Arrêté du 8 novembre 2013 portant modification de l'arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Ariège »

JORF n°0268 du 19 novembre 2013 page 18745
texte n° 38




Arrêté du 8 novembre 2013 portant modification de l'arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Ariège »

NOR: AGRT1319612A
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2013/11/8/AGRT1319612A/jo/texte


Le ministre de l'économie et des finances, le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt et le ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé du budget,
Vu le règlement (CE) n° 1234/2007 du Conseil du 22 octobre 2007 portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole et dispositions spécifiques en ce qui concerne certains produits de ce secteur (règlement « OCM unique ») ;
Vu le code de la consommation ;
Vu le code des douanes ;
Vu le code général des impôts ;
Vu le code rural et de la pêche maritime ;
Vu l'arrêté du 28 octobre 2011 relatif à l'indication géographique protégée « Ariège » ;
Vu la proposition de la commission permanente du comité national des indications géographiques protégées relatives aux vins et aux cidres de l'Institut national de l'origine et de la qualité en date du 27 septembre 2013,
Arrêtent :

Article 1


Au chapitre 1er, les points 8.2 et 8.3 du cahier des charges de l'indication géographique protégée « Ariège », homologué par l'arrêté du 28 octobre 2011 susvisé, sont remplacés par les dispositions suivantes :

" 8.2. Spécificité du produit

" L'implantation de la vigne sur le territoire du département de l'Ariège remonte à l'époque romaine. Grâce à l'influence monastique de l'abbaye de Saint-Antonin-de-Frédélas (Frédélas étant le nom de l'actuelle ville de Pamiers), la culture de la vigne se développe au Moyen-Age.
" La rivière de l'Ariège est alors navigable à partir de Pamiers. Les vins sont embarqués au port du Jeu du Mail et sont acheminés jusqu'à Bordeaux où ils sont exportés jusqu'en Angleterre. En 1285, les consuls de Pamiers traitent avec le roi d'Angleterre pour obtenir le libre passage de leurs vins rouges, blancs et clairets à Bordeaux. Fort de cette réputation, le vignoble s'étend autour de la ville et jusqu'à Varilhes. En plus de l'exportation, le vignoble approvisionne également les villages montagnards.
" Au début du xve siècle, le "Trentat” de Pamiers (Conseil communal) signale que "la plus grande part de la fortune de la cité réside dans la vigne”. Le vignoble se développe sur l'ensemble du piémont pyrénéen ariégeois.
" En 1789, la région du Mas-d'Azil compte près de 2 000 ha de vignes, celle de Pamiers 1 300 ha, celle de Mirepoix 1 200 ha. De moindres surfaces sont recensées sur Foix et Saint-Girons.
" En 1867, Emile Lefèvre, notaire de Pamiers et directeur de la ferme école de Royat, située sur la commune de Montaut, plante ses premières vignes. Il relate ses travaux d'expérimentation dans Notions de viticulture et de vinification enseignées à la ferme-école de Royat Pamiers, 1876. Ainsi est mise au point la célèbre taille en cordon de Royat. La ferme école travaille également sur un système d'encuvage par gravité. Par ses travaux, elle dynamise le vignoble ariégeois.
" Les premiers symptômes du phylloxéra sont signalés dans le département en 1879. Le vignoble qui couvrait alors plus de 16 000 ha est réduit à 1 800 ha en 1897. Mais les hommes, attachés à cette production, replantent des vignes pour atteindre près de 6 000 ha en 1903.
" Les deux guerres mondiales et l'exode rural limitent la production viticole destinée principalement à la consommation familiale à partir des années 1960.
" Au début des années 1990, une réflexion naît au sein d'un petit groupe d'hommes afin de réhabiliter une production de vin d'Ariège et de valoriser le savoir-faire viticole de la région. Les premiers plants de vigne relatifs à ce projet sont plantés en 1998 et les premières vinifications ont lieu en 2000. En 2009, 6 producteurs exploitent environ 60 ha de vigne.
" L'indication géographique protégée "Ariège” est réservée aux vins tranquilles, rouges, rosés et blancs, et aux vins de raisins surmûris blancs.
" Les vins rouges sont issus principalement des cépages syrah, merlot, cabernet sauvignon, et cabernet franc. Les vins jeunes sont souples, gouleyants, caractérisés par une certaine fraîcheur et par des arômes fruités au nez et en bouche. Certaines cuvées de plus haute expression présentent des arômes plus complexes, avec des notes épicées, et une structure tannique puissante favorable à une bonne aptitude au vieillissement. Les vins rosés, issus des mêmes cépages, sont particulièrement fruités et friands. Ils présentent une vivacité tonique qui s'associe au gras et au volume. Les vins blancs secs, issus principalement des cépages chardonnay B, chenin B, sémillon B et sauvignon B, sont caractérisés, au nez, par des arômes floraux et fruités, avec souvent des notes minérales. Cette minéralité se retrouve plus nettement en bouche, associée à une vivacité tonique. Les vins sont équilibrés avec des arômes soutenus. Les vins issus de raisins surmûris blancs présentent des arômes plus évolués de fruits mûrs.
" En 2009, la production de vins de l'IGP "Ariège” est de 1 800 hl, répartis entre 75 % de vin rouge, 15 % de vin rosé et 10 % de vin blanc.

