quantités de matière végétale ou d'un petit nombre d'animaux à des fins d'analyse ou d'audit, ou encore pour prendre des mesures de protection.
    2. Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien indiqués balisés.
    3. Pour éviter toute interférence avec les travaux de recherche et de surveillance ou tout double emploi éventuel, les personnes qui ont l'intention d'entreprendre de nouveaux projets dans la zone doivent, avant d'entamer les travaux, consulter les responsables de programmes en cours d'exécution au cap Shirreff, comme ceux du Chili et des États-Unis.
    4. Etant donné que l'échantillonnage géologique a un impact à la fois permanent et cumulatif, les visiteurs qui prélèvent des échantillons géologiques dans la zone doivent remplir un formulaire décrivant le type géologique, la quantité et l'emplacement des échantillons pris, qui devra au minimum être déposé auprès de leur Centre national de données antarctiques ou du Répertoire maître de l'Antarctique.

    7 (xi) Rapports de visite

    Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un rapport décrivant les activités menées dans la zone. Ces rapports doivent, le cas échéant, inclure les informations identifiées dans le Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique.
    Les Parties doivent conserver des archives de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans des archives auxquelles le public pourra avoir accès, et ce, afin de conserver des archives d'usage qui seront utilisées dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone.
    L'autorité compétente doit être informée de toutes les activités ou mesures entreprises, et/ou des matériaux rejetés et non enlevés, qui n'avaient pas été prévus par le permis.

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  • Annexe


    MESURE 8 (2016)
    ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 167 (ÎLE HAWKER, TERRE DE LA PRINCESSE-ELISABETH) : PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


    Les Représentants,
    Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
    Rappelant
    - la mesure 1 (2006) qui désignait l'île Hawker, collines Vestfold, côte Ingrid Christensen, Terre de la Princesse-Elisabeth, Antarctique Orientale, comme ZSPA n° 167 et comprenait en annexe un plan de gestion pour la zone ;
    - la mesure 9 (2011) qui a adopté un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 167 ;
    Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 167 ;
    Souhaitant remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 167 par le plan de gestion révisé ;
    Recommandent à leurs Gouvernements d'approuver la mesure suivante conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
    Que :
    1. Le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 167 (île Hawker, Terre de la Princesse-Elisabeth), qui figure en annexe à la présente Mesure, soit approuvé ; et que
    2. Le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 167 qui figure en annexe à la mesure 9 (2011) soit abrogé.

  • Annexe


    ANNEXE
    PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTEGÉE DE L'ANTARCTIQUE NO 167
    ÎLE HAWKER, TERRE DE LA PRINCESSE-ELISABETH
    Introduction


    L'île Hawker (68°38' de latitude sud, 77°51' de longitude est, carte A) est située à 7 km au sud-ouest de la station Davis au large des collines Vestford sur la côte Ingrid Christensen, Terre de la Princesse-Élisabeth, Antarctique oriental. L'île a été désignée en tant que ZSPA n° 167 en application de la mesure 1 (2006), sur proposition de l'Australie, le motif principal étant la protection de la colonie de reproduction de pétrels géants (Macronectes giganteus) située la plus au sud (carte B). Un plan de gestion révisé pour la zone a été adopté en vertu de la mesure 9 (2011). La zone constitue l'un des quatre sites de reproduction connus du pétrel géant sur le littoral de l'Antarctique oriental, qui ont tous été désignés ZSPA : la ZSPA n° 102, îles Rookery, baie Holme, terre Mac Robertson (67º36' de latitude sud, 62º53' de longitude est) - près de la station Mawson ; la ZSPA n° 160, îles Frazier, terre de Wilkes (66°13' de latitude sud, 110°11' de longitude est) - près de la station Casey ; et la ZSPA n° 120, pointe Géologie, terre Adélie (66°40' de latitude sud, 140°01' de longitude est) - près de Dumont d'Urville. L'île Hawker abrite également des colonies reproductrices de manchots Adélie (Pygocelis adeliae), de labbes antarctiques (Catharacta maccormicki), de pétrels du Cap (Daption capense) et, occasionnellement, des éléphants de mer du sud (Mirounga leonina) s'y reposent.


