Arrêté du 23 octobre 2015 relatif à l'indication géographique protégée « Coteaux de Béziers » et modifiant l'arrêté du 2 novembre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Coteaux du Libron »

JORF n°0253 du 31 octobre 2015 page 20405
texte n° 35




Arrêté du 23 octobre 2015 relatif à l'indication géographique protégée « Coteaux de Béziers » et modifiant l'arrêté du 2 novembre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Coteaux du Libron »

NOR: AGRT1429275A
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/10/23/AGRT1429275A/jo/texte


Le ministre des finances et des comptes publics, le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, et le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique,
Vu le règlement (UE) n° 1308/2013 du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles ;
Vu le code de la consommation ;
Vu le code des douanes ;
Vu le code général des impôts ;
Vu le code rural et de la pêche maritime ;
Vu l'arrêté du 2 novembre 2011, modifié par arrêté du 8 novembre 2013, relatif à l'indication géographique protégée « Coteaux du Libron » ;
Vu la proposition du comité national des indications géographiques protégées relatives aux vins et aux cidres de l'Institut national de l'origine et de la qualité en date du 13 novembre 2014,
Arrêtent :

Article 1


Dans l'intitulé de l'arrêté du 2 novembre 2011 susvisé, les mots : « Coteaux du Libron » sont remplacés par les mots : « Coteaux de Béziers ».

Article 2


Le cahier des charges de l'indication géographique protégée « Coteaux de Béziers », homologué par l'arrêté du 2 novembre 2011 susvisé, est modifié comme suit :


- au niveau du titre ainsi que dans l'ensemble du corps du texte du cahier des charges, la dénomination « Coteaux du Libron » est remplacée par « Coteaux de Béziers » ;
- au chapitre 1er, point 2, le troisième alinéa est supprimé ;
- au chapitre 1er, point 4.1, le troisième paragraphe est supprimé ;
- au chapitre 1er, point 7, le texte est remplacé par le libellé suivant :


« 7.1. Spécificité de la zone géographique
La zone géographique de production de l'IGP “Coteaux de Béziers” couvre 17 communes du département de l'Hérault dont la ville de Béziers qui en constitue son centre géographique. Le vignoble se situe majoritairement entre deux fleuves côtiers qui s'écoulent depuis les contreforts des Cévennes jusqu'à la Méditerranée, le Libron qui a façonné un paysage caractéristique de petites collines surmontées de bois de pins et l'Orb que surplombe la cathédrale de Béziers, emblème du logo de l'IGP.
Les marnes et les colluvions qui recouvrent la partie nord de la zone ont été formées pendant l'ère tertiaire (bassin miocène de l'Hérault). Au sud de la zone, les dépôts alluvionnaires de l'ère quaternaire dominent, notamment sous forme de terrasses de l'époque villafranchienne. Les sols sableux représentent des surfaces importantes grâce à une formation géologique remarquable atteignant 40 m d'épaisseur, les sables de Corneilhan. De cette diversité de situations pédologiques naît un potentiel d'adaptation pour une large gamme de cépages.
L'aire de production de l'IGP “Coteaux de Béziers” bénéficie d'un climat méditerranéen propice à la culture de la vigne grâce à des étés chauds et secs et à des hivers doux, avec deux périodes pluvieuses en automne et au printemps. Les températures sont suffisantes pendant toute la période végétative de la vigne pour garantir une bonne maturation des raisins. Dans la partie de l'aire proche de la mer, le vent marin exerce une influence modératrice en période de fortes chaleurs.
La pluviométrie peut varier de 400 mm à 800 mm sur l'ensemble de la zone, ce qui impose une attention particulière au choix des cépages en fonction de leur résistance à la sécheresse.
7.2. Spécificité du produit
L'histoire de Béziers est indissociable de la culture de la vigne et de la production de vin. La vigne héraultaise, qui préexistait à l'installation des Phocéens dans la région de Marseille, est née aux alentours du vie siècle avant notre ère.
La conquête romaine a permis de nouvelles découvertes, notamment une amélioration des procédés de vinification, et une valorisation économique des vins locaux. La construction de voies romaines a rendue possible l'importation de vins italiens mais aussi la circulation des vins languedociens dans le reste de la Gaule.
A cette époque, les vignes couvrent une très grande partie du territoire de Béziers, aux côtés du blé et de l'olivier.
A l'époque impériale, précisément au ier siècle après J.-C., commence l'apogée de la viticulture biterroise. Après le vin de Marseille, certains auteurs naturalistes jugent la réputation du vin de Béziers comme faisant autorité à l'intérieur de la Gaule. Cette notoriété gagne ensuite Rome.
Plus tard, avec l'achèvement du canal du Midi et la construction du port de Sète au xviie siècle puis, au milieu du xixe siècle, la desserte du chemin de fer en Languedoc et notamment dans le Biterrois s'ouvrent de nouveaux débouchés pour répondre à la forte demande des ouvriers des régions industrielles du nord de la France. Grâce à l'amélioration des techniques de conservation des vins, la vigne s'étend jusqu'à représenter plus de 50 % des terres agricoles autour de Béziers, cœur du vignoble du Languedoc.
Une production importante de vins légers destinés à la consommation courante est expédiée par trains entiers vers les centres urbains et industriels. Béziers était un centre logistique important à cette période avec la création d'un négoce et d'entrepôts de stockage aux alentours de la gare ferroviaire et du canal du Midi.
Touchée plus tardivement que les autres régions par le phylloxéra, le Haut Languedoc et plus particulièrement Béziers s'enrichissent : de grandes fortunes se forment, des domaines immenses voient le jour.
Autoproclamée capitale mondiale du vin, Béziers n'échappe cependant pas à la crise viticole du début du xxe siècle. Les révolutions viticoles de 1907 ont vu manifester 150 000 personnes à Béziers, principalement des vignerons mais aussi de nombreux employés et commerçants biterrois.
Après 1950 débute une période marquée par le déclin de la consommation de vin. Un effort considérable est alors engagé par les vignerons languedociens pour reconvertir les vignobles vers une production à plus faibles rendements et répondant mieux au goût des consommateurs.
La production de vins de pays, initiée dans les années 1970, est reconnue par décret en 1982 et se développe rapidement. A l'heure actuelle, la production d'IGP “Coteaux de Béziers” est partagée entre cinq caves coopératives et quinze caves particulières. Selon le choix personnel de chaque producteur, la commercialisation sous l'IGP “Coteaux de Béziers” est effectuée en proportions variables entre les deux types de vins suivants :