" 8.3. Lien causal entre la spécificité de la zone géographique
et la spécificité du produit

" Au pied des Pyrénées ariégeoises, les conditions naturelles sont particulièrement favorables à la culture de la vigne.
" Les besoins en eau de la vigne sont couverts sur l'ensemble du cycle végétatif, notamment grâce au pic de pluviométrie printanier qui lui assure une bonne croissance végétative.
" Implantée sur des sols de coteaux argilo-calcaires bien drainés par la pente, la vigne trouve une alimentation hydrique et minérale régulière propice à l'élaboration de vins caractérisés par leur expression aromatique et leur équilibre. Dans les vins tranquilles rouges, cet équilibre se retrouve en bouche entre acidité et tanins, dans les vins tranquilles rosés et blancs, il se retrouve entre gras et acidité qui leur confère une vivacité tonique.
" Les étés, chauds et secs, apportent un ensoleillement important favorable à la maturité régulière et optimale du raisin, avec un stress hydrique modéré, gage d'une bonne maturité du raisin. Le climat chaud et sec en début d'automne est propice à la surmaturation des cépages blancs à fort potentiel de concentration en sucres, et permet l'élaboration de vins blancs de raisins surmûris aux arômes de fruits mûrs.
" Au cours de sa longue histoire, le vignoble ariégeois s'est développé grâce à sa notoriété acquise au-delà des mers et grâce à des hommes qui n'ont cessé d'améliorer leur savoir-faire au fil des siècles.
" Les producteurs engagés aujourd'hui dans cette démarche ont su faire renaître ces traditions. En s'appuyant sur les savoir-faire développés à la ferme école de Royat, sur l'implantation de cépages régionaux et sur la maîtrise des rendements, ils produisent aujourd'hui des vins reconnus par les consommateurs et les professionnels. Certaines cuvées sont régulièrement référencées dans les "coups de cœur” du Guide Hachette des vins (éditions 2009-2010-2011).
" C'est par leur attachement à leurs produits, par leur dynamisme et leur détermination, que les producteurs ont su entretenir la notoriété et la réputation des vins de l'IGP "Ariège”. "
Le cahier des charges est publié, dans sa rédaction issue de cette modification, au Bulletin officiel du ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt et peut être consulté à l'adresse suivante : http://agriculture.gouv.fr.

Article 2


La directrice générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, la directrice générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires et la directrice générale des douanes et droits indirects sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


Fait le 8 novembre 2013.


Le ministre de l'agriculture,

de l'agroalimentaire et de la forêt,

Pour le ministre et par délégation :

L'ingénieur général des ponts,

des eaux et des forêts,

F. Champanhet

Le ministre de l'économie et des finances,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement de la directrice générale

de la concurrence, de la consommation

et de la répression des fraudes :

Le sous-directeur,

J.-L. Gérard

Le ministre délégué

auprès du ministre de l'économie et des finances,

chargé du budget,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement de la directrice générale

des douanes et droits indirects :

Le chef de service,

F. Bonnet