    1. Description des valeurs à protéger


    La population totale de pétrels géants de l'Antarctique oriental représente moins de 1% du total de la population reproductrice. Il est difficile d'estimer les populations reproductrices, puisque des oiseaux peuvent occuper un site de nids au moment où le suivi est opéré, mais ne pas se reproduire à cette saison. Le nombre de nids actuellement occupés est estimé à environ 280 couples en Antarctique oriental, dont 40 sur l'île Hawker (2014), 2 nids occupés sur l'île Giganteus (qui fait partie du groupe des îles Rookery) (2015), environ 230 nids occupés dans les îles Frazier (2013), et 8 à la pointe Géologie (2005). Les pétrels géants se reproduisent également sur des îles de la partie sud des océans Indien et Atlantique ainsi qu'à proximité de la péninsule Antarctique.
    La colonie de pétrels géants nichant sur l'île Hawker a été découverte en décembre 1963 ; elle comportait à l'époque quelque 40 ou 50 nids, « certains contenant des œufs », mais le nombre de nids occupés n'a pas été enregistré. De 1963 à 2007, des comptages d'adultes, d'œufs ou de poussins ont été réalisés de façon irrégulière à divers stages du cycle de reproduction. Il est impossible de dégager la tendance à long terme de cette population en raison de la variabilité des dates de comptage et du manque de cohérence des unités de comptage. Les nombres recueillis antérieurement pour cette colonie étaient peu élevés parce que seuls les oisillons bagués lors d'une même année avaient été comptés, et non le nombre total d'oisillons.
    Les pétrels géants sont particulièrement sensibles aux perturbations à proximité de leurs nids. Des restrictions aux activités autorisées sur les sites de reproduction situés à proximité des stations australiennes ont été mises en place vers le milieu des années 1980, avec notamment une interdiction du baguage.
    Dans les îles Shetland du Sud et les îles Orkney du Sud, les prises accessoires de pétrels géants par les chalutiers de pêche à la palangre opérant dans l'océan Austral sont sans doute en partie responsables de la réduction de population observée. De telles observations ont aussi été notées dans l'Antarctique oriental.
    Les pétrels géants sont repris dans la catégorie « Préoccupation mineure » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, 2016). Cependant, les données de recensement effectuées dans une série de lieux sont vieilles de plusieurs décennies et la taille et la tendance démographique globale ne sont pas absolument certaines. L'île Hawker abrite également des colonies reproductrices de manchots Adélie, de labbes antarctiques et de damiers du Cap. Occasionnellement elle accueille également des éléphants de mer du sud sur ses plages méridionales.


    2. Buts et objectifs


    Les buts et objectifs de la ZSPA de l'île Hawker sont les suivants :
    - protéger la colonie reproductrice de pétrels géants et les autres espèces ;
    - éviter la dégradation des valeurs de la zone ou les risques substantiels qui la menacent en empêchant toute perturbation humaine inutile ;
    - permettre de faire des recherches sur l'écosystème de la zone, notamment l'avifaune, à condition que ces recherches soient indispensables et ne puissent être menées ailleurs ;
    - réduire au maximum les risques d'introduction d'agents pathogènes susceptibles de provoquer des maladies parmi les populations aviaires dans la zone ;
    - réduire au maximum les perturbations d'origine humaine des colonies de pétrels géants dans la zone ;
    - permettre que la zone serve de site de référence pour les études comparatives futures avec d'autres populations de pétrels géants en phase de reproduction ;
    - protéger les valeurs de l'île Hawker comme site de référence pour les études comparatives futures avec d'autres populations de pétrels géants en phase de reproduction ;
    - limiter les risques d'introduction de plantes, d'animaux et de microbes sur l'île Hawker ;
    - permettre la collecte à intervalles réguliers de données sur le statut et la démographie connexe des espèces d'oiseaux ; et
    - permettre des visites à des fins de gestion en soutien aux objectifs du plan de gestion.


    3. Activités de gestion


    Les activités de gestion ci-dessous seront menées à bien afin de protéger les valeurs de la zone :
    - les visites de recherche pour évaluer l'état et les tendances de la colonie de pétrels géants et / ou des autres espèces présentes seront autorisées. Les activités et les méthodes causant le moins de perturbations possible à la colonie de pétrels géants seront privilégiées (ex : utilisation de caméras de surveillance automatiques) ;
    - des visites seront organisées selon que de besoin (de préférence au moins une fois tous les cinq ans) afin de déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée et de s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates ;
    - les visites dans la zone seront organisées, dans la mesure du possible, en dehors de la saison de reproduction des pétrels géants (entre mi-avril et mi-septembre), afin d'évaluer si elle continue à servir les fins pour lesquelles elle a été désignée et s'assurer que les activités de gestion sont pertinentes ;
    - des informations devront figurer au sein de la ZSPA de l'île Hawker (détaillant les restrictions qui s'y appliquent), et des exemplaires du présent plan de gestion seront disponibles dans les stations avoisinantes. Des documents informatifs ainsi que le présent plan de gestion seront mis à la disposition des bateaux visitant les environs ; et
    - le plan de gestion sera réexaminé une fois tous les cinq ans au moins.


    4. Durée de désignation


    La zone est désignée pour une période indéterminée.


    5. Cartes


    Carte A. - Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 167 île Hawker, collines Vestfold, côte Ingrid Christensen, Terre de la Princesse-Elisabeth, Antarctique oriental.
    Carte B. - Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 167 île Hawker, collines Vestfold, côte Ingrid Christensen, Terre de la Princesse-Elisabeth, Antarctique oriental - topographie et caractéristiques physiques.
    Spécifications pour toutes les cartes :
    Projection : UTM Zone 49.
    Système géodésique : WGS84.