- les vins issus de l'assemblage de cépages traditionnels de la région tels que grenache, carignan, cinsault, mourvèdre, ainsi qu'avec des cépages réputés, originaires d'autres régions viticoles ;
- les vins dits “de cépage”, obtenus à partir d'un seul cépage, voire de plusieurs, choisis parmi des cépages réputés tels que : merlot, cabernet-sauvignon, syrah, chardonnay, sauvignon.


L'assemblage de cépages traditionnels avec des cépages d'autres régions offrent de nouvelles perspectives pour diversifier l'offre et répondre à de nouvelles attentes des consommateurs.
Grâce à leur savoir-faire, les producteurs donnent à l'ensemble de cette production une identité forte qui a séduit les consommateurs.
La production de l'IGP se distingue par une proportion élevée de vins rosés, presque autant que celle de vins rouges.
Les vins rouges présentent des caractéristiques d'arômes primaires avec une prédominance de notes fruitées. Les tannins sont doux et fins, la structure peut être légère ou plus consistante mais toujours accompagnée de rondeur surtout au niveau de la finale, douce et sans astringence excessive.
Les vins blancs et rosés développent des notes aromatiques également primaires avec une dominante de fruits et fleurs. L'équilibre est assuré par une acidité suffisante et adaptée à la concentration du vin afin de présenter de la fraîcheur en bouche. Le volume vinifié pour la revendication en IGP “Coteaux de Béziers” est en moyenne de 20 000 hl par an.
7.3. Lien causal entre la spécificité de la zone géographique et la spécificité du produit
Depuis plusieurs décennies, les vignerons des “Coteaux de Béziers” coopérateurs ou vignerons indépendants ont impulsé une dynamique nouvelle. Ils ont développé une activité viticole en mettant en valeur les sols et le climat de la zone et en utilisant la diversité des cépages, alliée aux pratiques œnologiques les mieux adaptées. En effet, la diversité des sols permet d'obtenir des produits fortement individualisés.
Grâce à la diversité des terroirs, les vignerons ont su promouvoir les cépages traditionnels par des assemblages judicieux avec certains cépages des vignobles voisins parfaitement implantés dans cette zone particulièrement bien adaptée à la culture de la vigne.
Le climat méditerranéen, chaud et sec, associé à une diversité de situations pédologiques en adéquation avec la gamme de cépages, favorise l'expression de vins marqués par des arômes primaires et offrant, rondeur et concentration.
La production de l'IGP se distingue par une proportion élevée de vins rosés, presque autant que celle de vins rouges. Les perspectives du marché encouragent à développer la production de ces vins rosés agréables à boire.
La vente régulière d'une partie significative de la production à des clients étrangers (Bénélux, Allemagne, Royaume-Uni) témoigne de la réputation de l'IGP “Coteaux de Béziers”.
Les communes du proche Biterrois sont essentiellement viticoles, l'activité touristique et festive (plages, patrimoine, féria de Béziers, etc.) sont des alliés de choix pour la mise en valeur des vins produits avec le souci d'être identifiés au territoire, comme le sont les vins de l'IGP “Coteaux de Béziers”. Les vignerons s'impliquent également dans l'organisation des activités festives locales.
Le musée du Biterrois qui présente l'histoire et l'évolution de l'homme sur la région de Béziers témoigne du lien indissociable entre le territoire biterrois et la viticulture. Une partie importante du musée est consacrée à la vigne et au vin et à la vie des nombreux tonneliers et potiers qui se sont installés (amphores permettant l'acheminement du vin vers Rome et les provinces).
Ce lien entre le tourisme et l'activité vigneronne est le pilier de la notoriété des vins des “Coteaux de Béziers”.
La vigne fait vivre le Biterrois et hier comme aujourd'hui guide l'évolution du territoire. »

Article 3

Le cahier des charges est publié, dans sa rédaction issue de cette modification, au Bulletin officiel du ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, et peut être consulté à l'adresse suivante : http://www.info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/document_administratif-12750b69-ef52-407c-a982-aed08d279ba4.

Article 4


La directrice générale des douanes et droits indirects, la directrice générale de la performance économique et environnementale des entreprises et la directrice générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


Fait le 23 octobre 2015.


Le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement,

Pour le ministre et par délégation :

L'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts,

J. Turenne


Le ministre des finances et des comptes publics,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement de la directrice générale des douanes et droits indirects :

L'administratrice supérieure DDI, sous-directrice des droits indirects (sous-direction F),

C. Cléostrate


Le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement de la directrice générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes :

Le sous-directeur,

J.-L. Gérard