Conseil de prud'hommes de Chaumont, 21 septembre 2011, 10/00308

Références

Conseil de prud'hommes de Chaumont
section industrie
Audience publique du mercredi 21 septembre 2011
N° de RG: 10/00308





Texte intégral

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS


CONSEIL DE PRUD'HOMMES
DE CHAUMONT
Palais de Justice
Rue du Palais-B. P 2061
52903 CHAUMONT CEDEX 9


RG N F 10/ 00308


SECTION Industrie


AFFAIRE

Christophe X...

contre

SA EUROFENCE




MINUTE No J/ 11/ 00187




JUGEMENT DU 21 SEPTEMBRE 2011

Qualification : Contradictoire et
en dernier ressort




JUGEMENT

par mise à disposition au greffe* : 21 Septembre 2011


Monsieur Christophe X...
né le 12 Octobre 1966
Lieu de naissance : SAINT DIZIER
...
52110 DOULEVANT LE CHATEAU
Profession : Opérateur
Assisté de Monsieur Eddy Y... (Délégué syndical ouvrier de l'Union Locale CGT ST DIZIER muni d'un pouvoir régulier)

DEMANDEUR


SA EUROFENCE
prise en la personne de son représentant légal
assignée en son siège social
BP 5
52110 DOULEVANT LE CHATEAU
Représenté par Me Philippe LECOURT (Avocat au barreau de TROYES)

DÉFENDEUR




Composition du bureau de jugement lors des débats et du délibéré

Monsieur Alain COLLET, Président Conseiller (E)
Monsieur Serge RAGOT, Assesseur Conseiller (E)
Monsieur Angélo CORNOLTI, Assesseur Conseiller (S)
Madame Bernadette THOUVENIN, Assesseur Conseiller (S)
Assistés lors des débats de Monsieur Jean-Louis COURTOIS, Greffier en Chef
Greffier lors du prononcé : Mlle Delphine GILBERT, Adjoint Administratif faisant fonction de Greffier, assermentée le 22/ 08/ 2000

DÉBATS

Débats à l'audience publique du 29 Juin 2011
Prononcé du jugement fixé au 14 Septembre 2011 prorogé au 21 Septembre 2011 par MADG*
Les parties avisées le 29 Juin 2011 puis le 14 Septembre 2011


PROCÉDURE

Par acte reçu et enregistré au greffe le 13 Décembre 2010, Monsieur Christophe X... a saisi le Conseil de Prud'hommes de CHAUMONT, aux fins de condamner son ex-employeur la SA EUROFENCE concernant :
- Rappels de salaires Juillet, Septembre, Octobre 2010 318, 13 € Brut,
- Indemnité de congés payés sur rappel de salaire 31, 81 € Brut,
- Dommages intérêts pour préjudice moral et financier retenues abusives sur salaire : juillet,
septembre, octobre 2010 1 000, 00 €,
- Article 700 du C. P. C. 300, 00 €.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience non publique de conciliation du 02 Février 2011. La tentative de conciliation n'a pas abouti et l'affaire a été renvoyée devant le bureau de jugement, à l'audience publique du 18 Mai 2011, reportée à la demande des parties au 29 Juin 2011.

A cette audience, Monsieur Y...- délégué syndical ouvrier de l'Union Locale CGT ST DIZIER assistant Monsieur Christophe X..., a demandé au Conseil de faire droit à l'intégralité de ses conclusions écrites (reprenant les prétentions initiales) et développées oralement aux débats.

Maître LECOURT-avocat au barreau de TROYES représentant la SA EUROFENCE, a sollicité le Conseil de :
- débouter Monsieur Christophe X... de l'ensemble de ses demandes, fins
et prétentions,
- condamner Monsieur Christophe X... à verser à la société EUROFENCE la somme
de 1 000, 00 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du CPC ainsi qu'aux entiers
dépens.

A l'issue des plaidoiries, l'affaire a été mise en délibéré et le prononcé du jugement a été fixé au 14 Septembre 2011 prorogé au 21 Septembre 2011 par mise à disposition au greffe.