    6. Description de la zone
    6 (i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel


    L'île Hawker (68°38' de latitude sud, 77°51'de longitude est) est située à environ 300 m des côtes des collines Vestfold. Ces dernières représentent une zone quasi triangulaire libre de glace de quelque 512 km2, composée de fonds rocheux, de débris glaciaires, de lacs et d'anses. Les collines Vestfold sont délimitées à l'est par le plateau glaciaire, au sud par le glacier Sørsdal et à l'ouest par la baie Prydz. Elles sont composées de collines de basse altitude (alt. maximum à la colline Boulder : 158 m) et de vallées, avec une pénétration profonde de fjords et de lacs. De nombreuses îles bordent la côte des collines Vestfold, et l'île Hawker se trouve au sud-ouest, entre l'île Mule et la péninsule Mule.
    L'île Hawker est une île de forme irrégulière à faible relief (altitude maximum : près de 40 m), comprenant deux chaînes parallèles de collines sur un axe nord-sud se terminant par deux petites péninsules méridionales. Une troisième péninsule se trouve directement à l'ouest et s'achève par une colline de 40 m bordée de falaises abruptes se jetant dans la mer sur ses versants occidental et méridional. On trouve plusieurs petits lacs d'eau douce entre les chaînes de falaises de la partie nord de l'île, et divers petits lacs sur la surface plane de la partie est de l'île. À ses points les plus distants, l'île fait 2 km du nord au sud et 1,7 km d'est en ouest.
    La ZSPA de l'île Hawker comprend l'intégralité de la superficie terrestre de l'île Hawker, sa ligne de démarcation maritime se trouvant à la laisse de basse mer (carte B). La superficie totale de la ZSPA de l'île Hawker est d'environ 1,9 km2. Aucun repère mettant en évidence les limites de la zone n'a été installé.
    Domaines environnementaux et régions de conservation biogéographiques
    D'après l'analyse des domaines environnementaux de l'Antarctique (résolution 3, 2008), l'île Hawker est située dans le domaine environnemental T Géologique de l'inlandsis continental.
    D'après les régions de conservation biogéographiques de l'Antarctique (résolution 6, 2012), la zone est située dans la région biogéographique 7 Antarctique de l'Est.
    Historique des contacts humains
    La première notation enregistrée de la découverte des collines Vestfold est attribuée à Douglas Mawson, le 9 février 1931, lors de l'expédition BANZARE à bord du Discovery. Quatre ans plus tard, le 20 février 1935, le capitaine Klarius Mikkelsen du pétrolier Thorshavn (de la compagnie Lars Christensen) a aperçu les collines et a débarqué dans la zone. Il en a baptisé plusieurs caractéristiques géographiques et a donné à la zone le nom de collines Vestfold, en hommage à sa province natale en Norvège. Les collines Vestfold ont de nouveau été visitées par Mikkelsen au début de l'année 1937, à l'occasion d'un relevé aérien du littoral.
    Les visiteurs suivants furent, en janvier 1939, l'explorateur américain Lincoln Ellsworth et son conseiller australien, Sir Hubert Wilkins, à bord du navire à moteur Wyatt Earp. Ellsworth a survolé quelque 400 km vers l'intérieur des terres. Début 1947, le navire USS Currituck a visité la côte Ingrid Christensen dans le cadre de l'opération Highjump. Des vols ont été effectués pour assurer un relevé photographique aérien du littoral.
    La première expédition australienne de l'ANARE (Australian National Antarctic Research Expeditions) dans la zone, sous le commandement de Phillip Law à bord du Kista Dan, a atteint les collines Vestfold le 1er mars 1954. En janvier 1956, des membres de l'expédition antarctique soviétique ont débarqué sur la côte Ingrid Christensen, en prévision de l'Année géophysique internationale, pour établir la station Mirny à 595 km à l'est. La station Davis, sous supervision australienne, a été installée sur les collines Vestfold en 1957. L'île Hawker a été nommée en hommage à A.C. Hawker, superviseur radio de la station Davis en 1957.
    Climat
    Les données météorologiques disponibles pour la zone proviennent quasi exclusivement d'observations effectuées à la station Davis, à 7 km au nord-ouest de l'île Hawker. La région des collines Vestfold connaît un climat maritime polaire sec, froid et venteux. En été les températures moyennes varient de - 1°C à + 3°C, et de - 14°C à - 21°C en hiver. Entre 1957 à 2015, la température maximale enregistrée à la station Davis fut de + 13°C ; la plus basse température enregistrée fut de - 41.8°C, le 27 avril 1998. De longues périodes de conditions plaisantes et relativement calmes se produisent pendant l'année. Les vents sont généralement légers. La moyenne annuelle tourne autour de 20 km/h. Les vents violents et les blizzards peuvent se lever pratiquement sans préavis ; des