Cour de Cassation, Chambre sociale, du 12 juillet 2006, 05-42.152, Inédit

Références

Cour de cassation
chambre sociale
Audience publique du mercredi 12 juillet 2006
N° de pourvoi: 05-42152
Non publié au bulletin Rejet

Président : M. SARGOS, président



Texte intégral

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS


AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant :

Sur le moyen unique :

Attendu que M. X..., engagé le 3 mai 1999 en qualité de magasinier par la société Pellenc, a été victime le 2 mai 2000 d'un accident du travail à la suite duquel il a été en arrêt de travail jusqu'au 11 septembre 2000 ; que par avis des 11 septembre et 25 septembre 2000, le médecin du travail l'a déclaré "inapte définitivement au poste de magasinier, pas de port de chaussures de sécurité, pas de déplacements fréquents, surtout sur terrain accidenté inégal, pas de station debout prolongée", en précisant dans le deuxième avis qu'il était "apte à un poste de cariste uniquement" ; que le salarié a été licencié le 28 septembre 2000 en raison de son refus du poste de cariste, avec responsabilité de l'organisation du parc de stockage, qui lui était proposé en reclassement ;

Attendu que le salarié fait grief à l'arrêt attaqué (Nîmes, 28 février 2005) d'avoir jugé que le licenciement était justifié par une cause réelle et sérieuse et déclaré abusif son refus du poste de reclassement, alors, selon le moyen :

1 / que le médecin du travail a, à la suite de la première visite de M. X..., déclaré celui-ci "inapte définitivement à son poste de magasinier ; pas de port de chaussure de sécurité ; pas de déplacement fréquent surtout sur terrain accidenté ; pas de station debout prolongée", et, à la suite de la seconde visite "Inapte définitivement à son poste de magasinier ; pas de port de chaussure de sécurité ; pas de déplacement fréquent avec appui du pied gauche ; apte à un poste de cariste uniquement" ; que la société Pellenc ayant proposé à M. X... un poste de cariste avec responsabilité de l'organisation du parc de stockage, ne justifie pas légalement sa solution au regard de l'article L. 122-32-5 du code du travail l'arrêt attaqué qui considère que, ce faisant, l'employeur avait respecté son obligation de reclassement à l'égard du salarié, sans s'expliquer sur le moyen des conclusions de ce dernier faisant valoir que le poste de cariste qui lui avait été proposé lui aurait imposé "des déplacements fréquents sur le parc de stockage, terrain accidenté" et aurait exigé "le port de chaussures de sécurité en l'état des manipulations importantes réalisées sur le matériel par les ouvriers", ce qui était contraire aux prescriptions du médecin du travail ;

2 / que le refus par un salarié du poste de reclassement qui lui est proposé par l'employeur en application de l'article L. 122-32-5 du code du travail, n'est pas abusif si cette proposition entraîne une modification du contrat de travail ; qu'en l'espèce, M. X... ayant été engagé en qualité de magasinier et l'employeur lui ayant proposé un poste de cariste à la suite de sa déclaration d'inaptitude par le médecin du travail dans le cadre des dispositions du texte susvisé, ce qui constituait une incontestable modification de son contrat de travail, viole les articles L. 122-32-5 et suivants du code du travail l'arrêt attaqué qui déclare abusif le refus de cette proposition par le salarié ;

Mais attendu qu'ayant constaté que le poste de reclassement proposé était approprié aux capacités du salarié selon le médecin du travail dont l'avis n'avait fait l'objet de la part du salarié, d'aucun recours administratif devant l'inspecteur du travail, la cour d'appel, qui n'était pas tenue de suivre les parties dans le détail de leur argumentation, a pu estimer que l'employeur avait satisfait à son obligation de reclassement ;

Et attendu qu'il ne ressort ni de l'arrêt, ni des pièces de la procédure que le salarié ait soutenu devant la cour d'appel que la proposition de reclassement entraînait une modification de son contrat de travail ;

D'où il suit que le moyen, non fondé en sa première branche, est nouveau en sa seconde branche, et, mélangé de fait et de droit, comme tel irrecevable ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne M. X... aux dépens ;

Vu l'article 700 du nouveau code de procédure civile, rejette les demandes des parties ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du douze juillet deux mille six.




Analyse

Décision attaquée : cour d'appel de Nîmes , du 28 février 2005