LES FAITS ET PRÉTENTIONS DES PARTIES

Monsieur Christophe X... est entré au service de la SA EUROFENCE à DOULEVANT LE CHATEAU le 9 décembre 1991 en qualité d'opérateur machine, chauffeur.
Le 9 novembre 2009, la SA EUROFENCE a initié un projet de réorganisation et de licenciement économique collectif qui concernait 6 salariés et a donc été amenée à consulter le Comité d'Entreprise.
Monsieur Christophe X... qui est représentant du personnel a donc pris son crédit d'heures de délégations et l'a même dépassé.
La SA EUROFENCE a indiqué qu'elle ne comptait pas revenir sur les nombreux dépassements qui sont intervenus mais souhaite éviter tout abus.
Le même jour, lors de la réunion du Comité d'Entreprise un droit d'alerte a été déclenché et voté à l'unanimité.
Des dépassements d'heures ont donc été effectués sur les mois de novembre et décembre et réglés. D'autres dépassements ont encore été effectués sur les mois de janvier et février et réglés également, ce qui a donné lieu à plusieurs échanges de courriers.
Par courrier du 29 juillet 2010, la SA EUROFENCE indique à Monsieur Christophe X... qu'elle retirera les heures de dépassement exceptionnel des mois de janvier et février sur les fiches de paie de juillet et septembre.
C'est dans ces conditions que Monsieur Christophe X... a saisi le Conseil de Prud'hommes :
- Rappels de salaires Juillet, Septembre, Octobre 2010 318, 13 € Brut,
- Indemnité de congés payés sur rappel de salaire 31, 81 € Brut,
- Dommages intérêts pour préjudice moral et financier retenues
abusives sur salaire : juillet, septembre, octobre 2010 1 000, 00 €,
- Article 700 du C. P. C. 300, 00 €.


MOTIVATION

Sur les rappels de salaires

Attendu que la SA EUROFENCE annonce un projet de licenciement économique de moins de 10 salariés ;
Attendu que ce même jour un droit d'alerte est déclenché et voté à l'unanimité ;
Attendu que Monsieur Christophe X... a envoyé des précisions sur les dépassements et que l'employeur ne conteste pas précisément ni formellement ;
Attendu que par la charge des démarches les circonstances sont avérées ;
Attendu que la SA EUROFENCE a réglé les heures de dépassement sur les fiches de paie des mois impliqués ;
Attendu que la SA EUROFENCE, ayant réglé ces sommes, était donc en accord avec le temps déclaré et a donc accepté ces heures complémentaires ;
Le Conseil estime donc que la SA EUROFENCE n'a pas à retenir des heures de dépassement 6 mois après qu'elle ne les ait réglées ainsi que les congés payés afférents et donne droit à Monsieur Christophe X...,


Sur les demandes de préjudice moral et financier

Attendu que le Conseil fait droit à la demande de Monsieur Christophe X..., estime en conséquence que le préjudice se trouve donc réparé ;
Attendu que le préjudice n'a plus de raison d'être, le Conseil déboute Monsieur Christophe X... de sa demande de 1 000, 00 € ;


Sur la demande d'article 700 du CPC

Attendu que Monsieur Christophe X... ne présente aucune facture de frais suite à ses démarches ou transport ;
Attendu que Monsieur Christophe X... a certainement eu un peu de frais, le Conseil condamne la SA EUROFENCE à lui verser la somme de 150, 00 € ;


Sur la demande reconventionnelle

Attendu que le Conseil fait droit aux demandes principales de Monsieur Christophe X..., le Conseil déboute la SA EUROFENCE de sa demande de 1 000, 00 € ;


PAR CES MOTIFS

Le Conseil de Prud'hommes de CHAUMONT, section Industrie,
statuant par jugement contradictoire et en dernier ressort mis à disposition au greffe, après en avoir délibéré conformément à la loi,

Condamne la SA EUROFENCE à verser à Monsieur Christophe X... les sommes suivantes :
-318, 13 € brut (trois cent dix huit euros brut et treize centimes) à titre de rappel de salaire
au titre des mois de juillet, septembre et octobre,
-31, 81 € brut (trente et un euros et quatre vingt un centimes) à titre d'indemnité
de congés payés,
-150, 00 € (cent cinquante euros) au titre de l'article 700 du CPC,

Déboute Monsieur Christophe X... de sa demande de dommages-intérêts de 1 000, 00 €,

Déboute la SA EUROFENCE de sa demande de 1 000, 00 €,


Condamne la SA EUROFENCE aux dépens de l'instance.

AINSI PRONONCE LE VINGT ET UN SEPTEMBRE DEUX MIL ONZE, PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE DU CONSEIL DE PRUD'HOMMES DE CHAUMONT par M. RAGOT, conseiller pour le Président empêché, assisté de Mlle GILBERT, Adjoint Administratif faisant fonction de Greffier.

Et le Président a signé avec le Greffier.