bourrasques de plus de 200 km/h ont été enregistrées en 1972. Les chutes de neige représentent en moyenne 78 mm/an, la majeure partie des accumulations annuelles étant attribuable au vent. Mis à part plusieurs zones de glace permanentes, les collines Vestfold sont pratiquement sans neige en été et légèrement couvertes en hiver. Les précipitations maximales enregistrées à la station Davis furent de 55,6 mm, en 2013. Les archives révèlent un climat saisonnier correspondant à celui des latitudes élevées, mais les températures à la station Davis sont en moyenne supérieures à celles des autres stations de l'Antarctique situées à des latitudes similaires. Ce phénomène est attribué à l'oasis rocheux résultant de l'albédo inférieur des surfaces rocheuses par rapport à la glace, qui permet l'absorption de davantage d'énergie solaire et sa réémission.
    Géologie
    Les collines Vestfold se composent de gneiss archéen dont les dépressions sont souvent occupées par de fines couches de sédiments fossilifères du Pliocène et du Quaternaire. Les strates cénozoïques les plus anciennes des collines Vestfold se trouvent dans la formation de Sørsdal du milieu du Pliocène, qui renferme une flore et une faune marines fossiles très diversifiées. D'autres strates cénozoïques plus jeunes témoignent des glaciations répétées, et de plusieurs transgressions et régressions marines. Les trois principales lithologies composant les collines Vestfold sont (par ordre chronologique) le paragneiss de Chelnock, le gneiss de Mossel et le gneiss du lac Crooked. Cette composition se répète par blocs est-nord-est à ouest-sud-ouest. Ceux-ci sont entrecoupés de rangées de dykes mafiques suivant un axe globalement nord-sud. Ces filons sont une caractéristique notable des collines Vestfold. L'île Hawker comprend une extension du gneiss du lac Crooked dans la partie nord de la péninsule Mule, au-dessus du passage Laternula. Le gneiss du lac Crooked de l'île Hawker, tout comme les gneiss archéens des collines Vestfold, est interrompu par nombre de filons de dolérite très caractéristiques du début au milieu du Protérozoïque.
    Pétrels géants
    La colonie de pétrels géants de l'île Hawker est située sur un terrain légèrement incliné, à environ 20 m au-dessus du niveau de la mer, à l'extrémité nord de l'île (carte B). La même zone sert d'aire de nidification depuis les premiers relevés, en 1963-1964.
    La saison de la reproduction des pétrels géants sur l'île Hawker commence fin septembre/début octobre, et la ponte intervient pendant la seconde moitié du mois d'octobre. Après une période d'incubation d'environ 60 jours, l'éclosion commence au cours de la deuxième moitié du mois de décembre et se poursuit pendant trois à quatre semaines jusqu'à la mi-janvier. Les jeunes oiseaux quittent la colonie à peu près 14 à 16 semaines après leur éclosion, entre la fin mars et le début mai. D'après l'analyse des données recueillies par les caméras automatiques tout au long de l'année, on sait qu'un petit nombre d'oiseaux persistent dans la zone en dehors de la saison reproductive ; par conséquent, les visites dans la zone doivent être menées de manière à causer le moins de perturbations possible.
    Vers le milieu des années 1980, une stratégie de gestion a été mise en application pour les trois sites de nidification des pétrels géants à proximité des stations australiennes, afin de réduire autant que possible les perturbations causées par les humains. Le Département australien de l'Antarctique avait auparavant limité les recensements à une fois tous les trois ou cinq ans et soumis toutes les autres visites à des contrôles administratifs rigoureux. Cet intervalle était à l'époque considéré comme un compromis acceptable entre les risques de perturber les oiseaux pour leur recensement et le besoin de se procurer des données démographiques significatives. Ce mode de gestion a contraint à des visites en nombre insuffisant pour estimer les niveaux de population (et les tendances démographiques) et n'a visiblement pas eu d'effet bénéfique significatif sur le succès de reproduction des pétrels géants. Avec le développement de nouvelles technologies (caméras automatiques), il est désormais possible d'obtenir des informations détaillées avec une présence humaine minime, voire nulle, pendant la période de reproduction.
    Au cours de la saison de reproduction 2013-2014, 43 nids étaient occupés à un moment, mais tous les adultes présents n'ont pas tenté de se reproduire. En février 2014, 23 poussins ayant bien grandi ont été recensés dans la zone. Certains nids sont situés en dehors du champ de vision des caméras automatiques ; il se peut donc que le nombre d'oisillons soit légèrement plus élevé.
    Autres oiseaux
    Des manchots Adélie se reproduisent le long de la côte des collines Vestfold et sur au moins 27 îles au large, y compris l'île Hawker. Le nombre total de manchots Adélie sur la côte et les îles au large des collines Vestfold a été récemment estimé à 330 000 couples, en 2009-2010. La colonie de manchots Adélie de l'île Hawker se trouve actuellement à proximité d'une petite colline à mi-chemin du versant occidental de l'île et comporterait 5 000 couples, en 2009-2010. Tout porte à croire que la colonie ou certains de ses groupes nicheurs se déplacent régulièrement. Certaines zones qui étaient auparavant occupées ne le sont plus. Ceci est commun chez les populations de manchots Adélie dans la région de Davis. Les premiers manchots Adélie apparaissent généralement dans la région vers le milieu du mois d'octobre, et la ponte commence environ quatre semaines plus tard. L'intervalle entre la ponte du premier et du deuxième œuf est de deux à quatre jours, et la période d'incubation varie entre 32 et 35 jours. Après la mue, les derniers adultes quittent l'île Hawker avant la fin du mois de mars.
    La présence d'une colonie peu nombreuse de damiers du Cap a été enregistrée sur l'île Hawker, à la pointe sud de la péninsule sud-ouest. Les damiers du Cap ne sont pas présents dans la région en hiver. Ils regagnent les sites de nidification au cours du mois d'octobre, la ponte se produisant entre la fin novembre et le début décembre, et le départ du nid fin février-début mars.
    Phoques
    Le phoque de Weddell a choisi comme zone de reproduction les fjords des collines Vestfold, et de temps à autre la partie sud-est de l'île Hawker. Les phoques font leur apparition vers la fin septembre et le début octobre, et les bébés phoques naissent entre la mi-octobre et la fin novembre. Pendant tout l'été, les phoques en mue continuent leur fréquentation de la glace marine et se hissent parfois sur la côte. L'essentiel de la population locale demeure dans la zone de glace de mer proche des collines Vestfold pendant tout l'été. Des groupes hors âge reproducteur d'éléphants de mer du sud (Mirounga leonina) vont à terre pendant les mois d'été à proximité de la péninsule sud-ouest de l'île Hawker. Leurs zones de mue contiennent des dépôts de poils et d'excréments accumulés depuis plusieurs milliers d'années, et pourraient être considérées comme des zones uniques et vulnérables.
    Végétation
    La flore des collines Vestfold comprend au moins 82 espèces d'algues terrestres, six espèces de mousses et au moins 23 espèces de lichens. Les lichens et les mousses se répartissent pour l'essentiel dans le secteur oriental ou à l'intérieur des terres, et leur schéma de répartition reflète la disponibilité de neige soufflée, le temps écoulé depuis la dernière exposition du substrat du plateau glaciaire, la durée écoulée depuis la dernière glaciation, l'altitude et la proximité de l'eau de mer. Dans de rares cas, la présence de lichens ou de mousses a été relevée à proximité des côtes halomorphes, notamment sur l'île Hawker où le terrain de faible altitude est recouvert de dépôts importants de sable et de moraine de forte densité.
    Les algues terrestres, qui sont extrêmement répandues, sont le principal producteur primaire des collines Vestfold. La présence d'algues infralithiques (ou hypolithiques) a été enregistrée sur l'île Hawker, notamment sur la face cachée des blocs de quartz translucide qui sont partiellement enterrés. L'algue dominante, la cyanobactérie ou algue bleu-vert, notamment ses variétés oscillatoriacées, Chroococidiopsis sp., et Aphanothece sp. sont celles les plus fréquemment rencontrées de concert avec les espèces de la famille des chlorophytae, Desmococcus sp.A et Prasiococcus calcarius. L'algue édaphique Prasiola crispa se présente comme une série de mèches vertes fripées dans les zones de fonte de glace, souvent en compagnie de la diatomée Navicula muticopsis et d'algues oscillatoriacées. La présence du lichen ornithocophile Candelariella flava a également été enregistrée sur l'île Hawker, à proximité des sites de nidification.
    Invertébrés
    Une étude approfondie des tardigrades terrestres (invertébrés vivant dans l'eau, à huit pattes et segmentés) entreprise dans les collines Vestfold en 1981 a permis de retrouver quatre genres et quatre espèces de tardigrades terrestres. Bien qu'aucun tardigrade n'ait été retrouvé sur le site de prélèvement d'échantillons de l'île Hawker, il a été suggéré que, dans la mesure où deux espèces, Hypsibius allisonii et Macrobiotus fuciger ( ?), ont été recueillies à Walkabout Rocks, il serait possible de les retrouver dans d'autres zones côtières à l'écologie similaire en compagnie de la Prasiola crispa. L'acarien Tydeus erebus se retrouve souvent sur les sites de nidification des manchots Adélie de l'île.


    6 (ii) Accès à la zone


    Selon l'état de la glace de mer, on peut approcher la zone au moyen d'un véhicule, d'une petite embarcation ou d'un aéronef ; ceux-ci doivent tous rester en dehors de la zone. Il n'y a pas d'aires d'atterrissage désignées dans la zone.
    L'accès au moyen d'une petite embarcation devra se faire via un site situé à une distance respectant la distance minimale requise par rapport aux espèces sauvages, et, dans la mesure du possible, séparé par une caractéristique géographique, telle qu'une ligne de crête basse, afin de réduire au maximum les perturbations lors de l'approche.


    6 (iii) Emplacement de structures à l'intérieur de la zone et à proximité


    Il n'y a pas de structures permanentes à l'intérieur de la zone ou adjacentes à elle. Trois caméras automatiques ont été placées temporairement à proximité de la colonie de pétrels géants pour une surveillance continue de la population.


    6 (iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone


    Plaine Marine, zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 143 (68°36'de latitude sud, 78°07'de longitude est) se trouve à environ 8 km à l'est.


    6 (v) Zones spéciales à l'intérieur de la zone


    Il n'y a aucune zone spéciale à l'intérieur de la zone.


    7. Critères de délivrance des permis d'accès
    7 (i) Conditions générales


    L'accès à la zone est interdit sauf avec un permis délivré par une autorité nationale compétente. Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :


    - un permis sera délivré uniquement pour des raisons scientifiques indispensables qu'il n'est pas possible de justifier ailleurs, notamment pour l'étude scientifique de l'avifaune et de l'écosystème de la zone, ou à des fins de gestion essentielles conformes aux objectifs du plan comme l'inspection, la gestion ou l'examen ;
    - les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs de la zone ;
    - les actions autorisées sont conformes au plan de gestion ;
    - le permis, ou une copie certifiée, doit être emmené dans la zone ;
    - un rapport de visite devra être fourni à l'autorité mentionnée dans le permis ;
    - tout permis sera délivré pour une durée donnée ;
    - l'autorité nationale compétente sera notifiée de toutes les activités et mesures entreprises, qui ne sont pas incluses dans le permis délivré.


    7 (ii) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur ou au-dessus de celle-ci


    - Les véhicules sont interdits dans la zone. Les déplacements à l'intérieur de la zone doivent se faire à pied exclusivement.
    - L'accès aux frontières de la ZSPA île Hawker peut se faire par bateau ou par véhicule, selon les conditions saisonnières. Les bateaux utilisés pour visiter les îles doivent être laissés sur les rives. Seul le personnel nécessaire chargé de réaliser des activités scientifiques ou de gestion à l'intérieur de la zone est autorisé à quitter le site de débarquement ou de stationnement. Les quad-bikes et les véhicules utilisés pour atteindre la zone ne seront pas introduits à l'intérieur de la zone. Les véhicules devront rester sur la glace de mer à une distance de la colonie de pétrels géants d'au moins 200 m (cf. tableau 1).
    - Les distances minimales d'approche (la proximité maximale) de la faune sauvage sont indiquées au tableau 1. Si l'on observe une perturbation de la faune, il faut augmenter la distance de séparation ou modifier l'activité en cours jusqu'à ce la perturbation cesse d'être évidente. Les seules exceptions qui interviennent sont si un permis autorise une distance d'approche moindre.
    - Les personnes autorisées par un permis à s'approcher des pétrels géants pour l'obtention de données de recensement ou de valeurs biologiques doivent maintenir la plus grande distance de séparation pratique. Les personnes ne s'approcheront pas plus près que nécessaire pour obtenir des données de recensement ou des données biologiques des pétrels géants nicheurs et, en aucun cas, à plus de 20 m.
    - Les perturbations peuvent être réduites au minimum en laissant les véhicules le plus loin possible du site, en approchant lentement et doucement, et en utilisant la topographie pour contrôler son approche.
    - Pour réduire les perturbations de la faune et de la flore, les niveaux sonores, y compris des conversations, doivent être réduits à leur plus simple expression. L'utilisation d'outils à moteur et toute autre activité susceptible de produire du bruit et donc de gêner les pétrels géants et les autres oiseaux nicheurs est interdite à l'intérieur de la zone pendant la période de reproduction des pétrels géants (mi-septembre à mi-avril).
    - Il est interdit de survoler l'île pendant la saison de reproduction du pétrel géant sauf, lorsque cela s'avère essentiel à des fins scientifiques ou de gestion. Les survols doivent avoir lieu à une altitude d'au moins 930 m pour les hélicoptères monomoteurs et les aéronefs à voilure fixe, et d'au moins 1 500 m pour les hélicoptères bimoteurs.
    - Les atterrissages à proximité d'une aire de concentration de la faune sont strictement interdits dans un rayon de 930 m pour les hélicoptères monomoteurs et les aéronefs à voilure fixe, et de 1 500 m pour les hélicoptères bimoteurs.
    - Le survol de la zone, y compris par des véhicules aériens sans pilotes, est interdit (sauf lorsqu'il se révèle essentiel à des fins scientifiques et de gestion, tel que stipulé par un permis).
    - Les vêtements (en particulier les chaussures et les vêtements pour l'extérieur) et l'équipement pour le terrain seront entièrement nettoyés avant d'entrer dans la zone.


    Tableau 1 : Distances minimales à respecter en cas de contact avec la faune sauvage de l'île Hawker :


    ESPÈCE

    DISTANCES (m)

    Personnes à pied /à ski
    (à moins qu'une distance d'approche moindre soit autorisée par un permis)

    Tous véhicules Quad/skidoo
    Hagglunds, etc.

    Embarcation légère

    Pétrels géants

    100 m

    Interdits dans la zone. Devront être stationnés sur la glace de mer à une distance minimale de 200 m des colonies d'espèces sauvages.

    Les embarcations doivent maintenir une distance minimale de 200 m des colonies lors du trajet et ne doivent pas débarquer à moins de 50 m des espèces ; ceci concerne particulièrement la colonie de manchots Adélie sur le littoral oriental. Il faut faire preuve de prudence à proximité immédiate de l'île.

    Manchots empereurs reproducteurs/en mue

    50 m

    Tout autre animal ou oiseau reproducteur

    15 m

    Phoque ou oiseau hors âge reproducteur

    5 m


    7 (iii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les restrictions spatio-temporelles


    Les activités exécutées à l'intérieur de la zone lorsque les pétrels géants se reproduisent (entre le 16 septembre et le 14 avril) seront autorisées à la condition exclusive que l'activité soit non invasive et ne puisse être raisonnablement entreprise en dehors de la période de reproduction. Dans la mesure du possible, les activités qui ne sont pas liées aux pétrels géants sont confinées aux zones situées hors du champ de vision du site de reproduction des pétrels géants.
    Les activités suivantes peuvent être menées dans la zone, moyennant un permis :


    - travaux de recherche scientifique conformes au présent plan de gestion qui ne peuvent être menés ailleurs ;
    - activités de gestion essentielles, y compris la surveillance ; et
    - échantillonnage qui doit être réduit au minimum pour répondre aux programmes de recherches approuvés.


    7 (iv) Installation, modification ou retrait de structures


    Les structures ou installations permanentes sont interdites.
    Les structures temporaires ou les matériels, y compris les caméras, ne pourront être installés à l'intérieur de la zone qu'en conformité avec un permis.
    Les petits refuges temporaires, les affûts, les cachettes et les écrans peuvent être érigés à des fins de recherche scientifique.
    L'installation (incluant le choix de sites), le retrait, la modification ou l'enlèvement des structures et matériels doivent avoir lieu selon des modalités réduisant au minimum la perturbation des oiseaux en phase de reproduction et de leur environnement immédiat.
    Tout équipement scientifique ou borne installés dans la zone doivent clairement être identifiés par pays, nom du principal chercheur, année d'installation et date prévue d'enlèvement.
    Les bornes, les panneaux ou autres structures érigés dans la zone à des fins scientifiques et de gestion seront attachés et maintenus en bon état puis enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires. Tous ces éléments doivent être fabriqués à partir de matériaux posant un risque minimal de perturbation de la faune et de contamination de la zone.


    7 (v) Emplacement des camps


    L'établissement de camps dans la zone est interdit, sauf en cas d'urgence. Les camps d'urgence doivent éviter les zones de concentration de la faune dans la mesure du possible.


    7 (vi) Restrictions sur les matériaux et les organismes pouvant être introduits dans la zone


    Aucun carburant ou combustible ne sera stocké à l'intérieur de la zone. Le ravitaillement en carburant des embarcations peut être effectué aux sites de débarquement. Une petite quantité de combustible peut être introduite à l'intérieur de la zone pour alimenter un poêle de secours en prenant soin de réduire au maximum le risque d'introduction accidentelle dans l'environnement.
    Aucune réserve de nourriture et autres fournitures ne seront laissées dans la zone au-delà de la saison pour laquelle elles sont destinées.
    Aucun produit à base de volaille, y compris des aliments lyophilisés contenant des œufs en poudre, ne peut être introduit dans la zone.
    Aucun herbicide ou pesticide ne peut être introduit dans la zone.
    Toute substance chimique introduite éventuellement pour des raisons scientifiques essentielles et précisées sur un permis sera retirée de la zone à la conclusion de l'activité pour laquelle un permis a été délivré, ou avant. L'utilisation de radionucléides ou d'isotopes stables est interdite.
    Aucun animal, aucune matière végétale et aucun microorganisme ne seront introduits délibérément à l'intérieur de la zone et des mesures de précaution doivent être prises contre toute introduction accidentelle ; tous les équipements et vêtements (en particulier les chaussures) seront soigneusement nettoyés avant d'accéder à l'intérieur de la zone.
    Tout élément sera introduit dans la zone pour une période déterminée. Il sera retiré de ladite zone au plus tard à la fin de cette période, puis sera manipulé et entreposé de manière à réduire au maximum les risques d'impact sur l'environnement.


    7 (vii) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore


    Tout prélèvement de végétaux, toute capture d'animaux, ou toute perturbation nuisible à la flore et à la faune est interdit, sauf si un permis l'autorise spécifiquement. Ce permis déterminera clairement les limites et les conditions imposées à ces activités qui, à moins d'une situation d'urgence, ne pourront être menées qu'après avoir été approuvées par un comité d'éthique compétent. En cas de collecte ou de perturbation néfaste des animaux, le Code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique doit être utilisé à titre de norme minimale.
    Les travaux de recherche ornithologique se limiteront à des activités non invasives et non perturbatrices des oiseaux de mer en phase de reproduction qui sont présents dans la zone. Les études, y compris les photographies aériennes pour les recensements de la population, auront une priorité élevée.
    Il faut éviter en tout temps de perturber les pétrels géants, ou toute autre espèce sauvage. Les visiteurs doivent être attentifs aux changements de comportement des espèces, surtout au niveau de la posture et de la vocalisation. Si les oiseaux montrent des signes indiquant qu'ils souhaitent quitter le nid, les personnes présentes doivent battre immédiatement en retraite.


    7 (viii) Ramassage ou enlèvement de tout matériel non introduit dans la zone par le titulaire du permis


    Le ramassage ou l'enlèvement de tout élément présent dans la zone doit être autorisé par le permis, mais se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion.
    Tout matériau d'origine humaine susceptible d'avoir un impact sur les valeurs de la zone, et n'ayant pas été introduit par le détenteur du permis ou toute autre personne autorisée, peut être enlevé dans la mesure où cela n'a pas de conséquences plus graves que de le laisser in situ. Dans ce cas, l'autorité nationale compétente devra en être informée et l'approbation obtenue avant l'enlèvement.


    7 (ix) Elimination des déchets


    Tous les déchets, y compris les déchets humains, seront enlevés de la zone.


    7 (x) Mesures pouvant s'avérer nécessaires pour que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints


    Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien balisés et les positions GPS seront obtenues pour être transmis à l'Australian Antarctic Data Centre ou au Système de répertoire de données de l'Antarctique.
    Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone en vue d'y réaliser des activités de suivi biologique et d'inspection du site qui peuvent impliquer le prélèvement de petits échantillons à des fins d'analyse ou de révision, d'y installer et entretenir les structures et le matériel scientifique ainsi que les panneaux, ou d'y prendre d'autres mesures de protection.
    Lorsque c'est possible, un recensement des pétrels géants doit avoir lieu une fois au moins tous les cinq ans. Les recensements d'autres espèces peuvent être effectués à condition qu'ils ne perturbent pas davantage les pétrels géants.
    Dans la mesure du possible, les activités qui ne sont pas liées aux pétrels géants sont confinées aux zones situées hors du champ de vision du site de reproduction des pétrels géants.
    Les visiteurs prendront des précautions particulières afin de ne pas introduire d'organismes non indigènes dans la zone. Il conviendra notamment de ne pas introduire d'agents pathogènes, de microbes et de plantes issus des sols ou de la faune et de la flore d'autres sites antarctiques, y compris les stations de recherche, ou provenant d'autres régions hors de l'Antarctique. Afin de réduire au minimum les risques d'introductions, les visiteurs veilleront à ce que leurs chaussures, leurs vêtements et tout matériel - en particulier le matériel d'échantillonnage et de balisage introduit dans la zone - soient parfaitement nettoyés avant d'accéder au site.


    7 (xi) Rapports de visites


    Les visiteurs doivent communiquer des informations détaillées relatives aux données de recensement ; l'emplacement de nouvelles colonies, ou de nouveaux site de nidification non encore enregistrés, sous forme de texte et de cartes, et un résumé des conclusions des recherches ; les copies des photographies pertinentes de la zone ; et des commentaires qui indiquent les mesures à prendre pour garantir le respect des dispositions du permis.
    Le rapport peut contenir des recommandations utiles à la gestion de la zone, en particulier concernant la protection adéquate des valeurs que la zone vise à protéger et l'efficacité des mesures de gestion.
    Le rapport est présenté le plus rapidement possible après la fin de la visite de la zone aux autorités nationales compétentes ayant octroyé le permis, et pas plus de six mois après la visite. Une copie du rapport est mise à la disposition des autorités ayant délivré le permis et de la Partie responsable du développement du plan de gestion (Australie, Département australien de l'Antarctique), si elle est différente, afin que le plan de gestion soit révisé. Ces rapports doivent contenir, le cas échéant, les informations identifiées dans le formulaire de rapport de visite du Guide pour l'élaboration des plans de gestion des zones spécialement protégées de l'Antarctique. Les Parties devront tenir à jour des archives de ces activités et, dans l'échange annuel d'information, fournir une description sommaire des activités réalisées par des personnes subordonnées à leur juridiction, description qui devra donner suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion.


    8. Support documentaire


    Une partie ou l'ensemble des données citées dans ce document proviennent des bases de données de l'Australian Antarctic Data Centre (IDN Node AMD/AU), qui fait partie de la Division antarctique australienne (Commonwealth d'Australie).
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    Adamson, D.A. et Pickard, J. (1986) : Physiology and geomorphology of the Vestfold Hills, In Pickard, J., ed. Antarctic oasis : terrestrial environments and history of the Vestfold Hills. Sydney, Academic Press, 99-139.
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Fait le 27 janvier 2020.


Emmanuel Macron

Par le Président de la République :


Le Premier ministre,

Edouard Philippe


Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères,

Jean-Yves Le Drian


(1) Entrée en vigueur : 30 août 2016.